Jeanne Burgart-Goutal, Ce que le féminisme apporte à l’écologie, 2018

« Hirvi Dharti, Stri Shakti, Manav Murti »

« Terre verte, puissance féminine, libération humaine » [1]

 

Résumé

En quoi les concepts et points de vue développés par le féminisme, à première vue sans lien avec la crise environnementale, permettent-ils en fait de féconder la pensée écologiste ? À travers l’étude des discussions que l’écoféminisme a tissées au il du temps avec d’autres courants, je voudrais montrer que, loin de n’être qu’un cas particulier de la pensée écologiste, il constitue un outil de critique et de dépassement de la façon même dont les problèmes y sont généralement posés. Lire la suite »

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Veronika Bennholdt-Thomsen et Maria Mies, Subsistance et économie mondialisée, 1997

En introduction de leur ouvrage La Subsistance. Une perspective écoféministe, Veronika Bennholdt-Thomsen et Maria Mies nous racontent ce qu’elles ont appris d’une conversation entre des femmes d’un village du Bangladesh et Hillary Clinton, qu’elles utilisent ensuite pour expliquer leur perspective sur la subsistance, une perspective « d’en bas ». En voici quelques extraits.

Une vache pour Hillary

En avril 1995, quelques mois avant le début de la Conférence mondiale des femmes organisée par les Nations unies à Pékin, Hillary Clinton, alors première dame des Etats-Unis, a fait un voyage au Bangladesh. Elle est allée voir par elle-même si les projets menés par la Grameen Bank dans les villages du Bangladesh, projets dont elle avait tant entendu parler, étaient bel et bien un succès. Les microcrédits de la Grameen Bank avaient la réputation d’avoir remarquablement amélioré le sort des paysannes dans ce pays, et Mme Clinton voulait savoir si les femmes avaient véritablement gagné en autonomie [empowered] grâce à ces microcrédits. Pour la Grameen Bank et les organismes de développement, « l’autonomisation des femmes » revient à ce qu’une femme ait quelques biens et un revenu personnel en monnaie. Lire la suite »

Veronika Bennholdt-Thomsen and Maria Mies, Subsistence and globalised economy, 1997

Maria Mies, 2011

Introducing their book The Subsistence Perspective: Beyond the Globalised Economy, Veronika Bennholdt-Thomsen and Maria Mies tell us what they learned from a conversation between women in a Bangladeshi village and Hillary Clinton, which they then use to explain their perspective on subsistence, a perspective “from below”. Here are some excerpts.

A cow for Hillary

In April 1995, some months before the beginning of the UN World Women’s Conference in Beijing, Hillary Clinton, the First Lady of the USA, visited Bangladesh. She had come to find out herself about the success stories of the Grameen Bank projects which were said to have so empowered rural women in Bangladesh. For the Grameen Bank and development agencies, “empowerment of women” means that a woman has an income of her own and that she has some assets. Lire la suite »

Veronika Bennholdt-Thomsen y Maria Mies, Subsistencia y la economía globalizada, 1997

Maria Mies, 2011

En la introducción de su libro La Perspectiva de Subsistencia: Más Allá de la Economía Globalizada, Veronika Bennholdt-Thomsen y Maria Mies nos cuentan lo que aprendieron de una conversación entre mujeres de una villa de Bangladesh y Hillary Clinton, que luego usaron para explicar su perspectiva sobre el subsistencia, una perspectiva “desde abajo”. He aquí algunos extractos.

Una vaca para Hillary

En abril de 1995, unos meses antes de que comenzara la Conferencia Mundial de Naciones Unidas sobre la Mujer en Beijing, Hillary Clinton, la Primera Dama de los Estados Unidos, visitó Bangladesh. Había llegado hasta allí para ver por sí misma los éxitos obtenidos por los proyectos del Banco Grameen, de los que se decía que tanto habían fortalecido económicamente a las mujeres de Bangladesh. Para el Banco Grameen y las agencias de desarrollo este empoderamiento de las mujeres significa que una mujer tiene un ingreso propio y que cuenta con algunos bienes. Lire la suite »

Nicolas Bonanni, Que défaire ?, 2022

Nicolas Bonanni a publié un petit ouvrage intitulé Que défaire ? pour retrouver des perspectives révolutionnaires aux éditions Le Monde à l’envers en mars 2022 (100 pages, 6 euros). Voici quelques extraits de l’introduction.

