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Posts Tagged ‘Huxley’

Nicolas le Dévédec, Le meilleur des mondes transhumanistes, 2014

23 décembre 2016 Laisser un commentaire

Introduction au dossier Critique du Transhumanisme

« La révolution véritablement révolutionnaire se réalisera non pas dans la société, mais dans l’âme et la chair des êtres humains. »

Aldous Huxley

Jamais ces mots de l’écrivain Aldous Huxley, l’auteur de la célèbre dystopie Le meilleur des mondes (1932), n’ont-ils paru autant prémonitoires. Chirurgie esthétique, dopage sportif, contrôle de la procréation, augmentation des capacités cognitives ou lutte contre le vieillissement sont autant de manifestations actuelles d’une aspiration forte à améliorer l’être humain et la vie en elle-même par le biais des avancées technoscientifiques et biomédicales.

Depuis plusieurs années, la question de l’amélioration des performances humaines trouve dans le mouvement du transhumanisme son principal et radical promoteur. Courant culturel issu de la Silicon Valley, le transhumanisme considère « l’augmentation » biotechnologique de l’être humain comme un impératif éthique et politique. Se rendre plus beau, plus fort, plus intelligent, plus heureux et vivre presque éternellement grâce aux technosciences sont ses objectifs principaux. Par la cryogénie, la fusion de l’humain et de la machine, le recours à un eugénisme libéral ou encore l’usage de la pharmacologie et des nanotechnologies, les transhumanistes ambitionnent rien de moins que de dépasser entièrement la condition humaine pour accéder à un nouveau stade de l’évolution : la posthumanité. « L’humanité est une étape provisoire sur le sentier de l’évolution. Nous ne sommes pas le zénith du développement de la nature » 1, proclame ainsi le philosophe Max More, l’un des chefs de file du mouvement. Lire la suite…

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Julian Huxley, Le Transhumanisme, 1957

21 janvier 2015 Laisser un commentaire

Cet article fait partie du dossier Critique du transhumanisme

Sir Julian Sorell Huxley, (1887-1975) est un biologiste britannique, socialiste et progressiste, connu pour ses ouvrages de vulgarisation sur la biologie et l’évolution. Son grand-père, Thomas Henry Huxley (1825-1895) était un biologiste connu pour être un collègue et partisan de Charles Darwin (1809-1882).

L’écrivain Aldous Leonard Huxley (1894-1963) est son frère, et si ce dernier est l’auteur de l’ouvrage de science-fiction Le Meilleur des mondes (Brave New World, 1932), ce n’est certainement pas un hasard, puisque Julian Huxley était un partisan de l’eugénisme comme moyen d’amélioration de la population humaine :

« Une fois pleinement saisies les conséquences qu’impliquent la biologie évolutionnelle, l’eugénique deviendra inévitablement une partie intégrante de la religion de l’avenir, ou du complexe de sentiments, quel qu’il soit, qui pourra, dans l’avenir, prendre la place de la religion organisée. »

J. Huxley, L’homme, cet être unique, 1941 ; trad. fr. éd. Oreste Zeluck, 1948, p. 47.

En 1939, il sera un des biologistes à l’origine du Manifeste des généticiens qui prône un eugénisme « de gauche », où l’amélioration des conditions sociales est présentée comme la condition de la réussite et de l’efficacité d’une politique eugéniste. Lire la suite…

Julian Huxley, « Transhumanism », 1957

21 janvier 2015 Laisser un commentaire

As a result of a thousand million years of evolution, the universe is becoming conscious of itself, able to understand something of its past history and its possible future. This cosmic self-awareness is being realized in one tiny fragment of the universe —in a few of us human beings. Perhaps it has been realized elsewhere too, through the evolution of conscious living creatures on the planets of other stars. But on this our planet, it has never happened before.

Evolution on this planet is a history of the realization of ever new possibilities by the stuff of which earth (and the rest of the universe) is made —life; strength, speed and awareness the flight of birds and the social polities of bees and ants; the emergence of mind, long before man was ever dreamt of, with the production of colour, beauty, communication, maternal care, and the beginnings of intelligence and insight. And finally, during the last few ticks of the cosmic clock, something wholly new and revolutionary, human beings with their capacities for conceptual thought and language, for self-conscious awareness and purpose, for accumulating and pooling conscious experience. For do not let us forget that the human species is as radically different from any of the microscopic single-celled animals that lived a thousand million years ago as they were from a fragment of stone or metal.

