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Archive for the ‘Recension d’ouvrages’ Category

Radio: Guillaume Pitron, La Guerre des métaux rares, 2018

27 juin 2018 Laisser un commentaire

Interview de Guillaume Pitron qui présente son livre La Guerre des métaux rares, la face cachée de la transition énergétique et numérique paru aux éd. Les Liens qui Libèrent, 2018. Ce livre, fort bien documenté, est très intéressant pour saisir les enjeux écologiques et géopolitiques autour des métaux rares. Concernant la prétendue « transition énergétique », il permet de comprendre toute l’esbroufe et le caractère mensonger de ce concept ; en fait de transition, c’est seulement la pollution due à la production d’énergie qui est délocalisée dans les pays producteurs des métaux rares. Lire la suite…

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Recension : E. Huzar, La Fin du monde par la science, 1855

10 juin 2018 Laisser un commentaire

Eugène Huzar et l’invention du catastrophisme technologique

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Eugène Huzar, La Fin du monde par la science, 1855

(textes choisis et annotés par Jean-Baptiste Fressoz et François Jarrige, postface de Bruno Latour)

éd. È®e, 2008, 160 pages.

Résumé

En 1855, paraît La fin du monde par la science. Son auteur : un avocat obscur au nom d’Eugène Huzar ; son originalité : proposer la première philosophie catastrophiste du progrès technologique. Huzar nous intéresse aujourd’hui en tant que symptôme : à l’encontre du grand récit postmoderne, il nous montre que la modernité positiviste qui aurait pensé les techniques sans leurs conséquences lointaines semblait déjà caduque lors de la révolution industrielle. Découvrir l’œuvre de Huzar aujourd’hui nous force à penser la réflexivité environnementale des sociétés de la révolution industrielle.

« La prophétie de malheur est faite pour éviter qu’elle ne se réalise ; et se gausser ultérieurement d’éventuels sonneurs d’alarme en leur rappelant que le pire ne s’est pas réalisé serait le comble de l’injustice : il se peut que leur impair soit leur mérite. »

Hans Jonas, Le Principe responsabilité, 1979 (trad. fr. éd. Flammarion, 1995, p. 233.)

En avril 1855, à Paris, alors que la foule se presse au Palais de l’Industrie pour y admirer machines et inventions, paraît un petit ouvrage au titre énigmatique, La Fin du monde par la science. L’auteur, un avocat obscur au nom d’Eugène Huzar, propose ce qui constitue vraisemblablement la première théorie du catastrophisme technologique. Le livre est un succès et deux ans après, Huzar développe sa théorie dans L’Arbre de la science 1. Lire la suite…

Résumé & Radio: Groupe MARCUSE, La liberté dans le coma, 2012

essai sur l’identification électronique
et les motifs de s’y opposer

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Le texte qui suit est un résumé d’un ouvrage de 244 pages. De nombreux exemples qui viennent à l’appui des idées et des analyses ici exposés succinctement n’ont donc pas été reproduits ni cités. Ce résumé ne peut donc se substituer à la lecture de l’ouvrage entier ; il n’est là que pour donner un aperçu des thèses développées dans le livre.

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Sommaire de l’ouvrage :

Introduction

1. Bureaucratie et informatique, le pacte du siècle.

2. La liberté, pour quoi faire ?

3. L’insoumission possible, ou ne pas laisser le monde se refermer.

Annexes

. Lire la suite…

Radio: Philippe Baqué, D’Alzheimer au transhumanisme, 2018

Ma mère a passé quelques années dans une petite unité fermée d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Ce que j’y ai vu n’a fait qu’alimenter mes doutes sur la maladie d’Alzheimer. La maltraitance institutionnelle latente, l’omniprésence des laboratoires pharmaceutiques dans sa médicalisation et dans son accompagnement, l’échec des différentes politiques censées y répondre, la surenchère médiatique… Qu’est-ce qui se cache derrière ce qu’on nous présente comme une épidémie ?
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Jean-Baptiste Fressoz, Pour une lecture politique des systèmes énergétiques, 2014

5 avril 2018 Laisser un commentaire

Timothy Mitchell, Carbon Democracy. Le pouvoir politique à l’ère du pétrole, traduit de l’anglais par Christophe Jaquet, Paris, La Découverte, 2013, 280 p.