Nous sommes nombreux et nombreuses à fréquenter les manifs rituelles «salaires, retraites, pouvoir d’achat» qui rythment la vie militante, pour empêcher le gouvernement de détricoter le système de retraites ou le droit du travail. On se retrouve aussi dans les manifs contre l’extrême droite, pour le droit au logement, dans les AG à la Bourse du travail, les rassemblements pour les droits des sans-papiers, les manifs à vélo en soutien à Notre-Dame-des-Landes, la défense des services publics, etc. L’étiquette qui réunit toutes ces luttes, qui nous réunit: l’anticapitalisme. On conteste le règne du capital sur le monde, on voudrait défaire le capitalisme, on voudrait établir d’autres rapports sociaux, plus égalitaires; ne pas laisser les profits et le «chacun pour soi» prendre toute la place. À la froide rationalité des actionnaires, nous préférons les valeurs de liberté, d’égalité, de dignité et de justice. […]

Mais on a surtout l’impression de limiter la casse. On a du mal à dessiner un espoir au milieu de la glaciation libérale : l’horizon semble bouché, et s’incarne par des duels Macron / Le Pen au deuxième tour. Nous nous sentons coincés entre les partisans du chacun pour soi et ceux du chacun chez soi. L’enfer. […] Lire la suite »

Bifurquons, maintenant !, 2022

Un second et ultime appel des diplômés d’AgroParisTech

La semaine dernière, une poignée d’élèves d’AgroParisTech profitaient de la cérémonie de remise de leurs diplômes pour lancer un appel à la désertion (texte et vidéo). Ce mercredi 18 mai à midi, vient d’être mis en ligne un second appel qu’ils présentent comme le dernier et qui s’achève par une invitation et un rendez-vous. Le voici.

Le constat est clair : ce système est un monstre à bout de souffle.
Personne ne nous a contredit sur ce point.
Et des millions ont même partagé notre cri de liberté.
Vous êtes si nombreuses à nous en avoir parlé, à en avoir parlé à d’autres ! Lire la suite »

Sylvaine Bulle, Une politique d’émancipation doit mettre l’État à distance, 2020

Entretien avec la sociologue Sylvaine Bulle, autrice d’une enquête sur des expériences d’autonomie politique. Elle explique comment la pandémie peut renforcer le désir de ne pas être gouverné, et inciter à la recherche d’autres formes de vie.

 

S’il est actuellement beaucoup question du retour de l’État et de la restauration de la souveraineté, à droite comme à gauche du spectre politique, d’autres traditions militantes et intellectuelles se situent aux antipodes de cette logique. Au contraire, elles portent une critique radicale de l’État, qui n’en vise pas seulement les aspects les plus autoritaires et coercitifs, mais tout bonnement la prétention à gouverner les populations.

Pour évoquer cette mouvance, Mediapart s’est entretenu avec Sylvaine Bulle, professeure de sociologie à l’ENSA Paris Val de Seine (Université de Paris) et autrice d’Irréductibles. Enquête sur des milieux de vie de Bure à Notre-Dame-des-Landes (UGA Éditions, collection Écotopiques, 2020). Elle décrit les principes et les réalisations des « zones autogouvernées », et met en avant leurs atouts en temps de crise sanitaire. Elle répond aussi aux objections traditionnellement soulevées par ces expériences, comme celles qui moquent leur caractère localement circonscrit. Lire la suite »

Radio : A. Berlan et F. Scheidler, Déboulonner la Mégamachine, 2021

Nous ressentons toutes et tous un sentiment d’impuissance face à la « mégamachine », le complexe capitaliste et industriel dans laquelle nos sociétés sont engluées, ainsi qu’à la difficulté à imaginer une alternative à ce système. Fabian Scheidler et Aurélien Berlan donnent à travers leurs ouvrages des pistes pour déboulonner cette « mégamachine ».

