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Posts Tagged ‘Encyclopédie des Nuisances’

Jacques Philipponneau, Quelques éclaircissements sur le mouvement des Gilets jaunes, 2019

2 novembre 2019 Laisser un commentaire

Les éclaircissements contenus dans cette lettre de Jacques Philipponneau, destinée, à l’origine, à quelques-uns de ses amis étrangers, nous ont paru mériter une plus large diffusion. La lettre était accompagnée de tracts et communiqués d’origines très diverses, parus tout au long du mouvement, que nous reproduisons dans le document téléchargeable en fin d’article.

 

Le mouvement des Gilets Jaunes, totalement imprévisible dans son prétexte, ses formes, sa durée et l’ébranlement qu’il a provoqué, est d’ores et déjà reconnu comme la plus grave crise sociale survenue en France depuis 1968 [1].

Je ne m’étendrai pas sur tout ce qui est communément admis sur ce mouvement et sa sociologie ou les spécificités typiquement françaises et aussi personnelles de l’exécutif actuellement au pouvoir (provocateur, bureaucratique, méprisant et particulièrement répressif), facteur contingent qui a largement contribué à exacerber le conflit [2]. Les quelques documents cités, assez éclectiques, en donnent globalement, malgré leurs limites ou leurs parti-pris, une vision assez claire. Il paraît plus important d’essayer de dégager, au-delà des clichés laudatifs ou critiques, ce qu’il signifie pour l’avenir des conflits et des enjeux de notre temps. Lire la suite…

Miquel Amorós, La technologie comme domination, 2004

11 novembre 2015 Laisser un commentaire

La constatation que le cycle de luttes ouvrières inauguré par la révolte de Mai 68 s’était achevé dans les années 1980 par la défaite du prolétariat a conduit l’Encyclopédie des Nuisances (EdN), mon groupe de l’époque, à effectuer quelques déductions rapides. La première d’entre elles fut que la production moderne était uniquement production de nuisances, et par conséquent entièrement inutilisable (ou indétournable, comme l’auraient dit les situationnistes). La réappropriation de la société par la classe révolutionnaire ne pouvait se fonder sur l’autogestion du système productif, mais elle devait le démanteler. L’émancipation humaine ne pourrait jamais se réduire à une simple question de technique.

L’idée de trouver la liberté et le bonheur dans le développement des forces productives, à la façon du modèle progressiste bourgeois, était simplement une absurdité. Le développement de ces forces avait toujours été une arme contre la classe ouvrière et son projet d’émancipation; les racines de l’exploitation se trouvaient davantage dans ce développement (et les formes du travail et de survie qu’il imposait) que dans sa nature même. Après avoir produit un monde inutilisable, l’exploitation aspirait à devenir irréversible. Le groupe de l’EdN avait dit clairement que le dépassement historique de la société de classes passait par sa destruction complète et entière, et non par une autogestion de ses ruines, ou encore moins par un retour à un passé idyllique à l’abri de l’histoire. Cependant, la voie révolutionnaire pour la reconstruction d’une société libre posait des problèmes nouveaux que l’EdN avait à peine esquissés, comme celui de l’absence de sujet historique réel et celui de son contraire, le triomphe total de l’aliénation capitaliste ou, comme le disait l’Internationale Situationniste (IS), du spectacle. Lire la suite…

Arnaud Michon, Du nucléaire au renouvelable, critique du système énergétique, 2013

7 avril 2015 Laisser un commentaire

Pour dresser ce tableau critique sur le nucléaire et le renouvelable, je vais m’appuyer sur Le Sens du vent, le livre que j’ai publié il y a trois ans, qui portait précisément sur ce sujet. Je crois utile de commencer par quelques remarques élémentaires. D’emblée, il faut dire que quelles que soient les sources d’énergie renouvelable auxquelles je me suis intéressé (à savoir l’eau, le soleil et surtout le vent), je me suis avant tout attaché à leurs applications électriques, c’est-à-dire à leur capacité à produire, à l’aide de matériaux et de mécanismes divers, de l’électricité. Cette précision est nécessaire car l’énergie ne se résume pas, loin s’en faut, à l’électricité. Le soleil, comme on le sait, produit naturellement de la chaleur ; l’éolien lui-même a longtemps servi à produire de l’énergie mécanique (pour pomper de l’eau, par exemple).

