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Posts Tagged ‘Yannick Ogor’

Yannick Ogor, Le Paysan impossible, 2017

30 novembre 2017 Laisser un commentaire

« J’ai choisi une vie d’éleveur de brebis et de maraîcher. Avant tout, je voulais fuir le néant du salariat. Devant l’horizon saturé de la société industrielle, j’aurais pu me satisfaire d’une discrète fréquentation du vivant : un petit jardin, une petite basse-cour, deux ou trois brebis, quelques fruitiers… […] Mais j’ai eu ce pressentiment tenace : qu’à ces petites fréquentations de la nature quelque chose manque, ou plutôt, que d’une fréquentation, on peut toujours s’absenter ; et que cela, confusément, je n’en voulais pas. Au contraire, je cherchais à être pris. »

Yannick Ogor, ancien animateur de la Confédération paysanne, éleveur et maraîcher en Bretagne, retrace la contestation agricole en France depuis soixante ans, ses tentatives et ses impasses. Mêlant récit autobiographique et histoire, il revient aux racines de la question agricole, éclaire les lieux de pouvoir et les faux-semblants qui structurent l’alimentation des masses. Pour qu’on puisse enfin se départir de l’immuable et mensongère figure du « paysan » qui ne sert qu’à justifier l’asservissement de l’agriculteur à la logique capitaliste et industrielle. Lire la suite…

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Yannick Ogor, Lettre ouverte à ceux qui ne sont responsables de rien…

29 novembre 2014 Laisser un commentaire

…mais qui ont pour mission de gérer l’approvisionnement alimentaire des masses

Au sujet de l’identification électronique des petits ruminants et plus généralement de la traçabilité des denrées alimentaire

 

Mesdames, Messieurs les administrateurs du bien public,

Je viens de subir, ce mercredi 11 juin 2014, un quatrième contrôle en cinq ans par les services délégués de l’Agence des Services et des Paiements (ASP) pour le compte de l’administration agricole française concernant la conduite de mes troupeaux de brebis et de vaches. Compte tenu de la fréquence habituelle des contrôles dans les fermes françaises, reconnue statistiquement comme se répétant en moyenne une fois tous les dix ans sur une même ferme, il serait sans doute de bon ton d’épingler le scandale d’un acharnement à mon égard ; où l’on voudrait discerner une volonté politique de me mettre au pas de manière discriminante. D’autant que les contrôles précédents avaient donné l’occasion à l’administration de mesurer à quel point j’étais réticent à me conformer aux exigences des « bonnes pratiques » en matière d’alimentation industrielle des masses de consommateurs.

Je m’empresse de lever immédiatement un éventuel malentendu et les quelques inquiétudes qui menaceraient de vous assaillir. Je ne voudrais pas laisser croire que l’administration française serait noyautée par quelques humains zélés qui feraient preuve d’un libre-arbitre propre à orienter leurs actes sur la base de critères autres que la froide application de règlement. Vous nous avez trop systématiquement seriné que vous étiez de simples exécutants et que vous n’étiez responsables de rien pour ne pas vous prendre au mot. Lire la suite…