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Posts Tagged ‘Richard Lewontin’

Richard C. Lewontin, Les causes et leurs effets, 1991

17 février 2016 Laisser un commentaire

« Il faudra que certains aient le courage d’intervenir sur la lignée germinale [humaine] sans être sûrs du résultat. De plus, et personne n’ose le dire, si nous pouvions créer des êtres humains meilleurs grâce à l’addition de gènes (provenant de plantes ou d’animaux), pourquoi s’en priver ? Où est le problème ? »

Déclaration de James Watson,
– codécouvreur de la structure en double hélice de l’ADN en 1953 –
lors d’une conférence à l’université de Californie en 1998.

Ce qui suit est un ensemble d’extraits adaptés et commentés du chapitre III (Causes and their effects) du livre de Richard C. Lewontin, Biology as Ideology, the doctrine of DNA (1991). Les passages que nous avons réécrits, parce que Lewontin considère que son lecteur possède déjà des connaissances en biologie, sont entre points (•…•) et les commentaires que nous avons ajoutés, parce qu’il ne va pas toujours au bout de ses raisonnements, sont entre crochets et en italiques ([…]) ; toutes les notes de bas de page ont été ajoutées par nous. Lewontin, en tant que scientifique, emploie le “nous” pour parler des travaux et des activités des chercheurs. Dans nos commentaires et nos corrections, notre point de vue étant différent, nous avons employé d’autres tournures. Lire la suite…

Berlan et Lewontin, Racket sur le vivant, 1998

16 novembre 2012 Laisser un commentaire

La menace du complexe génético-industriel

L’ensemble des organismes génétiquement modifiés (OGM) se trouve sur la sellette. S’abritant derrière les avis de comités d’« experts » en tout genre, qu’elles ont très largement infiltrés, les firmes transnationales, qui forment un véritable complexe génético-industriel – comme on a pu parler d’un complexe militaro-industriel –, entendent à tout prix éviter que soient posées les questions qui préoccupent les citoyens : peut-on jouer avec le vivant, voire le stériliser, pour dégager toujours plus de profits ? Les directions des organismes publics de recherche et leurs ministères de tutelle peuvent-ils, par inculture, par inconscience ou par intérêt, continuer à servir de caution à ce complexe dont le bien commun est le cadet des soucis ? C’est en décembre que le Conseil d’Etat doit statuer sur le fond au sujet de l’autorisation accordée, en février 1998, par le ministère français de l’agriculture à la commercialisation et à la culture de trois variétés de maïs transgénique de la société Novartis. Au nom du principe de précaution, la haute juridiction administrative avait en effet décidé, le 25 septembre 1998, de surseoir à l’exécution de l’arrêté ministériel. Lire la suite…

Berlan et Lewontin, OGM ou CCB?, 2004

16 novembre 2012 Laisser un commentaire

Les mots contribuent à définir la réalité. Lorsque des intérêts considérables sont en jeu, ils sont rarement neutres et objectifs. Ils créent plutôt la confusion, égarent la réflexion, empêchent de penser la réalité. Les utiliser sans les passer au feu de la critique, c’est faire preuve du même discernement que les lévriers lancés à la poursuite d’un leurre en peau de lapin.

Les organismes génétiquement modifiés ou OGM illustrent cette corruption du langage : ce sont, en réalité, des clones chimériques brevetés (CCB). Un clone – à distinguer d’un individu ou d’une plante clonés – est une population d’organismes génétiquement identiques. Les « variétés » modernes de blé, d’orge, de colza, de maïs, de tomates, etc., sont constituées de plantes (ou de génotypes) identiques ou presque. Ce sont des clones. Lire la suite…