The new understanding of the universe has come about through the new knowledge amassed in the last hundred years—by psychologists, biologists, and other scientists, by archaeologists, anthropologists, and historians. It has defined man’s responsibility and destiny—to be an agent for the rest of the world in the job of realizing its inherent potentialities as fully as possible. Lire la suite…

Le “manifeste des généticiens”, 1939

19 janvier 2015 Laisser un commentaire

Nous publions, à titre de document historique, la traduction de ce qui a été appelé à l’époque le Manifeste des généticiens, produit du septième Congrès International de Génétique qui s’est clôturé à Edinburgh trois jours avant la déclaration de la Seconde Guerre Mondiale. Les personnalités à l’origine de ce texte, notamment J. Huxley, J. B. S. Haldane et H. Müller, sont toutes progressistes.

Julian Sorell Huxley (1887-1975) est socialiste, promoteur de l’eugénisme, un des créateurs de l’UNESCO et l’inventeur du terme transhumanisme en 1957.

John Burdon Sanderson Haldane (1892-1964) est socialiste, inventeur du concept d’ectogenèse (reproduction humaine en dehors de l’utérus féminin). En 1938, il publie un livre (Hérédité et politique, trad. fr. éd. PUF, 1948) qui démontre l’inanité d’un programme eugéniste dans les conditions politiques et sociales de l’époque.

Hermann Joseph Müller (1890-1967) est communiste, juif d’origine allemande. En 1933, lorsque Hitler arriva au pouvoir, il part en URSS et propose à Staline un programme d’eugénisme positif, mais se heurte à l’influence grandissante de Trofim Lyssenko qui s’oppose à la génétique occidentale. En 1935, il publie un livre (Hors de la nuit, vues d’un biologiste sur l’avenir, trad. fr. éd. Gallimard, 1938) qui se fait le promoteur de l’ectogenèse, propose de constituer des réserves de sperme de grands hommes, d’utiliser des animaux comme « mères porteuses » pour les enfants, etc. Il se réfugie en Angleterre en 1938.

Aldous Leonard Huxley (1894-1963), le frère de Julian Huxley, est l’auteur du roman de science-fiction Le Meilleur des mondes, publié en 1932…

Toute ressemblance avec ce qui se passe aujourd’hui autour de la procréation médicalement assistée (PMA) ou de la gestation pour autrui (GPA) est purement fortuite…

Andréas Sniadecki


 Biologie sociale et amélioration de la population

En réponse à une requête du Service Scientifique de Washington, D.C., adressant la question « Comment la population mondiale peut le plus efficacement être améliorée génétiquement ? » à un grand nombre de travailleurs scientifiques, la déclaration ci-dessous a été préparée et signée par ceux dont le nom apparaît à la fin.

Cette question « Comment la population mondiale peut le plus efficacement être améliorée génétiquement ? » soulève des problèmes bien plus larges que ceux qui sont purement biologiques, des problèmes que le biologiste rencontre inévitablement dès lors qu’il tente de mettre en pratique les principes de son propre champ de spécialité. Car l’amélioration génétique effective de l’humanité dépend de changements majeurs dans les conditions sociales, et de changements corrélatifs dans les attitudes humaines. Lire la suite…

The « Geneticists Manifesto », 1939

19 janvier 2015 Laisser un commentaire

Social Biology and Population Improvement

The Seventh International Congress of Genetics adjourned at Edinburgh only three days before World War II got under way. It is interesting to recall that just before the shooting started a group of geneticists at that Congress-informally formulated what we might call an Edinburgh Charter of the genetic rights of man. Now that we are setting forth on a sea of words toward the New Horizon and the Four Freedoms it may not be amiss to recall this statement of fundamentals, drawn up and subscribed to at a very solemn time, by some of the leaders of genetic thought.

The question “how could the world’s population be improved most effectively genetically” raises far broader problems than the purely biological ones, problems which the biologist unavoidably encounters as soon as he tries to get the principles of his own special field put into practice. For the effective genetic improvement of mankind is dependent upon major changes in social conditions, and correlative changes in human attitudes. Lire la suite…