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Posts Tagged ‘technique’

Carolyn Merchant, Exploiter le ventre de la terre, 1980

27 juin 2018 Laisser un commentaire

La domination de la terre par la technologie et l’avènement corrélatif de l’image du monde comme Machina ex Deo furent les grandes caractéristiques de la révolution scientifique des XVIe et XVIIe siècles. Au cours de cette période, ces deux concepts de mécanisme et de domination de la nature sont devenus les concepts clés et les représentations prédominantes de notre monde moderne. La conception organique qui a prévalu depuis les temps anciens jusqu’à la Renaissance, dans laquelle le principe féminin jouait un rôle positif significatif, fut graduellement sapée et remplacée par un état d’esprit technologique qui se servait des différents principes féminins en les exploitant 1. Parallèlement à la mécanisation croissante de la culture occidentale au XVIIe siècle, la terre nourricière et cosmique a été remplacée par la machine. Lire la suite…

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Lewis Mumford, Art et technique, 1951

27 novembre 2014 Laisser un commentaire
coédition Éditions La Lenteur / La Roue, 2015.

Coédition La Lenteur / La Roue, 2015.

Au printemps 1951, Lewis Mumford donna six conférences [1] à l’Université de Columbia. Elles s’insèrent dans une période difficile tant sur le plan de sa vie que sur celui de son œuvre. Le dernier ouvrage de la série du « Renouveau de la vie » qu’il venait de publier [2], ainsi que Green Memories (publié en 1947 et consacré à son fils Geddes mort au combat en 1944) avaient été assez mal reçus et s’étaient mal vendus. En même temps, Mumford réunissait tous les éléments qui allaient lui permettre d’écrire Les Transformations de l’Homme (1956), La Cité à travers l’histoire (1961). On retrouve donc dans Art et Technique nombre d’idées et de thèmes qu’il développera par la suite.

On peut résumer le message de ces conférences par une citation tirée d’une lettre de Lewis Mumford à William Gropper [3], publiée dans le New Yorker en février 1936 :

« Les gens ne peuvent pas reconstruire un monde pourri à moins d’en posséder en leur for intérieur un autre plus sain et plus riche. »

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Eugène Dupréel, La valeur du Progrès, 1928

29 juillet 2011 Laisser un commentaire

Nous reproduisons ci-dessous la conclusion de la première partie, intitulée La valeur du progrès, du livre d’Eugène Dupréel (1879-1967, sociologue et moraliste belge), Deux essais sur le Progrès, 1928. Son analyse et ses conclusions, presque un siècle après, sont en effet toujours d’actualité…

Voici terminée notre « enquête sociologique » ; nous pouvons nous appuyer sur ce qu’elle nous paraît avoir établi pour formuler quelques considérations philosophiques et morales sur ce qui peut mourir et ce qui doit vivre de la théorie classique du progrès. Lire la suite…