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Guillaume Carnino, Les transformations de la technologie, 2010

du discours sur les techniques à la “techno-science”

Résumé

Cet article retrace les évolutions du terme « technologie », dans le contexte français, au cours du XIXe siècle. Le passage, aux alentours de 1850, d’un « discours sur les techniques » à une « techno-science » y est mis en valeur selon deux aspects principaux : industrialisation des pratiques artisanales opératoires et déploiement de « la science » en tant que productrice de faits à partir de machines et procédures. Telles sont les deux recompositions politiques qui produisent matériellement et linguistiquement la technologie entendue au sens contemporain, comme lorsqu’on parle des « nouvelles technologies ».

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Nul ne peut étudier l’histoire de la technologie et ignorer l’article fondateur de Jacques Guillerme et Jan Sebestik : “Les Commencements de la technologie », qui retrace, de la Renaissance au XIXe siècle, les aventures du « discours sur les techniques” 1. Cette conception de la technologie se concrétise historiquement dans une discipline universitaire éponyme traitant des « opérations techniques ». L’intérêt pour cette discipline décline au cours du siècle des révolutions, en raison des reconfigurations industrielles et scientifiques de la production technique ; le milieu du XIXe siècle connaît une « évanescence » et une « dispersion » du discours technologique, qui « éclat[e] en savoirs techniques spécialisés et parcellaires ». « La technologie, c’est alors les aventures dans l’industrie, de la science appliquée » 2.

Le présent travail entend tout à la fois prolonger et infirmer certains implicites de l’argument propre à Guillerme et Sebestik, principalement sur deux points qu’ils défendent explicitement : la technologie a toujours eu comme horizon d’être une science (précisément des techniques) ; l’histoire de la technologie perd de son intérêt quand la discipline voit sa prévalence décliner vers la seconde moitié du XIXe siècle.

Ce sont donc deux thèses contraires et complémentaires, bien que profondément nourries des réflexions de Guillerme et Sebestik, que nous soutiendrons sur ces points précis. D’une part, la technologie n’advient comme science expérimentale qu’au moment précis où « la science » (au singulier) devient l’horizon savant par excellence, ce qui est précisément à l’origine de sa dispersion industrielle et scientifique (« les aventures dans l’industrie, de la science appliquée »). D’autre part, l’histoire de la technologie ne peut se cantonner à celle d’un moment historique qui la matérialise disciplinairement, et doit au contraire rendre compte de ses évolutions sémantiques : c’est précisément le moment de la prétendue dispersion du terme qu’il conviendra d’interroger malgré la mise en garde des auteurs 3. Il s’agira donc d’abord d’introduire le contexte « technologique » français 4 propre au siècle des révolutions, afin d’étudier ses spécificités. Après avoir présenté les principaux jalons de la transformation sémantique du terme au cours des années 1840-1860, on tentera alors de montrer en quoi le nouveau sens du terme « technologie » – qui rappelle déjà celui qui nous est contemporain (les « nouvelles technologies ») – est historiquement consistant. En bref, le propos du présent travail est de mettre au jour l’intérêt historiographique du basculement d’un monde où la technologie est discours sur les techniques à l’univers contemporain fondé sur la technologie entendue comme science industrielle ou science des machines, voire techno-science.

« Les commencements de la technologie »

La définition étymologique de la technologie comme discours sur la technique (logos de la tekhnê) prévaut jusqu’au XIXe siècle : elle désigne initialement les tentatives pour mettre en forme les savoir-faire artisanaux, et prend ses racines dans la réduction en art 5. La réduction en art, activité chère à la Renaissance, consiste à prendre parti des savoir-faire existants et à ordonner leur réalisation à l’aide des mathématiques et de la mécanique. Les modèles réduits en bois (navires à construire ou tours de siège 6) sont d’ailleurs les témoins matériels de cette ancienne pratique consistant à ramener les problèmes complexes à des formes simples. La technologie, selon le sens qu’elle recouvre jusqu’aux débuts du XIXe siècle, est donc héritière de la réduction en art du mécanicien tout autant que de l’art militaire de l’ingénieur 7.

