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Posts Tagged ‘pollution’

Richard Horton, Le COVID-19 n’est pas une pandémie, 2020

9 février 2021 Laisser un commentaire

Alors que le monde approche le million de décès dus au COVID-19, nous devons nous rendre compte que nous avons adopté une approche beaucoup trop étroite pour gérer cette épidémie due a un nouveau coronavirus. Nous avons considéré que la cause de cette crise était une maladie infectieuse. Toutes nos interventions se sont focalisées sur la réduction des lignes de transmission virale, en vue de contrôler la propagation de l’agent pathogène. La « science » qui a guidé les gouvernements a été principalement conduite par des modélisateurs en épidémiologie et des spécialistes de maladies infectieuses qui, de manière tout à fait compréhensible, ont envisagé l’urgence sanitaire actuelle dans les termes séculaires de la peste. Mais ce que nous avons appris jusqu’à présent nous indique que l’histoire de COVID-19 n’est pas si simple. Lire la suite…

Richard Horton, COVID-19 is not a pandemic, 2020

9 février 2021 Laisser un commentaire

As the world approaches 1 million deaths from COVID-19, we must confront the fact that we are taking a far too narrow approach to managing this outbreak of a new coronavirus. We have viewed the cause of this crisis as an infectious disease. All of our interventions have focused on cutting lines of viral transmission, thereby controlling the spread of the pathogen. The “science” that has guided governments has been driven mostly by epidemic modellers and infectious disease specialists, who understandably frame the present health emergency in centuries-old terms of plague. But what we have learned so far tells us that the story of COVID-19 is not so simple. Lire la suite…

David Watson, Nous vivons tous à Bhopal, 1984

4 février 2021 Laisser un commentaire

Le texte suivant a initialement été publié, en anglais, dans la revue d’écologie radicale états-unienne Fifth Estate, peu de temps après l’explosion chimique dévastatrice de Bhopal, en décembre 1984, qui continue encore à tuer aujourd’hui. Des enfants naissent déformés ou morts, la terre est contaminée. Ceux qui ont survécu au massacre – les familles de réfugiés de l’industrie ayant fui le nuage chimique – se voient mourir lentement de cancer et d’autres maladies liées à la pollution ou au stress.

Nous en publions une traduction, à la suite de la catastrophe industrielle de Lubrizol à Rouen (France) puis du port de Beyrouth (Liban), parce que ce texte est, manifestement, toujours d’actualité.

 

Les cendres des bûchers funéraires de Bhopal étaient encore chaudes et les fosses communes encore fraîches lorsque les laquais médiatiques du monde de l’Entreprise entonnèrent leurs homélies en défense de l’industrialisme et de ses innombrables horreurs. Quelque 3 000 personnes avaient été massacrées par le nuage de gaz mortel et 20 000 resteraient handicapées à vie. Le gaz toxique avait infecté une bande de 40 km2 où humains et autres animaux mouraient tandis qu’il s’éloignait de l’usine d’Union Carbide vers le sud-est. « Nous pensions que c’était la peste », déclara une victime. Il s’agissait, en effet, d’une peste chimique, d’un fléau industriel. Lire la suite…

David Watson, We All Live in Bhopal, 1984

4 février 2021 Laisser un commentaire

This essay was first published in the American radical ecological journal Fifth Estate, shortly after the Bhopal chemical explosion, a day of death that is still killing to this day. Children are born deformed or dead, land destroyed. Those who survived the initial massacre — industrial refugee families who fled the chemical cloud are watching each other slowly die of cancer and other pollution/stress related ‘diseases’.

 

The cinders of the funeral pyres at Bhopal are still warm and the mass graves still fresh, but the media prostitutes of the corporations have already begun their homilies in defense of industrialism and its uncounted horrors. Some 3,000 people were slaughtered in the wake of the deadly gas cloud, and 20,000 will remain permanently disabled. The poison gas left a 25 square mile swathe of dead and dying people and animals as it drifted southeast away from the Union Carbide factory .“We thought it was the plague,” said one victim. Indeed it was: a chemical plague, an industrial plague. Ashes, ashes, all fall down! Lire la suite…

Antoine Costa, Gilets jaunes & Or noir, 2019

19 septembre 2020 Laisser un commentaire

« Du groupe le plus défavorisé, on ne peut malheureusement pas toujours attendre une participation sereine à une démocratie parlementaire. Non pas qu’il se désintéresse de l’histoire, mais ses irruptions s’y manifestent parfois dans la violence. »

Dominique Strauss-Kahn, La Flamme et la Cendre, 2002.

