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Posts Tagged ‘Jean-Jacques Kupiec’

Andréas Sniadecki, Jean-Jacques Kupiec, l’ignorance au cœur de la cellule, 2018

20 mars 2018 Laisser un commentaire

Les idées de Jean-Jacques Kupiec ne sont que l’intériorisation
des contraintes extérieures auxquelles il est lui-même soumis :
soit une apologie du conformisme sous la forme du darwinisme.

« Le hasard est le nom
que nous donnons à notre ignorance »
Henri Poincaré.

Un penseur étrange en biologie a fait connaître ses théories ces dernières décennies : Jean-Jacques Kupiec et son idée d’ontophylogenèse 1. Pour lui, le fonctionnement de la cellule vivante et la formation de l’être vivant au cours du développement (ontogenèse) sont fondées sur des mécanismes identiques à ceux de l’évolution des espèces (phylogenèse), à savoir, le hasard des variations et la sélection naturelle, selon la théorie de Charles Darwin, le coryphée de la biologie et de l’évolution dans sa forme moderne.

Concernant l’ontogenèse, il fonde cette idée sur le fait que contrairement à ce que croyaient les biologistes moléculaires, les relations entre protéines, enzymes, etc. ne seraient pas stéréospécifiques – ne seraient pas strictement déterminées pour réagir seulement avec tel ou tel substrat – et se feraient donc « au hasard » ; et l’expression des gènes loin d’être le produit d’un programme génétique serait également « stochastique ». De là Kupiec met en avant ce qu’il appelle son « darwinisme cellulaire » qui, toujours selon lui, remet en question les fondements de la biologie moléculaire tels qu’ils existent depuis plus d’un demi-siècle.

C’est là tout le fondement de cette théorie que l’on nous présente comme absolument révolutionnaire et que Kupiec répète telle quelle à qui veut l’entendre depuis maintenant plus de 30 ans, soit depuis 1981 : une généralisation du darwinisme au métabolisme cellulaire et à la physiologie des organismes. Lire la suite…

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Jacques Roger, L’histoire naturelle au XVIIIe siècle: de l’échelle des êtres à l’évolution, 1990

3 août 2014 Laisser un commentaire

Darwin et les darwiniens d’aujourd’hui récusent la tendance à la complexification croissante des organismes au cours de l’évolution dont Lamarck a fait un des piliers de sa théorie de l’évolution du monde vivant. Dans un ouvrage récent (Jean-Jacques Kupiec (dir.), La vie, et alors ?, éd. Belin, 2013, pp. 327-328) cette tendance générale est même présentée comme « comparable à l’exécution d’un plan » qui créerait une « échelle des êtres ».

L’échelle des êtres est une conception religieuse de l’ordre de l’univers, très populaire durant la Renaissance, qui classe les éléments matériels, les êtres vivants et les entités spirituelles selon un ordre croissant, jusqu’à la plus haute perfection, Dieu.

En somme, pour Jean-Jacques Kupiec, l’évolutionnisme lamarckien serait le précurseur de l’intelligent design !

Cette interprétation grossièrement erronée de la théorie de Lamarck ne peut être soutenue que par le mépris complet à l’égard des sources et des analyses historiques.

En effet, Lamarck lui-même se défend de l’échelle des êtres dans la deuxième partie de l’introduction à L’histoire naturelle des animaux sans vertèbres, 1815.

Et l’article de l’historien des sciences Jacques Roger qui suit rétablit les idées de Lamarck dans une plus juste perspective.

 

Il est parfois un peu difficile pour un historien des sciences de s’adresser à des scientifiques d’aujourd’hui. L’historien est un observateur extérieur, dont la présence n’est pas toujours bien tolérée, et surtout, lorsqu’il s’agit de science ancienne (et le XVIIIe siècle est déjà loin de nous) ; l’historien vit dans le monde de ses personnages, très différent du monde scientifique actuel. La difficulté est peut-être moins grande, il est vrai, avec des naturalistes, qui ont, plus que d’autres, gardé vivante la mémoire de leur discipline. Lire la suite…