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Nous n’avons pas à nous sentir responsables du monde dans lequel nous vivons

Il y a des discours, des écrits et des faits qui pris séparément paraissent innocents mais réunis ne trompent pas. Des scientifiques affirment a posteriori, aujourd’hui encore, le bien-fondé qu’il y eut à organiser la recherche et le développement industriel qui ont produit la destruction totale de Hiroshima et de Nagasaki (avec plus de 200 000 victimes dont 100 000 morts), puisqu’on pouvait craindre que les nazis ne produisent la bombe atomique les premiers [1]. Or, non seulement l’Allemagne nazie avait capitulé avant que l’on utilisât l’arme nucléaire, mais encore la reddition du Japon pouvait-elle être obtenue sans bombardement atomique ni invasion (paix négociée). Ces deux essais in situ et en vraie grandeur devaient manifester la suprématie des États-Unis et aussi réaliser cette « révolution scientifique » que célébrait le journal Le Monde dans son édition du 8 août 1945.

Sur ce sujet et la prolifération des armes nucléaires qui s’ensuivit, le philosophe Günther Anders entamait une réflexion puis une correspondance avec Claude Robert Eatherly [2] ; ancien commandant de l’armée de l’air américaine, ce dernier fut l’un des pilotes qui dirigea la forteresse volante qui largua une bombe atomique sur Hiroshima. Anders essaya de convaincre Eatherly, alors torturé par le remords et la culpabilité d’avoir participé à l’innommable, que notre époque exigeait de chacun de nous des actes qui échappaient à l’individu et dont on ne pouvait prévoir ou imaginer les conséquences. Mais, alors que nombreux sont ceux qui par cynisme (ou pas) s’installent dans la complaisance assassine, Anders dénonçait cette réalité, qu’il n’eut de cesse de combattre.

Ce haut degré de conscience morale, qu’ont su atteindre un philosophe désespéré ou un american boy, pouvons-nous l’attendre de la part de la caste des physiciens ou des mathématiciens ? Pas si l’on en croit Richard Feynman évoquant les temps où il travaillait à la conception et à la réalisation de la bombe atomique, voici ce qu’il écrit :

Et puis, j’ai connu von Neumann, le célèbre mathématicien. Le dimanche, lui, Hans Bethe, Bob Bâcher et moi allions souvent marcher dans les canyons avoisinants. C’était fort agréable. Je dois à von Neumann d’avoir compris que nous n’avons pas à nous sentir responsables du monde dans lequel nous vivons. Depuis lors, je n’ai cessé de me sentir «socialement irresponsable», et je me suis toujours bien porté. Cette irresponsabilité active qui est la mienne est née de ces conseils que von Neumann me donnait lors de nos promenades. [3]

En juillet 1959, Eatherly envoya, à Anders une lettre, dans laquelle, dans l’enthousiasme et l’espoir, il s’interrogeait :

Ne serait-il pas possible que vous et moi, et les milliers de pacifistes du monde entier puissions convaincre un seul groupe (celui des savants); ne pourrions-nous les convaincre de délaisser l’objet de leur prédilection (la recherche), d’écouter la voix de leur conscience, de s’allier à nous, de suspendre leurs recherches sur les armes atomiques jusqu’à ce qu’une commission internationale de juristes ait installé un gouvernement mondial, gouvernement sans organisations politiques, sans moyens militaires surpuissants ? Seuls, les savants sont à même de réduire à l’impuissance le groupe des régnants en refusant de collaborer avec lui. Sans l’aide de la recherche scientifique, les puissances politiques et militaires dépériraient et mourraient.

La responsabilité des scientifiques et les relations qu’ils entretiennent avec la domination sont clairement désignées par ces propos. En revanche, sûrement par naïveté, Eatherly prête à la communauté scientifique des qualités et une conscience morale qu’elle n’a jamais prétendu détenir ou défendre ; cette communauté scientifique n’a jamais non plus exprimé la moindre objection quant au rôle que la domination lui fait jouer. George Orwell, dans un article intitulé Qu’est-ce que la science ? publié dans le journal Tribune du 26 octobre 1945 écrivait:

Est-il vraiment certain qu’un «scientifique», dans l’acception étroite du terme, soit mieux à même que toute autre personne d’aborder les questions non scientifiques de manière objective ? Il n’y a guère de raisons de le croire. Prenons un seul et simple critère: la capacité de résister au nationalisme. On affirme souvent de manière assez nébuleuse que la «science est internationale», mais, dans la pratique, les travailleurs scientifiques de tous les pays se rangent derrière leurs gouvernements respectifs avec moins de scrupules que n’en éprouvent les écrivains et les artistes. Dans son ensemble, la communauté scientifique allemande n’a opposé aucune résistance à Hitler. Ce dernier a peut-être ruiné les perspectives à long terme de la science allemande, mais il n’en reste pas moins qu’il y eut bon nombre d’hommes compétents pour accomplir les recherches nécessaires dans des domaines tels que ceux du pétrole synthétique, des avions à réaction, des projectiles propulsés par des fusées et de la bombe atomique. Sans eux, la machine de guerre allemande n’aurait jamais pu être édifiée. [4]

