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Archive for the ‘Techniques & Métiers’ Category

Joëlle Zask, La communication virtuelle : le nouvel opium du peuple ?, 2020

9 juillet 2020 Laisser un commentaire

Il ne s’agit pas de mégoter sur les services réels que rendent les échanges à distance mais fonder un projet de société sur des relations virtuelles par l’intermédiaire de l’internet, c’est détruire la société. Analogue à la cité construite dans les airs dont se moquait Aristophane dans Les Oiseaux, celle que nous construisons dans les « nuages » est une anti-société. Les relations en face-à-face, dont l’importance est de fait relativisée, sont absolument essentielles. Il faut y revenir. Lire la suite…

Jean Robert et Valentine Borremans, Préface aux Œuvres complètes d’Ivan Illich, 2003

30 juin 2020 Laisser un commentaire

Ivan Illich – l’homme autant que l’auteur – fut très présent en France durant les années 1970. Il popularisa le terme « convivialité », dont peu de gens savent qu’il l’avait repris de Brillat-Savarin. Ses ouvrages les plus lus étaient La Convivialité, Une société sans école et Némésis médicale. Ce dernier fut à l’origine de débats célèbres dont le thème était la contre-productivité des institutions modernes : au-delà de certains seuils, les institutions productrices de services, comme les écoles, les autoroutes et les hôpitaux, éloignent leurs clients des fins pour lesquelles elles ont été conçues. Cette contre-productivité est en relation directe avec leur taille et l’intensité de la dépendance à leur égard. L’école paralyse d’autant plus l’apprentissage libre que s’allongent les temps de confinement obligatoire dans ses enceintes. Le trafic des véhicules à moteur empêche d’autant plus l’usage des pieds que plus d’argent est investi dans la construction d’autoroutes. La médecine menace d’autant plus l’intégrité personnelle des patients que le diagnostic des médecins pénètre plus profondément dans leur corps et allonge la liste des maladies reconnues par la Sécurité sociale. Et plus la construction des logements est planifiée et normalisée, moins il est facile de se construire une petite maison ou de repeindre soi-même la façade de celle que l’on a. Lire la suite…

François Jarrige, Rapiécer le monde, 2019

Les éditions La Lenteur contre le déferlement numérique

Alors que le monde numérique s’installe avec un fatalisme et une rapidité déconcertante, les éditions La Lenteur maintiennent vivante une critique radicale du capitalisme High Tech et de ses ravages. Leurs publications proposent une analyse de la bureaucratie managériale pensée comme un phénomène social que la technologie contemporaine porte à son paroxysme.

 

A propos de :

Groupe Marcuse,
La Liberté dans le Coma.
Essai sur l’identification électronique et les motifs de s’y opposer
,
éd. La Lenteur, 2013, nouvelle édition en 2019 ;

Le Monde en pièces.
Pour une critique de la gestion. I. Quantifier
,
éd. La Lenteur, 2012 ;

Le Monde en pièce.
Pour une critique de la gestion. 2. Informatiser
,
éd. La Lenteur, 2019. Lire la suite…

Maria Mies, Pas de communs sans communauté, 2014

Maria Mies, 2011

Résumé

L’intérêt actuel pour les nouveaux communaux est bienvenue. Cela montre que de plus en plus de gens comprennent que notre système mondial capitaliste actuel ne peut résoudre aucun des problèmes qu’il a lui-même créés. La plupart des gens qui veulent créer de nouveaux communaux recherchent un nouveau paradigme économique et social. Pourtant, je pense qu’il est nécessaire de porter un regard plus critique sur les principaux concepts et arguments utilisés dans le discours contemporain sur « les biens communs ». Aujourd’hui, les « nouveaux biens communs » font l’objet d’un battage médiatique, notamment le mythe d’Internet comme bien commun et source de nouvelles communautés. Dans cet article, je pose plusieurs questions : Que voulons-nous dire lorsque nous parlons de « nouveaux biens communs » ? Que pouvons-nous apprendre des anciens communaux ? Qu’est-ce qui doit être changé aujourd’hui ? Y a-t-il une perspective réaliste pour les nouveaux biens communs ? Lire la suite…