 

LE SOIR DU 5 MAI 2017, à deux heures du début de la période de réserve de l’élection présidentielle qui interdit aux médias et aux partis politiques de s’exprimer (Macron sera élu deux jours plus tard) le site de Wikileaks publie ce qui s’appellera par la suite « les Macronleaks », 15 gigaoctets d’e-mails échangées entre 2009 et 2017 par l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron. Deux ans après, l’enquête ne donne rien, personne ne sait véritablement qui est l’origine du piratage, même si Le Monde affirme que « toutes les pistes mènent vers l’Est », un euphémisme pour désigner la Russie.

Il aura fallu du temps pour décortiquer les informations. Le 25 décembre 2018, un peu plus d’un mois après le démarrage du mouvement des Gilets jaunes, Wikileaks annonce via son compte twitter que « dès le début, la taxe carbone a été conçue pour compenser l’allègement des cotisations patronales ». Juan Branco, l’auteur du best-seller Crépuscule reprend l’information en la qualifiant d’ « exclusive ». En vérité cette information n’est pas un scoop et elle n’était pas secrète, mais le mouvement des Gilets jaunes va mettre en lumière l’insolence de cette politique : la fiscalité verte pèse lourdement sur les plus pauvres et elle ne sert que partiellement à financer la transition écologique, la majeure partie étant destiner à compenser des exonérations faites aux plus riches. Lire la suite…

Radio: Jean-Baptiste Fressoz, Une histoire politique du CO2, 2015

24 février 2020 Laisser un commentaire

Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences, des techniques et de l’environnement, nous brosse à grands traits une histoire politique du CO2 aux XIXe et XXe siècles. Car aussi fameuse que soit la courbe des émission de CO2 établie par le GIEC, il est en fait assez difficile d’en faire une histoire suffisamment précise pour permettre par exemple de retracer la part de différents choix technologiques dans les émissions de gaz a effet de serre. Il est impossible de savoir, dans cette courbe, ce qui relève de l’automobile, de l’agriculture industrielle ou de la guerre. Il s’agit donc d’essayer de politiser le constat du changement climatique.

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Racine de moins un
Une émission
de critique des sciences, des technologies
et de la société industrielle.
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Émission Racine de Moins Un n°59,
diffusée sur Radio Zinzine en février 2020.

. Lire la suite…

Radio: Émilie Hache, Reclaim écoféminisme ! 2016

C’est l’angle mort de l’écologie à la française : l’écoféminisme. À la fois mouvement militant dans les États-Unis des années 1980 et courant intellectuel, littéraire, politique, ce n’est pas une idéologie. Ce n’est pas une doctrine. Ce n’est pas non plus un projet politique unifié. Mais plutôt un mouvement de réappropriation de soi, de son corps et de son milieu de vie, comme l’explique la philosophe Émilie Hache dans la belle introduction de Reclaim, première anthologie en français de textes écoféministes, publiée dans la collection « Sorcières » des éditions Cambourakis.

Pour les écoféministes, la domination des femmes et celle de la nature sont étroitement liées. Les textes montrent comment des femmes ordinaires se sont soulevées contre ce qui venait détruire leur environnement et leur avenir à travers les exemples du mouvement Chipko en Inde, du Women’s Pentagon Action aux États-Unis, des communautés lesbiennes séparatistes en Oregon ou encore du paganisme de Starhawk.

Le choix du titre n’est pas anodin, Reclaim, signifiant le fait de se réapproprier, illustre parfaitement l’âme du mouvement. Les écoféministes se réapproprient la nature, leur nature de femmes, parfois même l’image de la sorcière, afin de renverser le pouvoir. Lire la suite…

Jean-Baptiste Fressoz, La main invisible a-t-elle le pouce vert ?, 2016

10 juin 2018 Laisser un commentaire

Les faux-semblants de « l’écologie industrielle » au XIXe siècle

Le capitalisme entend dorénavant se nourrir de lui-même. Les élites économiques et politiques rêvent d’une « écologie industrielle », d’une « économie circulaire », d’un capitalisme coprophage se sustentant des résidus de sa seconde nature. Selon la Commission européenne :

« L’Europe n’a d’autre choix que d’opérer une transition vers une économie circulaire régénérative. » 1

Sous des appellations diverses (industrial ecology, industrial symbiosis, circular economy, cradle to cradle, etc.) différentes approches visent à optimiser la circulation de matière dans l’économie afin de minimiser intrants et déchets [pour une présentation d’ensemble, voir Ayres & Ayres 2002, Buclet 2011]. Un présupposé central de l’écologie industrielle, surtout dans sa version néolibérale, est que la perte de matière ou d’énergie dans l’environnement représente également une perte financière pour l’entrepreneur. Ce principe d’équivalence des pertes (matière = argent) présente l’intérêt de relier écologie et profit [Anderson & Donald 2001].

