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Archive for the ‘Article en Archive’ Category

Frédéric J. J. Buytendijk, L’homme et l’animal, 1958

17 juin 2018 Laisser un commentaire

essai de
psychologie comparée

L’analogie entre le comportement de l’animal et celui de l’homme est frappante et en même temps si énigmatique qu’elle a toujours suscité tâtonnement et provoqué de nombreuses tentatives d’interprétation.

Le professeur Buytendijk (1887-1974), un des maîtres de la psychologie comparée, expose les recherches faites dans ce domaine et donne une synthèse des explications psychologiques et philosophiques.

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Résumé encyclopédique

La psychologie comparée

L’analogie entre le comportement de l’animal et celui de l’homme est frappante et en même temps si énigmatique qu’elle a depuis toujours suscité l’étonnement et provoqué les tentatives d’interprétation et d’explication. Essayer de comprendre cette analogie n’est possible qu’à partir d’une conception déterminée de la nature humaine, de l’origine du monde et de l’essence de sa vie. Dès lors les résultats diffèrent suivant le point de départ choisi. Lire la suite…

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Le Postillon, Numérique: mais qu’est-ce qu’on attend?, 2018

A propos de l’incendie de
la Casemate à Grenoble

« S’opposer au numérique inclusif, c’est s’opposer à la liberté des esprits. » C’est un tweet de Mounir Mahjoubi, député En Marche et secrétaire d’État chargé du numérique. Il l’a écrit pour réagir à l’incendie de la Casemate, un centre de culture scientifique technique et industriel (CCSTI), qui a eu lieu fin novembre à Grenoble. C’était juste pendant le bouclage du dernier Postillon, alors on n’a presque rien écrit dessus. Pendant la distribution du journal, beaucoup de gens nous en ont parlé, interloqués, dubitatifs, voire en colère.

Moi, franchement, la liberté des esprits, je suis pour. Et c’est pour ça que je me pose plein de questions autour de l’invasion actuelle du « numérique inclusif » dans toutes les sphères de la vie, et du « grand remplacement » des humains par les robots. Des questions qui ne sont portées que par quelques esprits chagrins rompant l’enthousiasme général autour du tsunami numérique, et qui n’existent quasiment pas dans les centres de culture scientifique comme la Casemate, alors que cela devrait être leur raison d’être. Avec ces questions, je suis allé au festival Transfo, « le premier festival du numérique 100 % alpin », et à une rencontre avec la nouvelle directrice de la Casemate. Et j’en reviens avec la certitude que s’opposer au déferlement numérique est une nécessité impérieuse. Lire la suite…

André Pichot, La Philosophie zoologique de Lamarck, 1994

12 avril 2018 Laisser un commentaire

Portrait de LamarckLa Philosophie zoologique passe souvent pour un livre confus. Ce jugement est injuste. Il est vrai que le style de Lamarck est parfois assez relâché ; il est également vrai que l’ouvrage comprend quelques répétitions fastidieuses, et que son plan n’est pas parfait. Mais ces défauts cèdent assez facilement dès qu’on y met un peu de bonne volonté. Les principales difficultés tiennent surtout à ce que Lamarck se réfère à la biologie et à la chimie du XVIIIe siècle, et que celles-ci sont un peu oubliées de nos jours. En effet, bien que ses principaux ouvrages datent du début du XIXe, Lamarck est un homme du XVIIIe siècle (il a 65 ans quand paraît la Philosophie zoologique), et plus spécialement du XVIIIe siècle matérialiste et sensualiste (avec, en arrière-plan, un vague déisme). Pour bien saisir sa démarche et ne pas se méprendre sur ce qu’il écrit, il convient de le replacer dans ce cadre historique.

