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Posts Tagged ‘Le Postillon’

Le Postillon, Numérique: mais qu’est-ce qu’on attend?, 2018

A propos de l’incendie de
la Casemate à Grenoble

« S’opposer au numérique inclusif, c’est s’opposer à la liberté des esprits. » C’est un tweet de Mounir Mahjoubi, député En Marche et secrétaire d’État chargé du numérique. Il l’a écrit pour réagir à l’incendie de la Casemate, un centre de culture scientifique technique et industriel (CCSTI), qui a eu lieu fin novembre à Grenoble. C’était juste pendant le bouclage du dernier Postillon, alors on n’a presque rien écrit dessus. Pendant la distribution du journal, beaucoup de gens nous en ont parlé, interloqués, dubitatifs, voire en colère.

Moi, franchement, la liberté des esprits, je suis pour. Et c’est pour ça que je me pose plein de questions autour de l’invasion actuelle du « numérique inclusif » dans toutes les sphères de la vie, et du « grand remplacement » des humains par les robots. Des questions qui ne sont portées que par quelques esprits chagrins rompant l’enthousiasme général autour du tsunami numérique, et qui n’existent quasiment pas dans les centres de culture scientifique comme la Casemate, alors que cela devrait être leur raison d’être. Avec ces questions, je suis allé au festival Transfo, « le premier festival du numérique 100 % alpin », et à une rencontre avec la nouvelle directrice de la Casemate. Et j’en reviens avec la certitude que s’opposer au déferlement numérique est une nécessité impérieuse. Lire la suite…

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Le Postillon, Geneviève Fioraso™, l’élue augmentée, 2012

18 décembre 2013 Laisser un commentaire

fioraso_postillon_couv-b87e0Vous avez certainement déjà entendu parler de « l’homme augmenté ». Ce vieux rêve de la science fiction, des eugénistes et des transhumanistes – augmenter les performances humaines grâce aux progrès technologiques – devient réalité dans les laboratoires du monde entier. Le jour où l’on verra des cyborgs dans la rue se rapproche. En attendant, on peut observer un prototype grenoblois : l’élue augmentée, plus connue sous le nom de « Geneviève Fioraso™ ».

Actuellement au poste de députée, d’adjointe à la Ville de Grenoble (chargée de l’économie, l’emploi, l’université et la recherche), de première vice-présidente de la Métro (chargée du développement économique, universitaire, scientifique et de l’innovation), et de présidente de la SEM Minatec Entreprises, c’est une innovation développée par le Parti socialiste en partenariat avec le Commissariat à l’énergie atomique et les grandes entreprises de la région. La preuve de la réussite de ce produit ? Geneviève Fioraso™ a été chargée de l’« innovation » dans l’équipe de campagne du candidat à la présidence de la République François Hollande. Tous les jours, Geneviève Fioraso™ se dépense sans compter pour « monter des projets » et « faire aboutir des dossiers ». Inlassablement, l’élue augmentée se dévoue avec le même élan pour la cause de l’Innovation, repoussant toujours plus loin les capacités de l’élu du peuple. La perfection du système est telle que Geneviève Fioraso™ ne s’arrête jamais, pas même pour penser : aucune réflexion ne vient retarder sa quête du Bien, c’est-à-dire du Progrès Technologique. Alors que Geneviève Fioraso™ se démène actuellement sur plusieurs fronts – de la ville intelligente à la promotion de la biologie de synthèse, de l’industrie innovante à sa réélection au poste de députée de la première circonscription de l’Isère – partons à la découverte des fonctionnalités de cette post-élue. Lire la suite…

Le Postillon, Quand les poubelles puent le Kafka, 2012

14 décembre 2013 Laisser un commentaire

Homme dans une PoubelleSavez-vous que chez vous, prochainement, votre mode de gestion de la collecte et du traitement des déchets devrait changer et passer sous la coupe de la « redevance incitative » ? Moi, je ne le savais pas. Alors quand un ami m’a expliqué que ce système est déjà mis en place à quarante kilomètres de Grenoble, que là-bas des « brigades vertes » fouillent les poubelles pour trouver les noms des mauvais « écocitoyens », que des habitants reçoivent des lettres leur reprochant de ne pas jeter assez de poubelles (et que c’est donc louche), forcément ça a piqué ma curiosité. J’ai donc pris mon vélo pour partir à la rencontre des moloks, des bons et des mauvais « écocitoyens ».

Depuis le début de l’année 2012, un curieux sujet hante les conversations des habitants du Sud-Grésivaudan, cette région que l’on traverse pour aller de Grenoble à Valence. De Vinay à Saint-Marcellin, de Pont-en-Royans à Saint-Antoine-l’Abbaye, des champs de noyers aux sommets des falaises du Vercors, un thème lancinant revient en boucle et résonne comme un long râle. Ce dont on parle tant dans ce pays, c’est de poubelles. Ou plutôt de « collecte et de traitement d’ordures ménagères », selon les mots des communicants.

Car ici, les habitants ont l’honneur de disposer d’un nouveau « système de gestion des déchets ». Un système « innovant », bien loin de ces antiques et primaires poubelles vertes et grises comme on en voit encore dans les rues des grandes villes. Ce système, en plus d’être « innovant », est « écologique » voire « éco-citoyen », car il n’a officiellement qu’un seul but : « diminuer la production des Ordures Ménagères Résiduelles », comme l’énonce si bien la novlangue qui a également inventé une expression pour dénommer le concept global : « la redevance incitative ». Lire la suite…