Mais la technologie des premières décennies du siècle des révolutions est aussi popularisation d’une tradition savante héritée de l’encyclopédisme des Lumières 8. Elle se matérialise principalement sous la forme de descriptions des arts, des métiers et des manufactures 9. Le projet technologique tel qu’envisagé aux débuts du XIXe siècle se mêle en même temps à l’héritage de la technologie allemande 10, véritable discipline camérale revendiquant le statut de science autonome, et non seulement celui d’intermédiaire entre la science abstraite et la pratique 11. C’est dans cette filiation que se situe la technologie narrative de Louis-Sébastien Lenormand 12. Pour cet abbé devenu professeur de technologie, c’est en formalisant par le discours la pratique artisanale que la routine se trouve mise à distance et que la rationalisation de l’activité en vue de son amélioration devient possible : l’enjeu est d’élaborer une science d’application à part entière, qui ne soit pas pour autant application des sciences à la production, par le mécanisme de l’analogie 13. Chez Lenormand, les connaissances techniques ne sont déjà plus classées selon les matériaux et les produits finis, mais bien par « verbe-action », c’est-à-dire par analogie (gestuelle, productive, etc.) entre activités. La description, toujours opératoire fine et rationalisée, n’est pas encore formulée dans des termes relatifs à la physique, à la chimie, etc.

Avant l’industrialisation massive du Second Empire, la théorie savante reste en effet bien souvent éloignée de ses applications concrètes. En 1829, le polytechnicien Jean-Victor Poncelet déplore encore, dans son Introduction à la mécanique industrielle, qu’« un espace immense sépare la Mécanique enseignée dans nos écoles, de ses applications, même les plus usuelles et les plus simples » 14. C’est que le réel ne se laisse pas facilement prendre dans les rets d’abstractions, aussi savantes soient-elles. La technologie est donc, jusqu’au milieu du XIXe siècle, à la fois « discours sur » et « science de » la technique, dans la mesure où la science désignait précisément jusqu’à cette même époque un savoir relatif à n’importe quel domaine – fût-il moral, philosophique ou politique. Avant le XIXe siècle, la science n’est qu’une forme générale du discours informé, elle ne renvoie pas encore à l’image d’Épinal du scientifique penché sur sa paillasse. Le savant des années 1800 pratique avant toute chose la philosophie naturelle, et l’idée de science est plurielle (astronomie, droit, métaphysique voire équitation ou sens de la répartie). La science ne désigne pas encore un corpus méthodique et unifié de pratiques de savoir à visée universelle, mais simplement la marque d’une connaissance informée et qualifiée, qui prend sa source autant dans l’expérience des années que dans celle du laboratoire.

Si Guillerme et Sebestik notent donc à raison le renvoi de la technologie pré-industrielle à l’idée d’une science des techniques, ils ne prennent pas la peine de contextualiser cet appel terminologique. Nous faisons ici l’hypothèse que cette économie brouille en partie l’image donnée au terme « technologie » avant sa dispersion post- 1850. Jusqu’au milieu du XIXe siècle, la technologie est aussi bien souvent un synonyme de la terminologie, ou d’une forme abâtardie d’une taxinomie particulière employée hors de tout discours sur une technique en particulier 15. Y compris pour la majorité des nombreux dictionnaires de technologie publiés avant 1850 et étudiés par Guillerme et Sebestik, la technologie pré-industrielle a souvent tout autant à voir avec la classification qu’avec l’élaboration de discours sur les techniques 16. C’est même précisément ce double effort qui caractérise la plupart des manuels et mémentos publiés depuis le début du siècle 17 : la classification, la segmentation et la description des arts et métiers y sont inséparables. En considérant anachroniquement la « science » comme discours informé sur des pratiques techniques bien souvent artisanales, on peut y déceler l’établissement progressif d’une science des techniques opératoires, mais il faut plutôt questionner la spécificité historique de ce moment technologique, qui voit dans les catalogues d’arts et métiers la forme aboutie du discours savant sur l’activité productive. Savoir vraiment, ce n’est pas encore nécessairement connaître les causes scientifiques des phénomènes naturels et productifs, mais c’est cataloguer les différentes manières de faire, matériellement sédimentées dans les objets et incorporées (et souvent théorisées) par les artisans.