Les systèmes énergétiques auraient-ils des propriétés politiques ? Le livre de Tim Mitchell, récemment traduit en français, propose une relecture de l’histoire du XXe siècle par le prisme du pétrole.

En dépit de son titre, Carbon Democracy raconte l’histoire de la lutte contre la démocratie au XXe siècle. La thèse principale, désormais célèbre 1, est que les propriétés physiques différentes du charbon et du pétrole ont façonné des « formes de vies » collectives très contrastées : à la fin du XIXe siècle, dans les pays industrialisés, le charbon a permis aux ouvriers d’obtenir des avancées sociales et démocratiques majeures ; à l’inverse, au Moyen-Orient, au XXe siècle, la fluidité du pétrole a privé les ouvriers d’un point d’appui technologique essentiel pour asseoir leurs revendications. Tim Mitchell invite à lire la démocratie non comme une idée, un mouvement social ou l’histoire de luttes politiques, mais comme un ensemble de vulnérabilités technologiques des oligarchies face au sabotage. Lire la suite…

Recension : S. McKinnon, La Génétique néolibérale, 2006

28 mars 2018 Laisser un commentaire

Susan McKinnon,
La Génétique néolibérale.
Les mythes de la psychologie évolutionniste
,
trad. fr. éd. L’Éclat, 2010.

1.

Certains se souviennent du livre de Marshall Sahlins, Critique de la sociobiologie, dans lequel il procédait à une déconstruction méthodique des thèses de Edward O. Wilson et de ses émules. Dans la conclusion de son livre, Sahlins constatait qu’à peu près tous les vingt ans on nous sert, à l’interface des sciences biologiques et sociales, une nouvelle théorie qui naturalise la culture et culturalise la nature. Or, ce constat s’est encore vérifié dans les années 1990 avec l’émergence d’un courant qui se dénomme psychologie évolutionniste et dont les principaux promoteurs sont Martin Daly, Margo Wilson, Steven Pinker, Robert Wright et David Buss. Dans le présent essai, Susan McKinnon démystifie ce nouvel avatar de la génétique néolibérale et prolonge, par sa philosophie de l’action, Critique de la sociobiologie, puisqu’il s’agit dans les deux cas d’offrir un antidote à des théories très en vogue mais aussi très dangereuses. Lire la suite…

Andréas Sniadecki, Jean-Jacques Kupiec, l’ignorance au cœur de la cellule, 2018

20 mars 2018 Laisser un commentaire

Les idées de Jean-Jacques Kupiec ne sont que l’intériorisation
des contraintes extérieures auxquelles il est lui-même soumis :
soit une apologie du conformisme sous la forme du darwinisme.

« Le hasard est le nom
que nous donnons à notre ignorance »
Henri Poincaré.

Un penseur étrange en biologie a fait connaître ses théories ces dernières décennies : Jean-Jacques Kupiec et son idée d’ontophylogenèse 1. Pour lui, le fonctionnement de la cellule vivante et la formation de l’être vivant au cours du développement (ontogenèse) sont fondées sur des mécanismes identiques à ceux de l’évolution des espèces (phylogenèse), à savoir, le hasard des variations et la sélection naturelle, selon la théorie de Charles Darwin, le coryphée de la biologie et de l’évolution dans sa forme moderne.

Concernant l’ontogenèse, il fonde cette idée sur le fait que contrairement à ce que croyaient les biologistes moléculaires, les relations entre protéines, enzymes, etc. ne seraient pas stéréospécifiques – ne seraient pas strictement déterminées pour réagir seulement avec tel ou tel substrat – et se feraient donc « au hasard » ; et l’expression des gènes loin d’être le produit d’un programme génétique serait également « stochastique ». De là Kupiec met en avant ce qu’il appelle son « darwinisme cellulaire » qui, toujours selon lui, remet en question les fondements de la biologie moléculaire tels qu’ils existent depuis plus d’un demi-siècle.

