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Posts Tagged ‘numérique’

Joëlle Zask, La communication virtuelle : le nouvel opium du peuple ?, 2020

9 juillet 2020 Laisser un commentaire

Il ne s’agit pas de mégoter sur les services réels que rendent les échanges à distance mais fonder un projet de société sur des relations virtuelles par l’intermédiaire de l’internet, c’est détruire la société. Analogue à la cité construite dans les airs dont se moquait Aristophane dans Les Oiseaux, celle que nous construisons dans les « nuages » est une anti-société. Les relations en face-à-face, dont l’importance est de fait relativisée, sont absolument essentielles. Il faut y revenir. Lire la suite…

François Jarrige, Rapiécer le monde, 2019

Les éditions La Lenteur contre le déferlement numérique

Alors que le monde numérique s’installe avec un fatalisme et une rapidité déconcertante, les éditions La Lenteur maintiennent vivante une critique radicale du capitalisme High Tech et de ses ravages. Leurs publications proposent une analyse de la bureaucratie managériale pensée comme un phénomène social que la technologie contemporaine porte à son paroxysme.

 

A propos de :

Groupe Marcuse,
La Liberté dans le Coma.
Essai sur l’identification électronique et les motifs de s’y opposer
,
éd. La Lenteur, 2013, nouvelle édition en 2019 ;

Le Monde en pièces.
Pour une critique de la gestion. I. Quantifier
,
éd. La Lenteur, 2012 ;

Le Monde en pièce.
Pour une critique de la gestion. 2. Informatiser
,
éd. La Lenteur, 2019. Lire la suite…

Maria Mies, Pas de communs sans communauté, 2014

Maria Mies, 2011

Résumé

L’intérêt actuel pour les nouveaux communaux est bienvenue. Cela montre que de plus en plus de gens comprennent que notre système mondial capitaliste actuel ne peut résoudre aucun des problèmes qu’il a lui-même créés. La plupart des gens qui veulent créer de nouveaux communaux recherchent un nouveau paradigme économique et social. Pourtant, je pense qu’il est nécessaire de porter un regard plus critique sur les principaux concepts et arguments utilisés dans le discours contemporain sur « les biens communs ». Aujourd’hui, les « nouveaux biens communs » font l’objet d’un battage médiatique, notamment le mythe d’Internet comme bien commun et source de nouvelles communautés. Dans cet article, je pose plusieurs questions : Que voulons-nous dire lorsque nous parlons de « nouveaux biens communs » ? Que pouvons-nous apprendre des anciens communaux ? Qu’est-ce qui doit être changé aujourd’hui ? Y a-t-il une perspective réaliste pour les nouveaux biens communs ? Lire la suite…

Maria Mies, No commons without a community, 2014

Maria Mies, 2011

Abstract

The present interest in new commons is a very welcome development. It shows that more and more people understand that our present capitalist world system cannot solve any of the problems it itself has created. Most people who want to create new commons are looking for an altogether new paradigm of economy and society. Yet I think it is necessary to look more critically at the main concepts and arguments used in the contemporary discourse on “the commons”. Today there is a new hype about the “new commons”, including myths about the Internet as a commons and that it has created new communities. In this article I ask: what do we mean when we speak of “new commons”? What can we learn from the old commons? What has to be changed today? Is there a realistic perspective for new commons? Lire la suite…

Renaud Garcia, Une commune humanité contre le capitalisme technologique, 2020

Déjà six mois que le virus est apparu, déjà deux que nous vivons reclus chez nous. Pendant ce temps, l’État centralisateur tel un état-major commande la population qui, d’un côté, l’appelle à l’aide tout en pointant ses erreurs et manquements, et de l’autre, s’auto-organise à différentes échelles en rêvant de lendemains qui chantent. Qu’est-ce que l’anarchisme nous dit de la situation ? Renaud Garcia, professeur de philosophie dans un lycée à Marseille, anarchiste et décroissant répond à nos questions.

 

Une stratégie de choc numérique

Martin Paquot : « Nous sommes en guerre », affirme Emmanuel Macron le 16 mars 2020. Depuis, la police patrouille, le couvre-feu est imposé ici et là, se déploie la surveillance numérique. Des stratégies de la peur mises en place par les autorités. Pourquoi, selon vous, la démocratie occidentale adopte-t-elle de tels moyens ? Qu’en est-il des libertés individuelles ?

Renaud Garcia : Difficile de répondre à la question « pourquoi », si tant est que l’on puisse trouver une réponse satisfaisante sous le déluge d’informations.

Des stratégies de la peur ? Sans doute. La situation des deux derniers mois ressemblait à une variante numérisée de cet état de guerre de tous contre tous, pas nécessairement déclarée, seulement larvée, que le philosophe Hobbes concevait au XVIIe siècle : chaque particule réputée contagieuse confinée dans son espace privé, des relations sociales régies par la hantise et la crainte, sous la puissance tutélaire de l’État. Lire la suite…

Écran Total, Des lits, pas des applis!, 2020

28 avril 2020 Laisser un commentaire

Les services de réanimation des hôpitaux sont actuellement surchargés, pour plusieurs raisons : parce que les malades atteints le plus gravement par le Covid-19 nécessitent un séjour très long, trois semaines, parfois un mois ; parce que le nombre de lits d’hôpital et de personnel est en constante diminution depuis des décennies, et enfin parce que la politique de prévention est presque inexistante (elle se limite au confinement, faute de mieux – et de tests).

