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Patrick Petitjean, La critique des sciences en France, 1998

17 décembre 2016 Laisser un commentaire

Au début était une mystification d’Alan Sokal, visant un courant intellectuel qualifié de « postmoderne ». Il s’agit cependant d’un combat politique et c’est sur ce terrain que le débat doit aussi être mené. Rappelons d’abord quelques éléments – notamment historiques – du débat sur la science dans le contexte français.

Dans le contexte américain, la mystification d’Alan Sokal pouvait avoir un sens politique. Dans l’immense domaine des « études culturelles », il y a à boire et à manger, il y a de multiples idéologies implicites, et donc matière à débat politique sur les implications de telles ou telles analyses – encore que le « pour ou contre les études culturelles » ne définit pas un camp politique de gauche et un de droite. Comme en témoigne le contenu de la revue Social Text, on ne peut réduire les « études culturelles » aux vocables « postmodernistes et relativistes ».

Par ailleurs, il existe un véritable adversaire politique : la droite religieuse américaine. Le créationnisme, notamment, n’est pas seulement une idéologie, c’est une véritable force politique qui rejette la science ; la combattre ne peut qu’être sympathique, même si cette droite américaine s’oppose, tout autant que Sokal, aux « études culturelles ». Il y a matière à débats, il y a un adversaire ; mais il ne suffit pas que Sokal mette en avant sa participation à la lutte des sandinistes au Nicaragua pour faire de son combat un combat de gauche, et pour transformer ses adversaires en des stipendiés de la droite. Lire la suite…

Guillaume Carnino, La victoire par la science, 2013

1 décembre 2016 Laisser un commentaire

Jusqu’à récemment (et parfois encore), l’histoire de l’humanité était présentée comme une succession linéaire de progrès indiscutables et cumulatifs courant des premiers hominidés aux sociétés industrielles avancées (si l’on excepte la parenthèse médiévale invariablement noircie à dessein). La montée en puissance des préoccupations écologiques a participé à la dissolution progressive de ce discours béatement progressiste, et plusieurs travaux ont ainsi fait exploser la linéarité fantasmée du développement technique humain. Pour le dire autrement, la vision d’une modernité enchanteresse, reléguant la maladie, la mort et l’injustice dans les tréfonds des âges sombres a fait long feu, et aujourd’hui, en parallèle d’un discours critique de la mondialisation économique et politique, le postulat d’une technologisation linéaire et inéluctable des sociétés humaines a été invalidé : avant d’être massivement imposées aux populations, l’industrialisation, la mécanisation et la bureaucratisation furent confrontées à d’importantes difficultés.

Aujourd’hui, l’histoire de la modernité a donc été en partie inversée : plutôt qu’une progression harmonieuse et linéaire d’un âge sombre vers un avenir radieux, la constitution des sociétés industrielles avancées apparaît bien davantage comme la production d’un ordre hiérarchique inédit. Dès lors, s’interroge-t-on, comment un tel consensus, quasi universel, a-t-il pu être construit, alors même que de nombreuses et parfois tenaces résistances ont émaillé l’ensemble du processus d’industrialisation ? Lire la suite…

Suzanne Bray, Chesterton contre l’eugénisme, 2009

19 novembre 2016 Laisser un commentaire

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Une victoire inconnue

Dans sa préface à une édition d’Eugenics and Other Evils : An Argument Against the Scientifically Organized State (1922) de Gilbert Keith Chesterton (1874-1936), Michael W. Perry écrit :

« Aujourd’hui l’eugénisme a peu d’amis déclarés, […] mais à l’époque de Chesterton ses adeptes se trouvaient parmi les gens les plus puissants et les plus respectés du pays. Chesterton à part, presque personne parmi l’élite ne s’y opposait publiquement. »

G. K. Chesterton, Eugenics and Other Evils, Inkling Books, 2000, p. 5.

Plusieurs commentateurs disent la même chose. Pour Russell Sparkes : « la bataille contre l’eugénisme est la grande victoire inconnue de Chesterton » 1. Il prétend également que Chesterton était le seul personnage bien connu à lutter contre le Mental Deficiency Bill en 1912. De même, Lord Alton perçoit Chesterton comme « le prophète de la vie du XXe siècle et l’opposant le plus efficace de l’eugénisme naissant » 2 et l’admire surtout pour « sa capacité d’utiliser les méthodes de communication de masse afin d’attirer l’attention du public vers des questions primordiales » 3.