Maria Mies, No commons without a community, 2014

Maria Mies, 2011

Abstract

The present interest in new commons is a very welcome development. It shows that more and more people understand that our present capitalist world system cannot solve any of the problems it itself has created. Most people who want to create new commons are looking for an altogether new paradigm of economy and society. Yet I think it is necessary to look more critically at the main concepts and arguments used in the contemporary discourse on “the commons”. Today there is a new hype about the “new commons”, including myths about the Internet as a commons and that it has created new communities. In this article I ask: what do we mean when we speak of “new commons”? What can we learn from the old commons? What has to be changed today? Is there a realistic perspective for new commons? Lire la suite…

Renaud Garcia, Une commune humanité contre le capitalisme technologique, 2020

Déjà six mois que le virus est apparu, déjà deux que nous vivons reclus chez nous. Pendant ce temps, l’État centralisateur tel un état-major commande la population qui, d’un côté, l’appelle à l’aide tout en pointant ses erreurs et manquements, et de l’autre, s’auto-organise à différentes échelles en rêvant de lendemains qui chantent. Qu’est-ce que l’anarchisme nous dit de la situation ? Renaud Garcia, professeur de philosophie dans un lycée à Marseille, anarchiste et décroissant répond à nos questions.

 

Une stratégie de choc numérique

Martin Paquot : « Nous sommes en guerre », affirme Emmanuel Macron le 16 mars 2020. Depuis, la police patrouille, le couvre-feu est imposé ici et là, se déploie la surveillance numérique. Des stratégies de la peur mises en place par les autorités. Pourquoi, selon vous, la démocratie occidentale adopte-t-elle de tels moyens ? Qu’en est-il des libertés individuelles ?

Renaud Garcia : Difficile de répondre à la question « pourquoi », si tant est que l’on puisse trouver une réponse satisfaisante sous le déluge d’informations.

Des stratégies de la peur ? Sans doute. La situation des deux derniers mois ressemblait à une variante numérisée de cet état de guerre de tous contre tous, pas nécessairement déclarée, seulement larvée, que le philosophe Hobbes concevait au XVIIe siècle : chaque particule réputée contagieuse confinée dans son espace privé, des relations sociales régies par la hantise et la crainte, sous la puissance tutélaire de l’État. Lire la suite…

Atecopol, Lettre aux salarié.e.s de l’aéronautique toulousaine, 2020

Nous faisons partie de l’Atécopol [1], un collectif de plus d’une centaine de scientifiques de la région toulousaine, de multiples disciplines et de presque tous les établissements d’enseignement supérieur et de recherche. Comme beaucoup de Toulousaines et Toulousains, nous nous interrogeons sur l’avenir de l’industrie aéronautique, et nous souhaiterions partager quelques réflexions avec vous, salarié.e.s de ce secteur stratégique.

La crise du covid-19 provoque un ébranlement immense et touche de plein fouet votre domaine d’activité. Aujourd’hui drastiquement réduit, le trafic aérien pourrait être affecté pour longtemps par le ralentissement du commerce et du tourisme à longue distance, ou par des restrictions réglementaires face aux risques pandémiques présents et futurs. Rebondira-t-il ou pas, et à quelle échéance, personne ne peut encore le dire. Dans ce contexte d’extrême incertitude, et sans doute de rupture, nous souhaitons souligner par ce courrier combien cette crise peut être l’occasion d’affronter également et conjointement les enjeux écologiques cruciaux auxquels fait face le monde tributaire de l’aviation. Lire la suite…

Bertrand Louart, À écouter certains écolos, on a l’impression que les machines nous tombent du ciel!, 2020

Nicolas Casaux : Je me suis entretenu avec Bertrand Louart, auteur, notamment, de Les êtres vivants ne sont pas des machines (éd. La Lenteur, 2018), animateur de l’émission Racine de Moins Un sur Radio Zinzine, rédacteur du bulletin de critique des sciences, des technologies et de la société industrielle Notes & Morceaux choisis (éd. La Lenteur), contributeur au blog de critique du scientisme Et vous n’avez encore rien vu…, et membre de la coopérative européenne Longo maï où il est menuisier-ébeniste.

