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Posts Tagged ‘Xavier Noulhianne’

Xavier Noulhianne, Le Ménage des champs, 2016

2 décembre 2017 Laisser un commentaire

Après l’interview de Yannick Ogor qui présentait son ouvrage Le Paysan impossible, voici – dans la série Racine de Moins Un, émission de critique des sciences, des technologies et de la société industrielle – une interview en deux parties de Xavier Noulhianne qui présente son livre Le Ménage des champs. Tous deux publiés par les éditions du Bout de la Ville.

Ci-dessous la présentation de l’ouvrage par l’éditeur:

Il est devenu banal de voir des ouvrages fustigeant « les dérives du productivisme » pour vendre les bienfaits d’une agriculture fonctionnant selon les principes de la science écologique. Ces livres, tous écrits par des spécialistes aux mains blanches, partagent la même condescendance, quand ce n’est pas du mépris, pour les agriculteurs. Ces derniers y sont décrits comme de stupides producteurs incapables de saisir la réalité des nuisances dont ils seraient la cause ; seule une petite minorité d’entre eux agirait pour le futur, héros purs, hors du temps et hors du monde. Dans ce livre, Xavier Noulhianne change le regard que nous portons habituellement sur le monde agricole. Lire la suite…

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Xavier Noulhianne, Puçage électronique: retour sur une histoire commune de l’industrialisation et l’administration de l’élevage, 2011

29 juin 2012 Laisser un commentaire

Depuis le 1er juillet 2010, le puçage électronique des animaux est obligatoire pour toutes les nouvelles naissances en ovin et caprin. L’opposition à cette nouvelle phase de la politique de traçabilité et de poursuite de la politique d’industrialisation généralisée de l’agriculture, bien que démarrée dès 2006 pour certains, n’en est encore qu’à un stade embryonnaire. Cette nouvelle avancée dans la traçabilité a tout de suite été associés à une industrialisation de l’élevage. C’est l’occasion de revenir sur l’histoire contemporaine de l’élevage, sur les origines de cette politique d’industrialisation, dont le puçage n’est qu’un des moments, ainsi que sur les mécanismes qui la mettent, en mouvement. L’industrialisation, mouvement historique mondial, prend des formes et des parcours différents en fonction du domaine, du pays et de l’époque qui assiste à son éclosion. L’industrialisation de l’élevage en France a des particularités très… françaises. Son impulsion fut étatique, intervenant au milieu des années 60 et se matérialisant dans une loi appelée Loi sur l’élevage [1] promulguée sous De Gaulle par Edgar Faure. Cette phase de mise en place d’une production industrielle est, en effet, le résultat de la mise en place concomitante de méthodes scientifiques de production et d’une mécanique administrative apte à gérer cette expérimentation à l’échelle nationale. Pour bien comprendre la spécificité républicaine d’une intervention coopérative de la science et de l’administration accouchant de l’élevage “moderne”, au sens industriel, il est intéressant de remonter à la moitié du XVIIIe siècle au Royaume Uni, pour savoir ce à quoi cet élevage moderne voulait être une alternative ou, dit autrement, ce qu’elle s’est donnée comme objectif de faire disparaître. Lire la suite…

Xavier Noulhianne, Ab Absurdo ou AB : La certification d’un avenir industriel & durable de l’agriculture, 2011

29 juin 2012 Laisser un commentaire

Le raisonnement ab absurdo consiste à démontrer la vérité d’une conclusion par l’absurdité de son contraire. Ainsi, quand nous voulons démontrer que la conclusion la plus logique au bouleversement ininterrompu de leurs conditions d’existence dans lequel se sont, qu’ils le veuillent ou non, lancés les hommes, est l’accession à l’histoire consciente, en trouvons-nous la preuve dans l’absurdité de la société aujourd’hui existante ; laquelle se montre concrètement opposée à tout ce qu’il y avait pu y avoir de prometteur dans le processus historique dont elle constitue la conclusion provisoire.

Encyclopédie des Nuisances, Dictionnaire de la déraison dans les arts, les sciences les métiers – Fascicule n°3 – Mai 1985.

En abordant un sujet comme de celui de la Bio-industrie ou du Bio-business, donc de l’industrialisation de l’agriculture biologique, le premier réflexe serait de distinguer, assez légitimement, dans la situation actuelle d’un côté la bio-historique des petits producteurs et de l’autre la Bio-­industrie naissante, taillée pour la production de masse ; l’une parée de toutes les vertus, l’autre affublée de toutes les dérives et de tous les dévoiements.

Se contenter d’une telle vision dualiste reviendrait à rester aveugle sur au moins deux points. Tout d’abord que depuis 1991 ces deux tendances sont régies par la même réglementation CE n°2092/91 devenue RCE n°834/2007 & n°889/2008. Or cette réglementation, tout en prétendant avoir été faite par les petits producteurs, pour leur protection, a assisté en son sein, depuis sa création, à la naissance et aux développements d’une production bio qui n’a plus grand chose à envier à la production conventionnelle. Si bien que l’on ose se demander, après vingt ans, si elle n’aurait pas été faite à dessein. D’autre part, imaginer que le processus qui est en train d’aboutir à une industrialisation généralisée de toutes les productions, matérielles ou immatérielles, et qui s’entête à vouloir légitimer l’emploi du terme de société industrielle pour désigner ce monde-ci, puisse ne pas toucher, en quelque manière que ce soit, les petits producteurs de la bio-historique, parce que nous serions naturellement armés pour résister à cette industrialisation, reviendrait à se tromper sur la nature même de ce processus et à ne pas voir ce qu’il a déjà imprimé dans nos pratiques quotidiennes. Lire la suite…