Groupe Libeludd, Mouvement des retraites, 2010

Des millions de personnes dans la rue. Des appels à la grève illimitée. Des ports bloqués depuis deux semaines. Des raffineries en grève annonçant une prochaine pénurie de carburant. Des milliers de lycéens qui bloquent leurs lycées. Le ras-le-bol se généralise et le mouvement contre la réforme des retraites prend de l’importance. Partout se diffuse le sentiment que quelque chose est en train de se jouer.

Ce mouvement, nous en faisons partie, et nous sommes solidaires des personnes en lutte, contre la réforme des retraites, et contre l’exploitation en général. Il est légitime que des personnes qui ont travaillé toutes leur vie refusent de rempiler pour deux années supplémentaires. Ce refus est d’autant plus justifié qu’un partage des richesses détenues par quelques-uns pourraient permettre à tous d’avoir une vie et une retraite décentes. Lire la suite »

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Les amis de Ludd, Les hackers et l’esprit du parasitisme, 2003

Nous incluons dans cette livraison [de Les amis de Ludd. Bulletin d’information anti-industriel n°5, mai 2003] un commentaire de l’ouvrage L’Éthique hacker et l’esprit de l’ère de l’information [titre original : The Hacker Ethic and the Spirit of the Information Age, 2001], appelé à devenir la profession de foi d’une nouvelle génération de techno-convaincus partageant la certitude que les décennies à venir leur appartiennent. Son auteur, Pekka Himanen [philosophe et sociologue de l’informatique finlandais], est le nouvel hérétique de cette éthique du travail coopératif et passionné, à mille lieues des éthiques protestantes et catholiques fondées sur le travail esclave et la mortification rétribués dans l’Au-delà.

Notre époque, qui plus que tout autre récompense l’irresponsabilité, favorise l’apparition de doctrines ahurissantes concoctées dans les laboratoires insonorisés des universités et des entreprises d’un monde qui s’écroule de toutes parts. Des volumes considérables de matière grise sont mobilisés pour nous montrer les voies d’accès à la vie radieuse que nous sommes tous invités à embrasser si nous ne voulons pas rater le coche de l’émancipatrice modernité. C’est ainsi qu’il y a quelques années déjà, nous avions eu vent de l’existence de ces hackers qui aujourd’hui brandissent l’étendard de leur nouvelle éthique. Lire la suite »

Los amigos de Ludd, Los hackers y el espiritu parasitario, 2003

Queremos traer a estas páginas [Los amigos de Ludd. Boletin de information anti-industrial #5, mayo 2003] el comentario sobre un libro, La ética del hackery el espíritu de la era de la información [1], que en poco tiempo se convertirá en el justificante de una nueva generación de tecnoconvencidos que anuncian que las próximas décadas les pertenecen. Su autor, Pekka Himanen, es el nuevo hereje de esta ética basada en el trabajo cooperativo y apasionado, frente a la vieja ética protestante y católica basadas en el trabajo esclavo y en la mortificación con recompensas ultraterrenas.

La época actual, donde la irresponsabilidad es cada vez más premiada, permite que aparezcan doctrinas asombrosas elaboradas en los laboratorios insonorizados, universitarios o empresariales, de un mundo que por doquier se derrumba. Masas enteras de cerebros grises llegan para mostrarnos su radiante estilo de vida que todos deberíamos seguir, de no querer perder comba en la modernidad emancipadora. Así nos hemos podido enterar, ya hace algunos años, de la existencia de estos hackers que ahora dicen poseer toda una ética propia. Lire la suite »

Les amis de Ludd, Critique de l’heureux monde qui s’annonce, 2002

Une auto-interview du groupe Les amis de Ludd

Question : Pourquoi vous référez-vous à Ludd et aux luddites ?