C’est là tout le fondement de cette théorie que l’on nous présente comme absolument révolutionnaire et que Kupiec répète telle quelle à qui veut l’entendre depuis maintenant plus de 30 ans, soit depuis 1981 : une généralisation du darwinisme au métabolisme cellulaire et à la physiologie des organismes. Lire la suite…

Radio: Jean-Marc Royer, Le Monde comme projet Manhattan, 2017

13 mars 2018 Laisser un commentaire

Des laboratoires du nucléaire à la guerre généralisée au vivant

Si les deux premières parties de ce livre débutent par une toute autre histoire du nucléaire, sa troisième partie, la plus importante aux yeux de l’auteur, a pour ambition d’en tirer les conséquences dans les domaines théoriques, historiques, philosophiques et politiques. Précisons qu’il n’est pas question de faire avec cette présentation un quelconque résumé de l’ouvrage mais d’attirer l’attention du lecteur sur des aspects jugés majeurs. Par conséquent, il n’y retrouvera pas le soubassement argumentaire de certaines des affirmations avancées.

I – S’il s’agissait uniquement d’une autre histoire du nucléaire, quelle en serait sa spécificité ?

Seule une étude attentive des archives disponibles a permis de saisir les gigantesques dimensions historiques, politiques et industrielles de l’évènement-nucléaire qui a changé la face du monde (au sens propre et au sens figuré) ; de comprendre dans le détail de quelle manière les États-Unis en ont usé pour s’attribuer le rôle de gendarme du monde depuis la fin de la seconde guerre mondiale 1 et plus généralement comment les complexes (scientifico-militaro-industriels) qui en furent à l’origine ont fini par gangréner tous les appareils d’États. Mais pour en prendre toutes les dimensions, ce ne fut pas suffisant : il a également fallu remonter dans le temps long pour donner toute sa profondeur à cet évènement, nous y reviendrons. Lire la suite…

Radio: Aude Vidal, On achève bien les éleveurs, 2017

10 mars 2018 Laisser un commentaire

Aude Vidal (dir.), On achève bien les éleveurs, éd. L’Echappée, 2017.

À l’origine de ce livre, le dessinateur Guillaume Trouillard. Loin de se contenter d’illustrer les entretiens qui sont ici retranscrits et mis en forme, il a ouvert les premières pistes de ce qui est devenu On achève bien les éleveurs. C’est lui que la lecture de La Liberté dans le coma, ouvrage du groupe Marcuse, a convaincu de la nécessité d’aborder la question du puçage des bêtes, du contrôle et plus globalement de l’administration du métier d’éleveur… et des résistances à cette lame de fond. C’est encore lui qui, après avoir découvert la chercheuse Jocelyne Porcher et l’éleveur Xavier Noulhianne dans l’émission de Ruth Stegassy sur France Culture, « Terre à terre », a souhaité que nous les rencontrions. Lire la suite…

Bertrand Louart, Les êtres vivants ne sont pas des machines, 2018

8 février 2018 Laisser un commentaire

Notes & Morceaux choisis

Bulletin de critique des sciences, des technologies et de la société industrielle

N°13 – hiver 2018

Les êtres vivants ne sont pas des machines

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Prospectus:

Aujourd’hui plus que jamais,
la conception de l’être vivant comme machine
est indissolublement liée au fait que nous vivons
dans une société capitaliste et industrielle :
elle reflète ce que les instances qui dominent la société
voudraient que le vivant soit,
afin de pouvoir en faire ce que bon leur semble.

Cette évidence constitue le point de départ de notre enquête et de nos analyses critiques sur la biologie moderne, qui s’articulent autour de trois points principaux :

1. Aussi étonnant que cela puisse paraître, le point aveugle de la biologie moderne, c’est son « objet », l’être vivant, l’organisme et la vie qui l’habite. Non seulement les biologistes et les biotechnologues ne savent pas ce qu’est un être vivant, mais surtout, ils ne veulent pas le savoir et préfèrent en faire une « machine complexe » qu’ils se font forts de « reprogrammer » à volonté. Lire la suite…