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Posts Tagged ‘éducation’

Brèves de Beauchastel, 2019

16 août 2019 Laisser un commentaire

Le Rappel de Beauchastel, bulletin contre l’école numérique n°6 (mai 2019) publie des brèves envoyées par ses lectrices. Quelques anecdotes, de la techno-consternation à la techno-résistance.

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Puzzle impossible

L’histoire se passe dans la voiture d’une dame qui nous a pris en stop en périphérie d’une grande ville. La conductrice est directrice d’une école primaire dans un village limitrophe du département qu’elle habite. Après qu’elle ait évoqué une réforme qui viserait à supprimer les directeurs d’écoles primaires (dont la charge serait alors supportée par les proviseurs des collèges!), on parle un peu de ce que deviendrait l’école avec moins de personnels (profs, pions, dirlos et toutes les p’tites mains…) Schématiquement ça donnait ça : moins de profs => fermeture d’écoles => plus de temps dans les transports scolaires => quelles solutions? => numérique? Lire la suite…

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Totaler Bildschirm, Widerstand gegen die Verwaltung und Informatisierung unserer Leben, 2016

30 octobre 2018 Laisser un commentaire

Seit 2011 widersetzen sich in Frankreich Schaf- und Ziegenzüchter*innen der europäischen Richtlinie, die ihnen vorschreibt, elektronische Chips an den Ohren ihrer Tiere anzubringen. Sie weigern sich, ihre Herde per Computer managen zu müssen und sich den Erfordernissen der industriellen Produktion, wie etwa der Rückverfolgbarkeit, anzupassen. Sie organisieren sich mit Kolleg*innen, Nachbar*innen und befreundeten Personen, um den Kontrollen der Behörden kollektiv zu begegnen und die finanziellen Sanktionen, die ihnen auferlegt werden, gemeinsam zu bewältigen. Lire la suite…

Anne Steiner, Université: la changer ou l’achever?, 2014

16 novembre 2017 Laisser un commentaire

La reproduction des élites

Jusqu’au début des années 1950, il y a eu en France, comme sous d’autres noms dans la majorité des pays industrialisés, deux réseaux d’enseignement bien distincts :

— Le réseau primaire, réservé aux enfants des classes populaires, qui conduisait au certificat d’études primaires complété, éventuellement, par une ou deux années de cours en école primaire supérieure (enseignement général) ou en centre d’apprentissage (enseignement professionnel). On en sortait à l’âge de 13 ou 14 ans. Ceux qui avaient été le plus loin pouvaient espérer obtenir des emplois d’ouvriers qualifiés ou d’employés. Mais, globalement, ce réseau ne formait qu’à des emplois d’exécution.

— Le réseau secondaire supérieur réservé aux enfants de la bourgeoisie, qui conduisait au baccalauréat et aux études supérieures. On le quittait entre 20 et 25 ans. L’enseignement secondaire ne s’inscrivait pas alors dans la continuité du primaire. Il y avait un examen d’entrée en classe de sixième. Les lycées, situés en centre-ville, possédaient leur propre premier cycle appelé « petit lycée » et, pour certains, leurs propres classes élémentaires. Fréquenter ces classes constituait la meilleure garantie d’accéder au secondaire. Le passage par ce réseau débouchait, selon le cursus suivi, sur des professions libérales, des carrières intéressantes dans l’administration, des emplois d’encadrement et de direction dans l’industrie.

Le baccalauréat et la maîtrise du latin établissaient alors une frontière étanche entre l’homme du peuple et le bourgeois. L’enseignement des langues anciennes empêchait qu’un bon élève ayant acquis après les classes élémentaires un complément de formation technique ou générale puisse devenir aussi instruit et cultivé qu’un élève moyen ayant terminé le cycle secondaire : il instituait une véritable barrière de caste et c’était sa principale fonction. Quant à l’université, telle que la définissait le décret napoléonien de 1808, elle avait pour unique mission, jusqu’au milieu du XXe siècle, la reproduction des élites. On ne « parvenait », on ne devenait véritablement un bourgeois que si l’on réussissait à faire donner à ses enfants l’instruction secondaire qui ferait d’eux des bacheliers puis des étudiants. Lire la suite…

Serge Tisseron, acceptologue du numérique à Albi, 2015

8 juillet 2015 Laisser un commentaire

gwen_tomahawk_anachroniqueMercredi 27 mai 2015, en début de soirée, à l’université d’Albi, le groupe Faut Pas Pucer a perturbé une conférence de Serge Tisseron, expert psychiatre de son état, qui s’intitulait Apprivoiser les écrans et grandir. Organisée par la MAIF (assureur militant), cette conférence visait à traiter les inquiétudes d’un public d’âge mûr vis-à-vis du tsunami numérique en cours.