Un autre point important pour comprendre la Philosophie zoologique est de ne pas la limiter à un exposé du transformisme (Lamarck n’emploie ni le mot de transformisme, ni celui d’évolution qui n’avait pas à l’époque le sens que nous lui donnons aujourd’hui). Le transformisme n’occupe, avec la taxonomie, que la première des trois parties de l’ouvrage. Lamarck dit même s’être surtout intéressé aux deuxième et troisième parties, qui sont consacrées, respectivement, à une biologie générale, où sont établies les caractéristiques organisationnelles qui différencient les êtres vivants et les objets inanimés, et à une sorte de psychophysiologie, où la psychologie est présentée dans le prolongement de la biologie grâce aux présupposés évolutionnistes. Le projet de Lamarck était bien plus large que la seule transformation des espèces ; il entendait, par sa Philosophie zoologique, jeter les bases d’une biologie en tant que science autonome, et d’une psychologie continuant cette biologie ; l’invention du transformisme y est subordonnée. Lire la suite…

Andréas Sniadecki, Jean-Jacques Kupiec, l’ignorance au cœur de la cellule, 2018

20 mars 2018 Laisser un commentaire

Les idées de Jean-Jacques Kupiec ne sont que l’intériorisation
des contraintes extérieures auxquelles il est lui-même soumis :
soit une apologie du conformisme sous la forme du darwinisme.

« Le hasard est le nom
que nous donnons à notre ignorance »
Henri Poincaré.

Un penseur étrange en biologie a fait connaître ses théories ces dernières décennies : Jean-Jacques Kupiec et son idée d’ontophylogenèse 1. Pour lui, le fonctionnement de la cellule vivante et la formation de l’être vivant au cours du développement (ontogenèse) sont fondées sur des mécanismes identiques à ceux de l’évolution des espèces (phylogenèse), à savoir, le hasard des variations et la sélection naturelle, selon la théorie de Charles Darwin, le coryphée de la biologie et de l’évolution dans sa forme moderne.

Concernant l’ontogenèse, il fonde cette idée sur le fait que contrairement à ce que croyaient les biologistes moléculaires, les relations entre protéines, enzymes, etc. ne seraient pas stéréospécifiques – ne seraient pas strictement déterminées pour réagir seulement avec tel ou tel substrat – et se feraient donc « au hasard » ; et l’expression des gènes loin d’être le produit d’un programme génétique serait également « stochastique ». De là Kupiec met en avant ce qu’il appelle son « darwinisme cellulaire » qui, toujours selon lui, remet en question les fondements de la biologie moléculaire tels qu’ils existent depuis plus d’un demi-siècle.

C’est là tout le fondement de cette théorie que l’on nous présente comme absolument révolutionnaire et que Kupiec répète telle quelle à qui veut l’entendre depuis maintenant plus de 30 ans, soit depuis 1981 : une généralisation du darwinisme au métabolisme cellulaire et à la physiologie des organismes. Lire la suite…

Sivens, Après les pyromanes, les pompiers ?, 2017

8 décembre 2017 Laisser un commentaire

Les dessous du « projet de territoire » de Sivens

Inutile de revenir sur le projet de barrage initial et sur la manière dont les autorités tarnaises ont cherché, au mépris de tout, à passer en force pour l’imposer, jusqu’à assassiner un homme. Après la mort de Rémi Fraisse lors du grand rassemblement du 25 octobre 2014, l’État se sent obligé de prendre les choses en main et de secourir les autorités locales, trop heureuses de se débarrasser d’une patate devenue si chaude. Il en résulte un changement de tactique: alors que le Conseil Général et la Préfecture avaient jusque-là refusé le dialogue avec les opposants et tout misé sur la force brute, Ségolène Royal abat la carte de la concertation.

C’est ainsi qu’est annoncé un « projet de territoire » dans lequel les composantes citoyennes du mouvement d’opposition (Collectif Testet, Confédération Paysannne, FNE) se sont immédiatement engouffrées, en se réjouissant à l’idée d’être enfin entendues par ceux qui, auparavant, n’avaient cessé de faire la sourde oreille et de les mépriser. Lire la suite…

Sivens, Contester ou cogérer ?, 2017

8 décembre 2017 Laisser un commentaire

Sur la lutte contre le barrage du Testet à Sivens,
et les leçons que l’on peut en tirer
pour l’avenir des luttes territoriales

Aujourd’hui, l’État est l’incarnation officielle du pouvoir politique, il garantit l’ordre public et constitue le « monopole de la violence » considérée comme « légitime ». Face à lui, l’attitude des militants engagés dans les luttes territoriales (et non « écologistes », comme le disent les journalistes pour en réduire radicalement le contenu et la portée) liées aux projets d’aménagements du territoire et aux « zad » (zones à défendre) qu’ils suscitent, tend à prendre deux formes : la contestation et la cogestion.

