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Posts Tagged ‘2014’

Groupe HUKO, iPads et iPocrisie, 2014

14 septembre 2017 Laisser un commentaire

« L’internaute après tout n’est que l’aboutissement délirant d’un long processus d’isolement des individus et de privation sensorielle ; et la cybervie qu’on lui propose n’est jamais destinée que pour quelque temps à quelques pour cent du genre humain, tout le reste se voyant versé sans attendre au Tartare de ce XXIe siècle. »

Baudouin de Bodinat, La vie sur Terre, 1996.

« Après s’être contenté de l’image, on se passera de la réalité. »

Étienne Gilson, La société de masse et sa culture, 1975.

L’introduction des iPads et autres tablettes dans les établissements scolaires, dont François Hollande, alors député de la Corrèze, a été le fer de lance en France, ne suscite guère de réactions indignées. Seuls ceux que les médias ont pris la déplorable habitude de classifier comme « technophobes » s’y opposent. Hélas, la « crainte de la technologie » ne porte en elle rien de positif, puisqu’elle s’inscrit d’emblée dans le registre de la peur, dont on sait qu’elle peut produire le pire. Rien de mieux, pour discréditer toute critique, que de la réduire à une crainte irrationnelle et réactionnaire. C’est une autre attaque, beaucoup plus profonde, qui est portée ici, contre le tout-numérique à l’école.

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Étienne Path, Verba volent, scripta manent ?, 2014

30 janvier 2017 Laisser un commentaire

img072Suite à des discussions individuelles que nous avons eues lors de la rencontre lyonnaise du groupe Écran total – rencontre ayant eu pour objet une réflexion critique sur la transformation des métiers et les modes de vie par l’informatique et les méthodes de gestion –, nous proposons ici une présentation des transformations en cours et, peut-être, à venir au sein des bibliothèques. Ce texte s’adresse à tout ceux qui ont un intérêt pour les bibliothèques.

Le monde des bibliothèques est fait d’établissements variés tant en termes de statuts, de tailles, de lieux que de budgets. Nous essayerons donc de préciser le cadrage de nos critiques dans la mesure où une vue d’ensemble nous intéresse plus que la description d’une bibliothèque particulière. Lire la suite…

Nicolas le Dévédec, Le meilleur des mondes transhumanistes, 2014

23 décembre 2016 Laisser un commentaire

Introduction au dossier Critique du Transhumanisme

« La révolution véritablement révolutionnaire se réalisera non pas dans la société, mais dans l’âme et la chair des êtres humains. »

Aldous Huxley

Jamais ces mots de l’écrivain Aldous Huxley, l’auteur de la célèbre dystopie Le meilleur des mondes (1932), n’ont-ils paru autant prémonitoires. Chirurgie esthétique, dopage sportif, contrôle de la procréation, augmentation des capacités cognitives ou lutte contre le vieillissement sont autant de manifestations actuelles d’une aspiration forte à améliorer l’être humain et la vie en elle-même par le biais des avancées technoscientifiques et biomédicales.

Depuis plusieurs années, la question de l’amélioration des performances humaines trouve dans le mouvement du transhumanisme son principal et radical promoteur. Courant culturel issu de la Silicon Valley, le transhumanisme considère « l’augmentation » biotechnologique de l’être humain comme un impératif éthique et politique. Se rendre plus beau, plus fort, plus intelligent, plus heureux et vivre presque éternellement grâce aux technosciences sont ses objectifs principaux. Par la cryogénie, la fusion de l’humain et de la machine, le recours à un eugénisme libéral ou encore l’usage de la pharmacologie et des nanotechnologies, les transhumanistes ambitionnent rien de moins que de dépasser entièrement la condition humaine pour accéder à un nouveau stade de l’évolution : la posthumanité. « L’humanité est une étape provisoire sur le sentier de l’évolution. Nous ne sommes pas le zénith du développement de la nature » 1, proclame ainsi le philosophe Max More, l’un des chefs de file du mouvement. Lire la suite…

Rémi de Villeneuve, Face au mur, 2014

11 octobre 2016 Laisser un commentaire

Nous n’avons jamais été autant dans le futur. Ça, c’est sûr.

