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Posts Tagged ‘origine de la vie’

Georges Canguilhem, Article “Vie”, 1989

5 février 2018 Laisser un commentaire

« Qui sait si la première notion de biologie que l’homme a pu se former n’est point celle-ci : il est possible de donner la mort. »

Cette réflexion de Valéry dans son Discours aux chirurgiens (1938) va plus loin que sa destination première. Peut-être n’est-il pas possible, encore aujourd’hui, de dépasser cette première notion : est vivant, est objet de la connaissance biologique, tout donné de l’expérience dont on peut décrire une histoire comprise entre sa naissance et sa mort. Mais qu’est-ce précisément que la vie d’un vivant, au-delà de la collection d’attributs propres à résumer l’histoire de cet être né mortel ? S’il s’agit d’une cause, pourquoi sa causalité est-elle strictement limitée dans le temps ? S’il s’agit d’un effet, pourquoi est-il générateur, chez celui des vivants qui s’interroge sur sa nature, de la conscience illusoire d’une force ou d’un pouvoir ?

Dans La Logique du vivant (1972), François Jacob a écrit : « On n’interroge plus la vie aujourd’hui dans les laboratoires. » S’il est vrai que la vie n’est plus un objet d’interrogation, il est vrai aussi qu’elle ne l’a pas toujours été. Il y a une naissance – ou une apparition – du concept de vie au XIXe siècle, attestée par la multiplication d’articles dans les dictionnaires et les encyclopédies scientifiques et philosophiques. Un bref historique de l’apparition de ce concept n’est pas superflu. Lire la suite…

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Robert Shapiro, Les premiers pas de la vie, 2007

5 février 2015 Laisser un commentaire

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L’apparition soudaine d’une grande molécule telle que l’ADN ou l’ARN est improbable. En revanche, des petites molécules fonctionnant en réseau ont pu constituer l’ébauche de la vie sur Terre.

Les découvertes extraordinaires inspirent souvent de grandes déclarations. Ainsi, James Watson, immédiatement après avoir élucidé la structure de l’ADN avec Francis Crick, courut au Eagle, le pub local, et y annonça qu’ils avaient découvert le secret de la vie. Rien de moins ! La structure en question – la double hélice – méritait-elle un tel enthousiasme ? Presque, car elle stocke les informations nécessaires au fonctionnement cellulaire dans un langage constitué de quatre éléments chimiques, des nucléotides (A, T, C et G), qui jouent le même rôle que les 26 lettres de notre alphabet.

Ces informations sont stockées dans deux longs brins, chacun imposant la nature de son partenaire grâce à la complémentarité des bases (A et T, C et G). On en déduisit un mécanisme de réplication : les deux brins se séparent et de nouveaux nucléotides s’alignent le long de chacun des brins isolés conformément aux règles de complémentarité puis sont associés, de sorte qu’ils constituent deux nouveaux brins. On obtient deux doubles hélices identiques, un préalable à la division cellulaire. Lire la suite…

Robert Shapiro, A Simpler Origin for Life, 2007

5 février 2015 Laisser un commentaire

The sudden appearance of a large self-copying molecule such as RNA was exceedingly improbable. Energy-driven networks of small molecules afford better odds as the initiators of life.

Extraordinary discoveries inspire extraordinary claims. Thus James Watson reported that, immediately after they had uncovered the structure of DNA, Francis Crick “winged into the Eagle (pub) to tell everyone within hearing that we had discovered the secret of life”. Their structure – an elegant double helix – almost merited such enthusiasm. Its proportions permitted information storage in a language in which four chemicals, called bases, played the same role as twenty six letters do in the English language.

Further, the information was stored in two long chains, each of which specified the contents of its partner. This arrangement suggested a mechanism for reproduction, that was subsequently illustrated in many biochemistry texts, as well as on a tie that my wife bought for me at a crafts fair: The two strands of the DNA double helix parted company. As they did so, new DNA building blocks, called nucleotides, lined up along the separated strands and linked up. Two double helices now existed in place of one, each a replica of the original. Lire la suite…