Archive

Posts Tagged ‘Garrett Hardin’

Fabien Locher, Les pâturages de la Guerre froide, 2013

26 avril 2016 Laisser un commentaire

Téléchargez la brochure au format PDF

Dossier La Tragédie des Communaux

Pour toute une famille de pensée, le peuple est incapable de gérer collectivement une ressource naturelle sans la surexploiter. Récit d’une imposture et de ses racines. Un dossier spécial.

Résumé

L’article de Garrett Hardin paru en 1968, « La tragédie des communs », est une référence essentielle dans les débats sur la propriété, l’environnement, l’économie des ressources matérielles et immatérielles. Sa thèse : l’incompatibilité entre propriété commune et durabilité. Or, si ce texte est sans cesse mobilisé, on sait très peu de choses des logiques historiques qui ont présidé à son élaboration, à sa réception ; très peu de choses sur son auteur Garrett Hardin, sur sa trajectoire, ses motivations, les éléments vis-à-vis desquels son propos fait sens lorsqu’il décide, fin 1968, de formuler un raisonnement dont l’onde de choc s’est propagée jusqu’à notre époque de crise environnementale, de réflexion sur les communs numériques. Ce constat a motivé notre enquête. Son ambition est de contribuer, par le détour de l’histoire, aux réflexions contemporaines sur les différentes formes du « commun ». S’y révèlent aussi certaines dimensions méconnues de l’environnementalisme américain au XXe siècle : ses liens étroits et complexes à la configuration de Guerre froide ; la place qu’y occupent des courants combinant souci de l’environnement et projet de contrôle de la « qualité » des populations. Enfin, cette histoire de la « tragédie des communs » est aussi un chapitre de l’histoire du néolibéralisme, lorsque celui-ci s’empare de la question du gouvernement des ressources et des environnements. Lire la suite…

Ian Angus, Le Mythe de la tragédie des communaux, 2008

18 avril 2016 Laisser un commentaire

Téléchargez la brochure au format PDF

Dossier La Tragédie des Communaux

Pour toute une famille de pensée, le peuple est incapable de gérer collectivement une ressource naturelle sans la surexploiter. Récit d’une imposture et de ses racines. Un dossier spécial.

Les ressources partagées feront-elles toujours l’objet d’usages pervers et de surexploitation ? La communauté de la terre, des forêts et des zones de pêche est-elle la voie assurée véritable désastre écologique ? La privatisation est-elle la seule façon de protéger l’environnement et de mettre un terme à la pauvreté du Tiers-Monde ? La plupart des économistes et des planificateurs en développement répondront « oui » – et comme preuve ils signaleront l’article le plus influent jamais écrit sur ces questions importantes.

Depuis sa publication dans Science en décembre 1968, La Tragédie des communaux a été reproduite dans au moins 111 anthologies, ce qui en a fait un des articles les plus réimprimés à être paru dans une quelconque revue scientifique. C’est aussi l’un des plus cités : une recherche Google récente a permis de trouver « à peu près 302 000» résultats pour le syntagme « tragédie des communaux ».

Suivant les termes d’une monographie de la Banque Mondiale, il constitue depuis 40 ans, « le paradigme dominant à travers lequel les savants en sciences sociales évaluent les questions relatives aux ressources naturelles. » (Bromley et Cernea, 1989 : 6) Il a été utilisé à plusieurs reprises pour justifier le vol des terres de peuples indigènes, la privatisation de la couverture médicale et d’autre services sociaux, l’octroi de « permis vendables » de polluer l’air, l’eau et beaucoup plus.

Le Dr. G.N. Appell (1995), anthropologue réputé, écrit :

« Cet article a été adopté comme un texte sacré par les spécialistes et les professionnels dont le fond de commerce est de concevoir des futurs pour d’autres et d’imposer leur rationalité économique et environnementale à des systèmes sociaux étrangers dont ils ont une compréhension et une connaissance incomplètes. »

Comme la plupart des textes sacrés, La Tragédie des communaux est plus souvent citée que lue : comme on le verra, bien que son titre sonne sérieux et scientifique, il est bien éloigné de la science. Lire la suite…

Ian Angus, The Myth of the Tragedy of the Commons, 2008

18 avril 2016 Laisser un commentaire

Will shared resources always be misused and overused? Is community ownership of land, forests and fisheries a guaranteed road to ecological disaster? Is privatization the only way to protect the environment and end Third World poverty? Most economists and development planners will answer “yes” — and for proof they will point to the most influential article ever written on those important questions.

Since its publication in Sciencein December 1968, “The Tragedy of the Commons” has been anthologized in at least 111 books, making it one of the most-reprinted articles ever to appear in any scientific journal. It is also one of the most-quoted: a recent Google search found “about 302,000” results for the phrase “tragedy of the commons.”

For 40 years it has been, in the words of a World Bank Discussion Paper, “the dominant paradigm within which social scientists assess natural resource issues.” (Bromley and Cernea 1989: 6) It has been used time and again to justify stealing indigenous peoples’ lands, privatizing health care and other social services, giving corporations ‘tradable permits’ to pollute the air and water, and much more.

Noted anthropologist Dr. G.N. Appell (1995) writes that the article “has been embraced as a sacred text by scholars and professionals in the practice of designing futures for others and imposing their own economic and environmental rationality on other social systems of which they have incomplete understanding and knowledge.”

Like most sacred texts, “The Tragedy of the Commons” is more often cited than read. As we will see, although its title sounds authoritative and scientific, it fell far short of science. Lire la suite…

Romain Felli, Pauvreté de la «tragédie des communs», 2014

17 avril 2016 Laisser un commentaire

Téléchargez la brochure au format PDF

Dossier La Tragédie des Communaux

Pour toute une famille de pensée, le peuple est incapable de gérer collectivement une ressource naturelle sans la surexploiter. Récit d’une imposture et de ses racines. Un dossier spécial.

Si le spectre du révérend Malthus est souvent invoqué pour donner une autorité morale aux visions conservatrices de la crise écologique 1, c’est plutôt dans les écrits du biologiste d’extrême droite Garrett Hardin que se met en place, dans les années 1970, une idéologie néo-malthusienne ultra-réactionnaire.

Hardin dans « Lifeboat Ethics : The Case Against Helping the Poor » [L’éthique du canot de sauvetage : un plaidoyer contre l’aide aux pauvres] propose une analogie entre la situation de crise écologique et un naufrage. Les pays riches seraient le canot de sauvetage et toute tentative, inspirée par de bons sentiments, d’accueillir à bord des naufragé·e·s (les pauvres) ne ferait que précipiter le chavirage de ce canot ; la bonne volonté ne profitant au final ni aux un·e·s ni aux autres. Il précise que l’aide apportée aux plus pauvres aurait la conséquence suivante :

« Les moins prévoyant·e·s et moins aptes se multiplieraient aux dépens des plus prévoyant·e·s et des plus aptes, amenant finalement la ruine de tous ceux qui se partagent les communs. » 2

Lire la suite…