Mais à mesure que celui-ci prend les allures d’un mur, nous n’avons jamais non plus ressentit, à ce point, le besoin de sauter de la voiture… Surtout s’il s’agit d’une de ces nouvelles voitures où tout fonctionne à l’électronique et où tout déconne tout d’un coup sans qu’on y comprenne rien ; au point que plus on freine, plus ça accélère. Et qu’en plus on est sur l’autoroute… avec le mur qui se rapproche à toute vitesse – un mur de voitures justement, enfin un embouteillage, dû au dysfonctionnement électronique, cette fois, des bornes de péages automatiques. Et qu’on a beau alors essayer de garder son calme (malgré la petite lumière rouge qui fait bip-bip et clignote de plus en plus vite) en se disant que ça doit juste être à cause d’un de ces petits problèmes informatiques habituels ; putain ça y’est on flippe, on commence à avoir sérieusement envie de pisser. Voilà déjà les premiers ralentisseurs, mais la voiture s’en tape et ça donne l’impression d’aller encore plus vite. Alors on finit, tu finis, par te mettre à gueuler : « Mais merdre, c’est quoi ce bordel ?! Tu vas freiner oui ?! Je vais pas crever comme ça à cause de j’sais pas quel connerie de merde !!! ». Et ce besoin de sauter, donc. Mais même les portes sont bloquées. Les fenêtres, pareil, tout est centralisé. Alors c’est là, finalement, en même temps que tu te jettes, hystérique, à la recherche du fameux petit marteau rouge permettant de briser les vitres qu’ils ont bien du foutre quelque part, que tu dis, avec l’espoir que tu vas pouvoir sauter à temps et, éventuellement, t’en sortir vivant ; que tu te dis – en te réveillant – qu’il commence sérieusement à te faire chier ce putain de progrès ! Lire la suite…

Catégories :Critique sociale Étiquettes : , , ,

Groupe MARCUSE, Informatique ou liberté ?, 2014

29 septembre 2016 Laisser un commentaire

Un texte du Groupe MARCUSE après les révélations d’Edward Snowden sur la surveillance des communications numériques par les services secrets américains. Tribune parue à l’origine dans Le Monde du 3 janvier 2014 sous le titre « Misère de notre addiction numérique », en voici sa version longue, avec le titre que désiraient ses auteurs.

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La cascade de « révélations » sur les programmes de surveillance électronique, déclenchée par Edward Snowden au mois de juillet dernier, continue ces jours-ci. Après les classes politiques européennes et la presse, ce sont maintenant des écrivains du monde entier qui s’indignent et réclament l’édiction par l’ONU d’une déclaration des droits de l’homme numérique (cf. la tribune « Refusons la société de surveillance ! » dans Le Monde du 11 décembre). Les opinions publiques, qu’ils appellent à se soulever en défense de ces droits, semblent, elles, largement indifférentes.

Dans cette affaire, ceux qui ne s’émeuvent point font sans doute preuve de plus de sagesse et de mémoire que ceux qui se montrent surpris et choqués. Car pour qui s’intéresse quelque peu au cours suivi par notre société-monde ces dernières décennies, l’ampleur des données aujourd’hui automatiquement à disposition des officines de surveillance politique et d’intelligence économique n’a rien d’étonnant. Face à l’ampleur des transformations de la vie quotidienne et du travail, face à la puissance du mouvement d’interconnexion de tous les réseaux de communication modernes, des milliers d’articles de journaux, des dizaines d’ouvrages sont parus au fil des ans pour annoncer la situation où nous nous trouvons désormais. Lire la suite…

Craig Holdrege, L’évolution comme mouvement vers l’autonomie, 2014

17 juin 2016 Laisser un commentaire

Bernd Rosslenbroich

L’Origine de l’autonomie

Un nouveau regard sur les transitions majeures dans l’évolution des espèces

éd. Springer, 2014, 297 pages, 61 illustrations.

Les protozoaires unicellulaires, les méduses, les oursins, les calmars, les espadons, et les dauphins sont tous merveilleusement adaptés à la vie dans l’eau. Mais ce fait nous dit peu de choses sur la façon dont chacune de ces créatures vit sa vie. Tous ces animaux sont organisés différemment les uns des autres – ils appartiennent à des embranchements ou des classes différentes – et la façon dont ils sont organisés leur permet d’interagir avec des environnements et de créer des relations qui sont propres à chacun. Ils ont tous leur « manière d’être ». Selon la théorie de l’évolution darwinienne classique, les animaux ont évolué et survécu parce qu’ils sont bien adaptés aux circonstances que présente l’environnement (ils sont le produit de ce que l’on appelle la sélection naturelle). Mais la sélection naturelle ne tient pas compte des formes et de l’organisation particulières des différents animaux. Elle ne peut interagir qu’avec ce qui existe déjà et « éliminer » ce qui est pas adapté. Lire la suite…

Bernd Rosslenbroich, L’Origine de l’autonomie, 2014

10 juin 2016 Laisser un commentaire

Bernd Rosslenbroich

L’origine de l’autonomie

Un nouveau regard sur les transitions majeures dans l’évolution des espèces

éd. Springer, 2014.

