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Posts Tagged ‘technologie’

Herbert Marcuse, Progrès technique et répression sociale, 1962

Herbert Marcuse (1898-1979) est un philosophe et sociologue marxiste, naturalisé américain d’origine allemande, membre de l’École de Francfort, une école de sociologie critique de la société capitaliste et industrielle dont les membres ont, comme lui, fuit le nazisme dans les années 1930 pour se réfugier aux États-Unis. La pensée de Marcuse est fortement inspirée par Marx et Freud. Il est l’auteur de L’Homme unidimensionnel (1964), traduit et publié en français en 1968, et qui inspirera quelque peu les étudiants mêlés aux événements de cette année. Dans cet ouvrage, il veut démontrer le caractère bureaucratique, répressif et totalitaire du capitalisme des «Trente Glorieuses».

Dans cette conférence (donnée à la Chaux-de-Fond, Suisse, en mai 1962), Marcuse s’intéresse ici aux tendances lourdes des sociétés contemporaines qui sont principalement caractérisées par leur technicisme. Cette conférence constitue la trame de son ouvrage L’Homme unidimensionnel qui sera publié deux ans plus tard. Lire la suite…

Célia Izoard, Lettres aux roboticiens, 2015

9 janvier 2016 Laisser un commentaire

La revue Z écrit à des chercheurs du LAAS-CNRS à Toulouse

CouvertureZ9Philippe Soueres et Jean-Paul Laumond font partie des roboticiens de l’équipe Gepetto du LAAS-CNRS qui nous ont reçus pour nous expliquer quel sens ils voyaient à développer des robots humanoïdes dans la société d’aujourd’hui. Quelques semaines plus tard, nous leur avons adressé ces courriers.

Situé sur le campus de la fac de sciences, le Laboratoire d’analyse et d’architecture des systèmes (LAAS) est, avec ses quelque 500 chercheurs, la plus grosse unité du CNRS en France. En partenariat étroit avec les grands groupes (Alcatel, Orange, Siemens, Freescale…), on y développe depuis 1968 tout un monde d’objets emblématiques de ce qu’on appelle le high-tech et de sa convergence avec les paysages de la science- fiction : réseaux informatiques, puces électroniques, capteurs, micro-drones, robots-compagnons, interfaces vivant- machine, bio- et nanotechnologies.

Z est allé à la rencontre des chercheurs de l’équipe Gepetto, qui travaillent sur les grands programmes actuels de robotique humanoïde, et leur a soumis un questionnaire sur la responsabilité sociale des chercheurs, qui leur demandait notamment :

« Disposez-vous d’un moyen de contrôler quel organisme va exploiter vos travaux et à quelles fins ? »

« Qu’est-ce qui définit, selon vous, une recherche socialement bénéfique ? »

« Pensez-vous que le scientifique/ l’équipe de recherche devrai(en)t avoir plus de contrôle sur les applications résultant de ses/leurs découvertes ? »

« Pensez-vous que des revendications de ce type (le fait d’exiger un contrôle sur les applications, ou le financement d’une recherche scientifique socialement bénéfique) devraient trouver leur place aux côtés de revendications pour le statut ou le salaire ? »

Le but de ces rencontres était d’ouvrir un débat « à la source » sur les conséquences de la robotisation du monde. Après avoir entendu plusieurs chercheurs exposer leurs travaux, nous avons adressé à deux d’entre eux une lettre ouverte contestant les justifications de la recherche actuelle en robotique. Lire la suite…

Miquel Amorós, La technologie comme domination, 2004

11 novembre 2015 Laisser un commentaire

La constatation que le cycle de luttes ouvrières inauguré par la révolte de Mai 68 s’était achevé dans les années 1980 par la défaite du prolétariat a conduit l’Encyclopédie des Nuisances (EdN), mon groupe de l’époque, à effectuer quelques déductions rapides. La première d’entre elles fut que la production moderne était uniquement production de nuisances, et par conséquent entièrement inutilisable (ou indétournable, comme l’auraient dit les situationnistes). La réappropriation de la société par la classe révolutionnaire ne pouvait se fonder sur l’autogestion du système productif, mais elle devait le démanteler. L’émancipation humaine ne pourrait jamais se réduire à une simple question de technique.