À Los Alamos, des centaines de scientifiques, dont une vingtaine de lauréats ou futurs lauréats des prix Nobel se sont retrouvés à travailler autour du Projet Manhattan, sous la direction de Julius Robert Oppenheimer ; un projet commun défini par une autorité administrative supervisée par des militaires. Parmi ceux-ci, un comité présentera au ministre de la guerre Henry Stimson un rapport défavorable à l’utilisation des bombes atomiques contre le Japon dans les conditions prévues. Ce rapport proposait au ministre de réaliser plutôt une démonstration dissuasive en zone inhabitée. Léo Szilard lança une pétition où il était demandé qu’on n’utilisât pas les bombes à moins que les États-Unis ayant fait connaître les conditions qui seraient faites après la guerre au Japon vaincu, celui-ci ne refusât sa reddition [5]. Il avait été l’inspirateur de la lettre qu’Einstein envoya à Roosevelt en 1939, pressant le président de prendre des dispositions pour développer d’urgence les recherches qui permettraient de mettre au point l’arme nucléaire. Physicien nucléaire, il se tournera ensuite vers la biophysique et la biologie moléculaire.

C’est dans un tel contexte que sont apparus le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en octobre 1939 ou encore le développement de Grenoble comme ville scientifique, industrielle et militaire, avec la venue de l’ambitieux et pragmatique Louis Néel (« un bon chasseur de monnaie » dira-t-on de lui plus tard [6]) au début de cette seconde guerre mondiale [7]. Le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), quant à lui, fut créé en 1945 par le général de Gaulle et animé au tout début par le physicien Frédéric Joliot-Curie et l’ancien ministre de l’armement Raoul Dautry. Très vite il allait développer un programme indépendant d’armes nucléaires. La première bombe nucléaire française explosera en 1960 au cours d’un essai aérien dans le désert saharien au sud de l’Algérie alors colonie française. Au total, dix-sept essais nucléaires dont quatre aériens auront lieu dans le Sahara algérien, entre 1960 et… 1966 ; soit quatre ans après les accords d’Évian qui reconnaissaient l’indépendance de l’Algérie [8].

La seconde guerre mondiale fut une période de précipitation qui imposa de façon décisive de profondes mutations dans l’esprit des savants transformés alors en chercheurs, intégrant de plus en plus la fonction d’inventeur breveteur [9], comme dans la façon et les moyens d’organiser et de mener le travail de recherche. Cette période imposera un modèle à la science.

Les Assises nationales des États généraux de la recherche, qui se tiendront à Grenoble les 28 et 29 octobre 2004, sont héritières de ces mutations. Lorsqu’on consulte le rapport de synthèse grenoblois réalisé à partir des opinions recueillies sur un site Internet ouvert à cet effet, on voit que les préoccupations tournent toutes autour des moyens administratifs, techniques et financiers qu’il faudrait accorder à la recherche pour qu’elle se porte mieux. Mais qu’elle se porte mieux sans déborder du cadre esquissé plus haut : une recherche issue de la guerre et du développement industriel qui allait suivre.

La science avait déjà cessé depuis longtemps d’être une aventure individuelle et patiente où l’on cherchait à observer, comprendre, et savoir, sans faire. L’homme de science moderne chercha plutôt à expliquer la matière et le monde, à agir sur eux, et à les transformer. La naissance de la Big science après la guerre débloqua des budgets et des investissements colossaux qui par leur massification même la pervertira. La science se doit alors de répondre aux besoins de la société industrielle et par là même déploie, pour ses besoins comme pour les besoins de la société, une machinerie gigantesque, arrogante, et dévastatrice. Dès lors la science se rapproche de plus en plus de l’art de l’ingénieur inventeur ; c’est pourquoi dans les inquiétudes des jeunes thésards revendicateurs et sauveurs de la recherche (nous nous référons au document de synthèse déjà mentionné) apparaît cette nécessité de voir s’ouvrir des passerelles entre leur formation et celle des jeunes ingénieurs et de valoriser le doctorat auprès des industriels.