Dans cette étude, après un survol du mouvement eugéniste en Grande-Bretagne jusqu’en 1914, nous examinerons l’opposition à l’eugénisme en général et, en particulier, l’opposition au Mental Deficiency Bill de 1912. Nous analyserons les arguments présentés afin de contrer les prétentions eugénistes et nous tenterons de situer l’importance de l’apport de Chesterton dans une lutte qui réussit à épargner au Royaume-Uni une législation ouvertement inspirée des principes eugénistes en dépit du lobbying d’éminentes personnalités. Lire la suite…

Guillaume Carnino, L’invention de la science, 2015

Dans la série Racine de moins un, nous vous proposons d’écouter une interview de Guillaume Carnino (Professeur d’histoire des sciences et techniques à l’université de Compiègne) où il présente son ouvrage : L’invention de la science. La nouvelle religion de l’âge industriel (éd. Seuil, 2015). Le livre propose une enquête historique et généalogique permettant de comprendre pourquoi et comment, en France, à l’heure de la IIIe République, l’idée selon laquelle la science serait garante du vrai, en est venue à être unanimement partagée. Il raconte aussi comment à cette époque, la science et la technique, sont devenus le meilleur soutient du culte d’État, laïque et obligatoire, de la religion du progrès et de la croissance.

Ci-dessous un extrait de cette émission :

L’invention de la science

Je voudrais revenir à la question de la définition de “la science” (au singulier). Parce que je ne voudrais pas que mon propos soit entendu de façon totalement relativiste, sur le mode « on peu croire au créationnisme, c’est pas plus vrai ou plus faux que l’évolutionnisme » par exemple – même si l’évolutionnisme dans sa forme actuelle semble aussi à critiquer, parce qu’il y a des passerelles avec certaines formes de croyance industrialistes, etc.

Je ne prétends pas, dans mon livre, que toutes les connaissances se valent. Se réapproprier la science, cela veut dire aussi se réapproprier des moyens de produire des connaissances qui nous semblent vraies. Cela ne veut pas dire vraies de toute éternité, en étant sûr que jusqu’à la fin des temps tout le monde pensera la même chose. Mais en tout cas que l’on pense que c’est suffisamment vrai pour pouvoir le défendre. Lire la suite…

Erwin Chargaff, Amphisbène, 1963

3 décembre 2015 Laisser un commentaire

Erwin Chargaff est un biochimiste, né en Autriche le 11 août 1905, décédé le 20 juin 2002. En 1938, fuyant le nazisme, il émigra de Vienne à New York. À l’aide de méthodes expérimentales, Chargaff a découvert les deux règles qui portent son nom et qui ont joué un rôle essentiel dans la découverte de la structure en double hélice de la molécule d’ADN : le rapport entre les paires de bases A-T et C-G constituant l’ADN est égal à 1.

Les textes qui suivent sont des extraits tirés de son ouvrage de biochimie Essays on Nucleic Acids [Essais sur les acides nucléiques, ouvrage non traduit en français], 1963. Ce livre s’ouvre sur cette dédicace :

« À la mémoire de mon professeur, Karl Kraus. »

Le chapitre 11 est un pot pourri d’une multitude de conversations auxquelles j’ai pris part au cours de ces dernières années ; il s’agit, bien entendu, d’un assemblage de plusieurs de ces conversations, une sorte de collage : personne ne pourrait être individuellement aussi obtus.

