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Posts Tagged ‘fraude scientifique’

Jean-Pierre Berlan, La planète des clones, 2019

27 août 2019 Laisser un commentaire

Ci-dessous quelques extraits de l’introduction du dernier livre de Jean-Pierre Berlan, ancien ingénieur agronome et économiste à l’INRA.

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Les êtres vivants se reproduisent et se multiplient gratuitement.

Le principe de la Vie s’oppose donc à la poursuite du Profit.

La Vie existe par la singularité de chaque organisme, tandis que l’industrie s’impose par l’uniformité des marchandises.

Pour le capitalisme industriel, la Vie est donc doublement sacrilège.

Depuis la Révolution industrielle, réparer ce double sacrilège est une tâche essentielle des sciences agronomiques et de sa discipline phare, la sélection – devenue « amélioration génétique ». Cet ouvrage vise à montrer qu’en dépit des désastres qui s’accumulent en matière d’agriculture, d’alimentation et de santé, cette tâche s’impose si impérieusement aux scientifiques qu’elle leur enlève tout esprit critique. Lire la suite…

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Pierre Thuillier, La mystification d’Alan Sokal, 1997

9 décembre 2013 Laisser un commentaire

Les penseurs « postmodernes » manquent-ils de rigueur et de culture scientifique ? Pour le savoir, un physicien américain a expérimenté.

« Il faut dénoncer la paresse et l’imposture intellectuelle, d’où qu’elles viennent ». Telle est la justification qu’a fournie le physicien Alan Sokal, de l’Université de New York, après s’être livré à un brillant canular qui a fait couler beaucoup d’encre. Rappelons les faits. Lire la suite…

Gérard Nissim Amzallag, La raison malmenée, 2002

De l’origine des idées reçues en biologie moderne

CNRS éditions, 2002.

Préface

Voilà un livre qui en agacera plus d’un. Sans doute lui trouvera-t-on quelques défauts ; mais il n’est pas sûr que ce soit ceux-ci qui irriteront ; car il a des qualités bien plus gênantes, dont la principale est d’appeler un chat un chat et de dire que l’empereur est nu, sans trop se soucier de l’étiquette et des usages qui prônent l’admiration là où non seulement il n’y a rien à admirer, mais tout simplement rien à voir.

Pour reprendre une des métaphores botaniques qu’affectionne son auteur, peut-être le buisson des critiques qu’il assène aurait-il mérité d’être un peu élagué et mis en forme. Certes. Mais, après tout, nul n’est tenu d’aimer la topiaire et les jardins à la française ; et, tel quel, ce foisonnement a l’avantage de présenter un large éventail de ce qu’on pourrait reprocher à la science actuelle, et plus spécialement à la biologie. A moins – puisque l’auteur appelle un chat un chat, et que la science ne se construit pas toute seule –, qu’il ne faille le reprocher aux chercheurs et enseignants, particulièrement aux biologistes (à tout seigneur tout honneur, les généticiens sont les plus concernés). Lire la suite…

Recension: G.N. Amzallag, La raison malmenée, 2003

Recension: Gérard Nissim Amzallag, La raison malmenée. De l’origine des idées reçues en biologie moderne, CNRS éditions, 2002.

Gérard Nissim Amzallag, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem, présente une thèse forte : une nouvelle épistémologie qui, prenant appui sur les problèmes que soulèvent les sciences du vivant, crée un monde du savoir nouveau fondé sur la séparation entre sciences et technologie, considérant celle-ci comme « fondamentalement distincte de la connaissance, voire (opposée) intellectuellement. Un monde où il est ouvertement affirmé que, s’il n’y a de technique que du général, il n’y a de science que de l’individu. » L’auteur fait la démonstration de la nécessité de cette rupture à venir s’appuyant sur les travaux d’historiens et, naturellement, de scientifiques. Lire la suite…

Girolamo Ramunni, La fraude scientifique, 2003

29 septembre 2012 Laisser un commentaire

Celui par qui le scandale arrive ?

