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Posts Tagged ‘Karel Čapek’

Karel Čapek, La mort d’Archimède, 1938

Ainsi donc l’histoire d’Archimède ne s’est pas passée tout à fait de la manière dont on nous la raconte. S’il est vrai qu’il a été tué pendant la conquête de Syracuse par les Romains, il n’est pas exact que ce fut un simple soldat romain qui pénétra dans sa demeure pour piller, ni qu’Archimède, plongé dans l’étude d’une construction géométrique, lui ait crié en colère : « Ne touche pas à mes cercles ! »

En premier lieu, Archimède n’était point du tout ce professeur distrait, vivant dans l’ignorance de ce qui se passait autour de lui ; c’était au contraire un vrai soldat, qui avait inventé et construit des machines de guerre pour la défense de Syracuse ; deuxièmement, le soldat romain n’était nullement un pillard ivre, mais l’érudit et ambitieux Lucius, capitaine de légion, sachant très bien à qui il avait l’honneur de parler, et qui n’était nullement venu pour piller. Lire la suite…

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Bertrand Louart, ITER ou la fabrique d’absolu, 2006

22 novembre 2011 1 commentaire

Article au format PDF (16 pages)

Le 28 juin 2005, les grandes puissances (Union Européenne, Etats-Unis, Japon, Corée du Sud, Fédération de Russie, Chine, Inde) décidaient officiellement l’implantation d’ITER à Cadarache. Le 26 janvier 2006, des opposants au nucléaire perturbaient la réunion d’ouverture de la procédure du débat public à Aix en Provence. En effet, ce « débat public » n’est qu’un simulacre puisque toutes les décisions ont déjà été prises.

Ces miracles utilitaires, œuvres de la science, sont antidémocratiques moins par le mauvais usage que l’on peut en faire ou même par leurs résultats pratiques que par leur forme et leurs fins premières. Ceux qui se révoltaient contre le système avaient raison ; non pas de se dire que les machines réduiraient le nombre des ouvriers ; mais de se dire que les machines réduiraient le nombre des patrons. Plus de rouages veut dire moins de leviers de commande, moins de leviers de commande veut dire moins d’hommes. La machinerie de la science doit être individualiste et solitaire. Le spécialiste apparaît et, d’un seul coup, c’en est presque fait de la démocratie.

G.-K. Chesterton, Le monde comme il ne va pas, 1924.

Pendant longtemps, des savants ont cherché à réaliser le mouvement perpétuel, c’est-à-dire une machine qui tournerait sans consommer d’énergie – certains imaginaient même qu’elle pourrait en produire à partir de rien. Au XIXe siècle, suite à l’invention de la machine à vapeur, Sadi Carnot établit les principes de la thermodynamique qui démontrent l’impossibilité physique de tout mouvement perpétuel.

Premier principe : dans n’importe quel système ou machine, l’énergie est conservée, sa quantité reste constante, c’est-à-dire qu’aucun dispositif ne peut produire plus d’énergie qu’il n’en consomme.

Second principe : dans n’importe quel système ou machine, l’énergie est transformée, une partie se dégrade nécessairement. Elle passe spontanément de formes concentrées, canalisées et dirigées à des formes plus diffuses, dispersées et désorganisées (frottements, fuites, dissipation et déperditions diverses de chaleur, etc.). Le rendement est le rapport entre l’énergie engagée dans une tâche et le travail effectivement réalisé. L’entropie mesure cette tendance spontanée et irréversible de l’énergie utile à se transformer en énergie perdue, en déchet ou en pollution.

Au XXe siècle, Albert Einstein démontre l’équivalence entre la matière et l’énergie (la fameuse formule E=mC2) et depuis les physiciens croient de nouveau pouvoir produire de l’énergie à partir de rien, ou presque rien, par la désintégration de la matière à l’aide de réaction nucléaires de fission ou de fusion.

Il semblerait donc que ces scientifiques n’aient toujours pas compris ce que signifie l’existence de l’entropie. Elle a pourtant de nombreuses conséquences, et pas seulement dans le domaine abstrait et conceptuel de la science physique. Lire la suite…

Bertrand Louart, ITER oder die Fabrik des Absoluten, 2006

22 novembre 2011 Laisser un commentaire

Am 28. Juni 2005 beschlossen die Großmächte (Europäische Union, USA, Japan, Südkorea, Russische Föderation, China und Indien), dass das Projekt ITER [1] in Cadarache in Südfrankreich angesiedelt würde.

Am 26. Januar 2006 störten Atomkraftgegner die erste einer Reihe von öffentlichen Debatten zu diesem Thema in Aix-en-Provence. Dem Sprecher der Vereinigung «Sortir du nucléaire» (in etwa: «Weg von der Atomkraft!») zufolge ist die öffentliche Debatte über ITER eine Farce, weil alle wichtigen Entscheidungen bereits getroffen sind. Wir beginnen in dieser Nummer eine Reihe von Artikeln über dieses Projekt. Lire la suite…