L’idée de trouver la liberté et le bonheur dans le développement des forces productives, à la façon du modèle progressiste bourgeois, était simplement une absurdité. Le développement de ces forces avait toujours été une arme contre la classe ouvrière et son projet d’émancipation; les racines de l’exploitation se trouvaient davantage dans ce développement (et les formes du travail et de survie qu’il imposait) que dans sa nature même. Après avoir produit un monde inutilisable, l’exploitation aspirait à devenir irréversible. Le groupe de l’EdN avait dit clairement que le dépassement historique de la société de classes passait par sa destruction complète et entière, et non par une autogestion de ses ruines, ou encore moins par un retour à un passé idyllique à l’abri de l’histoire. Cependant, la voie révolutionnaire pour la reconstruction d’une société libre posait des problèmes nouveaux que l’EdN avait à peine esquissés, comme celui de l’absence de sujet historique réel et celui de son contraire, le triomphe total de l’aliénation capitaliste ou, comme le disait l’Internationale Situationniste (IS), du spectacle. Lire la suite…

Bertrand Louart, Technologie contre Civilisation, 1999

30 août 2015 Laisser un commentaire

Genèse de la technologie

« La puissance, telle une pestilence désolante,
Pollue tout ce qu’elle touche ; et l’obéissance,
Fléau de tout génie, vertu, liberté, vérité,
Fait esclaves les hommes et, de la charpente humaine,
Un automate mécanisé. »

Percy Bysshe Shelley, 1813.

Technology est à l’origine un mot qui désigne simplement une technique particulière ; le terme de technologie est un anglicisme qui s’est imposé pour désigner les techniques les plus modernes : on parle volontiers de technologie spatiale pour désigner la fabrication et l’usage des fusées, mais on ne parlerait de technologie à propos de menuiserie, de plomberie ou de maçonnerie que pour des outils ou des matériaux faisant intervenir un élément de ces techniques de pointe (par exemple, une machine à commande numérique, des pièces normalisées ou des matériaux nouveaux). Nous entérinons cet usage en utilisant ce mot selon le sens qui lui restera pour désigner le complexe industriel et technique propre à notre époque et l’idéologie du progrès matériel qui l’accompagne. Lire la suite…

Bertrand Louart, Tecnología contra civilización, 1999

30 août 2015 Laisser un commentaire

Génesis de la tecnología

El poder, como una pestilencia desoladora,
Contamina todo lo que toca; y la obediencia,
Azote de todo genio, virtud, libertad, verdad,
Hace esclavos a los hombres y al andamiaje humano,
Un autómata mecanizado.

Percy Bysshe Shelley, 1813.

Technology es en su origen una palabra que designa simplemente una tecnología particular; el término “tecnología” es un anglicismo que se ha impuesto para designar las técnicas más modernas: se habla de buen grado de tecnología espacial para designar la fabricación y el uso de cohetes, pero no se hablaría de tecnología a propósito de carpintería, plomería o albañilería más que para referirse a las herramientas o los materiales que hagan intervenir un elemento de esas técnicas-punta (por ejemplo, una máquina con cerebro electrónico, piezas normalizadas o materiales nuevos). Ratificamos tal uso utilizando esa palabra según el sentido que le será ya propio para designar el complejo industrial y técnico característico de nuestra época y la ideología del progreso material que lo acompaña. Lire la suite…

Bertrand Louart, Technology vs. Civilization, 1999

30 août 2015 Laisser un commentaire

The Genesis of Technology

Power, like a desolating pestilence,
Pollutes whate’er it touches; and obedience,
Bane of all genius, virtue, freedom, truth,
Makes slaves of men, and of the human frame,
A mechanized automaton.”

From Percy Bysshe Shelley, Queen Mab: A Philosophical Poem, 1813.