L’avènement de la science positive, expérimentale et appliquée sonnera le glas de ces tentatives :

« À quoi bon désormais ces milliers de volumes de descriptions de techniques obsolètes ou vouées à le devenir bientôt ? Le progrès des sciences offre à la créativité des inventeurs des voies neuves, imprévisibles, et infiniment plus riches de potentialités. C’est désormais des sciences, et des sciences seules, que l’époque [le second XIXe siècle] attend les progrès de son industrie. Les techniques retournent à l’arrière-plan qu’elles avaient un moment quitté, l’idéologie triomphante de la science appliquée va s’installer. » 18

De la « technologie des métiers » à la « technologie des machines »

Le Dictionnaire de technologie d’Adolphe de Chesnel, publié en 1857, marque précisément la transformation sémantique, idéologique et industrielle en cours :

« Mais souvent la technologie, confondue avec la terminologie […], s’est emparée, sans discernement, de la majeure partie de la nomenclature encyclopédique. Mieux définie à notre époque, on en a constitué une sorte de science à part, et l’on a restreint sa sphère […] au seul vocabulaire des usines, des manufactures et des métiers. […] La technologie est donc la science des professions industrielles, l’étude des procédés employés dans tous les métiers. » 19

L’auteur défend ici l’idée d’une technologie qui, comme le prouve le sous-titre de l’ouvrage 20, reste encore porteuse de cette tradition lexicographique rattachée aux descriptions des arts et métiers, mais qui se tourne déjà vers les connaissances positives propres aux sciences mathématisées appliquées en vue de l’industrie. Cette mutation sémantique est d’ailleurs particulièrement saillante chez Léon Lalanne (1811-1892). Polytechnicien, ingénieur puis directeur de l’École des Ponts-et-Chaussées, il s’intéresse aux mathématiques appliquées au génie civil (il invente l’arithmoplanimètre), et plus particulièrement à la construction de routes et chemins de fer. Son Essai philosophique sur la technologie est mieux connu que son Aide-mémoire universel des sciences, des arts et des lettres 21, mais pour Joost Mertens, le second « révèle […] comment Lalanne bascule de la technologie classique à la science des machines ». Les préoccupations du polytechnicien se recentrent de la classification à la mécanique appliquée, qui se trouve désormais être « “l’introduction à la mécanique industrielle”, discipline qui devient la nouvelle définition de la technologie. Celle-ci ne fait plus référence aux actions humaines. Les objets de la mécanique industrielle sont les machines, leur composition et leur fonctionnement ». Les objets qu’étudie la technologie sont désormais mus par des forces devenues anonymes et quantifiables, indépendantes de leur origine (animale, humaine, mécanique) – bien que leur moteur canonique soit précisément la machine :

« Le cœur de la technologie moderne est la science des machines, y compris la cinématique, appliquée surtout à la machine à vapeur. C’est le reflet exact de la transformation de la société artisanale en société industrielle “à vapeur”, invoquée comme raison principale du déclin de la technologie classique. » 22

Mertens qualifie donc les recompositions lexicographiques du terme « technologie » comme le passage d’une technologie générale fondée sur un art descriptif et classificatoire à une science des machines prenant sa source dans le développement de la mécanique industrielle et des sciences appliquées en général. À cette analyse du remplacement progressif d’une « technologie des métiers » par une « technologie des machines », il faut toutefois adjoindre une analyse historique et sémantique de l’idée de science, dont les évolutions, contemporaines des mutations technologiques, ont partie liée avec le sens induit par la « – logie » inhérente à la technologie.

La technologie : du discours sur les techniques à la techno-science

Du XIXe siècle émerge l’empire de la science 23 – la science (désormais dite « de la nature ») étant le nouveau nom de ce que l’on nommait jusqu’alors philosophie naturelle : elle désigne la production de savoirs expérimentaux, formalisés et mathématisés, que l’on oppose dès lors à la connaissance morale et métaphysique. Alors que la philosophie naturelle était jadis souvent pratiquée par quelques aristocrates ou religieux férus d’astronomie, de botanique ou d’alchimie, la science devient production massive de faits à partir de machines 24. Fille des progrès de l’instrumentation et du calibrage industriel et militaire, elle met au jour et formalise les lois du fonctionnement du réel. Ces découvertes sont cependant très loin d’être spéculatives – à la différence de la connaissance contemplative fondée au Moyen Âge sur la parole des Anciens. Ce savoir nouveau est ancré, réticulé et rattaché à un gigantesque dispositif matériel, dont la pointe la plus extrême est le laboratoire, industriel ou d’État. Cette mise en science de phénomènes jusque-là non questionnés concerne autant les lois de la physique que celles de la chimie, et donc des processus aussi divers que le mouvement des astres ou la fermentation de la bière. Le déploiement de l’empire de la science se fait en lien étroit avec l’industrie 25.

