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Adolf Portmann, La vie et ses formes, 1968

5 octobre 2017 Laisser un commentaire

L’Art d’aujourd’hui, explorant toujours plus avant le domaine de « l’abstrait », se détourne des formes familières de la vie. Le dessinateur, le peintre, le sculpteur – les hommes du regard en général – cherchent des voies nouvelles pour le libre jeu des lignes, des surfaces, des volumes et des couleurs, mais en refusant la Nature qu’il leur fallait auparavant, jusqu’au dégoût, prendre pour modèle.

Art et Savoir

Voici pourtant un livre d’art [Théo Jahn, La vie et ses formes, éd. Bordas, 1968] qui offre des images d’une présence extraordinaire sur le monde réel des formes vivantes. L’effet produit par ces documents correspond-il bien à leur clarté et à leur beauté ?

Sans vouloir porter un jugement trop général sur nos contemporains, il me faut pourtant avouer la déception que j’éprouve souvent devant l’indifférence avec laquelle beaucoup de gens accueillent aujourd’hui de telles merveilles. Comblés, gâtés par des réussites toujours plus grandes dans le domaine des images, sommes-nous encore capables de les apprécier autrement que de façon fugitive ? Lire la suite…

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Recension : A. Portmann, La forme animale, 1961

7 juillet 2014 Laisser un commentaire

Adolf Portmann, La forme animale, Paris, Éditions La Bibliothèque, coll. « L’ombre animale », 2013, 294 p., Préface et nouvelle traduction de Jacques Dewitte, ISBN : 978-2-909688-64-0.

 

On ne peut que saluer la récente réédition de cet ouvrage essentiel du biologiste suisse Adolf Portmann. Initialement paru en 1948, puis réédité en 1961 sous une forme augmentée, La forme animale était devenu quasiment inaccessible depuis de nombreuses années. En en proposant une traduction rénovée, les éditions La bibliothèque offrent l’opportunité de (re)découvrir la pensée largement ignorée d’une figure atypique du monde scientifique du XXe siècle. La forme animale fait partie de ces ouvrages relativement peu connus, mais dont l’influence sur plusieurs penseurs en sciences humaines, et parmi les plus importants, est pourtant manifeste. Spécialiste de l’œuvre de Portmann auquel il a consacré de nombreux écrits [1], le philosophe et traducteur de l’ouvrage Jacques Dewitte rappelle dans la préface qu’aussi bien Maurice Merleau-Ponty, Hannah Arendt, Karl Jaspers que Hans Jonas ont ainsi été marqués par la pensée de Portmann. On ajoutera à cette liste le philosophe et sociologue québécois Michel Freitag, qui s’est lui aussi appuyé sur les écrits du biologiste suisse pour réviser notre conception moderne de la vie animale et, plus fondamentalement, de l’existence humaine [2]. Lire la suite…