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Posts Tagged ‘Patrick Marcolini’

Radio: Martin Buber, Utopie et Socialisme, 1945

4 janvier 2017 Laisser un commentaire

En cette année d’érection pestidentielle, il est bon de ne pas se laisser confisquer les mots par les vendeurs de boniments et la faconde des endormeurs, aussi «socialistes» et «insoumis» qu’ils puissent mensongèrement se prétendre.

C’est pourquoi, dans la série Racine de Moins Un, je vous propose d’écouter Patrick Marcolini, qui dirige la collection Versus aux éditions L’Échappée où il publie des ouvrages de philosophie politique, et qui nous présente cette fois la nouvelle édition du livre Utopie et Socialisme (1945) d’une des grandes figures du judaïsme libertaire Martin Buber (1878-1965). Contre le socialisme scientifique de Marx et Engels et à l’opposé du socialisme d’État d’hier ou du socialisme prétendument «réaliste» d’aujourd’hui, Buber réhabilite un «socialisme utopique» qui n’a rien de chimérique:

«Ce n’est pas l’État, le marché ou la technologie qui font société, mais bien les relations communautaires de voisinage, de travail et d’entraide, ainsi que la capacité des personnes à s’associer librement. Or, une révolution est condamnée à l’échec si elle n’a pas posé au préalable les fondations du monde auquel elle aspire. C’est donc ici et maintenant qu’il faut reconstruire des structures de vie collective où chacun considère autrui comme son égal. Elles seront autant d’îlots de socialisme voués à s’agrandir et se fédérer, pour aboutir enfin à la communauté des communautés.» (extrait de la 4e de couv.) Lire la suite…

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Radio: Renaud Garcia, Le Désert de la critique, 2015

29 décembre 2016 Laisser un commentaire

Dans la série Racine de Moins Un, émission de critique des sciences, des technologies et de la société industrielle, je vous propose d’écouter Patrick Marcolini, qui dirige la collection Versus aux éditions L’Échappée où il publie des ouvrages de philosophie politique, et qui nous présente le livre de Renaud Garcia, Le Désert de la critique, déconstruction et politique (éd. L’Échappée, 2015).

Je vous avait déjà présenté cet ouvrage avec une recension en trois parties dans L’Ire des Chênaies, l’hebdomadaire de Radio Zinzine, en octobre-novembre 2015.

« La nature humaine ? Fiction dangereuse. La raison analytique ? Instrument d’uniformisation culturelle. La vérité ? Objet relatif masquant les dispositifs de pouvoir. Le langage ? Geôlier de la créativité. L’universalisme ? Alibi de l’Occident pour dominer le monde. Le corps ? Pâte à modeler au gré des innovations technologiques. Tels sont les lieux, devenus communs, de la pensée de la déconstruction. »

Présentation de l’émission par Radio Libertaire.

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Radio: Patrick Marcolini, L’assassinat des livres: les bibliothèques, 2015

L’émission est une interview avec Patrick Marcolini, bibliothécaire à Paris, qui a participé à l’ouvrage L’assassinat des livres par ceux qui œuvrent à la dématérialisation du monde paru aux éditions L’Echappée, 2015.

Quatrième de couverture du livre:

« Cerné de toutes parts, le livre est sommé de rentrer dans l’ordre numérique. Laboratoires du futur plus innovants que jamais, multinationales du Web, géants de l’électronique, pouvoirs publics et techno-enthousiastes œuvrent de concert pour faire disparaître ce petit « cube de papier » qui fait figure de fossile à l’heure où la culture numérique s’impose partout. Bien que sa liquidation ne se fasse pas aussi vite que prévu – le marché de l’e-book peinant à s’imposer en France –, les acteurs de la chaîne du livre sont de plus en plus fragilisés, même si certains croient pouvoir transférer leur métier dans un monde qui n’a pourtant pas besoin d’eux. »

Patrick raconte comment les bibliothèques ses sont transformées en médiathèques sous les effets de la rationalisation de leur gestion, de la numérisation des livres eux-mêmes et enfin de la promotion des nouvelles technologies par les pouvoirs publics. Lire la suite…

Patrick Marcolini, L’extrême droite est-elle technocritique?, 2014

16 décembre 2015 Laisser un commentaire

Il n’est pas rare pour des critiques de la technique de se faire accuser de fascisme, quand bien même les valeurs d’égalité et d’autonomie collective sous-tendraient leur analyse. Quel rapport l’extrême droite, au contraire, entretient-elle avec la modernité et la technologie ?