Je ne doute pas qu’il y aura des gens pour penser qu’il est par trop déplacé et frivole de faire usage, à propos de problèmes scientifiques, de l’humour, de la satire et même des jeux de mots, ces hoquets métaphysiques du langage. Mais la critique devrait s’exercer à plusieurs niveaux ; et la critique de certains concepts de la science moderne, et en particulier de ses aberrations, a pratiquement disparu à une époque où elle est plus nécessaire que jamais ; où la polarisation de la science est si avancée que l’on « fait » désormais « campagne » pour des récompenses scientifiques comme pour des élections politiques ; où les conférences scientifiques commencent à ressembler aux discours à thème des congrès politiques ; où le reportage scientifique a remplacé les potins intimes d’Hollywood ; où la force de conviction des applaudissements s’est substituée à celle de la vérité ; à une époque où les cliques s’appuient sur la claque. L’émergence d’un Establishment scientifique, d’une élite de pouvoir, a donné naissance à un phénomène remarquable : l’apparition de ce que l’on peut appeler des dogmes 1 dans la pensée biologique. La raison et le jugement tendent à capituler face à un dogme ; mais c’est une erreur. Tout comme dans la vie politique, une attitude flegmatique cache souvent un point faible. Il est impératif de critiquer, de la manière la plus rigoureuse, les spéculations scientifiques qui se font passer pour des dogmes. Cette critique doit venir de l’intérieur ; mais elle ne peut être que celle d’un dissident.

Si le titre de ce dernier chapitre exige une explication, je peux citer le Nouveau Dictionnaire Universitaire Webster : « Amphisbène : légendaire serpent possédant une tête à chacune de ses extrémités et capable de se déplacer dans deux directions. » Si l’on a observé la séparation des brins d’ADN au Moyen-Âge, cela n’apparaît dans aucun témoignage. Lire la suite…

Erwin Chargaff, Amphisbaena, 1963

3 décembre 2015 Laisser un commentaire

To the memory of my teacher, Karl Kraus.

Chapter 11 [of Essays on Nucleic Acids, 1963] is a specimen of many conversations that I have participated in over the last few years; it is, of course, a composite of many such talks, a collage, as it were: no single person could be so dim.

There will be some, I am certain, that will find the application to scientific problems of the means of humor, of satire, and even of puns, these metaphysical hiccups of language, most unbecoming and frivolous. But there are many levels at which criticism ought to be exercised; and the critique of some of the concepts of modern science, and especially of its aberrations, has virtually disappeared at a time when it is more necessary than ever; at a time when the polarization of science has gone so far that one now “runs” for scientific awards as for a political office; that scientific lectures begin to sound like keynote speeches at political conventions; that scientific reporting has replaced the intimate gossip from Hollywood; that the persuasiveness of truth has been replaced by the strength of the acclamation; in other words, that cliques are surrounded by claques. The emergence of a Scientific Establishment, of a power elite, has given rise to a remarkable phenomenon: the appearance of what is called dogmas in biological thinking. Reason and judgment are inclined to abdicate when faced with a dogma; but they should not. Just as in political life, a stiff upper lip often conceals a soft underbelly. It is imperative that the most stringent criticism be applied to tentative scientific hypotheses that disguise themselves as dogmas. This criticism must come from within; but it can only come from an outsider at the inside.

If the title of the last chapter requires an explanation, I may quote Webster’s New Collegiate Dictionary: “amphisbaena – a fabled serpent with a head at each end, moving either way”. Whether strand separation was observed in the Middle Ages, is not recorded. Lire la suite…

Jean-Marc Lévy-Leblond, En méconnaissance de cause, 1992

28 novembre 2015 Laisser un commentaire

De la science, nous attendions ses explications et espérions ses applications. Aujourd’hui, nous devons assumer ses implications et affronter ses complications. Car il n’est guère de problèmes parmi les plus graves de ceux que l’humanité doit régler où la science ne soit mêlée – qu’on lui demande de les résoudre, qu’on la consulte pour les éclairer ou qu’on l’accuse de les avoir créés, et souvent le tout ensemble : surpopulation, pollutions diverses, prolifération nucléaire, etc. la liste est aussi longue que banale. Aussi doit-on se demander si les formes démocratiques de l’organisation sociale, en lesquelles nous voulons toujours croire, sont bien à même de répondre à ces défis.

