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Posts Tagged ‘révolution industrielle’

Guillaume Carnino, Les transformations de la technologie, 2010

du discours sur les techniques à la “techno-science”

Résumé

Cet article retrace les évolutions du terme « technologie », dans le contexte français, au cours du XIXe siècle. Le passage, aux alentours de 1850, d’un « discours sur les techniques » à une « techno-science » y est mis en valeur selon deux aspects principaux : industrialisation des pratiques artisanales opératoires et déploiement de « la science » en tant que productrice de faits à partir de machines et procédures. Telles sont les deux recompositions politiques qui produisent matériellement et linguistiquement la technologie entendue au sens contemporain, comme lorsqu’on parle des « nouvelles technologies ». Lire la suite…

Retour sur la révolution industrielle

1 juillet 2016 Laisser un commentaire

Couverture N&Mc 12Le n°12 de Notes & Morceaux choisis, bulletin critique des sciences, des technologies et de la société industrielle (éd. La Lenteur, 144 p., 12 euros) vient de paraître! Ci-dessous une brève présentation de cet ouvrage:

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Présentation de l’éditeur:

Dans les années qui suivent la bataille de Waterloo et l’effondrement de l’empire napoléonien (1815), l’Angleterre accueille de nouveau des voyageurs, après une longue période d’isolement. Ils découvrent à cette occasion les bouleversement accomplis en un quart de siècle: la révolution industrielle.

Se forme alors une doctrine qui célèbre l’organisation sociale fondée sur les stupéfiantes avancées technologiques de cette époque: l’industrialisme. Cette doctrine ne se confond pas avec le libéralisme – les saint-simoniens, ancêtres directs d’un certain socialisme, sont de fervents industrialistes. Au contraire, Sismondi, bien que favorable au libre échange, est anti-industrialiste.

Ainsi, l’industrialisme possède deux faces, l’une libérale, l’autre “organisatrice” (ou socialiste). Une ambivalence que le vaste courant antilibéral de ce début de XXIe siècle évite soigneusement de mentionner. Lire la suite…

Jean-Baptiste Fressoz, Mundus œconomicus, 2015

Les historiens ont montré que la philosophie utilitariste et libérale du XVIIIe siècle visait à reprogrammer l’humain en sujet calculateur, en homo œconomicus, contre les morales traditionnelles du don, du sacrifice ou de l’honneur [Hirschman, 1980 ; Laval, 2007]. Ce chapitre propose un éclairage complémentaire : l’homo œconomicus exigeait en retour un monde taillé à sa mesure, repensé, recomposé et redéfini afin qu’il puisse maximiser librement son utilité. Je montrerai comment, au début du XIXe siècle, sciences, techniques et économie politique ajustèrent les ontologies afin d’instaurer un mundus œconomicus [Fressoz, 2012].

Dans le premier quart du XIXe siècle, deux projets visant à clore l’ère des révolutions et à résoudre la question sociale coexistent et interagissent. Le premier est économique et industrialiste. Saint-Simon (1760-1825) l’expose avec clarté. Dans ses Considérations sur les mesures à prendre pour terminer la révolution, il explique aux royalistes français qu’ils doivent s’allier aux industriels afin « d’organiser un régime économique libéral, ayant pour objet direct et unique de procurer la plus grande source de bien-être possible » [Saint-Simon, 1820, p. VI]. Le social ne pourra s’harmoniser que par l’abondance. Mais ce projet d’une société apaisée, laissant libre cours aux appétits de l’homo œconomicus, se heurtait aux limites étroites de l’économie organique du premier XIXe siècle. D’où le rôle fondamental de l’innovation technique. Le succès du pouvoir libéral dépendant de la prospérité matérielle, la technique devient une raison d’État. Lire la suite…

Le bicentenaire des Luddites

9 novembre 2011 Laisser un commentaire

En novembre 1811, débutait en Angleterre le mouvement insurrectionnel des Luddites.

ludd_leaderDe nombreux artisans indépendants du textile se sont soulevés en ce début de XIXe siècle contre l’industrialisation de leurs métiers. Celle-ci les contraignaient à abandonner leur mode de vie communautaire et fondé sur l’économie domestique pour travailler comme salariés en usine, sous la dépendance d’un patron et à la merci du marché du travail. Ils brisèrent les nouvelles machines à tisser, à filer et tondre le drap et incendièrent quelques usines jusqu’en 1812 et un peu au-delà.

Ils se réclamaient de Ned Ludd, le premier à avoir brisé une machine à coups de masse vers 1790, et firent du « Roi Ludd » ou du « général Ludd » leur chef imaginaire. Cette opposition à l’industrialisation se manifestera ensuite dans toute l’Europe, et reste aujourd’hui encore d’actualité dans de nombreux pays dit « émergents » où les populations s’opposent aux grands projets industriels qui les chassent de leurs terres et les privent des ressources naturelles.

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Voici donc une série d’articles sur ce thème:

  1. Lord Byron, Discours devant la chambre des Lords, 27 février 1812.
  2. Eric J. Hobsbawm, Les briseurs de machines, 1952.
  3. François Jarrige, L’invention de l’industrialisme, 2011.
  4. François Jarrige, Aux origines de l’Etat industrialiste, 2011.
  5. François Jarrige, Le passé d’une désillusion: les luddites et la critique de la machine, 2006.
  6. François Jarrige, Le travail discipliné, 2009.
  7. François Jarrige, Technocritiques, 2014.

Et une bibliographie:

  • Edward P. Thompson, La formation de la classe ouvrière anglaise, éd. Seuil, 1988.
  • François Jarrige & all.,  Les luddites. Bris de machine, économie politique et histoire, éd. Ere, 2006.
  • François Jarrige,  Face au monstre mécanique, une histoire des résistances à la technique, éd. IHMO, 2009.

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