Contester signifie mettre en doute, dénier à une institution et à ses agents le droit de gestion dont ils prétendent disposer au point, éventuellement, de les traiter en ennemis. Quand on conteste un projet d’aménagement du territoire, on se méfie de l’État, acteur du conflit qu’il s’agit de destituer symboliquement et matériellement, au lieu de lui reconnaître la légitimité dont il se pare. Il s’agit de faire sans lui et, éventuellement, contre lui. Car le dialogue ne suffit pas, il faut d’abord établir un rapport de forces. Logiquement, l’attitude contestatrice tend à élargir l’objet précis de la lutte à l’ensemble de l’ordre établi : ce n’est pas seulement contre un aéroport que l’on se bat, mais contre « l’aéroport et son monde », c’est-à-dire contre l’ensemble des institutions et des logiques qui génèrent ce genre de projet, contre le « système » et l’État qui le protège. En ce sens, la contestation tend à être radicale : elle prend les problèmes à la racine et n’hésite pas à entrer « en résistance ». Au sens fort, la contestation est tendanciellement antiétatique et subversive, voire insurrectionaliste. Lire la suite…

Jan Waclav Makhaïski, Anciens et nouveaux maîtres, 1905

8 novembre 2017 Laisser un commentaire

Le centenaire de la Révolution Russe

Voici cent ans, la révolution russe mettait à bas le régime tsariste. En octobre 1917 la prise du pouvoir par les bolchéviks, avec à leur tête Lénine instaura ce qu’il appelait le « communisme », en fait un capitalisme d’État.

Ces événements eurent un retentissement mondial, ne serait-ce que parce que, après la mort de Lénine et la prise du pouvoir par Staline, le mouvement ouvrier né de la révolution industrielle du XIXe siècle et son aspiration à l’émancipation sociale furent identifiés aux partis politiques et aux régimes staliniens soutenus par l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS). Frères ennemis, le « monde libre » et le « camp soviétique », patrie du « socialisme réel », furent bien d’accord pour réprimer dans le sang toutes les révoltes populaires, de la révolution espagnole jusqu’au printemps de Prague, et noyer sous les mensonges et les calomnies les aspirations à un monde libéré de toutes les formes de domination hiérarchique et d’exploitation capitaliste. Lire la suite…

Confédération Nationale du Travail, Le congrès confédéral de Saragosse, 1936

24 octobre 2017 Laisser un commentaire

Prolégomènes à la révolution de juillet 1936

Préface

La CNT (Confédération Nationale du Travail) est née en Espagne en 1910, au cœur des luttes revendicatives immédiates, mais aussi comme organisation quantitative du courant anarchiste espagnol. Durant quelque trente ans, la CNT sera en Espagne la principale force du mouvement ouvrier. La CNT comptera jusqu’à deux millions de membres en 1936, et fait unique dans l’histoire du syndicalisme, n’aura qu’un seul représentant rémunéré. Durant trente ans, la CNT ne se reconnaît pas comme partenaire social, ne conclut aucun accord de salaire, et prépare inlassablement « la révolution sociale » et le « communisme libertaire ».

Le programme adopté en mai 1936 au Congrès de la CNT à Saragosse, deux mois avant le soulèvement révolutionnaire contre le putsch fasciste de Franco, est l’un des plus beaux programmes jamais avancés par une organisation révolutionnaire du passé. Il se verra partiellement appliqué par les masses anarchistes, tandis que leurs “chefs”, avec une lugubre constance, s’enfonceront dans les compromissions du frente popular. Les thèses du Congrès de Saragosse furent dès les premières heures de Juillet 1936, la référence de tous les libertaires espagnols, le Congrès ayant prévu en détail la conduite à tenir en cas de putsch fasciste, et les bases sur lesquelles pouvaient se développer les collectivisations des terres et de l’économie. Lire la suite…

Henry Jador, Dialogue entre une presse mécanique et une presse à bras, 1830

19 septembre 2017 Laisser un commentaire

Contexte : Autour de 1830, il y a de nombreux débats au sein de l’imprimerie parisienne suite à l’introduction des nouvelles mécaniques. Au lendemain de la révolution de Juillet 1830, plusieurs milliers d’ouvriers vont détruire les nouvelles machines de l’Imprimerie Royale 1.