Technology was originally a word used to designate merely a particular technology; the term, “technology”, is an Anglicism that has been imposed to designate the most modern techniques: one speaks of a highly advanced aerospace technology for designing the manufacture and the use of rockets, but one would not speak of technology with regard to carpentry, plumbing or bricklaying except in reference to the tools or materials that are used as elements of these particular techniques (a computer, standardized parts or new materials, for example). We confirm this usage by the practice of using this word in the sense that would be appropriate for designating the industrial and technical complex characteristic of our time and the ideology of material progress that accompanies it. Lire la suite…

Herbert George Wells, Préface aux Romans Scientifiques, 1933

Le texte suivant a été publié en introduction aux Romans scientifiques de H.G. Wells (1933), paru aux États-Unis sous le titre : Sept romans célèbres de H.G. Wells (1934). Il représente l’exposé critique le plus complet de Wells sur la nature et la méthode de sa fiction scientifique.

M. Gollancz [1] m’a demandé d’écrire une préface à mon recueil d’histoires fantastiques. Elles sont mises dans l’ordre chronologique, mais je veux dire tout de suite au commencement du livre que, pour quiconque ignore encore tout de mon œuvre, il sera probablement plus agréable de commencer par L’Homme invisible (1897) ou La Guerre des mondes (1898). La Machine à explorer le temps (1895) est un peu ardu pour ce qui est de la quatrième dimension et L’Ile du docteur Moreau (1896) plutôt pénible [2].

On a comparé ces contes à l’œuvre de Jules Verne, et à un moment les critiques littéraires ont eu tendance à me nommer le Jules Verne anglais. En fait il n’y a aucune ressemblance littéraire entre les inventions anticipatrices du grand Français et ces fantaisies. Son œuvre s’est presque toujours occupée de possibilités réelles d’invention et de découverte, et il a fait quelques prévisions remarquables. L’intérêt qu’il évoquait était d’ordre pratique ; il a écrit et cru que l’on pouvait faire ceci ou cela, qui ne se faisait pas encore à l’époque. Il a aidé son lecteur à imaginer la chose faite et à comprendre quel amusement, quelle sensation ou quel mal en découlerait. Nombre de ses inventions ont été « réalisées ». Mais celles de mes histoires qui sont rassemblées ici ne prétendent pas rivaliser avec les choses possibles ; ce sont des exercices de l’imagination dans un domaine tout différent. Elles appartiennent à une catégorie d’écrits qui inclut l’Âne d’or d’Apulée, les Histoires vraies de Lucien, Peter Schlemil et l’histoire de Frankenstein [3]. Toutes sont imaginaires ; elles ne visent pas à être le projet d’une possibilité sérieuse ; en vérité, elles ne visent qu’à emporter la conviction autant qu’un bon rêve qui vous empoigne. Elles ont à retenir le lecteur jusqu’au bout par l’art et par l’illusion, et non par la preuve et par le raisonnement, et à l’instant où il referme la couverture et se met à réfléchir, il s’éveille à leur impossibilité. Lire la suite…

Lewis Mumford, Art et technique, 1951

27 novembre 2014 Laisser un commentaire
coédition Éditions La Lenteur / La Roue, 2015.

Coédition La Lenteur / La Roue, 2015.

Au printemps 1951, Lewis Mumford donna six conférences [1] à l’Université de Columbia. Elles s’insèrent dans une période difficile tant sur le plan de sa vie que sur celui de son œuvre. Le dernier ouvrage de la série du « Renouveau de la vie » qu’il venait de publier [2], ainsi que Green Memories (publié en 1947 et consacré à son fils Geddes mort au combat en 1944) avaient été assez mal reçus et s’étaient mal vendus. En même temps, Mumford réunissait tous les éléments qui allaient lui permettre d’écrire Les Transformations de l’Homme (1956), La Cité à travers l’histoire (1961). On retrouve donc dans Art et Technique nombre d’idées et de thèmes qu’il développera par la suite.