Il y a peu, la question semblait sans objet, une réponse affirmative découlant, « par hypothèse » comme disent les géomètres, de l’idée que nous avions de la science. Le grand projet des Lumières, ce beau rêve dont nous commençons à peine à nous éveiller, nous laissait croire à une alliance naturelle et constitutive entre science et démocratie. Sur les façades de nos monuments, derrière les trois mots de notre généreuse devise, « Liberté – Egalité – Fraternité », nous en lisions un autre en filigrane : « Vérité », qui, d’emblée, garantissait les fondements de ces valeurs, et, bientôt, un autre encore, « Efficacité », qui nous assurait de les pouvoir réaliser.

Contre les superstitions et les illusions qui bridaient le progrès humain, allait se dresser l’objectivité de la connaissance scientifique, dissipant sans retour, partout où atteignait sa lumière, l’ignorance asservissante. Non contente de nous éclairer sur le monde naturel, la science allait aussi nous dire le vrai sur l’homme et sur la société, fondant en droit et assurant en fait la possibilité de transformer et l’un et l’autre, de façon doublement juste, aux sens désormais confondus de la justesse et de la justice. Lire la suite…

Lettre ouverte à Emmanuelle Charpentier

15 octobre 2015 Laisser un commentaire

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Il y a trois ans, les scientifiques Emmanuelle Charpentier (France) et Jennifer Doudna (USA) ont découvert une molécule capable de remplacer facilement des séquences d’ADN, y compris sur les cellules reproductrices. Avec l’enzyme CRISPR-Cas9, modifier l’ADN de n’importe quel être vivant devient presque aussi simple qu’un copier-coller.

En avril 2015, un groupe de chercheurs chinois annonce avoir réalisé des essais sur des embryons humains, dans le but de réparer le gène responsable d’une maladie sanguine héréditaire. Cependant, les résultats se sont avérés peu concluants. Sur 86 embryons, l’enzyme CRISPR-Cas9 n’aurait permis de remplacer le gène défaillant que dans quelques cas, et des mutations inattendues se sont produites. C’est pour cela que cette expérience a été arrêtée. Lire la suite…

David Le Breton, De l’intégrisme génétique, 2005

I. La fin d’une certaine idée de l’homme

Une certaine vision de la génétique à connotation inconsciemment religieuse, c’est-à-dire investie comme fin en soi et explication ultime de la condition humaine, fonctionnant également comme une croyance passionnée à un salut prochain de l’humanité est aujourd’hui présente aux États-Unis, et parfois aussi ailleurs. Identification radicale du Mal en termes biologiques et volonté acharnée de l’éliminer, non par des démarches sociales ou politiques mais par la mise en œuvre de tests génétiques et une ingénierie adaptée. Cette vision sans appel de la génétique s’inscrit dans une ligne imaginaire puissante de nos sociétés contemporaines, faisant du corps un lieu d’imperfection, d’inachèvement, une part maudite de la condition humaine, un brouillon, au mieux à rectifier, au pire à éliminer. Vision dualiste qui dissocie non plus l’esprit ou l’âme du corps mais plus subtilement l’individu lui-même de son propre corps devenant alors un autre, éventuellement malencontreux, avec lequel il faut cohabiter pour le meilleur ou pour le pire. La génétique est devenue aujourd’hui, au plan imaginaire pour une large part, mais aussi au plan de pratiques sociales en œuvre telles que les examens in vitro par exemple, la forme moderne et laïcisée du destin, une explication totalisante des malheurs du monde, sans appel, inéluctable, qui exige la seule solution d’un recours à la génétique pour construire la voie du salut. Les « mauvais » gènes sont aujourd’hui non seulement perçus comme « causes » de maintes maladies, mais on les soupçonne aussi de conditionner les comportements humains. Du moins une certaine génétique se complait-elle à en entretenir la rumeur pour proposer également des solutions radicales. Lire la suite…

James R. Moore, Le profil de la carrière de Darwin: son aspect ecclésiastique, 1982

26 mars 2015 Laisser un commentaire

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« Autant par ceux qu’elle diffame,
une époque se juge par ceux qu’elle honore,
et par la manière dont elle les honore. »

Georges Orwell devant ses calomniateurs, éd. Ivréa/EdN, 1997.

