Gerald Joyce, La définition de la vie par la NASA, 2013

La définition de la vie par la NASA et cette interview qui en retrace l’histoire sont symptomatiques de la confusion de la pensée qui se prétend scientifique sur les notions et concepts généraux qui devraient être au fondement de la réflexion sur ce que sont les êtres vivants en tant qu’objets physiques, c’est-à-dire les bases mêmes de la biologie. Nous en proposons une traduction inédite et une analyse critique.

 

Qu’est ce que la vie ?

C’est une question apparemment simple qui mène à des réponses complexes et à des discussions philosophiques et scientifiques passionnés. Certains se concentrent sur le métabolisme comme la clé de la vie, d’autres sur la génétique, et il a même été suggéré que nous avons besoin d’un tout nouveau domaine de la science afin d’arriver à une définition satisfaisante.

Si jamais nous espérons identifier la vie ailleurs dans l’univers, nous devons comprendre ce qui sépare les créatures vivantes de la matière non vivante. Une définition récemment utilisée par la NASA est :

« La vie est un système chimique auto-entretenu capable d’évolution darwinienne. »

“Life is a self-sustained chemical system capable of Darwinian evolution”.

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Gerald Joyce, Forming a Definition for Life, 2013

The definition of life by NASA and this interview that traces its history are symptomatic of the confusion of the thought that claims to be scientific on the general notions and concepts that should be at the basis of the reflection on what are living beings as physical objects, that is to say the very foundations of biology. We propose a critical analysis.

 

What is life?

It’s a seemingly simple question that leads to complex answers and heated philosophical and scientific arguments. Some focus on metabolism as the key to life, others on genetics, and there has even been a suggestion that we need a whole new field of science in order to come up with a satisfactory definition.

If we ever hope to identify life elsewhere in the universe, we need to understand what separates living creatures from non-living matter. A working definition lately used by NASA is that “life is a self-sustaining system capable of Darwinian evolution.”

[With such a definition, it is not certain that life on Earth really exists!]
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L’économie matérielle de la France (1830-2015)

L’histoire d’un parasite ?

 

Résumé

Cet article explore les dynamiques de long terme de l’usage de matière en France sur une période de 185 ans. Il se base sur des comptes de flux de matières qui sont parfaitement cohérents avec les standards de l’Analyse des Flux de Matières à l’échelle économique nationale. Ce travail – qui couvre l’extraction domestique, les importations et les exportations – est la première étude sur le temps long des flux de matières pour la France, avec des données annuelles et nationales pour la plus grande partie de la période. Notre base de données nous permet d’étudier l’évolution du métabolisme français au cours de l’industrialisation du pays, synonyme de dépendance croissante aux matières abiotiques. Nous mettons en évidence une trajectoire métabolique singulière : celle d’un État qui profite de système-monde successifs pour se développer économiquement via des importations massives de matières. Dans un premier temps, nous revenons sur les sources et la qualité des données récoltées. Nous présentons ensuite les grandes caractéristiques de long terme de l’économie matérielle française. Enfin, nous proposons une lecture socio-historique inspirée par la notion d’écologie-monde au sens de Moore (2015).

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Nelo Magalhães, Jean-Baptiste Fressoz, François Jarrige, Gaëtan Levillain, Margot Lyautey, Thomas Le Roux, Guillaume Noblet, Christophe Bonneuil,

Ecological economics, juillet 2018.

The physical economy of France (1830-2015)

The history of a parasite ?

Abstract

This article explores long-term trends and patterns of material use in France for a 185-year period. It is the first long-term study of material flows for France with national and yearly data for most of the period. Based on a material flow analysis (MFA) that is fully consistent with current standards of economy-wide MFAs and covers domestic extraction, imports, and exports of materials, we investigated the evolution of the French metabolism from industrialization to financialized capitalism. Over the whole period, there is a 9-fold increase in domestic material consumption, an expansion of material use per capita, and a spectacular addition of abiotic resources (fossil fuels and minerals) to biotic materials. Using a world-ecology framework, we exhibit a specific metabolic path: that of a state benefiting from successive world-systems for its economic development through massive material imports.

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Nelo Magalhães, Jean-Baptiste Fressoz, François Jarrige, Gaëtan Levillain, Margot Lyautey, Thomas Le Roux, Guillaume Noblet, Christophe Bonneuil.

Ecological economics, november 2018.