On m’avait dit que le Gouvernement allait mettre des fonds considérables à la disposition du commerce de l’imprimerie ; et, pour m’assurer de la vérité, je courais d’ateliers en ateliers… tous étaient déserts. Accablé de fatigue, je me disposais à retourner chez moi pour y attendre tranquillement les fonds considérables, lorsque ce mot : IMPRIMERIE, peint en blanc sur un grand écriteau noir, vient de nouveau frapper mes regards. Soit encore par curiosité, soit par un pur mouvement machinal, j’entre, j’appelle… l’écho seul me répond… Par un hasard singulier, un faible rayon de lumière me fait apercevoir dans un petit coin quelque chose qui ressemblait presque à une Presse… j’avance : c’en était une en effet, mais en bois, mais couverte de poussière et comme ensevelie dans une immense quantité de vieux papiers… Or (n’allez pas croire, lecteur, que ceci soit un conte), voici ce que me raconta cette vieille Presse en bois : Lire la suite…

Thierry Ribault, Nucléaire : une maladie d’État, 2017

12 juin 2017 Laisser un commentaire

Les formes multiples que revêt la transmission intergénérationnelle de cette maladie d’État qu’est le nucléaire, ne semblent pas émouvoir. Au contraire. « Le nucléaire est un choix français et un choix d’avenir. C’est le rêve prométhéen ! », selon Emmanuel Macron, rejoint par Corinne Lepage. S’agit-il d’un rêve prométhéen ou d’un cauchemar ?

« C’est dit c’est fait », gazouillait sans ponctuation, Ségolène Royal sur les réseaux sociaux, deux semaines avant les élections présidentielles, annonçant la signature et la publication du décret autorisant l’arrêt de la centrale nucléaire de Fessenheim. Il fallait bien une fois de plus sauver les apparences, trompeuses par définition. De fait, outre l’ « indemnisation » de 450 millions d’euros qui sera versée à EdF d’ici à 2021 pour compenser les pertes de recettes des deux réacteurs, et les indemnités versées jusqu’en 2041 au même opérateur en fonction de paramètres tels que l’évolution des tarifs de l’électricité, c’est aussi au prix d’un démarrage à venir de l’EPR de Flamanville, dont le chantier a été lancé en 2007 et le coût initial de 3,3 milliards d’euros réestimé en 2015 à 10,5 milliards, que la fermeture de Fessenheim a été concédée. Où l’on voit à l’œuvre Mme Royal, présidente de la COP 21, chargée des relations internationales sur le climat, candidate (perdante, bien que le poste ait été « promis à une femme ») à la direction du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et accessoirement représentant spécial de la communauté des « responsables » passés maîtres dans l’art de relancer le nucléaire en se donnant des airs d’en sortir.

On s’en étonnera peu, tant les chantages sont monnaie courante dans ce secteur d’activité où se vérifie pleinement la loi selon laquelle tout ce qui n’est jamais sanctionné est véritablement permis. C’est que le nucléaire est en effet une maladie d’État. Qu’il en soit propriétaire ou non, que le « parc » sur lequel il est censé veiller soit en marche ou à l’arrêt, qu’il finance l’avant catastrophe, la préparation à celle-ci, ou sa « gestion » après qu’elle soit survenue, l’État doit indéfiniment ponctionner les ressources collectives pour faire face à la récidive atomique. Nous proposons de rendre compte de quelques manifestations récentes et pour le moins spectaculaires des différentes facettes de cette infirmité structurelle qui touche l’État atomique dans de nombreux pays. Lire la suite…