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Posts Tagged ‘2019’

Philippe Descola, Amazonie & Coronavirus, 2019

26 avril 2021 Laisser un commentaire

En Amazonie, c’est d’abord le milieu de vie des Amérindiens qui est détruit

 

Dans cet entretien, l’anthropologue rappelle que dans la forêt amazonienne cohabitent près de 600 ethnies. Il propose d’en faire une personnalité juridique de façon à mieux protéger ce trésor de biodiversité.

 

Anthropologue, spécialiste des Jivaro achuar, en Amazonie équatorienne (Les Lances du crépuscule, Plon, 1993), Philippe Descola est professeur au Collège de France et titulaire de la chaire d’anthropologie de la nature, succédant à Françoise Héritier. Disciple de Claude Lévi-Strauss, médaille d’or du CNRS (en 2012) pour l’ensemble de ses travaux, Philippe Descola développe une anthropologie comparative des rapports entre humains et non-humains qui a révolutionné à la fois le paysage des sciences humaines et la réflexion sur les enjeux écologiques de notre temps (Par-delà nature et culture, Gallimard, 2005). Alors que les feux de forêt ont augmenté de 84 % depuis le début de l’année en Amazonie et sont l’enjeu d’une crise internationale, Philippe Descola explique comment il serait possible, pour les préserver, de conférer une personnalité juridique à des milieux de vie tels que celui de la forêt amazonienne. Lire la suite…

Geneviève Pruvost, Penser l’écoféminisme, 2019

22 mars 2021 Laisser un commentaire

Féminisme de la subsistance et écoféminisme vernaculaire

 

Afin de mettre en évidence la conceptualisation qu’une partie des théoriciennes écoféministes proposent en matière de travail en régime capitaliste, qu’il soit salarié, agricole et domestique, on a qualifié de féminisme de la subsistance tout un groupe de théoriciennes comme Françoise d’Eaubonne, Maria Mies, Silvia Federici, Vandana Shiva et Starhawk, qui ont en commun de mettre en lien féminisme, activisme et mise en pratique d’alternatives écologiques qui relèvent d’une forme d’écoféminisme vernaculaire. Cette approche matérialiste, mais aussi spirituelle de l’écoféminisme s’appuie sur des recherches anthropologiques et historiques qui distinguent le travail vivrier d’autoproduction par les deux sexes et le travail domestique féminin de préparation de produits industrialisés en termes économique et politique. Les destructions environnementales de l’industrialisation de la sphère des besoins sont corrélées à la mise à mort des dernières sociétés paysannes du sud et la division internationale inéquitable du labeur de production des ressources vitales dont les femmes sont les premières victimes.
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Sezin Topçu, Minimiser les impacts catastrophiques d’un accident nucléaire, 2019

10 mars 2021 Laisser un commentaire

« Il est possible de mener une vie normale » dans les zones contaminées par la radioactivité, assure le ministre japonais de la Reconstruction, huit ans après l’accident nucléaire majeur de Fukushima. Ce discours de « normalisation », qui vise à minimiser le risque nucléaire et les conséquences d’un accident n’est pas l’apanage des autorités japonaises : on le retrouve en France depuis le lancement du programme nucléaire ou en Biélorussie après Tchernobyl. Sezin Topçu, historienne et sociologue des sciences, décrypte cette stratégie de communication, qui accompagne des politiques exonérant les exploitants de centrales nucléaires de leurs responsabilités. Entretien. Lire la suite…

Nicolas Le Dévédec, La grande adaptation, 2019

Résumé

Le transhumanisme ne se réduit pas à un projet technoscientifique. Il engage un rapport au monde, à la collectivité, à la cité (polis), qu’il est nécessaire d’interroger, au-delà des enjeux éthiques et utilitaristes qui tendent aujourd’hui à prédominer dans les débats. C’est la nature et le sens de ce « rapport au monde » promu par le mouvement que cet article entend mettre en lumière dans une perspective théorique critique. Son objectif est de montrer que le transhumanisme, y compris quant à la branche dite sociale et progressiste du mouvement, promeut et diffuse un rapport au monde qui se caractérise fondamentalement par l’élusion du politique, au sens philosophique et fondamental du terme. Sur des sujets aussi divers que la prise en charge des risques globaux planétaires, la question des problèmes de santé publique, le bien-être conjugal ou encore les questions écologiques, les transhumanistes avancent des explications de type « psycho-bio-évolutionnistes » qui exonèrent les sociétés capitalistes de toute responsabilité et conduisent à privilégier des solutions technoscientifiques centrées sur l’adaptation humaine. Lire la suite…

Salvadori et Vignaud, Antivax. La résistance aux vaccins du XVIIIe siècle à nos jours, 2019

1 janvier 2021 Laisser un commentaire

Françoise Salvadori et Laurent-Henri Vignaud,
Antivax. La résistance aux vaccins du XVIIIe siècle à nos jours,
Paris, Vendémiaire, 2019.

 

Ce livre part d’un constat : la France se singularise par une défiance vis-à-vis des vaccins. Une enquête récente montre notre pays « seule petite tâche marquée du rouge sombre de l’infamie » sur une carte mondiale représentant le scepticisme vaccinal : 45 % des Français tendent à ne pas être d’accord avec l’affirmation « les vaccins sont sûrs » contre 14 % en moyenne dans 67 autres pays [1]. Ce chiffre est rapporté à plusieurs reprises, en introduction, en quatrième de couverture et à la page 244. Il permet de dramatiser l’enjeu du livre : comment en est-on arrivé à ce niveau de défiance ?