Cet article étudie l’émergence du recyclage industriel et sa fonction politique au début du XIXe siècle 2. Dès cette époque, en effet, le recyclage industriel a joué un rôle fondamental pour désamorcer les contestations environnementales nombreuses qui entouraient les premières usines chimiques. Les entrepreneurs et les économistes insistaient sur la congruence naturelle entre la réduction des pollutions et l’augmentation du profit. L’intérêt d’exhumer l’ancienneté de cette promesse, de souligner sa répétition à deux siècles et une crise environnementale globale d’écart est de questionner le rêve d’une main invisible gérant de manière optimale les flux de matières. Lire la suite…

Radio: Une histoire de la CFDT, 2017

26 janvier 2018 Laisser un commentaire

Une histoire du syndicat CFDT (Confédération française démocratique du travail) dans les années 1970.

Claude Carrey nous raconte l’histoire de la CFDT autogestionnaire. Puis Marie Ghis Malfilatre, nous raconte l’engagement de certains syndicalistes CFDT dans le mouvement de critique de l’industrie nucléaire et auprès du mouvement antinucléaire (voir: La Hague, grands soirs et petits matins). Le tout avant le « recentrage » opéré par Edmond Maire à la fin de cette décennie.

Conférences données lors de la Ve rencontre du groupe Écran Total de résistance à la gestion et l’informatisation de nos vies en automne 2017.

Claude Carrey, Une histoire de la CFDT autogestionnaire dans les années 1970.

Marie Ghis Malfilatre, La CFDT anti-nucléaire dans les années 1970.

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Dans la série Racine de Moins Un, émission de critique des sciences, des technologies et de la société industrielle, diffusée sur Radio Zinzine.

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Thomas Le Roux, Comment industrialiser la France ?, 2013

14 juillet 2017 Laisser un commentaire

Qu’elle ait été rapide ou progressive, la « révolution industrielle » ou l’industrialisation a été, en tout état de cause, un changement suffisamment important pour remettre en cause un certain nombre de caractéristiques des sociétés d’Europe occidentale de l’Ancien Régime, même dans sa première phase, entre 1750 et 1830. En quelques générations, le rapport de l’homme à l’environnement s’est transformé sous la poussée de l’accroissement de la production artisanale et industrielle. Les réticences de nombreux citadins et la vigilance exercée par les autorités locales à l’encontre de certaines activités de production réputées dangereuses ou insalubres ont du céder le pas, dans le champ de l’expertise, à une approche différente beaucoup plus conciliante avec le processus d’industrialisation. Quand les autorités locales se fondaient sur des pratiques et des savoirs « policiers » (selon le terme de l’époque, repris dans cet article) ancrés dans la jurisprudence et l’ordre judiciaire, la nouvelle expertise relevait davantage de la science au sein d’un ordre de plus en plus administratif.

C’est cette mutation que cet article entend exposer, en soulignant qu’elle n’a pas été forcément linéaire, et qu’elle s’est finalement réalisée au profit d’une expertise sur l’autre. Les rapports de force entre instances liées au pouvoir ont été déterminants pour construire les nouvelles légitimités et inscrire l’industrialisation à l’ordre du jour officiel, malgré des nuisances déjà reconnues par nombre de contemporains. Trois principales phases rythmèrent le processus, avec ses à-coups et accélérations déterminantes. A partir des années 1770, les reconfigurations s’ancrèrent sur l’industrie chimique naissante, notamment celle des acides. Puis, avec la Révolution française, les secteurs stratégiques pour l’État furent à leur tour touchés par la concurrence des expertises. Enfin, le régime napoléonien inscrivit dans le marbre les nouvelles régulations de l’industrie, qui discréditèrent les anciennes préventions contre les pollutions et participèrent à l’industrialisation. Lire la suite…