Nous proposons ci-dessous au lecteur la traduction de la présentation et du résumé des chapitres de l’ouvrage de Bernd Rosslenbroich, biologiste évolutionniste à l’Université Witten-Herdecke en Allemagne, L’origine de l’autonomie, un nouveau regard sur les transitions majeures dans l’évolution des espèces (éd. Springer, 2014, env. 300 pages). En effet, celui-ci rejoint par certain aspect les réflexions et les recherches que nous avons ici publiées sur l’autonomie du vivant. Néanmoins, et sans encore en proposer une critique détaillée, nous ferons rapidement quelques remarques d’ordre général : Lire la suite…

Bernd Rosslenbroich, On the Origin of Autonomy, 2014

10 juin 2016 Laisser un commentaire

Bernd Rosslenbroich

On the Origin of Autonomy

A New Look at the Major Transitions in Evolution

Springer, 2014.

This volume describes features of biological autonomy and integrates them into the recent discussion of factors in evolution. In recent years ideas about major transitions in evolution are undergoing a revolutionary change. They include questions about the origin of evolutionary innovation, their genetic and epigenetic background, the role of the phenotype, and of changes in ontogenetic pathways. In the present book, it is argued that it is likewise necessary to question the properties of these innovations and what was qualitatively generated during the macroevolutionary transitions.

The author states that a recurring central aspect of macroevolutionary innovations is an increase in individual organismal autonomy whereby it is emancipated from the environment with changes in its capacity for flexibility, self-regulation and self-control of behavior.

The first chapters define the concept of autonomy and examine its history and its epistemological context. Later chapters demonstrate how changes in autonomy took place during the major evolutionary transitions and investigate the generation of organs and physiological systems. They synthesize material from various disciplines including zoology, comparative physiology, morphology, molecular biology, neurobiology and ethology. It is argued that the concept is also relevant for understanding the relation of the biological evolution of man to his cultural abilities.

Finally the relation of autonomy to adaptation, niche construction, phenotypic plasticity and other factors and patterns in evolution is discussed. The text has a clear perspective from the context of systems biology, arguing that the generation of biological autonomy must be interpreted within an integrative systems approach. Lire la suite…

François Jarrige, Les hommes remplacés par des robots, 2014

De plus en plus de tâches sont automatisées, accomplies par des machines. Un gigantesque appareillage technique permet de répondre à nos besoins sans que nous n’ayons à utiliser nos mains ni notre cerveau. Dépendant d’esclaves mécaniques qui produisent à sa place, l’homme sans travail n’a-t-il plus qu’à revendiquer le droit à la paresse ?

Deux économistes américains viennent de publier un ouvrage intrigant et fascinant intitulé Le second âge des machines. Analysant les effets des rapides transformations technologiques en cours avec l’informatisation et l’expansion considérable du numérique, ils proposent une thèse forte : nous serions entrés dans un « deuxième âge des machines » qui se caractériserait par l’automatisation des activités dans lesquelles les humains et les « fonctions cognitives » étaient considérées jusque là comme indispensables. Alors que le premier âge des machines, celui qui s’était engagé avec la « Révolution industrielle » du début du XIXe siècle, se caractérisait par l’automatisation des tâches nécessitant un effort physique, le nouvel âge des machines viserait quant à lui au remplacement des fonctions intellectuelles elles-mêmes.

Pour ces auteurs, compte tenu de l’extension de l’informatisation à des activités toujours plus nombreuses, il semble qu’il n’y ait plus d’obstacle désormais au remplacement des travailleurs dans l’ensemble des secteurs de activités humaines. Si cette analyse n’a rien de neuve, – depuis deux siècles le débat sur les effets des machines ressurgit régulièrement à chaque phase de remodelage du capitalisme et de son appareillage technologique –, elle invite à penser le monde qui est en train de se construire sous nos yeux. Lire la suite…

De la ZAD aux communaux, 2014

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Dossier La Tragédie des Communaux

Pour toute une famille de pensée, le peuple est incapable de gérer collectivement une ressource naturelle sans la surexploiter. Récit d’une imposture et de ses racines. Un dossier spécial que nous terminons avec ce texte sur l’avenir de la Zone à Défendre de Notre-Dame des Landes…

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Quelques pistes à explorer pour aller plus loin…

1.

Beaucoup de questions se posent actuellement sur le devenir des terres de Notre-Dame des Landes une fois le projet d’aéroport abandonné. Des pistes sont explorées par plusieurs composantes du mouvement, mais en réduisant trop souvent la question foncière à celle du statut juridique futur de ces terres, la question des usages à un enjeu de propriété. D’un autre côté, sur la ZAD, intronisée « zone de non droit » de l’aveu même du pouvoir, beaucoup de conflits d’usage se déploient. Qu’il s’agisse de l’usage des prairies et des champs ou de celui des routes et des chemins, de la chasse ou des pratiques agricoles, ces conflits sont multiples.

Le devenir de ces terres dépend entièrement de notre capacité à y vivre en commun aujourd’hui. Ces deux problématiques sont indissociables. Si nous ne parvenons pas, ici et maintenant, à concilier les différentes pratiques et la multiplicité des usages qui cohabitent sur les terres de la ZAD, alors il nous sera difficile de nous projeter ensemble dans un avenir sans aéroport. Lire la suite…