Précisons par la même occasion qu’en France comme dans la plupart des pays industrialisés, l’électricité ne représente qu’à peu près un quart de l’énergie consommée (surtout constituée de pétrole, comme on s’en doute). C’est une distinction à bien garder en tête quand on se propose de critiquer le système énergétique. Une fois faite cette distinction énergie/électricité, je dois préciser que je ne vois aucun mal, sur le principe, à produire de l’électricité avec du soleil de l’eau ou du vent. J’irai même jusqu’à dire, si l’on me permet cette parenthèse « idéaliste », qu’au sein d’une organisation sociale qui serait parvenue à se libérer des conditions présentes et à considérer tout autrement la question de ses besoins d’énergie, il y aurait tout lieu de faire un usage abondant des énergies renouvelables (pas seulement pour produire de l’électricité). Mais nous n’en sommes pas là. Lire la suite…

Riesel & Philipponneau, Au-dessus du volcan, 2014

24 décembre 2014 Laisser un commentaire

Quelques semaines après la mort de Rémi Fraisse, deux auteurs de l’Encyclopédie des nuisances, nous font parvenir la version originale, non modifiée, de leur tribune parue dans Le Monde du 5 décembre 2014 sous le titre Un État qui règne au dessus du volcan.

Le constat est désormais banal : la société-monde s’abîme dans ses crises. Jamais dans l’histoire une société n’avait imaginé prévoir si précisément l’agenda de son effondrement. Que ce soit l’ampleur du réchauffement climatique, l’épuisement des ressources naturelles, l’empoisonnement généralisé de la planète ou la certitude de futurs Fukushima, chaque mois amène son lot de détails sur les contours et le timing de l’inéluctable. On y avait accoutumé les populations. Les États et leurs supplétifs verts se faisaient rassurants. Ils en faisaient leur affaire : il y aurait encore de beaux jours, moyennant une désagréable mais inévitable période d’adaptation. Des « décroissants » s’en remettaient à l’Etat pour imposer les restrictions et la rééducation utiles au retour de la joie de vivre.

Tout ceci a volé en éclats en moins d’une décennie. Lire la suite…

Un Estado que rige encima de un volcán, 2014

24 décembre 2014 Laisser un commentaire

Frente a la dominación social y al caos geopolítico mundial, se levanta una juventud que se niega a seguir el juego del “complejo económico-industrial”. De este modo se inventan solidaridades concretas y otros modos de vida.

Constatarlo ahora es trivial: La sociedad-mundo se precipita en sus crisis. Nunca antes en la historia una sociedad había previsto con tanta precisión la agenda de su hundimiento. De la amplitud del calentamiento climático al agotamiento de los recursos naturales, el envenenamiento generalizado del planeta nos aporta mensualmente el correspondiente paquete de detalles sobre las líneas generales de lo ineluctable. La población ya se había acostumbrado a ello. El Estado y sus supletorios verdes trataban de tranquilizarla, pues esa era su tarea: vendrían días mejores tras un desagradable pero inevitable periodo de adaptación. Los “decrecentistas” apelaban al Estado para imponer las restricciones necesarias y la reeducación pertinente de cara al retorno de tiempos más felices.