Nous avons distribué 150 exemplaires du tract ci-dessous, car même les plus motivés d’entre nous n’envisageaient pas une seconde qu’il y ait 600 personnes pour assister à cette opération de comm’ gluante. Il a été distribué dans la salle dès le début, comme complément d’information aux papiers de la MAIF disponibles à l’entrée, pour donner un point d’appui à nos interventions et perturbations ultérieures. Lire la suite…

Olivier Rey, L’homme originaire ne descend pas du singe, 2013

20 mars 2014 Laisser un commentaire

Nous reproduisons ce texte qui, à notre sens, resitue l’opposition entre darwinistes et créationnistes avec une rare finesse et intelligence. Pour autant, nous ne partageons pas, loin de là, les très chrétiennes perspectives que l’auteur indique dans les deux dernières phrases de son texte. Nous pensons au contraire que c’est par l’élaboration d’une véritable philosophie de la nature, qui prend en compte de manière critique l’apport de la science, la reliant non plus seulement à l’efficacité technique et à la recherche de la puissance, mais surtout à la liberté et à l’autonomie humaine, qui permette de préciser, de manière moins abstraite et dépréciatrice que ne le fait l’actuelle théorie darwinienne de l’évolution, la place de l’homme dans la nature. (voir Le vivant, la machine et l’homme)

 

Que les êtres humains ne soient pas les produits de trois milliards et demi d’années de mutations et de sélection naturelle s’exerçant sur le vivant, voilà qui n’est pas aisé à avancer un siècle et demi après la publication de L’Origine des espèces, soixante-dix ans après la confluence du darwinisme et de la génétique dans la théorie synthétique de l’évolution.

Et cependant, il est possible d’affirmer pareille chose sans pour autant endosser le costume du créationniste de service, ni s’enrôler dans l’une de ces controverses absurdes dont notre époque raffole. D’un côté, l’intégrisme darwinien, à la Dawkins :

« La vie intelligente sur une planète arrive à maturité quand pour la première fois elle parvient à saisir la raison de sa propre existence. […] Les organismes vivants ont existé sur terre, sans jamais savoir pourquoi, pendant plus de trois milliards d’années, avant que l’un d’entre eux ne commence à entrevoir la vérité. Son nom était Charles Darwin. […] Nous n’avons plus à nous en remettre à la superstition pour affronter les grandes questions : la vie a-t-elle un sens ? À quoi servons-nous ? Qu’est-ce que l’homme ? Après avoir posé la dernière de ces questions, l’éminent zoologiste G. G. Simpson s’est exprimé en ces termes : “Ce que je veux maintenant faire remarquer est que toutes les réponses qu’on a tenté de donner à cette question avant 1859 sont sans valeur, et que le mieux à faire est de les ignorer complètement.” »

Richard Dawkins, The Selfish Gene, Oxford University Press, 2006
(30th anniversary edition), p. 1.

De l’autre côté, un tenant d’une lecture absolument littérale de la Genèse (ce qu’on a coutume d’appeler, aujourd’hui, un « créationniste »), soutenant que le monde que nous connaissons a été créé par Dieu en six jours il y a à peu près six mille ans.

Ainsi obtient-on un débat d’intensité maximale pour un niveau de pensée minimal. Lire la suite…

Sans rêve et sans réalité

2 août 2012 Laisser un commentaire

Quelques notes sur les écrans et l’éducation des enfants

Les écrans, qu’ils soient destinés à regarder la télévision, à consulter Internet, à jouer à toutes sortes de jeux, sur consoles ou sur ordinateurs, à faire les courses, à communiquer, à travailler, etc., sont de plus en plus présents dans le quotidien des gens. Les enfants et les adolescents n y échappent pas et représentent même une grande part de la population à adhérer activement à ces machineries.

Le rapport des enfants et des jeunes aux écrans pose déjà un certain nombre de problèmes au point qu’une institution comme la Caf (Caisse d’allocations familiales) se permet de donner régulièrement des conseils aux parents via ses prospectus gratuits envoyés aux familles.

Ce n’est là qu’un exemple parmi beaucoup d’autres; on peut lire tout d’abord dans Vies de famille, février 2012 qu’il ne s’agit pas «de diaboliser les écrans désormais omniprésents dans nos vies», «que ces outils ne sont pas nocifs en eux-mêmes, seul l’usage que l’on en fait peut devenir dangereux», que prendre conscience des dérives possibles nous aiderait à mieux utiliser les écrans et à ne pas les laisser nous accaparer, que les écrans «constituent de formidables ouvertures sur le monde, offrent de nouvelles méthodes d’apprentissage, enrichissent les relations sociales». Lire la suite…

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