L’intégration technologique des savoir-faire artisanaux dans les chaînes de production industrielles 26 était initialement le fait des artisans-entrepreneurs, qui avaient rendu possible la segmentation opératoire et l’adaptation ouverte de la production au marché 27. Mais l’avènement de la science au singulier – désormais instrumentale et opératoire – est l’indice de la réorientation technologique propre au nouveau sens que le terme acquiert dans la seconde moitié du siècle, rattaché à l’idée de machinerie et de procédures produites par le savoir scientifique de l’ingénieur. L’industrialisation n’est massivement possible que grâce au concours d’une science profondément ancrée dans le réel : elle est un faire, elle produit faits et procédés à partir des instruments du laboratoire dont les préoccupations recoupent d’emblée celles de l’industrie 28, et transfère ces procédés au sein d’unités de production. Même les scientifiques habituellement considérés comme « purement spéculatifs » sont bien souvent indispensables au procès de production : Maxwell 29 ou Kelvin 30 sont concrètement impliqués dans le déploiement économique de l’électricité et de la télégraphie ; le chimiste et industrialiste Jean-Baptiste Dumas est au cœur des réformes économiques et pédagogiques du Second Empire, alors qu’il cumule son poste de président de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale avec son fauteuil de secrétaire perpétuel à l’Académie pour les sciences physiques 31 ; l’ichtyologiste Victor Coste est mandaté par Napoléon III pour mettre en place l’industrie piscicole française 32, etc. Pasteur, médiatiquement commémoré en 1995 comme scientifique désintéressé, travaille d’abord auprès des industries de la betterave sur la fermentation lactique 33. Il se voit ensuite mandaté par Napoléon III pour expliquer le désastre financier qu’avait constitué la livraison à l’Angleterre d’hectolitres de vin français avarié à l’issue de son transport – il en tirera son grand ouvrage sur le vin 34. Pasteur continue ses travaux sur la fermentation à la brasserie Tourtel 35 et les mobilisera lors de sa confrontation avec Pouchet au sujet de la génération spontanée 36. Sur la fin de sa vie, il travaille sur ordre de Jean-Baptiste Dumas à des questions de sériciculture 37 puis à la vaccination pour l’élevage 38, préoccupations d’où il tirera finalement le vaccin antirabique 39. La science qui s’invente et se déploie alors de façon inédite, d’un point de vue tant social que lexicographique 40, prend ses racines dans un milieu savant et académique en constitution, mais aussi dans les préoccupations industrielles 41.

Or le terme « technologie » prend son sens contemporain précisément aux alentours de 1850. Le passage d’un terme désignant un discours sur les techniques à un mot-valise englobant les procédés industriels autant que leurs produits est l’indice de la recomposition matérielle et sociale qui s’opère au cœur du siècle : là où les techniques subsumaient savoir-faire et outils, la technologie rassemble désormais procédures industrielles et produits matériels, principalement sous l’égide du corps des ingénieurs, en pleine expansion 42 ; chefs d’orchestre et maîtres d’œuvre de la production industrielle rationalisée grâce aux savoirs scientifiques, les ingénieurs sont la clef de voûte de la nouvelle organisation sociale des savoir-faire et des métiers : « Leur tâche consiste à utiliser constamment les derniers progrès des sciences pour les traduire en progrès industriels » 43. C’est ainsi que chez With, la technologie est définie dès 1858 comme la « science des applications industrielles » 44 ; Salvetat publie un Cours de technologie chimique chez Dejey en 1874 ; en 1886, pour Fallot, répétiteur de technologie à l’École d’agriculture de Montpellier, elle « embrasse l’ensemble des industries qui transforment les matières premières » 45. La signification disciplinaire du terme se perd peu à peu, et son emploi dans les titres d’ouvrages à portée industrielle ou savante se multiplie 46. Si la technologie est désormais à visée industrielle, c’est parce qu’elle est à la fois machinique (issue de la technologie de l’ingénieur) et procédurale (issue de la « proto-technologie » des artisans-entrepreneurs).

