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Posts Tagged ‘Matthieu Amiech’

Matthieu Amiech, Les énergies renouvelables entretiennent le mythe de l’abondance énergétique, 2016

Le problème majeur qu’ont éludé tous les discours tenus dans le cadre de la COP21 – mais aussi de nombreux discours tenus autour d’elle –, c’est que la croissance permanente des quantités d’énergie nécessaires au fonctionnement ordinaire des sociétés industrialisées n’est ni possible ni souhaitable. Pour être précis : c’est cette croissance qui a amené aux divers dérèglements qui se manifestent depuis quelques décennies, et sa poursuite n’est possible qu’au prix de pollutions, de guerres et de contraintes politiques intolérables… bien que nous ayons pris l’habitude de les tolérer, notamment quand elles se produisent ailleurs. Lire la suite…

Matthieu Amiech, Face à l’islamisme, sortir d’une polarisation idéologique stérile, 2016

9 janvier 2017 Laisser un commentaire

Attentat après attentat, polémique après rixe, provocation islamiste après mesure politicienne jetant de l’huile sur le feu, la société française encaisse et digère tant bien que mal. La paix civile plie mais ne rompt pas, ou plutôt, elle est régulièrement rompue mais pas submergée de toutes parts. Difficile de savoir quels sentiments et quels partis pris dominent dans les populations, mais l’accablement et l’aveuglement y ont visiblement une part importante.

Un des aspects les plus frappants et problématiques de la situation est la polarisation idéologique qu’elle entraîne : il est, ou il semble, de plus en plus difficile de prendre acte que des forces organisées ont déclaré la guerre à la société française (et au-delà, européenne) tout en critiquant l’état d’urgence indéfiniment prorogé. Il est, ou il semble, de plus en plus rare de trouver des positions qui condamnent le colonialisme et ses prolongements contemporains dans le capitalisme prédateur, tout en rejetant la ré-islamisation récente des sociétés arabes et africaines comme une régression qui n’était nullement inscrite par avance dans leur destin politique et culturel. Il devient, ou il semble devenir, incompatible de se préoccuper de la situation des Maghrébins en France du fait des regards soupçonneux qui pèsent sur eux (et elles), et de s’inquiéter (pour les Maghrébins et pour tous les autres) de l’emprise croissante des normes religieuses sur certains milieux. Lire la suite…

Radio: Julien Mattern, Le travail mort-vivant, 2008

A l’heure de la réforme du code du travail, des manifestations contre la loi El Komri et autres occupations de places, l’émission Racine de moins un – toujours à la pointe de l’actualité – ressort de son chapeau un enregistrement de 2008 (il y a huit ans!), mais qui est toujours d’actualité, puisqu’il est question du travail, et surtout de ses transformations dans la société industrielle. Julien Mattern nous présente numéro 8 de la revue Notes & Morceaux choisis, bulletin de critique des sciences, des technologies et de la société industrielle, consacrée au travail mort-vivant (éd. La Lenteur). S’appuyant sur les analyses de Marx et de Hannah Arendt, l’article qu’il a cosigné avec Matthieu Amiech, Remarques laborieuses sur la société du travail mort-vivant montre en quoi, sous l’effet de la modernisation, l’ancienne division entre « travail vivant » (celui des êtres humains) et « travail mort » (celui des machines) n’est plus pertinente pour qualifier la plus grande partie du travail dans les pays dits développés.

Ci-dessous un extrait de cette émission :

Le travail mort-vivant

Je parlais de représentations obsolètes et décalées par rapport à la réalité, c’est aussi le cas lorsqu’on parle du travail comme étant ce par quoi l’homme se réalise ou doit se réaliser, et quand on se réfère à la morale du travail: le travail étant ce qui implique de l’effort, qui permet d’incarner sa personnalité dans des objets, d’obtenir une reconnaissance sociale, etc. Or ce travail-là n’existe plus ou a quasiment disparu, et pourtant on continue à parler du travail en ces termes. On essaie d’habiter un monde qui n’est plus le nôtre avec des valeurs qui sont humaines, mais qui ne sont plus adaptées, et par là on se masque la réalité. […] C’est ce travail de clarification que nous avons essayé de faire dans ce numéro. […] Lire la suite…

