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Eugène Zamiatine, Les contes de fées révolutionnaires de Wells, 1922

Les plus dentelées, les plus aériennes des cathédrales gothiques n’en sont pas moins bâties de pierre ; et les plus fabuleux, les plus absurdes contes de fées de n’importe quel pays n’en sont pas moins composés de la terre, des arbres et des animaux de ce pays. Dans les contes de fées de la forêt, il y a le lutin des bois, hirsute et rabougri comme un pin, dont le rire tire son origine de l’écho de la forêt ; dans les contes de la steppe, il y a le chameau blanc magique, qui vole comme du sable fouetté par le vent ; dans les contes des régions polaires, il y a le chaman-baleine et l’ours blanc au corps d’os de mammouth. Mais imaginez un pays dont le seul sol fertile est de l’asphalte ; et sur ce sol d’épaisses forêts – des cheminées d’usines – ; et des troupeaux de bêtes d’une seule espèce – des automobiles – ; et aucun parfum de printemps si ce n’est les vapeurs d’essence. Ce pays de pierre, d’asphalte, de fer, de pétrole, de mécanique s’appelle le Londres du XXe siècle, et naturellement il a dû produire ses propres lutins de fer motorisés, ses propres contes de fées mécaniques et chimiques. Il existe de tels contes de fées urbains : Herbert Wells nous les raconte. Ce sont ses romans fantastiques. Lire la suite…

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