Aurélien Berlan, docteur en philosophie, auteur de Terre et liberté. La quête d’autonomie contre le fantasme de délivrance (La Lenteur, 2021, 220 pages). Lire un extrait sur le site de la revue Terrestre.

Fabian Scheidler, philosophe et dramaturge allemand, auteur de La Fin de la mégamachine. Sur les traces d’une civilisation en voie d’effondrement (Seuil, 2020, 620 pages). Lire la présentation de l’ouvrage par son traducteur Aurélien Berlan.

Une conférence organisée par l’Atelier d’écologie politique (Atecopol) de Toulouse le 22 octobre 2021.

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Racine de moins un
Une émission
de critique des sciences, des technologies
et de la société industrielle.

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Émission Racine de Moins Un n°72,
diffusée sur Radio Zinzine en décembre 2021.

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Radio Zinzine
2021: 40 ans de Radio Zinzine

Olivier Lefebvre, Chouiner l’anticapitalisme, 2021

Les penseurs du vivant, Lordon, et la question de la technique

Il y a quelques semaines, Frédéric Lordon écrivait « Pleurnicher le vivant », une critique aussi drôle que caricaturale des « penseurs du vivant » : s’opposant à l’écologie qui prônerait le rapprochement avec le vivant, il se rapportait au bon vieux marxisme simplifié, dans lequel c’est le capital et le capitalisme qui doivent attirer l’attention et être les cibles de la critique. Aussi désuet que puisse être le néo-léninisme de Lordon, le latourisme de gauche auquel il s’attaque pose néanmoins de vrais problèmes. L’impensé, dans la vogue actuelle du vivant, se loge très certainement dans le problème de la technique.

 

Le dernier billet de Lordon propose une critique des « penseurs du vivant » [1] mordante et pleine d’ironie, conformément à son style. Certaines personnes ont pu se sentir blessées par ce ton sarcastique, et y ont vu le signe d’un intellectualisme narcissique plus intéressé à se payer de mots qu’à faire avancer les choses. D’autres ont reproché à Lordon d’effectuer une énième reductio ad capitalisum, faisant du capitalisme la cause ultime et unique de la catastrophe écologique [2]. On peut aussi regretter le fait que Lordon se soit saisi telle quelle de cette catégorie des « penseurs du vivant », comme si elle était effectivement représentative d’un courant de pensée homogène. Une critique de cette catégorie donnerait certainement à voir de profondes divergences d’analyses et d’orientations politiques entre celles et ceux qu’elle est censée regrouper. Lire la suite »

Radio: Renaud Garcia, Anti-industrialisme ou anticapitalisme ?, 2020

Renaud Garcia, professeur de philosophie dans un lycée à Marseille, fait un exposé dans le cadre des rencontres du groupe Ecran Total qui entend résister à la gestion et à l’informatisation de nos vies, en octobre 2020.

L’anticapitalisme ou la critique du capitalisme, sous les formes de la dénonciation du profit, des marchés, de la finance et des banques, aussi légitime soit-elle, peut ne jamais toucher au cœur de la dépossession universelle qui s’étend depuis plus de deux siècles, à savoir le mode de vie fondé sur le salariat et l’industrie qui permet la production en masse des marchandises.

Il est donc nécessaire d’élargir la critique sociale, en lui adjoignant une critique culturelle des grandes organisations, du machinisme et de la représentation scientifique du monde.

Le document PDF adjoint à l’émission sur le site Archive.org contient le texte de l’intervention de Renaud Garcia, un glossaire de la WertKritik et quelques argument pour une critique de la WertKritik (24 pages au format A5). Vous trouverez ces documents ci-dessous.

 

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Racine de moins un
Une émission
de critique des sciences, des technologies
et de la société industrielle.

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Émission Racine de Moins Un n°71,
diffusée sur Radio Zinzine en décembre 2021.

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Radio Zinzine
2021: 40 ans de Radio Zinzine

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