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Posts Tagged ‘Frédéric Buytendijk’

Frédéric J. J. Buytendijk, L’homme et l’animal, 1958

17 juin 2018 Laisser un commentaire

essai de
psychologie comparée

L’analogie entre le comportement de l’animal et celui de l’homme est frappante et en même temps si énigmatique qu’elle a toujours suscité tâtonnement et provoqué de nombreuses tentatives d’interprétation.

Le professeur Buytendijk (1887-1974), un des maîtres de la psychologie comparée, expose les recherches faites dans ce domaine et donne une synthèse des explications psychologiques et philosophiques.

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Résumé encyclopédique

La psychologie comparée

L’analogie entre le comportement de l’animal et celui de l’homme est frappante et en même temps si énigmatique qu’elle a depuis toujours suscité l’étonnement et provoqué les tentatives d’interprétation et d’explication. Essayer de comprendre cette analogie n’est possible qu’à partir d’une conception déterminée de la nature humaine, de l’origine du monde et de l’essence de sa vie. Dès lors les résultats diffèrent suivant le point de départ choisi. Lire la suite…

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Frédéric Buytendijk, Peut-on scientifiquement distinguer entre animaux «supérieurs» et «inférieurs»?, 1952

1. Biologie rationnelle et biologie idéaliste

Une connaissance anarchique et fragmentaire de la nature vivante, acquise à son contact et par son observation, dans la fugacité de l’émerveillement et de l’étonnement, nous contraint à distinguer les organismes, à les classer dans une hiérarchie composée de supérieurs et d’inférieurs, et ce triage ne repose pas sur un aperçu du schème structurel ou de l’affinité génétique, mais sur le rapport, immédiatement saisi dans notre expérience vitale, de ces organismes à l’homme.

On parle souvent, en pareil cas, d’une perspective anthropomorphique, et l’on entend par là, non seulement que l’homme se pose lui-même comme étalon, comme mesure de la nature, mais encore qu’il n’est pas permis de fonder notre estimation de la nature sur une base pour le moins incertaine et subjective. Le mépris de tout anthropomorphisme qui s’exprime ainsi, provient de l’appréciation des sciences positives qui en fait l’unique source assurée d’une connaissance de la nature universellement valable et exacte. Plusieurs facteurs ont influé dans ce sens : la critique du positivisme, la redécouverte de l’autonomie en biologie et en psychologie, la révision de l’épistémologie idéaliste, le retour à l’optique ontologique. Nos contemporains se sont aperçus, sous l’effet de ces diverses influences, que le rapport primaire, élémentaire, de symbiose et de sympathie, existant entre l’homme et la nature, pose à la pensée philosophique bon nombre de problèmes, dont la solution importe capitalement à la connaissance des êtres vivants. Lire la suite…

Frédéric Buytendijk, Comment se présente l’étude du comportement animal, 1952

1. L’étude du comportement animal et ses difficultés foncières

Une plante fleurit dans le jardin. Une araignée tisse sa toile. Un oiseau pépie dans un arbre. Un chien aboie au loin. Voilà la nature vivante, telle qu’elle apparaît immédiatement à n’importe qui. Elles sont innombrables, les manifestations variées qui nous signalent le mystère dont elles sont chargées. C’est le mystère de la vie. Nous en recevons la certitude, solidement étayée, que la notion de « vie » correspond à une réalité qui conditionne toutes les formes et toutes les activités des végétaux et des animaux.

Mais l’homme désire savoir pourquoi la plante fleurit, pourquoi l’araignée tisse sa toile, pourquoi l’oiseau pépie, pourquoi le chien aboie. L’homme ne supporte pas l’inconnu qui, sans « communier » avec lui, l’affronte néanmoins directement. Par les moyens de la connaissance, de l’introspection des réalités intimes, de la recherche des origines, de l’observation de la structure, de la norme et de la forme, l’homme veut comprendre. Comprendre, c’est le but de la connaissance ; comprendre ce qui se dit ; comprendre la teneur, le sens du son articulé qu’il est possible d’atteindre immédiatement dans la parole humaine. Le monde organique nous parle de la vie, et l’homme veut comprendre ce langage.

C’est pourquoi nous nous demandons : que signifie le concept de « vie », que faut-il entendre par la « vie de l’âme animale », la « vie psychique de la bête » ? Lire la suite…