L’historien François Jarrige a récemment fait paraître une volumineuse histoire des « technocritiques », retraçant l’action de toutes celles et tous ceux qui, dans les deux derniers siècles, ont dénoncé le caractère néfaste des technologies de leur temps et tenté d’en enrayer les effets dévastateurs : briseurs de machines, utopistes sociaux, critiques philosophiques de la modernité, communautés alternatives, mouvements écologistes radicaux et autres groupes anti-industriels. Ce travail ne se borne pas à faire émerger des archives les figures de résistances au « progrès » technique beaucoup plus nombreuses et vigoureuses que l’historiographie classique ne le laissait croire. En exposant leurs raisons et en montrant leur clairvoyance face à des processus sociaux et environnementaux dont nous voyons aujourd’hui l’aboutissement désastreux, il réhabilite une critique de la société industrielle sur laquelle pesaient jusque-là de graves soupçons. En effet, pour reprendre les mots de François Jarrige :

« Dans le champ politique, la technocritique n’a bonne presse ni à gauche ni à droite. Pour la droite libérale, elle est le nouveau visage d’une obsession régulatrice tentant de brider la libre entreprise et le progrès. A gauche subsiste l’idée que “des pensées conservatrices, voire réactionnaires, alimentent aujourd’hui encore certaines actions technophobes”. »

François Jarrige, Technocritiques. Du refus des machines à la contestation des technosciences, éd. La Découverte, 2014, p. 335-336.

Effectivement, pour une partie de la gauche, y compris de la gauche anticapitaliste, dès qu’on critique la technoscience, l’idéologie du progrès ou la société industrielle, le spectre de l’extrême droite n’est pas loin… Mais ce rapprochement est-il fondé ? L’extrême droite a-t-elle véritablement procédé à une critique de la science et de la technique modernes ? Lire la suite…

Lettre d’un Français aux Roumains qu’on empêche de traire leurs vaches à la main, 2007

22 février 2013 Laisser un commentaire

Chers amis,

Il y a peu, j’ai appris par l’intermédiaire d’une amie roumaine qu’un débat faisait rage en ce moment chez vous, à propos d’une législation de l’Union européenne interdisant aux paysans roumains de traire leurs vaches à la main, et les contraignant à utiliser des trayeuses automatiques s’il veulent obtenir l’autorisation de vendre leur lait, ainsi que les différents produits qui en sont dérivés. Les partisans des trayeuses automatiques ont surtout pour souci, paraît-il, d’assurer une qualité parfaite à ce lait, c’est-à-dire d’en écarter les bactéries et les virus qui peuvent s’y mêler du fait de la traite manuelle, et de supprimer ainsi tout risque de maladie pour le consommateur. Ils prétendent aussi, me dit-on, que l’application de ce règlement européen représentera un pas de plus vers l’alignement de la Roumanie sur les normes de la modernité qui prévalent à l’Ouest : un paysan qui trait sa vache à la main, quel archaïsme ! Et dans l’imaginaire de ces progressistes, derrière le paysan roumain et sa pratique ordinaire se profile tout le scandale des siècles passés, avec leurs modes de vie rudimentaires, leur pauvreté révoltante, et l’obscurantisme de ceux qui s’attachent obstinément à leurs coutumes ancestrales. Lire la suite…

Scrisoare din partea unui francez către ţăranii români care vor fi împiedicaţi să-şi mulgă vacile manual, 2007

22 février 2013 Laisser un commentaire

Am aflat nu demult că se desfăşoară în acest moment la voi o dezbatere în ce priveşte aplicarea legislaţiei europene care va interzice ţăranilor români mulgerea manuală a vacilor şi îi va constrânge să folosească aparate automate dacă vor să obţină autorizaţia de a-şi vinde laptele şi derivatele lui. Partizanii aparatelor automate au mai ales interesul, ni se spune, de a asigura o calitate perfectă a laptelui, înlăturând bacteriile şi viruşii care ar putea să i se adauge prin mulgerea manuală şi de a suprima astfel orice risc de îmbolnăvire pentru consumator. Se pretinde astfel ca aplicarea reglementării europene va reprezenta un pas suplimentar în alinierea României la normele moderne care domnesc în Vest : un ţăran care mulge vaca cu mâna, ce arhaism ! E uşor de văzut că în imaginarul acestor progresişti se profilează tot scandalul secolelor trecute cu modurile lor rudimentare de viaţă, cu sărăcia lor revoltătoare şi cu obscurantismul celor ce se ataşează cu încăpăţânare la obiceiurile lor străvechi.  Lire la suite…

