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Posts Tagged ‘Jacques Dewitte’

Jacques Dewitte, Hans Jonas, 2007

16 février 2017 Laisser un commentaire

philosophe de la nature

Hans Jonas (1903-1993) est principalement connu en France comme le philosophe par excellence de l’écologie critique. Comme celui qui s’oppose à l’artificialisation du vivant et à l’exploitation sans frein de la nature, au nom d’un nouvel impératif catégorique : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre » ; ou, pour l’exprimer négativement : « Agis de façon que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour la possibilité future d’une telle vie » ; « Ne compromets pas les conditions de la survie indéfinie de l’humanité sur terre » ; ou encore, formulé de nouveau positivement : « Inclus dans ton choix actuel l’intégrité future de l’homme comme objet secondaire de ton vouloir. » [Le principe responsabilité, 1990, pp. 30-31.] Qu’on l’accepte ou qu’on le refuse, il ne fait pas de doute que le « principe responsabilité » est au cœur des débats contemporains les plus aigus et les plus lourds de conséquences pour l’avenir. Toutefois, on en saisirait mal la portée si on l’isolait de l’ensemble de la trajectoire philosophique de Hans Jonas, qui est beaucoup plus riche et importante qu’on ne l’imagine le plus souvent dans l’hexagone. Lire la suite…

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Recension : A. Portmann, La forme animale, 1961

7 juillet 2014 Laisser un commentaire

Adolf Portmann, La forme animale, Paris, Éditions La Bibliothèque, coll. « L’ombre animale », 2013, 294 p., Préface et nouvelle traduction de Jacques Dewitte, ISBN : 978-2-909688-64-0.

 

On ne peut que saluer la récente réédition de cet ouvrage essentiel du biologiste suisse Adolf Portmann. Initialement paru en 1948, puis réédité en 1961 sous une forme augmentée, La forme animale était devenu quasiment inaccessible depuis de nombreuses années. En en proposant une traduction rénovée, les éditions La bibliothèque offrent l’opportunité de (re)découvrir la pensée largement ignorée d’une figure atypique du monde scientifique du XXe siècle. La forme animale fait partie de ces ouvrages relativement peu connus, mais dont l’influence sur plusieurs penseurs en sciences humaines, et parmi les plus importants, est pourtant manifeste. Spécialiste de l’œuvre de Portmann auquel il a consacré de nombreux écrits [1], le philosophe et traducteur de l’ouvrage Jacques Dewitte rappelle dans la préface qu’aussi bien Maurice Merleau-Ponty, Hannah Arendt, Karl Jaspers que Hans Jonas ont ainsi été marqués par la pensée de Portmann. On ajoutera à cette liste le philosophe et sociologue québécois Michel Freitag, qui s’est lui aussi appuyé sur les écrits du biologiste suisse pour réviser notre conception moderne de la vie animale et, plus fondamentalement, de l’existence humaine [2]. Lire la suite…