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Posts Tagged ‘fausse conscience’

Stephen Jay Gould, Haldane et la guerre chimique, 2002

9 juillet 2018 Laisser un commentaire

Les guerres longues, coûteuses et qui s’embourbent, débutent souvent dans la ferveur patriotique, mais tendent à se terminer dans la souffrance et la désillusion. Notre propre guerre de Sécession s’est soldée par un nombre de morts terriblement élevé et a cruellement remué la conscience collective de notre pays, dont la douleur n’a fait que s’accroître avec le temps. En 1862, les recrues de l’armée fédérale nordiste reprenaient à l’envi la chanson la plus célèbre de l’année :

« Oui, nous allons nous regrouper autour de notre drapeau, les gars, nous allons nous regrouper une fois de plus
Lançant bien haut le cri de bataille de la Liberté,
Nous allons descendre de nos collines, nous allons venir de nos plaines,
Lançant bien haut le cri de bataille de la Liberté…
C’est ainsi que nous accourons de l’Est et de l’Ouest
Et que nous allons expulser cette bande de rebelles du pays que nous aimons le plus. »

Mais deux ans plus tard, la chanson de Walter Kittredge, « Camper sur l’ancien terrain, » était devenue la rengaine favorite des deux armées. Le refrain, avec sa mélodie obsédante (même naïve), résumait bien l’état d’esprit que partageaient désormais les deux parties :

« Nombreux sont les cœurs las, ce soir,
Espérant la fin de la guerre ;
Nombreux sont les cœurs espérant le droit
De voir l’aube de la paix. »

Mais rien n’a égalé les horreurs de la Première Guerre mondiale, ce conflit que les Français appellent toujours la Grande Guerre, et que nous, Américains, avions qualifié de « guerre pour mettre fin à toutes les guerres. » Lire la suite…

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Le Postillon, Numérique: mais qu’est-ce qu’on attend?, 2018

A propos de l’incendie de
la Casemate à Grenoble

« S’opposer au numérique inclusif, c’est s’opposer à la liberté des esprits. » C’est un tweet de Mounir Mahjoubi, député En Marche et secrétaire d’État chargé du numérique. Il l’a écrit pour réagir à l’incendie de la Casemate, un centre de culture scientifique technique et industriel (CCSTI), qui a eu lieu fin novembre à Grenoble. C’était juste pendant le bouclage du dernier Postillon, alors on n’a presque rien écrit dessus. Pendant la distribution du journal, beaucoup de gens nous en ont parlé, interloqués, dubitatifs, voire en colère.

Moi, franchement, la liberté des esprits, je suis pour. Et c’est pour ça que je me pose plein de questions autour de l’invasion actuelle du « numérique inclusif » dans toutes les sphères de la vie, et du « grand remplacement » des humains par les robots. Des questions qui ne sont portées que par quelques esprits chagrins rompant l’enthousiasme général autour du tsunami numérique, et qui n’existent quasiment pas dans les centres de culture scientifique comme la Casemate, alors que cela devrait être leur raison d’être. Avec ces questions, je suis allé au festival Transfo, « le premier festival du numérique 100 % alpin », et à une rencontre avec la nouvelle directrice de la Casemate. Et j’en reviens avec la certitude que s’opposer au déferlement numérique est une nécessité impérieuse. Lire la suite…