Réponse : Les luddites étaient des travailleurs et travailleuses anglais qui, principalement dans les années 1811-1813, furent à la pointe d’un mouvement insurrectionnel s’attaquant aux machines industrielles. Ils se donnaient comme nom collectif Général Ludd ou Roi Ludd (ou des noms similaires). Dans le monde anglo-saxon, il est aujourd’hui courant de taxer de luddite quiconque s’oppose au progrès technique, mais nombreux sont ceux qui, depuis les années 1980 et 90, ont arboré le drapeau du luddisme (pas toujours à bon escient, il est vrai). Citons pêle-mêle l’occupation de terres agricoles en Espagne, les actions contre les cultures transgéniques en France, en Belgique ou au Royaume-Uni, les sabotages du Train à grande vitesse en Italie, les mouvements paysans de résistance au Brésil ou en Inde. Tous ces actes de rébellion sont autant d’expressions de lutte contre le progrès techno-scientifique, qui a de plus en plus de mal à dissimuler sa vraie nature de stratégie planifiée d’exploitation sans bornes. Plus concrètement, disons qu’à nos yeux le luddisme est un modèle d’opposition populaire active à la montée en puissance de la technologie dont la tyrannie industrielle du capitalisme a fait son arme principale. Lire la suite »

Los amigos de Ludd, Critique of the Happy New World That is Coming, 2002

A Self-Interview with Los amigos de Ludd

Question: What does the reference to Ludd and luddites entail for you?

Answer: The luddites were English workers who become the protagonists of an insurrectional movement between 1811 and 1813 and took action, destroying industrial machinery. They called themselves by the collective name of General Ludd, King Ludd or something of the sort. Currently in the Anglo-Saxon world, it is common for someone who opposes technological progress to be contemptuously tagged with luddism. However, since the 1980’s and 1990’s, there have been many in America who have raised the banner of luddism (with varying rigor, of course). The actions against transgenic cultivation in France, Belgium and the United Kingdom, the sabotage of the high speed train in Italy, the rural occupations in the Spanish state, the peasant resistance movements in Brazil and India, all this is a further sign of a rebellion against a techno-scientific progress that increasingly reveals itself for what it is: the planned strategy of an endless exploitation. To summarize, we can state that for us luddism is an example of active popular opposition to a technology that the industrial tyranny of capitalism wants to impose. Lire la suite »

Los amigos de Ludd, Crítica del nuevo mundo feliz que se avecina, 2002

Una autoentrevista de los Amigos de Ludd

Pregunta: ¿Qué implica para ustedes la referencia a Ludd y a los ludditas?

Respuesta: Los ludditas fueron trabajadores y trabajadoras inglesas que en un período comprendido principalmente entre 1811 y 1813 protagonizaron un movimiento insurreccional y actuaron destruyendo la maquinaria industrial. Se daban así mismos el nombre colectivo de General Ludd o Rey Ludd (o nombres similares). En el mundo anglosajón de hoy es corriente que alguien que se oponga al progreso tecnológico sea tachado peyorativamente de luddita, pero son muchos, desde los años 1980 y 90, que en América han enarbolado la bandera del luddismo (con desigual rigor, desde luego). Las acciones contra cultivos transgénicos en Francia, Bélgica o Reino Unido, los sabotajes al tren de alta velocidad en Italia, la ocupación rural en el estado español, los movimientos campesinos de resistencia en Brasil o India, todo ello son también muestras de una rebelión contra un progreso tecnocientífico que cada vez se desvela más como lo que es: la estrategia planificada de una explotación sin fin. Concretando más podemos decir que para nosotros el luddismo es un ejemplo de oposición popular activa a una tecnología que se quiere imponer desde la tiranía industrial del capitalismo. Lire la suite »

Radio: Écoféminisme et résistance à Lyon, 2022

Cette conférence s’adresse aux femmes en cheminement, aux curieuses, aux écofeministes en herbe, à toutes celles qui en ont marre de faire leur lessive maison et qui sont à la recherche d’outils théoriques et stratégiques.

De la naissance de l’agriculture jusqu’à la civilisation industrielle, l’analyse radicale des différentes représentations de la femme et de la nature et la dégradation de leurs conditions matérielles, permet de poser le principe fondateur du mouvement : la destruction de la nature et l’exploitation des femmes sont intrinsèquement liées.

Pourtant, face aux enjeux actuels du féminisme et de l’écologie, il apparaît comme la clef de voûte d’une véritable culture et stratégie de résistance.

Cette conférence a été organisée par Deep Green Resistance France et Floraisons, le 19 novembre 2022, à Lyon.

Une émission en trois épisodes d’environ une heure.