Émergeant à l’aube de la seconde moitié du XIXe siècle, le sens contemporain de la technologie ne fait plus référence au logos antique mais à la « – logie » propre aux sciences modernes, en tant qu’elles sont d’emblée production de faire à partir de machines et procédés. La technologie n’est donc plus un discours sur la technique, mais une rationalisation scientifique de la technique devenue techno-science, ce qui se traduit par une formalisation des savoir-faire à une échelle sans précédent et par le déploiement de dispositifs techniques de taille incomparable à celle des activités propres aux communautés de vie et de travail jadis plus restreintes. La technologie, telle que nous l’entendons aujourd’hui, apparaît donc quand la production technique se concentre entre les mains des ingénieurs et des entrepreneurs. Si elle devient une dimension politique constitutive, bien qu’occultée, du contemporain, l’étude de l’émergence des idées de science pure et de neutralité de la technique est un programme épistémologique à part entière.

Guillaume Carnino

Guillaume Carnino, “Les transformations de la technologie : du discours sur les techniques à la ‘techno-science’ ”, Romantisme, 4/2010 (n°150).

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Notes:

1 Publié dans Thalès, t. 12, PUF, 1968, puis dans Documents pour l’histoire des techniques, n°14, CDHTE, 2007, que nous citons ici (p. 50). Le présent article doit beaucoup à de nombreuses personnes, notamment à Liliane Pérez et Joost Mertens.

2 Ibidem, pp. 50-51.

3 « Il serait téméraire de vouloir fonder l’histoire d’une notion en démarquant pas à pas les vicissitudes d’un terme » (ibidem, p. 98).

4 Pour une approche comparatiste, voir Joost Mertens, « The mere handicrafts : Ure’s Dictionary (1839-1853) compared with the Dictionnaire technologique (1822-1835) », dans Irina Gouzévitch et Liliane Pérez (dir.), Les Échanges techniques entre la France et l’Angleterre (XVIe-XIXe siècles). Réseaux, comparaisons, représentations, à paraître.

5 Voir Hélène Vérin et Pascal Dubourg Glatigny (dir.), Réduire en art. La technologie de la Renaissance aux Lumières, Maison des Sciences de l’homme, 2008.

6 Voir Hélène Vérin et Jean-Jacques Brioist, « Pour une histoire de la méthode de Renau d’Élissagaray », Documents pour l’histoire des techniques, n°16, CNAM, 2008 ; Hélène Vérin, La Gloire des ingénieurs. L’intelligence technique du XVIe au XVIIIe siècle, Albin Michel, 1993.

7 Voir Bertrand Gille, Les Ingénieurs de la Renaissance, Hermann, 1964 et Hélène Vérin, « De l’engignour à l’ingénieur », dans La Gloire des ingénieurs, ouvrage cité.

8 Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, Description des arts et métiers, faites ou approuvées par MM. de l’Académie royale des sciences (1761-1789), Encyclopédie méthodique de Charles-Joseph Panckoucke (1782-1832), Almanach sous verre pour l’année…, etc.

9 Voir R. O’Reilly et Joseph-Nicolas Barbier-Vémars, Annales des Arts et manufactures, Blaise jeune, 1800-1818 ; Louis-Sébastien Lenormand et Jean-Gabriel-Victor de Moléon, Annales de l’industrie nationale et étrangère, ou Mercure technologique, Bachelier, 1820-1826 ; Gérard-Joseph Christian, Vues sur le système général des opérations industrielles, ou Plan de technonomie, Huzard & Courcier, 1819 ; Louis-Sébastien Lenormand et Louis-Benjamin Francœur, Dictionnaire technologique ou nouveau dictionnaire universel des arts et métiers et de l’économie industrielle et commerciale, Thomine, 1822-1835 ; les « Manuels Roret » publiés par Nicolas Roret-Edme à partir de 1822.

10 Son représentant le plus célèbre est Johann Beckmann (Anleitung zur Technologie, oder zur Kentniß der Handwerke, Fabriken und Manufacturen, vornehmlich derer, welche mit der Landwirthschaft, Polizey und Cameralwissenschaft in nächster Verbindung stehn, Göttingen, Wittwe Vandenhoeck, 1777). Voir aussi Sigismund F. Hermbstädt, Allgemeine Grundsätze der Bleichkunst… nach den neusten Erfahrungen der Physik, Chemie und… Technologie, Berlin, Realschulbuchhandlung, 1804 et Johann H.M. Poppe, Technologisches Lexicon… in alphabetis-cher Ordnung, Stuttgart, Cotta, 1816-1820.

11 Voir Hélène Vérin, « La Technologie : science autonome ou science intermédiaire ? », Documents pour l’histoire des techniques n? 14, 2007.