Pourquoi l’affaire Hendrick Schön a-t-elle défrayé la chronique des quotidiens et des revues scientifiques prestigieuses comme Nature, Science ou New Scientist ? Plusieurs raisons ont été avancées : il s’agit d’une fraude qui a touché la physique ; elle a été perpétrée dans l’un des grands laboratoires de la physique, les Laboratoires Bell ; des revues comme Nature, Science et Applied Physics Letters se sont trouvées dans la tourmente pour avoir publié des articles de Hendrick Schön. « Tragedy is the only word that adequately describes the four years that Hendrick Schön spent at Bell Labs in New Jersey » [1] écrivait le rédacteur en chef de New Scientist. La communauté des physiciens a-t-elle été secouée par un drame tout shakespearien ? Pourtant, si l’on prend une certaine distance vis-à-vis de l’affaire, on constate qu’il ne s’agit que d’un cas parmi d’autres. Un fait divers dans l’histoire de la physique, très marginal, comme le sont les cas de fraudes en science. Certes, en 2002, la physique a été particulièrement frappée par la fraude. Un deuxième cas a touché un autre laboratoire prestigieux, un laboratoire public, le Laurence Berkeley National Laboratory. Victor Ninov, le principal auteur d’un article publié dans la Physical Review a été licencié car la preuve a été fournie que les données d’observation de l’élément 118 avaient été fabriquées.

Rappelons brièvement les éléments de ce que nous appellerons par la suite l’affaire Schön. Hendrick Schön était considéré comme un brillant physicien, recruté par les Bell Labs avant qu’il ait terminé sa thèse préparée à Constance. Il avait considéré l’offre des Bell Labs comme la chance de sa vie et joué sa carrière en se faisant remarquer non seulement pour ses idées très brillantes mais aussi pour sa capacité incroyable de travail. C’était un stakhanoviste de la recherche et il a publié en 2001 environ un article par semaine. Entre 1998, date de son recrutement, et 2001, il a publié plus de 70 articles. Lire la suite…

Malhonnêtetés et Fraudes de Darwin

2 avril 2011 Laisser un commentaire

Tout le monde sait – sauf les créationnistes, bien entendu – que Darwin est un grand génie. Et en conséquence, même quand il a tort, le grand génie a quand même raison de faire ce qu’il a fait, c’est-à-dire de passer sous silence certains faits, objections et problèmes, voir même de frauder.

La méthode hagiographique – pour ne pas parler de culte de la personnalité – est de mise chez les étudiants en biologie évolutive et en histoire des sciences, surtout s’ils veulent se faire bien voir de leur directeur de thèse ou de quelqu’autre personnalité qui pourra appuyer leur carrière parmi les petites coteries de l’université et de la recherche.

C’était donc une très bonne idée de la part de Timothée Flutre, doctorant en bioinformatique (INRA – Université Paris Diderot), Thomas Julou, doctorant en biologie de l’évolution (École Normale Supérieure) et Livio Riboli-Sasco, doctorant en biologie théorique (Université Paris Descartes), en collaboration avec Michel Morange, professeur d’histoire et philosophie des sciences à l’École Normale Supérieure, d’avoir fait traduire par Sophie Jabès, les textes de Darwin et Wallace parus dans Journal of the proceedings of the Linnean Society, vol. III, 1858, et de les avoir publiés sur le site BibNum en décembre 2009.

Ces textes constituent en effet la communication qui a permis à Charles Lyell et Joshua D. Hooker d’établir la priorité de Charles Darwin sur Alfred Russel Wallace dans l’invention du mécanisme de la sélection naturelle. Un document historique donc.

Mais à la lecture de l’« analyse » qu’ils en proposent, sous le titre La théorie de la sélection naturelle présentée par Darwin et Wallace, on en vient à se demander s’ils ont vraiment lu le texte de Wallace et s’ils ont bien compris ceux de Darwin. Lire la suite…