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Racine de moins un
Une émission
de critique des sciences, des technologies
et de la société industrielle.

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Émission Racine de Moins Un n°81,
diffusée sur Radio Zinzine en décembre 2022. Lire la suite »

Paul Kingsnorth, La vérité sur l’écofascisme, 2022

L’environnementalisme a été
détourné par les technocrates

Vous avez sans doute déjà entendu parler de la menace croissante que représente l’« éco fascisme ». Dans le cas contraire, cela ne tardera pas, car le nombre de personnes qui dénoncent ce nouveau danger pour la civilisation croît exponentiellement. Dans des publications de droite, de gauche, ou sans étiquette, vous pourrez lire de longs exposés sur les origines et les intentions de cet inquiétant mouvement qui semble s’enraciner dans le monde entier.

On pourrait assez aisément réunir tous ces essais et tous ces articles en un seul, et il semble parfois que ce soit déjà fait. La méthode est toujours la même et elle peut avantageusement s’appliquer à tout le spectre politique. Commencez par évoquer une « vague montante d’autoritarisme » dans le monde entier, telle qu’elle se manifeste dans le « populisme », le Brexit, Gorgia Meloni, Viktor Orbán, Justin Trudeau, Donald Trump, Joe Biden ou n’importe quel autre dirigeant qui vous déplaît. Analysez ensuite jusqu’à quel point on retrouve cet « autoritarisme montant » dans la défense de l’environnement, comme le prouvent Just Stop Oil, Extinction Rebellion, The Green New Deal, The Great Reset [1], Bill Gates, Greta Thunberg ou … inscrivez ici le nom de votre bête noire. Lire la suite »

Paul Kingsnorth, L’abolition de l’homme (et de la femme), 2022

Le genre, le sexe et la Machine

C’est lors d’un voyage aux États-Unis il y a cinq ans que j’ai perçu pour la première fois l’inversion fondamentale dans l’appréhension de la réalité qui allait se répandre dans l’ensemble du monde occidental.

J’avais entrepris une petite tournée promotionnelle et j’intervenais dans diverses manifestations, ce qui m’a permis de passer un moment avec un homme qui s’intéressait à mon travail. Nous parlions de choses et d’autres, et au cours de cette conversation à bâtons rompus, il m’a demandé si j’avais des enfants. Oui, ai-je répondu, un garçon et une fille. Puis, comme il est de règle dans ce genre de conversation, je lui ai posé la même question.

Je n’oublierai jamais l’expression de son visage. Une épouvantable tristesse semblait l’écraser lorsqu’il me répondit. Oui, dit-il, il avait un fils adolescent, ou il en avait eu un autrefois. Mais tout avait changé. Un jour, en rentrant de l’école, son fils lui avait annoncé qu’il était désormais sa fille. « Imaginez cela », me dit cet homme, « que faut-il faire ? Qu’étais-je censé faire ? » Lire la suite »

Renaud Garcia, Le vrai problème posé par les « déconstructionnistes » est leur attaque de l’idée de nature, 2022

Dans Le Désert de la critique, qui vient de reparaître aux éditions de L’Échappée en format poche avec une nouvelle préface de l’auteur, le philosophe anarchiste Renaud Garcia s’attaque au courant de la déconstruction – par la gauche. Nous l’avons rencontré.

 

En 2015, vous avez sorti Le Désert de la critique. Déconstruction et politique, qui a connu un certain retentissement et auquel vous venez d’adjoindre une préface conséquente. De quoi parle ce livre ?

Renaud Garcia : J’ai commencé par constater qu’un nouveau vocabulaire imprégnait les milieux de critique sociale et culturelle, que la notion de déconstruction, à l’origine seulement liée à une technique originale de lecture des textes, devenait une forme d’impératif militant : il fallait déconstruire les choses, se déconstruire aussi, et les militants se déchiraient à ce propos. L’objectif du livre était de remonter du symptôme jusqu’à la maladie. Je suis donc allé relire les philosophes de la déconstruction (Derrida d’abord, puis Foucault et Deleuze), car, s’ils n’étaient pas nommément cités (ce qui arrivait souvent), leur pensée critique se trouvait décantée et réduite à des « trucs », des procédés permettant de pointer certaines zones d’ombre de la critique sociale. Lire la suite »