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Posts Tagged ‘Stephen Jay Gould’

Stephen Jay Gould, Haldane et la guerre chimique, 2002

9 juillet 2018 Laisser un commentaire

Les guerres longues, coûteuses et qui s’embourbent, débutent souvent dans la ferveur patriotique, mais tendent à se terminer dans la souffrance et la désillusion. Notre propre guerre de Sécession s’est soldée par un nombre de morts terriblement élevé et a cruellement remué la conscience collective de notre pays, dont la douleur n’a fait que s’accroître avec le temps. En 1862, les recrues de l’armée fédérale nordiste reprenaient à l’envi la chanson la plus célèbre de l’année :

« Oui, nous allons nous regrouper autour de notre drapeau, les gars, nous allons nous regrouper une fois de plus
Lançant bien haut le cri de bataille de la Liberté,
Nous allons descendre de nos collines, nous allons venir de nos plaines,
Lançant bien haut le cri de bataille de la Liberté…
C’est ainsi que nous accourons de l’Est et de l’Ouest
Et que nous allons expulser cette bande de rebelles du pays que nous aimons le plus. »

Mais deux ans plus tard, la chanson de Walter Kittredge, « Camper sur l’ancien terrain, » était devenue la rengaine favorite des deux armées. Le refrain, avec sa mélodie obsédante (même naïve), résumait bien l’état d’esprit que partageaient désormais les deux parties :

« Nombreux sont les cœurs las, ce soir,
Espérant la fin de la guerre ;
Nombreux sont les cœurs espérant le droit
De voir l’aube de la paix. »

Mais rien n’a égalé les horreurs de la Première Guerre mondiale, ce conflit que les Français appellent toujours la Grande Guerre, et que nous, Américains, avions qualifié de « guerre pour mettre fin à toutes les guerres. » Lire la suite…

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Stephen Jay Gould, Kropotkine n’était pas cinoque!, 1997

7 février 2016 Laisser un commentaire

Stephen Jay Gould (1941-2002) est un distrayant personnage. Lorsqu’il se risque à évoquer des thèses qui entrent en contradiction avec les idées de Darwin, c’est avec le « deux poids, deux mesures » qui caractérisent l’idéologue dans son numéro de mauvaise foi. Dans le texte qui suit, on en trouvera plusieurs exemples.

Y a t’il lutte ou coopération dans la nature ? Gould précise entre parenthèses : « en réalité, [la nature] n’est ni l’une ni l’autre, car les concepts humains sont vraiment inappropriés ». Mais dans la suite, il soutiendra toujours que c’est la « lutte » qui prédomine. Autrement dit, pour rendre compte des rapports entre les êtres vivants, ce concept est inapproprié, mais Darwin a raison de l’utiliser…

En conclusion, Gould déclare : « si on nous présente la nature précisément sous le jour qui nous conforte dans nos préjugés, il faut être doublement méfiant ». Méfiance qui ne s’applique bien évidement pas à la nature que nous présente Darwin, qui précisément nous conforte dans les préjugés de la société capitaliste et industrielle… Lire la suite…

Stephen Jay Gould, l’évolution sans histoire, 2015

5 décembre 2015 Laisser un commentaire

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« Quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage. »
Proverbe

Comment faire pour discréditer une idée ? Il suffit de la caricaturer, d’en donner une image grossière et inconsistante, de l’entourer de la plus extrême confusion, pour ensuite la démolir à l’aide de toutes sortes d’arguments qui en montrent le caractère simpliste, incohérent et ridicule.

On lit parfois et l’on entend dire souvent que Stephen Jay Gould (1941-2002), avec son ouvrage L’éventail du vivant, le mythe du progrès (1996), aurait « démontré » que l’évolution n’est pas dirigée par une tendance vers le « progrès » ou qu’il aurait « prouvé » qu’il n’existe pas de tendance à la complexification des êtres vivants au cours de l’évolution.

Petit détail qu’oublient au passage ceux qui soutiennent ces affirmations : il est logiquement impossible de prouver qu’un phénomène ou qu’une chose n’existe pas… En logique, en mathématiques et en science, il est uniquement possible de prouver que des objets existent, que les phénomènes suivent telle ou telle loi. Tout au plus, à partir de la connaissance de ce qui est possible, peut-on estimer qu’un phénomène où une chose ont une existence plus ou moins probable.

Quoiqu’il en soit de ce point d’épistémologie élémentaire, la lecture de ses livres et articles 1 fait comprendre que rien n’est plus faux : Gould n’a rien « démontré » ni « prouvé » en la matière ; comme à son habitude, il n’a fait que marteler (drill en anglais), en les enrobant dans beaucoup de verbiage sans rapport avec le problème, les quelques idées qui lui tiennent lieu de pensée sur le sujet.

Cela, nous allons véritablement le démontrer et positivement le prouver. Lire la suite…

Bertrand Louart, Aux origines idéologiques du darwinisme, 2010

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Il y a 200 ans, Lamarck fondait la biologie en tant que science autonome ; il y a 150 ans, Darwin publiait L’Origine des espèces. L’histoire de la biologie abonde plus que toute autre en mythes et légendes. Son objet – la vie sur Terre – n’a toujours pas reçu de définition scientifique précise. Nous proposons de survoler cette étrange histoire où science et idéologie sont étroitement mêlées.

L’année 2009 a été l’occasion de plusieurs commémorations importantes pour les « sciences de la vie ». D’abord le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin (12 février 1809-1882), et les 150 ans de la publication de son célèbre ouvrage L’Origine des espèces (24 novembre 1859). Mais aussi – on a tendance à l’oublier – le bicentenaire de la publication de la Philosophie zoologique (14 août 1809) de Jean-Baptiste Lamarck (1744-1829), ouvrage où il fonde la biologie en tant que science à part entière en exposant pour la première fois une théorie de l’évolution des êtres vivants, elle-même fondée sur une théorie expliquant leur nature singulière et leur dynamique interne.

Néanmoins, les magazines et les revues à destination du grand public et aussi les publications scientifiques font de Darwin le « fondateur de la biologie moderne ». Ce titre n’est certes pas usurpé, car c’est bien le darwinisme qui a contribué à structurer l’ensemble de la biologie depuis 150 ans, non sans quelques difficultés. Mais ses thuriféraires ne devraient pas y voir un motif de s’en vanter ni d’en être fiers : on peut dire sans trop exagérer qu’en effet depuis Darwin, la biologie s’est enfoncée dans la confusion des idées et la pauvreté de la réflexion. Etrange “biologie” que celle qui ne sait toujours pas ce qu’est un être vivant et qui n’a pas de définition de la vie. A tel point que certains biologistes en viennent à déclarer, sans rire, que « la vie n’existe pas ! » (cf. Henri Atlan, Question de vie, entre le savoir et l’opinion, éd. Seuil, 1994 ou Albert Jacquard, Petite philosophie à l’usage des non-philosophes, éd. Le livre de poche, 1997)

Dans cette brochure, nous voulons faire pièce à un certain nombre de légendes qui émaillent l’histoire de la biologie – notamment autour de Darwin et Lamarck – et par là montrer que celle-ci s’est fourvoyée dans une impasse autant que suggérer une voie nouvelle pour en sortir. Lire la suite…