Todo esto se ha ido al garete en menos de una década. Lire la suite…

Javier Rodriguez Hidalgo, La critique anti-industrielle et son avenir, 2005

Ces dernières années, une critique que l’on peut qualifier d’anti-industrielle et anti-progressiste a connu une importante diffusion. Ses traits principaux sont : le rejet catégorique de l’idée de progrès ; un jugement critique à l’égard de ce qu’a représenté la modernité ; une complète remise en question des potentialités libératrices de la technologie ; la constatation du fait qu’un désastre écologique et humain est en cours ; la contestation du caractère prétendument neutre de la technique. Même si la présente esquisse est trop générique, je vais essayer de montrer sous quelle forme cette critique radicale s’est récemment répandue en Espagne, d’abord grâce à des traductions de textes étrangers (qui ont été les premiers à avoir exposé cette critique avec une certaine cohérence), puis à travers des variantes autochtones ; à la suite de quoi je passerai en revue les objections le plus couramment soulevées contre ces idées, et j’exprimerai mes propres critiques. Je ne dissimule pas, pour éviter des reproches a posteriori, que je suis d’accord, pour l’essentiel, avec cette critique anti-industrielle. Lire la suite…

Javier Rodriguez Hidalgo, La crítica anti-industrial y su futuro, 2005

En los últimos años se ha dado una difusión notable de una crítica social que podríamos calificar de antiindustrial y antiprogresista. Sus rasgos principales son: un rechazo rotundo de la idea de progreso; un juicio crítico respecto a lo que ha supuesto la modernidad; un cuestionamiento absoluto de las posibilidades liberadoras de la tecnología; la constatación de que un desastre ecológico y humano está en marcha; y una crítica de la idea de neutralidad de la técnica. Aunque estos rasgos son demasiado genéricos, intentaré mostrar la forma en que esta crítica radical ha ido extendiéndose últimamente por el Estado español: primero con las aportaciones foráneas traducidas (por ser las primeras expuestas con una cierta coherencia teórica); a continuación, con sus variantes autóctonas; y al final repasaré las objeciones más habituales que pueden hacerse a estas ideas, así como mis propias críticas. No me molestaré en ocultar, para evitarme reproches a posteriori, que me identifico con esta crítica antiindustrial. Lire la suite…

Jaime Semprun, Le fantôme de la théorie, 2003

6 juillet 2012 Laisser un commentaire

Je voudrais exposer ici les raisons pour lesquelles divers essais récents de « théorie radicale » me semblent avoir quelque chose d’irréel, voire de creux, en tout cas de fantomatique, au sens où il y manque, selon moi, ce qui était la chair et le sang, le nerf si l’on préfère, bref la vie des théories révolutionnaires de la société. Cela m’amènera évidemment à dire un peu ce qu’est, ou plutôt ce qu’était, la théorie révolutionnaire, du temps où une telle chose existait ; et pourquoi je pense que ce n’est plus le cas. Lire la suite…

Jaime Semprun, El Fantasma de la Teoría, 2003

6 juillet 2012 Laisser un commentaire

Quisiera exponer aquí las razones por las cuales diversos ensayos recientes de “teoría radical” me parecen tener algo de irreal, de hueco, y en cualquier caso de fantasmal, en el sentido de que en ellos falta, en mi opinión, lo que era la carne y la sangre, o el nervio, si se prefiere; en resumidas cuentas, la vida de las teorías revolucionarias de la sociedad. Ello me llevará evidentemente a decir algo de lo que es, o más bien de lo que era, la teoría revolucionaria, en la época en que existía tal cosa, y por qué creo que ya no sucede así. Lire la suite…

Jaime Semprun, The Ghost of Theory, 2003

6 juillet 2012 Laisser un commentaire

I would like to set forth the reasons why I think the various recent attempts at “radical theory” seem to possess an unreal, hollow, and in any case ghostly quality, insofar as they lack, in my opinion, the body and blood, or the nervous system, if you prefer, in short, the vitality of previous revolutionary theories. This will obviously lead me to speak of what revolutionary theory is, or rather what it was during the era when such a thing existed, and why I believe that the conditions that made its existence possible no longer prevail. Lire la suite…