Recension: Santé au travail: On achève bien les prolos, 2015

19 novembre 2015 Laisser un commentaire

Annie Thébaud-Mony, sociologue de la santé, avait (un peu) fait parler d’elle au cœur de l’été 2012, en refusant avec fermeté la Légion d’honneur dont voulait la décorer la ministre Verte Cécile Duflot. Elle avait fait savoir que la seule récompense souhaitable pour ses travaux serait un changement complet d’orientation des politiques publiques, dans le sens de la prévention du cancer.

Bien sûr, la presse ne s’était pas appesantie sur ce geste rare. Le dernier livre de Thébaud-Mony, La Science asservie. Santé publique : les collusions mortifères entre industriels et chercheurs (éd. La Découverte, 2014), est, lui, carrément passé inaperçu, bien que son propos soit fracassant. C’est assez compréhensible d’un certain point de vue, car la lecture de ce livre est douloureuse, insupportable même parfois. Il porte sur le lien entre cancers, Big Business et Big Science. Pour être plus précis : sur la façon dont les grandes industries empoisonnent notre milieu et trouvent systématiquement des appuis dans la recherche scientifique pour les aider à masquer le fait qu’elles détruisent consciemment un grand nombre de vies – à commencer par celles de leurs ouvriers. Lire la suite…

Matthieu Amiech, Sauver la recherche, ou la subvertir?, 2014

5 juillet 2015 Laisser un commentaire

Il y a 50 ans paraissait aux États-Unis un des grands livres politiques du XXe siècle, One-Dimensional Man de Herbert Marcuse [1]. 116 ans après le Manifeste du Parti communiste, ce philosophe allemand s’essayait à une mise à jour du marxisme que lui inspirait la société américaine, la plus avancée des sociétés industrielles.

Marcuse constatait l’échec des deux grandes prophéties d’Engels et Marx : le capitalisme se montrait en fait capable de surmonter ses crises successives et les acteurs sociaux qui devaient en être les fossoyeurs, les ouvriers d’usine, se trouvaient de mieux en mieux intégrés au système–intégrés par l’abondance matérielle et la consommation, par un syndicalisme de compromis(sion) social(e), par l’État-providence keynésien. Lire la suite…

Qui veut la peau des ZAD ?, 2015

17 mars 2015 Laisser un commentaire

Était-ce de l’ironie ? Le 6 mars, jour même où la « Zone à Défendre » (ZAD) de la forêt de Sivens a été une nouvelle fois évacuée par la police, Manuel Valls s’est inquiété du « silence de la société et des intellectuels » devant la montée de l’extrême-droite (Le Monde du 7 mars 2015). Vue du Tarn, où les opposants à la construction du barrage de Sivens ont été pendant tout le mois de février confrontés à des pratiques d’inspiration fasciste, la déclaration du Premier ministre apparaît comme une insolente provocation. Car c’est bien sur une frange de l’extrême-droite que son gouvernement s’est appuyé pour affaiblir la lutte contre le projet de barrage et faciliter l’évacuation de la ZAD du Testet. Pour rendre intelligible cette affirmation, un bref retour sur des faits peu médiatisés est nécessaire. Lire la suite…

Historique non systématique du concept de traçabilité dans l’industrie

3 décembre 2012 Laisser un commentaire

Je vais distinguer deux sortes de traçabilités. Je vais d’abord parler de la traçabilité à l’intérieur de la grande entreprise moderne, celle des faits et gestes des salariés, des objets qui y circulent et s’y transforment, des informations qui y sont échangées : il sera là surtout question de bureaucratie et de taylorisme. Et dans un deuxième temps, je parlerai de la traçabilité dans le commerce (inter-entreprises ou entreprises- particuliers) : il sera alors question de marques et de labels, de code-barres et de puces RFID. Lire la suite…