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Archive for the ‘Recension d’ouvrages’ Category

Radio: Le Monde en pièces, 2019

15 octobre 2020 Laisser un commentaire

Présentation du second volume de l’ouvrage Le Monde en pièces, pour une critique de la gestion (éd. La Lenteur, 2019) par Nicolas Eyguesier (édition La Lenteur) et David Gaboriau (sociologue du travail).

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Source: émission Les Amis d’Orwell sur Radio Libertaire,
du 11 octobre 2019. Lire la suite…

Radio: Silvain Laurens, Militer pour la science, 2019

26 septembre 2020 Laisser un commentaire

Certains savants considèrent que la science s’arrête aux portes des laboratoires. D’autres promeuvent auprès des citoyens l’« esprit scientifique », estimant que la science est le pilier d’un espace public reposant sur la vérité. C’est à ces derniers que s’intéresse le sociologue Sylvain Laurens avec son livre Militer pour la science, les mouvements rationalistes en France (1930-2005) (éd. de l’EHESS, 2019), qui cherche à rendre compte des conditions sociales et intellectuelles de l’engagement public des savants en faveur de la science et du rationalisme, notamment avec la création de l’Union rationaliste (UR) en 1930, de l’Association Française pour l’information scientifique (AFIS) en 1968 et de la zététique dans les années 1980. Lire la suite…

François Partant, La crise s’est aggravée, 1987

7 juillet 2020 Laisser un commentaire

Je vais vous dire quelques mots de mon dernier livre qui s’appelle La fin du développement et, en sous-titre, Naissance d’une alternative ?, avec un gros point d’interrogation. La fin du développement, ce n’est pas du tout ce que beaucoup de gens ont cru, surtout des critiques qui ont fait état de ce livre et qui ne l’avaient pas lu. Ils ont cru que c’était la fin du développement dans le tiers-monde, mais il ne s’agit pas de ça. Il s’agit de la fin de ce qu’on appelle le « développement », c’est-à-dire du développement des forces productives, qui sont sensées permettre, grâce à l’amélioration de la productivité du travail, et de l’augmentation de la production en volume, un croissant bien-être matériel pour la société.

Il faut rappeler que le capitalisme et le socialisme ont une origine commune : c’est l’Europe. Ils ont aussi un objectif commun : le développement. (Ils ont exactement le même objectif officiel, c’est d’améliorer les conditions d’existence de la société). Très curieusement, d’ailleurs, jusqu’à maintenant on a toujours vu que ce développement implique une accumulation capitalistique, qui se fait au détriment du plus grand nombre. Cet objectif prétendu national ou social, disons, se fait toujours au détriment de la plupart des gens. Lire la suite…

Renaud Garcia, Gustav Landauer : un appel au socialisme, 2020

26 juin 2020 Laisser un commentaire

Gustav Landauer est l’une des voix majeures du socialisme libertaire allemand. Face aux dégâts provoqués par l’industrialisation, il a fait l’éloge des communautés fédérées ancrées dans le monde rural et villageois ; face à la guerre mondiale, il a appelé, en non-violent, à la grève générale ; face au parlementarisme, il a loué la démocratie directe et les conseils ouvriers auto-administrés. En 1919, celui qui tenait le socialisme pour « l’expression de la véritable et authentique union des hommes » s’engagea dans la Révolution allemande, jusqu’à devenir commissaire du peuple et tomber, quatre mois après la marxiste Rosa Luxemburg, sous les coups de l’armée. Les éditions La lenteur ont récemment traduit et publié son Appel au socialisme : le philosophe Renaud Garcia l’a lu, et livre ici ses impressions. Lire la suite…

Jeanne Burgart-Goutal, La grille de lecture écoféministe, 2020

19 juin 2020 Laisser un commentaire

une arme de déconstruction massive enthousiasmante

 

Jeanne Burgart Goutal,
Être écoféministe, théories et pratiques,
éd. L’Échappée, coll. Versus, 2020.

 

Votre livre porte bien son titre car il y est question de théorie et de pratique. Commençons par la théorie : comment définir l’écoféminisme ?