12 Voir Joost Mertens, « Technology as a science of the industrial arts : Louis-Sébastien Lenormand (1757-1837) and the popularization of technology », History and technology, vol. 18, n? 3, 2002.

13 Liliane Pérez (« La rationalité technologique, entre économie industrielle et économie du produit », dans Invention, culture technique et entreprise en France et en Angleterre au XVIIIe siècle, CNAM, 2008, p. 34-35) insiste sur la spécificité de ce moment historique au regard des pratiques artisanales passées et de la technologie à venir. Sur l’articulation de cette « proto-technologie » à la technologie comme « science humaine », voir François Sigaut, La Technologie, science humaine. Recherches d’histoire et d’ethnologie des techniques, Fondation de la Maison des sciences de l’homme, 1987 ; Les Machines, objets de connaissance, Revue de synthèse, t. 130, n°1, 2009.

14 Cité par Jacques Guillerme et Jan Sebestik, art. cité, p. 66.

15 Voir S.P. Authenac, Essai sur l’idéologie, la technologie, la nosographie et la médicographie des fièvres gastriques simples (thèse, 1901) ; Édouard Moride et Adolphe Bobierre, Technologie des engrais de l’Ouest de la France (Langlois et Leclercq, 1848) ; Jean-Baptiste Plinguet, Manuel de l’ingénieur forestier ou technologie spéciale et sui generis expositive d’un corps de doctrines et d’un plan de régénération forestière tout à fait neuf (Le Mans, Monnoyer, 1831) : l’auteur défend (p. XVI) l’idée que la science forestière devrait devenir une science positive, preuve de sa situation actuelle (une science « non-positive ») et du statut de la « science ».

16 Voir Jean-Édouard Morère, « Les Vicissitudes du sens de “Technologie” au début du XIXe siècle », Thalès, t. 12, PUF, 1968.

17 Voir Louis-Benjamin Francœur, Pierre-Jean Robiquet, Anselme Payen et Théophile-Jules Pelouze, Abrégé du grand dictionnaire de technologie ou nouveau dictionnaire des arts et métiers, de l’économie industrielle et commerciale, Thomine, 1833 ; Louis-Benjamin Francœur, Éléments de technologie, Colas, 1833 ; Mémento de technologie (Anonyme), Mathias, 1849 ; Eugène Brouard, Le Livre des classes laborieuses, ou Manuel d’orthographe, de comptabilité, de correspondance et d’hygiène, avec un dictionnaire ou technologie pour quarante professions, Périsse frères, 1856.

18 François Sigaut, ouvrage cité., p. 24.

19 Adolphe de Chesnel, Dictionnaire de technologie, Petit-Montrouge, Abbé Migne, 1857- 1858, p. 9-10.

20 Le titre intégral révèle combien sont alors intriquées les deux connotations du terme « technologie » : Dictionnaire de technologie. Étymologie et définition des termes employés dans les arts et métiers ; Synonymie scientifique et vulgaire ; Origine des inventions et revue chronologique de leurs perfectionnements ; Description des outils, instruments et machines usités dans les diverses professions, et des matières qui concourent à la production industrielle ; Exposition des procédés les plus utiles ou les plus curieux mis en pratique pour subvenir soit aux besoins matériels de l’homme soit aux récréations de son intelligence ; Nomenclature complète et analyses de physique et de chimie, de l’application des sciences à l’industrie ; Terminologie commerciale et agricole ; Faits historiques ; etc., etc.

21 Respectivement publiés par Bourgogne & Martinet en 1840 et, à Bruxelles, par la Société typographique belge en 1846.

22 Joost Mertens, « Le Déclin de la technologie générale : Léon Lalanne et l’ascendance de la science des machines », Documents pour l’histoire des techniques, à paraître (2010).

23 Voir Harry W. Paul, From Knowledge to Power. The rise of the science empire in France, 1860-1939, Cambridge University Press, 1985.

24 Voir Dominique Pestre, Science, argent et politique. Un essai d’interprétation, INRA, 2003.

25 Voir Clifford Conner, A People’s History of Science. Miners, Midwives and « Low Mechanicks », Nation Books, 2005, notamment le chap. 7.

26 Voir François Jarrige, Au temps des « tueuses de bras ». Les bris de machines à l’aube de l’ère industrielle (1780-1860), Presses universitaires de Rennes, 2009 et Cédric Biagini et Guillaume Carnino, « On arrête parfois le progrès », dans Les Luddites en France. Résistances à l’industrialisation et à l’informatisation, L’échappée, à paraître.