Patrick Marcolini, Et demain ? La question du pouvoir, 2011

Associations, revues, cercles de réflexion, collectifs éditoriaux, groupuscules politiques, communautés installées à la campagne: qu’ils revendiquent explicitement le terme d’anti-industriels ou qu’ils se reconnaissent plutôt dans les concepts d’après-développement, de décroissance ou d’écologie radicale, les mouvements de résistance à l’industrialisme qui se sont développés dans les deux dernières décennies paraissent dans l’ensemble avoir véritablement atteint un stade de maturité théorique. En puisant dans les travaux d’intellectuels francs-tireurs, en marge des schèmes idéologiques de leur temps (l’Ecole de Francfort, Mumford, Ellul, Castoriadis, Illich, Partant…), ils ont consacré de longues années à identifier les racines du mal: le despotisme de la technique moderne et de sa rationalité instrumentale s’étendant à toutes les sphères de l’existence; l’expansion des logiques de gestion, de calcul, de normalisation; l’idéologie du progrès, de la croissance et du développement, qu’ils soient techniques ou économiques; le réductionnisme d’une science moderne impérialiste, considérant la nature et le monde social comme un stock de matières et d’objets quantifiables, fondamentalement disponibles à l’action humaine, manipulables et transformables à volonté. Lire la suite…

Patrick Marcolini, La révolution sans le progrès, 2011

Du XVIe au XVIIIe siècle, lorsque les insurgés se représentaient la possibilité d’une révolution, ils ne se projetaient pas nécessairement dans l’avenir pour imaginer une autre forme de société. Leurs regards étaient souvent tournés vers un passé proche, dans lequel la liberté et l’égalité avaient meilleure part.

Telle qu’on la manie depuis le XIXe siècle, l’idée de révolution est synonyme d’une rupture avec les temps anciens. Dans son sens le plus restreint, on l’a longtemps comprise comme la rupture avec un ordre social basé sur les privilèges dus à la naissance, et sur l’omniprésence du religieux dans les affaires de la Cité. Dans son sens plus large de “révolution sociale” tel que proposé par Marx à partir de la seconde moitié du XXe siècle, elle continue de véhiculer l’idée d’une rupture avec le passé, dans la mesure où Marx en a fait le prolongement de la dynamique propre à l’économie capitaliste. Tout en préparant les bases matérielles du communisme (la grande industrie, la production de masse), cette économie est en effet censée éliminer toute survivance “réactionnaire” des sociétés agraires, notamment leur immobilisme supposé en termes de culture et de mœurs. Lire la suite…

Michel Le Gris, Travailler l’anachronisme, 2010

26 janvier 2012 Laisser un commentaire

Michel Le Gris, 58 ans, exerce depuis 1984 le métier de caviste à Strasbourg, à l’enseigne du Vinophile. Philosophe de formation, il a également publié un livre important sur le goût du vin et sa standardisation à l’heure de sa production industrielle : Dionysos crucifié, Essai sur le goût du vin à l’heure de sa production industrielle, aux éditions syllepse (1999). Nous avons voulu savoir comment il concevait son travail, en relation avec la critique sociale développée dans son livre.

Vous défendez une conception exigeante du métier de caviste. En quoi consiste-t-elle ?

Avant les années 1970, on parlait moins de « caviste » que de marchand de vin, une activité qui a aujourd’hui quasiment disparu. Le travail des derniers marchands de vin que j’ai pu connaître, à Paris dans les années 1960, ressemblait par quelques côtés à celui que faisaient les sommeliers dans la grande restauration, à savoir amener des vins au stade où ils ont développé toutes leurs qualités, un peu comme un vrai fromager n’est pas quelqu’un qui revend du fromage, mais quelqu’un qui affine du fromage jusqu’au moment où il estime qu’il est à point pour être proposé. Certains marchands de vin à Paris dans les années 1960 faisaient ce genre de choses. Cet aspect du travail, qui à mes yeux a une importance cruciale, a aujourd’hui à peu près disparu. D’après ce qu’on m’a dit, en France, nous ne sommes plus que quelques-uns, très rares, à agir de la sorte. Lire la suite…