Le travail dans les laboratoires s’organise comme dans l’industrie. Les scientifiques se voient constamment sous la pression de l’urgence de financements à trouver pour les thésards, de dossiers à constituer pour des appels d’offre de plus en plus nombreux, de publications scientifiques à faire ou de rapports d’expertise à rédiger [10], de tâches administratives ou de missions d’enseignement à assurer pour certains d’entre-eux, de la concurrence féroce entre chercheurs d’un même laboratoire à supporter, du prochain congrès et des prochaines évaluations à préparer ; ces évaluations d’eux-mêmes, des structures, des projets que réclament à cor et à cri nos sauveurs de la recherche (ils demandent aussi à être plus efficacement gérés comme ressources humaines). Le scientifique moderne finira tout naturellement par trouver de l’intérêt à ce que jaillissent problèmes, accidents et catastrophes, qu’il se proposera d’expliquer, et, qui sait, de prévenir, puisque cela le rendra indispensable devant le prochain comité d’évaluation. Problèmes, accidents et catastrophes deviendront alors moteur du progrès scientifique. Après quoi notre scientifique moderne et revendicateur conviendra que la mission principale de la recherche serait la production de la connaissance [11] ; qu’il faudrait tout de même être à l’écoute des préoccupations du public et de la société ; et ma foi que le monde de la recherche fonctionne avec une échelle de valeurs difficilement conciliable avec les critères marchands. Le monde de la recherche est soumis depuis déjà longtemps à des impératifs économiques et de rentabilité. Seule une fausse conscience cherchera à voiler cette évidence.

En 2002, Claude Feuerstein, président de l’Université Joseph Fourier, par ailleurs initiateur du projet Biopolis qui essuyait alors les feux de la critique, recruta le philosophe Nicolas Aumônier pour « ouvrir [les] formations scientifiques et technologiques sur d’autres disciplines, et en particulier sur l’histoire et la philosophie des sciences ». Ce dernier a créé, alors avec d’autres universitaires de Grenoble, un Groupe de réflexion interuniversitaire éthique appliquée à la recherche en sciences et technologie. La réflexion de ce groupe est toutefois plus courte que le nom qu’il s’est choisi ; et son activité semble consister en l’organisation de formations doctorales tels les modules d’éthique appliquée Responsabilté dans la conduite de la recherche ou encore Bioéthique et biotechnologies -Risques et responsabilité. Il organise les 27 et 28 octobre 2004 un colloque « Regards sur les Technosciences » qui se tiendra à la Maison des Sciences de l’Homme. Tous ces titres pompeux, toutes ces appellations emphatiques veulent attirer l’attention des universitaires éclairés sur le souci éthique. Désormais, ceux-ci instruiront leurs étudiants de l’art et de la manière de se conduire et de se soumettre à certains jugements de valeur et de réalité, lorsqu’ils aborderont un travail. Et les promoteurs de machineries innovantes s’en réjouissent. Ils ne voient effectivement pas d’un mauvais œil qu’une prise en considération de ces problèmes accompagne leurs projets, puisque cela leur évitera l’affrontement brutal qu’ils ont à endurer face aux « états d’âmes » et aux questions morales qu’ils ne maîtrisent pas ; les OGM ont servi de leçon et de laboratoire dans la gestion de la crise. En réalité, cette éthique et cette critique d’accompagnement bornent le domaine de ce que la société peut consentir à accepter. Les pouvoirs publics pourront ensuite, par étapes successives, réaliser l’objectif que la société rejetait à l’origine : l’exemple de l’extension du fichier ADN est révélateur d’un tel procédé. Cette critique et cette éthique menées par l’entreprise ou le laboratoire, comme celles conduites par certaines associations citoyennes, écologistes ou scientifiques, toujours prêtes à négocier la réglementation en vigueur ou son amélioration, ne contribuent, en fin de compte, qu’à rendre présentable et tolérable une situation de moins en moins maîtrisable.

L’analyse que faisait Anders en 1956, dans son livre L’Obsolescence de l’homme, selon laquelle « l’entreprise est le lieu où l’on crée le type de l’homme « instrumentalisé et privé de conscience morale » » reste cruellement d’actualité. Quelles places peuvent alors prendre une critique et une éthique institutionnalisées au sein de l’entreprise ? Cela paraît être une bonne façon de réduire toutes consciences critiques et morales en un ensemble de lois, de codes, de procédures et de conduites que la société devra supporter tout en s’affranchissant un peu plus, si ce n’est totalement, de son humanité.

À vouloir discuter seulement du seuil de tolérance nous perdons l’espoir de jours meilleurs. L’intelligence est de retirer le mal et bien sûr d’abolir les conditions qui rendent possibles ce cancer. Nous ne pouvons rien attendre d’un monde qui ne peut satisfaire que l’économie triomphante, ses gestionnaires de l’État et de l’industrie.

Henri Mora, le 10 octobre 2004.


[1] Un des exemples les plus récents étant le nucléariste François Lurçat, De la science à l’ignorance, éd. du Rocher, 2003. Selon lui, « les premiers responsables de l’apparition de l’arme nucléaire sont […] les dirigeants et les peuples qui ont favorisé ou toléré l’accession du nazisme au pouvoir ».