Malgré tout, l’hôpital a « tenu ». Pourquoi ? Un peu grâce au confinement, un peu parce qu’on a réorienté certains malades depuis les régions les plus touchées par le coronavirus vers celles qui l’étaient moins, beaucoup grâce à l’abnégation du personnel, et aussi, et peut-être surtout, parce que la technocratie a, contrainte et forcée par la situation, desserré sa contrainte sur l’organisation du travail à l’hôpital et laissé un peu de marge de manœuvre aux soignants. Lire la suite…

Écran Total, Ne laissons pas s’installer le monde sans contact, 2020

27 avril 2020 Laisser un commentaire

Appel au boycott de l’application Stop-COVID19

 

Ne nous y trompons pas, la distance sociale a commencé il y a des années.

Du point de vue sanitaire, l’épidémie de COVID-19 mettra du temps à livrer tous ses mystères. Le brouillard qui entoure l’origine de la maladie, sa diffusion et sa létalité ne pourra se dissiper que lorsqu’elle cessera de frapper dans autant de pays à la fois. A ce jour, personne n’a l’air de savoir quand une telle accalmie se produira. D’ici là, pour continuer de vivre, nous ne devons ni sous-estimer, ni surestimer cette épidémie en tant que telle.

Par contre, ce que nous sentons très clairement, c’est que la crise sanitaire a des chances importantes de précipiter l’avènement d’un nouveau régime social : un régime basé sur une peur et une séparation accrues, encore plus inégalitaire et étouffant pour la liberté. Si nous prenons la peine de lancer cet appel, c’est que nous pensons que cela n’est pas joué d’avance et que des possibilités vont se présenter, pour les populations, de l’empêcher. Mais alors que nous, simples citoyens, ressentons violemment la fragilité de nos existences face à la menace du virus et d’un confinement long, l’ordre politique et économique en vigueur semble, lui, à la fois ébranlé et renforcé par la secousse en cours. Il paraît en même temps fragile, et très solide sur ses bases les plus « modernes », c’est-à-dire les plus destructrices socialement. Lire la suite…

Il n’y a pas de «continuité pédagogique»: éteignez les tablettes!, 2020

11 avril 2020 5 commentaires

Confinement oblige, l’Éducation nationale invite à la « continuité pédagogique », possible grâce au numérique. Or, selon les auteurs de cette tribune, « la pédagogie virtuelle n’existe pas », et « seuls les élèves éveillés, enfermés avec des parents désœuvrés au fort niveau d’études vont bénéficier d’une pédagogie efficace : l’instruction en famille ».

 

Alors que le pays se claquemure et bascule dans la vie virtuelle, l’Éducation nationale invite à la « continuité pédagogique ». En clair, comme dans tous les secteurs, accélération de la numérisation : plateformes, tablettes, webcams, classe virtuelle, espaces numériques de travail, WhatsApp, Pearltrees, etc.

Cela dans un contexte où vont simultanément augmenter l’isolement et la promiscuité, où ont toutes les chances de se multiplier incompréhensions, conflits, angoisses et dépressions. Lire la suite…

Aurélien Berlan, Le « citoyen augmenté », 2017

10 avril 2020 Laisser un commentaire

un nouveau seuil dans l’aspiration à se délivrer de la politique

 

Il y a peu, l’expression « citoyen augmenté » est apparue pour suggérer ce que pourrait devenir la citoyenneté au XXIe siècle. On l’entend de plus en plus, certes de manière discrète, mais on peut s’attendre à ce qu’elle ait un succès médiatique croissant, à l’image des autres syntagmes construits avec l’adjectif « augmenté » : « réalité augmentée », « homme augmenté », « territoire augmenté », etc. [1] Toutes ces notions ont été forgées dans le sillage du mouvement transhumaniste qui, en 2008, s’est donné pour sigle la lettre « h » (pour humanity), suivie du signe « plus », le tout inséré dans une arobase symbolisant l’internet. Le message est limpide : grâce au web, symbole convenu des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), l’humanité de demain aura « quelque chose de plus ». Lire la suite…

Matthieu Amiech, Le confinement amplifie la numérisation du monde, 2020

9 avril 2020 Laisser un commentaire

Apéros Skype, soirées Netflix, militantisme 2.0… La numérisation du monde est en marche. Pour éviter que l’épidémie de coronavirus nous fasse « basculer dans la civilisation du sans contact », il faut réfléchir à « desserrer l’étau numérique sur nos vies », estime Matthieu Amiech dans cet entretien.

 

Reporterre — Comment traversez-vous cette période ? 

Matthieu Amiech — Au-delà des multiples difficultés personnelles que la situation entraîne, on sent qu’on vit un moment crucial. Cette crise sanitaire et économique peut favoriser de nouvelles éruptions de colère populaire, aussi bien que le basculement durable vers un ordre social plus autoritaire. Une épidémie, c’est un moment propice à la centralisation accrue du pouvoir politique et administratif, un moment où la peur peut être source de solidarité mais aussi de conformisme, d’appels à la répression. Il est difficile de critiquer les mesures d’exception qui sont prises, voire de continuer à réfléchir par soi-même, indépendamment du tourbillon d’informations et de commentaires. Lire la suite…