Archive

Posts Tagged ‘Kropotkine’

Stephen Jay Gould, Kropotkine n’était pas cinoque!, 1997

7 février 2016 Laisser un commentaire

Stephen Jay Gould (1941-2002) est un distrayant personnage. Lorsqu’il se risque à évoquer des thèses qui entrent en contradiction avec les idées de Darwin, c’est avec le « deux poids, deux mesures » qui caractérisent l’idéologue dans son numéro de mauvaise foi. Dans le texte qui suit, on en trouvera plusieurs exemples.

Y a t’il lutte ou coopération dans la nature ? Gould précise entre parenthèses : « en réalité, [la nature] n’est ni l’une ni l’autre, car les concepts humains sont vraiment inappropriés ». Mais dans la suite, il soutiendra toujours que c’est la « lutte » qui prédomine. Autrement dit, pour rendre compte des rapports entre les êtres vivants, ce concept est inapproprié, mais Darwin a raison de l’utiliser…

En conclusion, Gould déclare : « si on nous présente la nature précisément sous le jour qui nous conforte dans nos préjugés, il faut être doublement méfiant ». Méfiance qui ne s’applique bien évidement pas à la nature que nous présente Darwin, qui précisément nous conforte dans les préjugés de la société capitaliste et industrielle… Lire la suite…

Publicités

Pierre Kropotkine, La stérilisation des inaptes, 1912

4 février 2016 Laisser un commentaire

Allocution de Pierre Kropotkine au premier Congrès international sur l’eugénisme, à Londres en août 1912.

A la fin du XIXe siècle, les États-Unis avaient déjà interdit le mariage pour les arriérés mentaux, les alcooliques et les personnes atteintes de maladies vénériennes. En 1907, l’Indiana est le premier État à adopter des lois sur la stérilisation des « inaptes » et des « indésirables ». Suivront en 1909, Washington, le Connecticut et la Californie, puis en 1911, le Nevada et l’Iowa.

Dans une lettre à Jean Grave où il commente cette rencontre, Kropotkine ajoute : « “Stérilisation” des “indésirables”, c’était le clou, et chez les Anglais, une haine sourde des pauvres. Si “vieillesse pouvait”, elle les aurait tous châtrés. » Lire la suite…

Peter Kropotkine, The Sterilization of the Unfit, 1912

4 février 2016 Laisser un commentaire

Lecture delivered by Peter Kropotkin before the Eugenics Congress held in London in August 1912.

Permit me to make a few remarks: one concerning the papers read by Professor Loria and Professor Kellogg, and another of a more general character concerning the purposes and the limitations of Eugenics.

First of all I must express my gratitude to Professor Loria and to Professor Kellogg for having widened the discussion about the great question which we all have at heart—the prevention of the deterioration and the improvement of the human race by maintaining in purity the common stock of inheritance of mankind.

Granting the possibility of artificial selection in the human race, Professor Loria asks: « Upon which criterion are we going to make the selection? » Here we touch upon the most substantial point of Eugenics and of this Congress. I came this morning with the intention of expressing my deep regret to see the narrow point of view from which Eugenics has been treated up till now, excluding from our discussions all this vast domain where Eugenics comes in contact with social hygiene. This exclusion has already produced an unfavorable impression upon a number of thinking men in this country, and I fear that this impression may be reflected upon science altogether. Happily enough the two papers I just mentioned came to widen the field of our discussions. Lire la suite…

Recension: R. Garcia, Le désert de la critique, 2015

20 novembre 2015 Laisser un commentaire

Avez-vous lu Michel Foucault ? Moi non plus. Mais vous avez certainement entendu qu’aujourd’hui on préfère « déconstruire » la pensée, les idées, la vision du monde d’un tel ou de tel autre, plutôt que d’en faire la critique ou la démystification.

C’est que ces deux dernières opérations supposent qu’il existerait encore quelque chose comme une vérité historique ou une réalité tangible à l’aune desquelles il serait possible de porter un jugement sur les pensées, les idées, etc. Or, tout le monde sait – ou devrait savoir – que rien de tout cela n’existe vraiment puisque ce ne sont que le produit de « constructions » sociales, politiques, économiques, etc. qui visent à asseoir la domination de groupes sur d’autres : il n’y a donc plus d’erreur à réfuter, mais bien seulement des idéologies à déconstruire. Même un Éric Zemmour, en parlant de son best-seller Le suicide français, a déclaré : « En écrivant ce livre, j’ai voulu déconstruire les déconstructeurs » !

Parmi les intellectuels et philosophes des années 1970 (Deleuze, Guattari, Derrida, etc.), c’est certainement Michel Foucault qui, en abordant de nombreux thèmes politiques inexplorés – le pouvoir disciplinaire, la fabrication de la délinquance, la normalisation psychiatrique et sexuelle, les résistances tactiques, etc. –, a le plus fait pour populariser ce terme et cette attitude, que ce soit dans les milieux intellectuels, universitaires ou médiatiques, mais aussi chez les militants de la gauche radicale comme au sommet de l’État. Ainsi, par exemple, pour les 30 ans de la mort du philosophe, 2014 fut célébrée comme « l’année Foucault » par les milieux intellectuels et médiatiques ; un portrait géant fut même déployé sur la façade de la mairie du 4e arr. de Paris par son maire, membre du Parti Socialiste… Lire la suite…