Jeanne Burgart-Goutal : Il est délicat de définir « l’écoféminisme » au singulier : ce n’est pas un courant unifié, mais un mouvement très divers, une nébuleuse aux contours flous, au point que certain·es qualifient ce terme de « mot fourre-tout » (umbrella term) ou parlent « des écoféminismes » au pluriel.

En simplifiant, on peut cependant qualifier l’écoféminisme comme étant à la fois un mouvement d’actions et d’idées, né au milieu des années 1970, à l’articulation du féminisme et de l’écologie. Ou plus précisément : du féminisme radical et de l’écologie politique – c’est-à-dire des formes de féminisme et d’écologie incompatibles avec l’ordre dominant, celles qui portent le plus loin la critique du système capitaliste patriarcal et la recherche d’un modèle alternatif de civilisation. Le mouvement a émergé dans un contexte de contestations multiples, au point qu’on peut parler d’une crise de la modernité. Il est né en particulier de deux désillusions : d’une part la désillusion face au « progrès » technologique et économique, dont on commence dans les années 1970 à percevoir les conséquences dévastatrices pour l’environnement, et l’accroissement des inégalités mondiales qui l’accompagne ; d’autre part la déception face aux améliorations de la condition féminine permises par les combats du féminisme libéral, dont on se rend compte qu’elles sont en fait limitées, et inéquitables en termes de classe, de « race », ou encore à travers le monde. C’est en faisant converger ces contestations majeures qu’est né l’écoféminisme. Lire la suite…

François Jarrige, Rapiécer le monde, 2019

Les éditions La Lenteur contre le déferlement numérique

Alors que le monde numérique s’installe avec un fatalisme et une rapidité déconcertante, les éditions La Lenteur maintiennent vivante une critique radicale du capitalisme High Tech et de ses ravages. Leurs publications proposent une analyse de la bureaucratie managériale pensée comme un phénomène social que la technologie contemporaine porte à son paroxysme.

 

A propos de :

Groupe Marcuse,
La Liberté dans le Coma.
Essai sur l’identification électronique et les motifs de s’y opposer
,
éd. La Lenteur, 2013, nouvelle édition en 2019 ;

Le Monde en pièces.
Pour une critique de la gestion. I. Quantifier
,
éd. La Lenteur, 2012 ;

Le Monde en pièce.
Pour une critique de la gestion. 2. Informatiser
,
éd. La Lenteur, 2019. Lire la suite…

Gaïa Lassaube, Cassandre appelant de ses vœux la catastrophe, 2019

17 avril 2020 Laisser un commentaire

Quand Laurent Alexandre écrivait de la science-fiction

 

La résistible ascension de Maximo Doctissimo

Véritable portrait de Laurent Alexandre

On ne présente plus Laurent Alexandre : médecin urologue, ancien de l’IEP de Paris, de HEC, de l’ENA, fondateur du site Doctissimo et entrepreneur de la cause entrepreneuriale [1]. L’histoire est connue : après le rachat du site par le groupe Hachette, l’homme a abandonné les habits de l’urologue pour endosser ceux du futurologue médiatique. Depuis la publication de son premier essai en 2011 [2], Laurent Alexandre s’est hissé en l’espace de quelques années au rang de figure incontournable du transhumanisme en France [3]. Il n’aura pas échappé au lecteur que sa trajectoire est semblable à celles, bien connues, des intellectuels médiatiques qui ont accès à des filières de notoriété au sein desquelles le capital relationnel prime sur le capital culturel [4]. À la différence près que le capital économique de Laurent Alexandre précède son capital relationnel. Pour ce type d’intellectuels médiatiques, on ne cherche plus par relations personnelles à gagner l’accès à une filière de notoriété intellectuelle : la détention d’un capital actionnarial permet de construire sa propre notoriété. Lire la suite…

Annie Gouilleux, Lewis Mumford et Le Mythe de la machine, 2019

17 février 2020 Laisser un commentaire

Présentation d’une nouvelle traduction

Entretien avec Annie Gouilleux, qui nous procure, avec Gregory Cingal, une nouvelle traduction de l’ouvrage Le Mythe de la machine de Lewis Mumford (1895-1990), aux Editions de l’Encyclopédie des Nuisances (420 p., 28€).