27 Voir Maxine Berg et Pat Hudson, « Rehabilitating the industrial revolution », Economic history review, n? 45, 1992 ; Patrick Verley, L’échelle du monde. Essai sur l’industrialisation de l’Occident, Gallimard, 1997, chap. 3.

28 Inaugurant la Société zoologique d’acclimatation en 1854, son président Geoffroy Saint-Hilaire déclare qu’elle ne réunit pas seulement « quelques amis du bien public » mais aussi des « ressources scientifiques, pratiques, matérielles » (Bulletin de la Société zoologique d’acclimatation, t. I, Goin, 1854, p. XIV).

29 Voir Christine Blondel, « Electrical Instruments in 19th Century France, between makers and users », History and Technology, n? 13.

30 Voir Smith Crosbie et Norton Wise, Energy and Empire. A Biographical Study of Lord Kelvin, 1824-1907, Cambridge University Press, 1989.

31 Voir notamment Bruno Belhoste, « Jean-Baptiste Dumas et la promotion des sciences appliquées au XIXe siècle » et Patrice Bret, « La Société d’encouragement pour l’industrie nationale et l’Académie des sciences au XIXe siècle : le fonctionnement parallèle de deux institutions » dans Serge Benoît, Gérard Emptoz, Denis Woronoff (dir.), Encourager l’innovation en France et en Europe, CTHS, 2006.

32 Voir Guillaume Carnino, « L’académicien et le pêcheur. Entre science, État et industrie : l’invention de la pisciculture en France, 1840-1880 », à paraître aux éditions du CTHS.

33 Voir Denise Wrotnowska, Pasteur. Professeur et doyen de la faculté des sciences de Lille (1854-1857), Bibliothèque nationale, 1975.

34 Louis Pasteur, Études sur le vin, Marseille, Laffitte Reprints, 1866.

35 Louis Pasteur, Études sur la bière, Gauthier-Villars, 1876.

36 Recensée dans John Farley et Gerald Geison, « Science, Politics, and Spontaneous Generation in Nineteenth-Century France : The Pasteur – Pouchet Debate », Bulletin of the History of Medicine, t. 48, 1974.

37 Voir Janine Trotereau, Pasteur, Gallimard, 2008, pp. 180-198.

38 Voir Louis Pasteur, Œuvres, t. VI, Maladies virulentes, virus-vaccins et prophylaxie de la rage, Masson et Cie, 1933.

39 Voir Jean Théodoridès, Histoire de la rage, Masson, 1986.

40 Voir Andrew Cunningham et Perry Williams, « De-centring the “big picture” : The Origins of Modern Science and the modern origins of science », Journal for the History of Science, décembre 1993, Cambridge University Press, 1994.

41 Voir notamment Jean-Pierre Daviet, La Société industrielle en France. 1814-1914, Le Seuil, 1997.

42 Voir Terry Shinn, « Des Corps de l’État au secteur industriel : genèse de la profession d’ingénieur, 1750-1920 », Revue française de sociologie, vol. XIX, 1978.

43 Charles Laboulaye, Dictionnaire de Technologie ou Dictionnaire des arts et manufactures, introduction à la 3e édition, 1873.

44 Manuel aide-mémoire du constructeur de travaux publics et de machines comprenant le formulaire et les données de l’expérience de la construction, accompagné de recherches et d’entretiens sur les progrès constatés, ainsi que sur ceux à faire dans le domaine de la technologie, Dupont, 1858, p. 248.

45 Le Laboratoire de technologie et d’œnologie à l’École d’agriculture de Montpellier, Montpellier, Hamelin frères, 1886.

46 Citons arbitrairement ces seuls titres parus entre 1857 et 1890 : Leçons de céramique, ou technologie céramique, comprenant les notions de chimie, de technologie et de pyrotechnie, applicables à la synthèse, à l’analyse et à la décoration des poteries ; De la fabrication du papier au point de vue de la technologie chimique ; Nouveau manuel de technologie physique et chimique ; La Tonnellerie et la foudrerie. Fragments d’une leçon du cours de technologie ; Cours de technologie forestière ; Technologie générale. Grand dictionnaire à l’usage de tout le monde ; Technologie professionnelle des arts et métiers. Le fondeur en métaux.

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