Pour y répondre, les deux auteurs entreprennent de retracer à grands traits l’histoire de ce qu’ils appellent les « antivax », c’est-à-dire des médecins, des scientifiques mais aussi des individus de toutes classes qui se sont exprimés contre les vaccins, dénonçant leur dangerosité, leur inefficacité et pire encore parfois, leur rôle dans la dégénérescence de l’espèce humaine. Lire la suite…

Radio: Atelier Paysan, La technoscience contre l’agriculture paysanne, 2019

12 décembre 2020 Laisser un commentaire

Durant l’automne 2019, l’Atelier paysan, coopérative d’auto-construction de matériel agricole, a organisé une tournée de soirées-débats sur le thème « La technologie va-t-elle sauver l’agriculture ? La place de la machine dans l’autonomie paysanne » pour rencontrer localement les paysans et paysannes et prendre connaissance du poids et des impacts des machines, des robots, de l’informatique et des biotechnologies sur les vies des paysans et paysannes, sur l’environnement comme sur l’ensemble du modèle alimentaire. […]

Dans la série Racine de Moins Un, voici la troisième émission réalisée à partir de ces enregistrements (les deux précédentes) :

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Jean-Pierre Berlan – La technoscience contre l’agriculture paysanne

Le cas du maïs hybride : un mensonge historique des agronomes

L’affaire Terminator et la contestation des OGM ont révélé au grand public que les grands semenciers sont prêts à tout pour empêcher les agriculteurs d’utiliser le grain qu’ils récoltent. Mais pour Jean-Pierre Berlan, ancien économiste de l’INRA, cette confiscation du vivant à des fins de profit ne date pas d’hier.

Dans La Planète des clones, il montre que la grande innovation agronomique du XXe siècle, le maïs hybride, relève de la même logique : faire croire que les semences mises au point par des chercheurs sont plus productives que le grain récolté dans les champs. Ce livre se lit comme une enquête policière et démasque l’imposture du progrès le plus célébré de la science agronomique. Lire la suite…

François Jarrige, Les origines répressives du capitalisme, 2019

6 décembre 2020 Laisser un commentaire

À propos de :

Peter Linebaugh,
Les pendus de Londres.
Crime et société civile au XVIIIe siècle,
CMDE/Lux, 2019.

 

L’ouvrage classique de Peter Linebaugh sur les pendus de Londres est enfin traduit en français. Il montre comment au XVIIIe siècle le capitalisme industriel s’est adossé à la justice répressive pour criminaliser un prolétariat attaché à des coutumes jugées dangereuses pour le nouvel ordre social.

Historien états-unien et marxiste engagé, Peter Linebaugh n’a cessé de militer contre la peine de mort et les ravages du capitalisme, tout en défendant les biens communs comme alternatives au néo-libéralisme [1]. Sa trajectoire et son œuvre restent pourtant assez mal connues en France. Traduit une première fois via son travail avec Marcus Rediker sur l’histoire de l’Atlantique révolutionnaire [2], la publication en français de son premier livre constitue un évènement éditorial. Lire la suite…

Aurélien Berlan, Snowden, Constant et le sens de la liberté à l’heure du désastre, 2019

2 novembre 2020 Laisser un commentaire

Les géants du numériques ont aboli la « vie privée », face visible de la liberté des Modernes. C’est au contraire à l’autre versant de cette conception de la liberté qu’il faudrait renoncer : être délivrés des nécessités de la vie, rendue possible par l’instauration de dispositifs lointains et aliénants. Il s’agit alors de reconquérir la liberté de subvenir à nos vies.

 

Les appels à décréter « l’état d’urgence écologique » qui foisonnent aujourd’hui à l’adresse des États sont le dernier avatar d’une idée qui hante une partie du mouvement écologiste depuis longtemps. Compte tenu des liens historiques entre la dynamique des sociétés industrielles et la conception occidentale moderne de la liberté, enrayer l’aggravation des nuisances et la multiplication des catastrophes que ces sociétés provoquent supposerait d’engager une politique étatique volontariste, voire dirigiste, supposant de restreindre les libertés, que ce soit sous la forme d’un renouveau républicain ou d’une dictature verte [1]. Entre la nature et la liberté, il faudrait choisir – et vu le degré de dégradation environnementale déjà atteint, manifeste dans la brutalité de l’effondrement en cours du vivant, on n’aurait en réalité pas le choix. Lire la suite…

Radio: Groupe Oblomoff, Le Monde en pièces, 2019

15 octobre 2020 Laisser un commentaire

Présentation du second volume de l’ouvrage Le Monde en pièces, pour une critique de la gestion (éd. La Lenteur, 2019) par Nicolas Eyguesier (édition La Lenteur) et David Gaboriau (sociologue du travail).

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Source: émission Les Amis d’Orwell sur Radio Libertaire,
du 11 octobre 2019. Lire la suite…

Daniel Cérézuelle, Une nouvelle théodicée ?, 2019

4 octobre 2020 Laisser un commentaire

Remarques sur la sociologie des techniques de Bruno Latour

Une anthropologie symétrique pour socialiser les techniques

Bruno Latour est un auteur qui, depuis un quart de siècle, fait autorité dès qu’il s’agit de penser les relations entre technique et société. Son œuvre abondante connaît un succès considérable. Latour serait, paraît-il, « le penseur français vivant le plus lu dans le monde » [1], et on peut dire qu’il exerce aujourd’hui un magistère sur les études « science technique société » (STS) qu’il a contribué à orienter dans la direction très particulière du constructivisme social. Lire la suite…