On peut résumer le message de ces conférences par une citation tirée d’une lettre de Lewis Mumford à William Gropper [3], publiée dans le New Yorker en février 1936 :

« Les gens ne peuvent pas reconstruire un monde pourri à moins d’en posséder en leur for intérieur un autre plus sain et plus riche. »

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Finn Brunton, Une histoire du spam, 2014

2 octobre 2014 Laisser un commentaire

Au moment de rédiger cet article, j’ai eu une pensée compatissante pour le traducteur français. « Spam » renvoie à un assemblage hétéroclite de néologismes et de pur charabia qui emprunte à la fois à l’informatique, à l’ingénierie de la protection, au droit pénal, au crime (amateur ou organisé) et à la poésie d’une Toile polyglotte gavée de jargon anglo-saxon. S’y côtoient pêle-mêle des notions absconses comme « empoisonnement bayésien » (l’art de contourner ou de corrompre les filtres antispam), « botnets » (réseaux de « machines zombies ») ou « linkbaits » (des liens sournoisement conçus pour stimuler le désir de l’internaute de cliquer dessus). Souvent, ce langage hautement savant évoque davantage des onomatopées de bande dessinée qu’un redoutable fléau planétaire : « sping » (contraction de « spam » et de « ping », qui désigne une requête envoyée d’un ordinateur vers un autre), « splog » (contraction de « spam » et de « blog »), « lulz » (trait humoristique cruel)… Tenter de décrire l’industrie du spam revient au fond à importer l’argot des brigands et des coquillards dans la technosphère du XXIe siècle, à connecter la cour des miracles au très haut débit. Imaginez François Villon avec une souris à la main, et vous commencerez à avoir une idée de ce qui vous guette.

Ce problème de langage commence avec le mot « spam » lui-même, vocable fourre-tout que même les spécialistes peinent à définir avec exactitude. Il s’applique à l’immense majorité – plus de 85% – des courriels échangés chaque jour dans le monde, qui atterrissent pour la plupart à la poubelle sans même être vus par leurs destinataires. Il recouvre des milliards de tweets, de publications Facebook, de SMS, de blogs, de commentaires, de sites, de contributions sur Wikipédia et autres formes d’expression en ligne. Pour avoir alimenté ce flux colossal, des individus ont été emprisonnés, des entreprises condamnées à la fermeture, des sites rayés des moteurs de recherche, des pays mis (brièvement) au ban de la Toile. Le spam a remodelé en profondeur Internet, ses systèmes et ses services, mais aussi le comportement de ses usagers. Lire la suite…

Orwell et Mumford, la mesure de l’homme, 2014

17 juin 2014 Laisser un commentaire

Le numéro 11 de Notes & Morceaux choisis, bulletin critique des sciences, des technologies et de la société industrielle vient de paraître aux éditions La Lenteur. Voici un extrait de l’éditorial qui présente son contenu.

La couverture du n°11

La couverture du n°11

Comme le précédent, ce numéro 11 de Notes & Morceaux choisis résulte pour une bonne part d’initiatives de nos lecteurs.

Pierre Bourlier, déjà auteur de deux ouvrages (De l’intérieur du désastre, éditions Sulliver, 2011, et un essai sur le roman d’Orwell, Au cœur de 1984, l’héroïsme anti-utopique, Verbigédition, 2002), avec son article “Notre communauté viscérale”, nous propose une interprétation originale et stimulante du 1984 de Georges Orwell, tournée vers l’analyse de ce qui fait et défait le sens commun (common sense) dans les collectivités humaines.

Ce roman de politique-fiction est de nos jours trop aisément réduit à la dénonciation de l’absurdité et de l’horreur des régimes totalitaires du milieu du XXe siècle. Pierre Bourlier restitue à cette œuvre son actualité en montrant que si la violence politique et le despotisme de ces régimes ont certes aujourd’hui disparu de la plupart des nations industrialisées, les résultats obtenus par les formes plus modernes de domination et d’aliénation marchande sont fondamentalement les mêmes: désœuvrement, démoralisation et déraison des masses, technologiquement suréquipées cette fois. En effet, le totalitarisme, tel que Hannah Arendt l’a définit, participe à un certain processus de totalisation du Pouvoir, par lequel celui-ci renforce son emprise et s’immisce dans tous les aspect de la vie sociale, que cela soit ou non perçu comme despotique. Avec ce roman, l’objectif d’Orwell était, selon notre auteur, moins de faire une peinture repoussante du totalitarisme (soviétique, plus particulièrement) que de mettre en lumière les ressorts qui aboutissent à l’effacement du sens commun dans la civilisation actuelle – et par contraste de faire apparaître les conditions qui lui permettent de se maintenir et de se perpétuer.