[2] Avoir détruit Hiroshima – Correspondance de Claude Eatherly le pilote d’Hiroshima, avec Günther Anders, éd. Robert Laffont, 1962.

[3] Richard Feynman, Vous voulez rire, monsieur Feynman !, éd. Odile Jacob, 2000. Prix Nobel en 1965, mort en 1988, Richard Feynman fut le physicien le plus brillant de sa génération. Quant à von Neumann, partisan convaincu de l’utilisation de la bombe atomique, il fut ensuite un des protagonistes du programme d’armement nucléaire des États-Unis.

[4] George Orwell, Essais – articles, lettres, volume IV (1945-1950), éd. Ivrea/Encyclopédie des Nuisances, 2001.

[5] Le rapport et la pétition sont disponibles sur le site Internet Léo Szilard Online. Szilard dira plus tard, dans une interview publiée dans le U.S. News & World Report du 15 août 1960 : « Nous aurions pu communiquer avec le Japon par les canaux diplomatiques habituels – disons par la Suisse – et expliquer aux Japonais que nous ne voulions tuer quiconque, et que nous proposions donc qu’une ville – disons Hiroshima – soit évacuée. Alors un seul bombardier viendrait et lâcherait une seule bombe. » Nous traduisons d’après la version électronique.

[6] Propos tenus lors du colloque sur l’Histoire du CNRS des 23 et 24 octobre 1989 par Jacques Lautman, directeur scientifique du département SHS du CNRS <http://picardpl.ivry.cnrs.fr/~jfpicard/politique_2.html&gt;.

[7] La loi du 10 mars 1941 confirme la nouvelle mission du CNRS qui devra, dès lors, unifier recherches fondamentale et appliquée, jusque-là séparées (CNRS et CNRSA). Son nouveau directeur, Charles Jacob, dévoile ses intentions : « Le CNRS doit contribuer à rapprocher la science de la production. » Nous pouvons compter parmi les autres institutions et projets scientifiques créés par le gouvernement de Vichy : l’Office national des statistiques (ancêtre de l’INSEE), l’Institut national de l’hygiène (ancêtre de l’INSERM) et la Fondation française pour l’étude des problèmes humains confiée à l’eugéniste Alexis Carrel. (Cf. Nicolas Chevassus-au-Louis, Savants sous l’occupation – Enquête sur la vie scientifique française entre 1940 et 1944 , éd. du Seuil, 2004.)

[8] Des expérimentations d’armes chimiques auront lieu sur la base de B2-Namous dans le nord du Sahara algérien, de 1972 à 1978. Mais cette fois, dans les tractations, le pouvoir algérien obtint que des techniciens algériens participent à ces essais, mais aussi que plusieurs spécialistes de l’armée algérienne soient formés à la guerre chimique, à l’École militaire des Armes spéciales de Grenoble. (Cf. Le Nouvel Observateur, 23 octobre 1997.)

[9] Jusque là, « personne n’a jamais songé à déposer un brevet sur les procédés d’hybridation, de greffe, de bouturage et même sur la technique de propagation in vitro des végétaux ». (Gérard Nissim Amzallag, La Raison malmenée – De l’origine des idées reçues en biologie moderne, éd. du CNRS, 2002.) Avec les nanotechnologies et les nanosciences, nous voyons déjà déposer des brevets sur la matière pour laquelle on ne fait pas, à échelle nanométrique, de distinction entre le vivant et l’inerte.

[10] L’expertise n’est qu’une sombre comédie dans laquelle le falsificateur tient le rôle des pouvoirs publics, le menteur celui de l’expert; le rôle des simples citoyens étant interprété par l’ignorant.

[11] En général, cette connaissance se résume à décrire mathématiquement certaines situations, en simplifiant ces situations. (Cf. Olivier Rey, Itinéraire de l’égarement – Du rôle de la science dans l’absurdité contemporaine, éd. du Seuil, 2003.) Elle consiste, dans quelques domaines comme la biologie moléculaire ou les nanobiotechnologies, à réduire la vie à de simples phénomènes physico-chimiques. La science née des Lumières promettait d’offrir à la connaissance et à la raison ses lettres de noblesse: un langage universel délivré de toutes ambiguïtés afin de comprendre le monde de manière totalement objective. Elle permettra surtout à la bourgeoisie d’asseoir son autorité et de détruire l’ordre ancien: l’obscurantisme et l’aristocratie. La société industrielle, que cette bourgeoisie progressiste s’est appliquée à mettre sur pied, développera une science qui élaborera, à partir du début du XXe siècle et surtout après la seconde guerre mondiale, une connaissance globalement utilitariste.

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