 Rarement la vie d’un « grand homme de science » aura été décortiquée avec autant de minutie que celle de Charles Darwin. Les publications, notamment dans le monde anglo-saxon – n’y voyez surtout aucun chauvinisme ! – sur sa vie, sa carrière, ses travaux, ses motivations, ses croyances, etc. sont innombrables.

Pourtant, il est à croire que toute cette production, sinon agiographique, du moins toujours fort respectueuse du « grand homme », loin d’éclaircir les ressorts à l’origine de ses idées, a pour fonction d’entretenir les mythes et légendes qui l’entourent et de dissimuler sous le fatras de l’analyse minutieuse du moindre détail biographique la profonde médiocrité de ce personnage, la très victorienne pauvreté et le très bourgeois conformisme de ses idées.

On a pu lire récemment, dans le dernier ouvrage de vulgarisation sur l’évolution du classificateur au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, Guillaume Lecointre – qui réussit l’exploit de ne pas mentionner le nom de Lamarck (n’y voyez surtout aucun anti-chauvinisme !) – l’affirmation suivante dans une section finement intitulée “Darwin n’a-t-il pas mené au nazisme ?” :

« Dans ses livres scientifiques, Charles Darwin élabore un travail théorique dans le champ des sciences naturelles. En cela, il fait preuve à son époque d’une grande indépendance scientifique vis-à-vis du devoir dire social et religieux. »

Guillaume Lecointre, L’évolution, question d’actualité ?, éd. Quae, 2014, p. 103.

Cela est évidement totalement faux. La démarche intellectuelle de Darwin n’est en rien “scientifique”, elle est tout entière imprégnée de la Théologie naturelle de William Paley, qu’il tente de réfuter en puisant des éléments idéologiques dans le contexte politique, économique et social de son temps et en les projetant sur le monde vivant. D’ailleurs, ans son Autobiographie, il ne parle de ses travaux scientifiques que dans cette perspective.

Nombre d’auteurs anglo-saxons le reconnaissent ouvertement et l’article qui suit est une analyse très documentée qui restitue dans le contexte intellectuel et social propre à Darwin un certain nombre d’éléments qui sont à l’origine des mythes et légendes qui l’entourent. Ce faisant, on verra que non seulement « Darwin soutenait l’ordre naturel, existant, de la société », mais surtout contribua à le naturaliser…

Andréas Sniadecki, mars 2015.

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Quel genre de vie Darwin a-t-il mené ? Celle d’un dilettante rural, d’un voyageur au long cours, d’un scientifique professionnel ou d’un intellectuel de paroisse ? Vie de petite noblesse campagnarde ou de bourgeoisie urbaine ? Il est certain que la carrière de Darwin a offert un échantillon de tous ces modes d’existence. Elle n’est pas facilement classable, car dans l’Angleterre victorienne, beaucoup de « niches » sociales s’ouvraient à un homme bien né, pourvu d’une fortune familiale.

Selon les époques et les lieux, Darwin se montra dilettante, voyageur, professionnel et savant isolé. A chaque étape, sa vie a manifesté une combinaison de qualités bourgeoises et aristocratiques, provenant d’Edimbourg, de Cambridge et de son milieu culturel d’origine de l’ouest des Midlands. A aucun moment, il ne paraîtrait juste de généraliser touchant sa carrière, en prétendant : « Voici le genre de vie que Darwin a mené ». Lire la suite…