Ce que le Parti, dans 1984, obtenait par le dénuement matériel et la domination policière, la société industrielle l’obtient aujourd’hui par l’abondance marchande et l’abrutissement médiatique: la perte du sens commun, c’est-à-dire aussi bien la confiance en les capacités individuelles et collectives de modifier le cours des choses que la faculté d’imaginer une organisation sociale fondée sur autre chose que la séparation, la guerre de tous contre tous.

En complément à cette importante note, il nous a donc semblé judicieux d’ajouter deux morceaux choisis, “Techniques autoritaires et techniques démocratiques” (1963) et “L’héritage de l’homme” (1972) de Lewis Mumford dont Annie Gouilleux de Lyon nous a fort obligeamment proposé la traduction, ainsi que le texte “La filiation intellectuelle de Lewis Mumford”, ajouté à notre demande.

Comme Orwell, Mumford ne conçoit pas l’élaboration de la raison indépendamment du raffinement de la sensibilité, lesquelles ne peuvent s’épanouir conjointement que dans la mise en commun des expériences de chacun à travers des activités collectives et une vie sociale partagée. Là où Orwell en tant qu’écrivain se concentre sur les ressorts psychologiques et politiques, Mumford est plus enclin, de par son approche historique, à mettre au centre de son analyse la «Mégamachine», c’est-à-dire les hiérarchies, la bureaucratie, les grandes organisations sociales que sont l’Etat et l’Armée, puis l’entreprise industrielle moderne, de la simple usine jusqu’à la multinationale opérant à l’échelle du Marché mondialisé. Il veut ainsi mettre en lumière la contradiction au cœur de toute civilisation, à savoir qu’une organisation de plus en plus rationnelle et efficace de l’activité sociale tend à empiéter sur la liberté et l’autonomie des individus.

Au-delà de certains seuils, la rationalisation de la vie sociale en vue d’une plus grande efficacité administrative, technique et économique engendre de nouvelles forme d’oppression, en s’opposant au mouvement spontané de la vie, en réduisant l’autonomie de ses membres et en portant atteinte à la liberté des individus. Pour Mumford, la «Mégamachine» est l’organisation sociale dont le modèle est la machine, dont les éléments ont des rapports fixes et déterminés une fois pour toutes et dont l’action est calculable et prévisible, réduite à ses fonctions strictement matérielles: organisation de la production et de la distribution des biens et des services. Pour lui, le totalitarisme dépasse donc largement le cadre des seuls régimes nazis ou staliniens, et ses tendances sont encore à l’œuvre dans le «monde libre», les sociétés industrielles avancées.

Mumford est surtout conscient du fait que le rôle de la machine dans la civilisation n’a pas encore été véritablement appréhendé, tant son apparition et les bouleversements qu’elle a engendré ont été foudroyants. Cette histoire toute jeune des rapports entre l’homme et la machine porte à des excès de confiance et d’enthousiasme envers les sciences et les technologies au détriment d’une réflexion plus critique et historique, que lui entend mener, afin de montrer les limites à l’intérieur desquelles la connaissance scientifique et la machine peuvent véritablement participer à l’émancipation.

Bertrand Louart

 

Sommaire:

Editorial, par Bertrand Louart

Notre communauté viscérale, par Pierre Bourlier

La filiation intellectuelle de Lewis Mumford, par Annie Gouilleux

Techniques autoritaires et techniques démocratiques, par Lewis Mumford

L’héritage de l’homme, par Lewis Mumford

 Editeur:

Notes & Morceaux choisis n°11

Bulletin critique des sciences, des technologies et de la société industrielle

“Orwell et Mumford, la mesure de l’homme”

Ed. La Lenteur, 154 pages, 10 euros.

Editions La Lenteur