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Posts Tagged ‘fab lab’

Le Postillon, Numérique: mais qu’est-ce qu’on attend?, 2018

A propos de l’incendie de
la Casemate à Grenoble

« S’opposer au numérique inclusif, c’est s’opposer à la liberté des esprits. » C’est un tweet de Mounir Mahjoubi, député En Marche et secrétaire d’État chargé du numérique. Il l’a écrit pour réagir à l’incendie de la Casemate, un centre de culture scientifique technique et industriel (CCSTI), qui a eu lieu fin novembre à Grenoble. C’était juste pendant le bouclage du dernier Postillon, alors on n’a presque rien écrit dessus. Pendant la distribution du journal, beaucoup de gens nous en ont parlé, interloqués, dubitatifs, voire en colère.

Moi, franchement, la liberté des esprits, je suis pour. Et c’est pour ça que je me pose plein de questions autour de l’invasion actuelle du « numérique inclusif » dans toutes les sphères de la vie, et du « grand remplacement » des humains par les robots. Des questions qui ne sont portées que par quelques esprits chagrins rompant l’enthousiasme général autour du tsunami numérique, et qui n’existent quasiment pas dans les centres de culture scientifique comme la Casemate, alors que cela devrait être leur raison d’être. Avec ces questions, je suis allé au festival Transfo, « le premier festival du numérique 100 % alpin », et à une rencontre avec la nouvelle directrice de la Casemate. Et j’en reviens avec la certitude que s’opposer au déferlement numérique est une nécessité impérieuse. Lire la suite…

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Radio: Patrick Marcolini, L’assassinat des livres: les bibliothèques, 2015

L’émission est une interview avec Patrick Marcolini, bibliothécaire à Paris, qui a participé à l’ouvrage L’assassinat des livres par ceux qui œuvrent à la dématérialisation du monde paru aux éditions L’Echappée, 2015.

Quatrième de couverture du livre:

« Cerné de toutes parts, le livre est sommé de rentrer dans l’ordre numérique. Laboratoires du futur plus innovants que jamais, multinationales du Web, géants de l’électronique, pouvoirs publics et techno-enthousiastes œuvrent de concert pour faire disparaître ce petit « cube de papier » qui fait figure de fossile à l’heure où la culture numérique s’impose partout. Bien que sa liquidation ne se fasse pas aussi vite que prévu – le marché de l’e-book peinant à s’imposer en France –, les acteurs de la chaîne du livre sont de plus en plus fragilisés, même si certains croient pouvoir transférer leur métier dans un monde qui n’a pourtant pas besoin d’eux. »

Patrick raconte comment les bibliothèques ses sont transformées en médiathèques sous les effets de la rationalisation de leur gestion, de la numérisation des livres eux-mêmes et enfin de la promotion des nouvelles technologies par les pouvoirs publics. Lire la suite…

Bertrand Louart, Wondrous machine et fabulous laboratory, 2012

16 novembre 2012 Laisser un commentaire

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Le retour du mythe de l’automatisation

Un curieux article sur les fab labs dans Le Monde Diplomatique du mois de juin 2012 [1] se faisait l’écho de l’engouement (ou buzz comme on dit chez les branchés) qui s’est manifesté au début de l’année aux USA [2] pour les nouvelles technologies des imprimantes 3D. Engouement qui semble arriver dans nos contrées en ce moment [3].

Qu’est-ce qu’un fabrication laboratory (fab lab) ?

En 1998, le physicien américain Neil Gershenfeld, chercheur du Massachusetts Institute of Technology (MIT), met en place un cours intitulé « Comment fabriquer (à peu près) n’importe quoi », comportant des séances sur la conception de prototypes pour aider les élèves à mener à bien leurs projets d’étude. Ils disposent pour cela de toute la panoplie des moyens de fabrication numérique, et en particulier des machines-outils assistées par ordinateur : imprimante 3D – c’est-à-dire une machine numérique qui, en appliquant des couches de plastique les unes sur les autres, transforme un fichier en un objet bien réel –, découpeuse laser capable de trancher le bois ou le fer, fraiseuse numérique, etc.

Il crée en 2002 le concept de fab lab, avec son logo, sa charte et sa communauté. Ce léger vernis de marketing va contribuer à son essor en imposant une «marque» de référence. Conçu pour faciliter l’accès aux machines, le premier fab lab est réservé aux étudiants ; mais, très vite, la porte va s’ouvrir, contribuant à démocratiser dans le monde entier la fabrication numérique personnelle. [MD]

Qu’est-ce qu’une imprimante 3D ?

Concrètement, le principe d’une imprimante 3D ressemble à celui d’une imprimante de base. Commandé par un ordinateur sur lequel a été dessiné un objet, l’appareil dépose de la matière, strate après strate, jusqu’à apparition de l’objet en question. Comme un chariot qui fait des allers-retours pour reproduire un texte sur du papier. Seule différence, «l’encre» utilisée est un matériau (plastique le plus souvent, mais aussi métal, céramique, béton…). [Ecofutur]

A l’origine, l’impression en 3D ou stéréolithographie a été imaginée pour fabriquer des prototypes rapidement et à moindre frais. L’industrie aéronautique réalise des prototypes de moteurs. Les architectes impriment des maquettes, les designers expérimentent les formes de certains produits. Des prothèses auditives, des implants orthopédiques, des couronnes dentaires sont déjà usinées ainsi [Ecofutur].

Ce qui est nouveau – et crée le buzz –, c’est qu’avec les fab labs notamment, les imprimantes 3D arrivent à la portée de n’importe quel geek (fondu de l’informatique). Et c’est là que le délire commence : les fab labs se transforment en fabulous laboratory, car « c’est l’étape d’après Internet : passer au monde matériel » [MD]. Le geek qui était jusqu’alors coincé derrière son écran découvre d’un seul coup qu’il peut créer quelque chose de concret dans la vraie réalité à l’aide de son ordinateur et d’une machine ! C’est la révolution ! Lire la suite…