 

PMO : Pourrais-tu nous retracer ton chemin politico-intellectuel ? D’où pars-tu ? Que faisais-tu ? Comment en es-tu arrivée finalement au courant anti-industriel ? puis à Lewis Mumford ?

Annie Gouilleux : Je suis née dans les Vosges il y a 71 ans, mais mes parents ont dû rapidement chercher du travail ailleurs et j’ai été élevée dans la banlieue grenobloise où sont nés mes frères et sœurs. J’ai eu une enfance des plus ordinaires. Je ne sais plus comment j’ai appris que mon père avait été déporté en camp de concentration pendant la guerre (Neuengamme), car c’était un sujet tabou à la maison, à tel point qu’en classe de troisième, seule fille de déporté, j’ai été la seule à ne pas être autorisée à assister à une projection de Nuits et brouillards. Je suis convaincue que mon père voulait nous protéger. Mais ma mère lisait L’École émancipée (publication destinée aux instituteurs) et elle avait laissé traîner un numéro que je me suis empressée de lire en cachette, et ainsi de suite avec toute la « littérature concentrationnaire » sur laquelle j’ai pu mettre la main à l’époque (pas grand-chose, en vérité). Je signale cela parce que ce genre de découverte ne donne pas vraiment confiance dans l’humanité, dans les institutions, et peut être source d’une certaine anxiété, surtout lorsqu’on ne peut pas en parler. Mon père est mort d’une leucémie en 1970. Lire la suite…

Grégoire Quevreux, Critique du darwinisme de gauche, 2015

14 janvier 2020 2 commentaires

Vouloir fonder l’action politique sur la biologie a aujourd’hui, avec raison, mauvaise presse. Il n’en fut pas toujours ainsi. La première moitié du XXe siècle a en effet vu par exemple l’adoption de lois eugénistes aux États-Unis [1], dans les pays scandinaves et, bien sûr, en Allemagne. Le racialisme, l’eugénisme et le darwinisme social nés dans le sillage des travaux de Darwin ne furent en effet pas l’apanage de quelques savants fous et extrémistes politiques, mais furent au contraire partagés par une partie importante de l’establishment intellectuel, scientifique et politique du début du XXe siècle [2]. Si l’interprétation politique de la théorie darwinienne de l’évolution caractérise ainsi surtout certains courants classiquement considérés comme de droite, il y eut des exceptions. L’anarchiste russe Pierre Kropotkine (1842-1921) proposa ainsi en 1902 de fonder la future société socialiste sur la tendance naturelle des hommes pour la coopération [3]. C’est finalement une réactualisation de ce projet que propose Peter Singer dans son livre Une gauche darwinienne [4] dont nous proposons ici une rapide lecture critique. Lire la suite…

Fabrice Flipo, Démocratie des crédules ou arrogance des clercs ?, 2014

12 janvier 2020 Laisser un commentaire

Gérald Bronner,
La démocratie des crédules,
éd. PUF, 2013.

 

Le thème de cet ouvrage est fortement d’actualité. Il est question en effet de la massification de l’information et de ses conséquences, notamment sur la vie en commun. L’auteur le souligne dès son introduction: la confiance étant au cœur de l’ordre social, celle-ci ne va-t-elle pas se trouver mise à mal par la prolifération anarchique de l’ « offre » d’information?

 

Les deux premiers chapitres décrivent quelles ont été les révolutions successives dans le domaine de la fabrication et la diffusion de l’information, que l’auteur appelle la «révolution sur le marché cognitif», et les dangers possibles. On ne reviendra pas ici sur le premier point, bien décrit dans d’innombrables ouvrages consacrés à la «société de l’information», son histoire et ses enjeux [1]. Venons-en tout de suite à ce qui nous paraît être l’apport du livre: la mise en évidence de diverses formes de biais qui peuvent se manifester dans l’acquisition de connaissances, en tant qu’elles se distinguent des croyances. Lire la suite…