 

Nicolas Casaux : De plus en plus de gens se réclament désormais de l’anticapitalisme, y compris dans le grand capharnaüm qu’on appelle parfois « mouvement écologiste ». Le journaliste du Guardian George Monbiot, par exemple, mais aussi Naomi Klein ou encore Cyril Dion. Je cite ces trois là parce que leur « anticapitalisme » est à peu près le même (Dion et Monbiot renvoient aux thèses de Naomi Klein en ce qui concerne l’anticapitalisme et les changements sociaux qui devraient, selon eux, prendre place). Qu’en penses-tu ? Le capitalisme, c’est quoi ? Sont-ils anticapitalistes ?

Bertrand Louart : J’avoue que je n’ai pas comme toi la patience de lire la prose de toutes ces figures médiatiques. Mais je crois que l’on peut dire sans se tromper que leur anticapitalisme est tronqué : ils s’en prennent à tel ou tel aspect du système – ce qui est souvent justifié – sans voir l’unité et la dynamique globale. Lire la suite…

Écran Total, Des lits, pas des applis!, 2020

28 avril 2020 Laisser un commentaire

Les services de réanimation des hôpitaux sont actuellement surchargés, pour plusieurs raisons : parce que les malades atteints le plus gravement par le Covid-19 nécessitent un séjour très long, trois semaines, parfois un mois ; parce que le nombre de lits d’hôpital et de personnel est en constante diminution depuis des décennies, et enfin parce que la politique de prévention est presque inexistante (elle se limite au confinement, faute de mieux – et de tests).

Malgré tout, l’hôpital a « tenu ». Pourquoi ? Un peu grâce au confinement, un peu parce qu’on a réorienté certains malades depuis les régions les plus touchées par le coronavirus vers celles qui l’étaient moins, beaucoup grâce à l’abnégation du personnel, et aussi, et peut-être surtout, parce que la technocratie a, contrainte et forcée par la situation, desserré sa contrainte sur l’organisation du travail à l’hôpital et laissé un peu de marge de manœuvre aux soignants. Lire la suite…

Écran Total, Ne laissons pas s’installer le monde sans contact, 2020

27 avril 2020 Laisser un commentaire

Appel au boycott de l’application Stop-COVID19

 

Ne nous y trompons pas, la distance sociale a commencé il y a des années.

Du point de vue sanitaire, l’épidémie de COVID-19 mettra du temps à livrer tous ses mystères. Le brouillard qui entoure l’origine de la maladie, sa diffusion et sa létalité ne pourra se dissiper que lorsqu’elle cessera de frapper dans autant de pays à la fois. A ce jour, personne n’a l’air de savoir quand une telle accalmie se produira. D’ici là, pour continuer de vivre, nous ne devons ni sous-estimer, ni surestimer cette épidémie en tant que telle.

Par contre, ce que nous sentons très clairement, c’est que la crise sanitaire a des chances importantes de précipiter l’avènement d’un nouveau régime social : un régime basé sur une peur et une séparation accrues, encore plus inégalitaire et étouffant pour la liberté. Si nous prenons la peine de lancer cet appel, c’est que nous pensons que cela n’est pas joué d’avance et que des possibilités vont se présenter, pour les populations, de l’empêcher. Mais alors que nous, simples citoyens, ressentons violemment la fragilité de nos existences face à la menace du virus et d’un confinement long, l’ordre politique et économique en vigueur semble, lui, à la fois ébranlé et renforcé par la secousse en cours. Il paraît en même temps fragile, et très solide sur ses bases les plus « modernes », c’est-à-dire les plus destructrices socialement. Lire la suite…