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Posts Tagged ‘enseignement’

No-TICE pour le collège, 2015

2 février 2017 Laisser un commentaire

A la rentrée 2014 nous apprenions que notre collège serait « collège connecté ». Ce qui signifie que notre établissement se voit « doté d’équipements mobiles et de ressources numériques » et que nous bénéficions « d’une formation spécifique aux usages pédagogiques du numérique » 1. En novembre 2014 le Président de la République annonçait que tous les élèves de 5° seraient dotés de tablettes dès la rentrée 2016. Il est fait de l’utilisation du numérique au collège une priorité. Le ministère de l’Education Nationale affirme qu’il veut mettre en œuvre une stratégie ambitieuse pour faire entrer l’école dans l’ère du numérique 2.

Par le numérique nous entendons, tout comme les autorités d’ailleurs, le recours aux ressources en lignes, aux sites Internet en classe et surtout l’utilisation des tablettes par nos élèves. Nous nous intéresserons moins aux vidéo-projecteurs dans le sens où ils nous servent essentiellement de projecteurs diapositives très perfectionnés. Ils n’ont jamais eu pour vocation de changer nos pratiques, notre rôle d’enseignant ni l’environnement cognitif des élèves. Les tablettes, si 3.

Si on nous a abondamment consultés sur les pratiques du numérique, notamment lors de la concertation nationale sur le numérique lancée le 20 janvier 2015, on ne nous a jamais questionnés sur la pertinence de son utilisation et de sa massification. Comme si le bien fondé du numérique au collège allait de soi. Lire la suite…

Appel de Beauchastel contre l’école numérique

11 septembre 2016 Laisser un commentaire

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Une journée dans l’école numérique

Ma journée d’école commence, la sonnerie vient tout juste de retentir, je rentre dans ma salle de cours et déjà je m’interroge : dois-je accueillir la classe en disant bonjour aux élèves ou me tourner vers mon écran pour effectuer l’appel électronique ? Dans un souci de « diversification de mes pratiques », dois-je capter le regard des élèves à l’aide de l’écran de mon vidéoprojecteur, vérifier la mise en route de toutes leurs tablettes ou décider de me passer de tout appareillage numérique ? Alors que la séance se termine, prendrons-nous le temps de noter le travail à effectuer à la maison ou dois-je renvoyer chaque élève devant son écran pour consulter le cahier de textes numérique que je remplirai en fin de journée ? C’est la pause du repas ; à la cantine, que penser de ce flux d’élèves identifiés par leur main posée sur un écran biométrique et du bip régulier de la machine signalant son aval à leur passage ? Ces enfants dans la cour scrutant sans cesse leur téléphone, ces surveillants et ces professeurs derrière leur ordinateur, tout ce monde se disant parfois à peine bonjour, est-ce cela le progrès ? En fin de journée, dans la salle des profs, dois-je, toujours face à mon écran, trier mes courriels administratifs et remplir le cahier de textes numérique, ou ai-je encore le temps d’échanger de vive voix avec mes collègues sur le déroulement de cette journée de classe ? Lire la suite…

Roger Alfred Stamm, Une exploration «intégrative» de la vie, 2007

27 septembre 2015 Laisser un commentaire

Le morphologiste Adolf Portmann (27 mai 1897-28 juin 1982) était un chercheur et un enseignant reconnu. Avec sa « biologie de la forme », et sa conception de l’être humain en tant qu’entité libre et culturelle, il œuvra contre la perte de l’intégrité du vivant. Vingt-cinq ans après sa mort, en cette époque de technologie génique, cela vaut la peine de se souvenir de lui. Roger Alfred Stamm – professeur émérite de l’université de Lunebourg et curateur des archives Portmann à l’Université de Bâle – donne ici un bref aperçu sur lui.

 

Adolf Portmann grandit à Bâle et enseigna, de 1926 à 1968, la zoologie à l’Université de cette ville, pendant plus de 35 ans comme professeur titulaire et directeur de l’Institut de Zoologie.

Parmi les zoologistes du XXe siècle, Adolf Portmann était sans conteste quelqu’un dont la recherche méritait tout particulièrement le qualificatif de « gœthéenne ». Portmann était morphologiste, et donc le représentant d’une spécialité aujourd’hui à peine soutenue, cependant fondamentale pour la connaissance des êtres vivants. L’évolution embryonnaire et celle du jeune animal étaient son point fort, et Portmann a découvert des choses essentielles sur les stades évolutifs des crabes, des escargots et des seiches, des oiseaux et des mammifères. Nous lui devons les aperçus décisifs sur la fonction des oiseaux et mammifères nidicoles et nidifuges, mais aussi une connaissance approfondie de l’évolution du cerveau chez ces groupes d’animaux. Lire la suite…

Robert Nadeau, Contre le scientisme, 1986

14 février 2012 Laisser un commentaire

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Je prendrai le parti délibéré de vous faire voir que maintenant, quarante ans après la toute première publication, sous forme d’articles de revue, de Misère de l’historicisme de Karl Popper, vingt-cinq ans après la parution en traduction anglaise de La logique de la découverte scientifique du même auteur, il nous faut encore ouvrir un nouveau front de bataille : et je plaiderai pour que vous tous m’y rejoigniez au premier rang, face à l’adversaire.

S’il est une tâche que Popper s’est librement assignée, c’est bien celle de contribuer non seulement à mettre en lumière l’authentique rationalité de la pensée scientifique, mais aussi à jeter le discrédit sur des conceptions épistémologiques vaines et nuisibles à la croissance du savoir. Et au cours des dernières années, plusieurs ouvrages ont été consacrés soit à interpréter la signification propre du falsificationnisme, soit à présenter de façon systématique le rationalisme critique, soit encore à défendre les conceptions épistémologiques attaquées par Popper, en particulier l’inductivisme confirmationniste. Aucune étude à ce jour n’a été consacrée à ce qui pourrait pourtant être à juste titre considéré comme la plus importante des conceptions inauthentiques de la connaissance scientifique, celle que Popper a baptisée du nom de « scientisme ». Car si, pour Popper et pour nous, le scientisme était effectivement « l’imitation de ce que certains prennent à tort pour la méthode et le langage de la science » 1, une tâche urgente que pourrait se donner l’épistémologie contemporaine serait bien de débusquer cette ridicule façon de faire des antres où elle se cache. Voilà l’identité de l’ennemi.

Mais où donc se terre-t-il ? Non loin de vous : ici même au collège, ou encore à l’école, à l’université, au premier chef dans l’esprit dit « scientifique » des collègues qui pratiquent ou enseignent les sciences, mais encore et surtout, parce qu’il s’y est subrepticement introduit, dans l’esprit de chacun d’entre nous fort probablement. Mais, me direz-vous, comment cela est-il possible ? Lire la suite…

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