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Posts Tagged ‘dévelopement’

Olivier Rey, Milieu, robustesse, convivialité, 2016

5 janvier 2019 Laisser un commentaire

C’est en 1972 que fut publié le rapport The Limits to Growth, résultat d’une étude commanditée par le Club de Rome – think tank composé de scientifiques, d’économistes, de hauts fonctionnaires et d’industriels. Ce rapport mettait en garde : le mode de développement adopté depuis la révolution industrielle européenne, s’il était poursuivi, n’allait pas tarder à outrepasser les possibilités d’une nature finie, à ruiner celle-ci et, par voie de conséquence, à précipiter l’humanité dans le chaos. Le constat n’était pas nouveau, mais on peut faire crédit aux rédacteurs du rapport de l’avoir fait, simulations informatiques à l’appui, et dans le style réclamé par les institutions internationales. Lire la suite…

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Ivan Illich, Au diable les bonnes intentions, 1968

18 juillet 2014 Laisser un commentaire

Ce discours a été prononcé le soir du samedi 20 avril 1968 au séminaire de St. Mary’s Lake of the Woods à Niles, dans la banlieue de Chicago (Illinois). Monseigneur Illich avait été invité à présenter un exposé lors de la Rencontre régionale pour le Midwest américain de la CIASP (Conférence sur les projets étudiants interaméricains). De nombreux intervenants avaient été invités à la Conférence qui était aussi ouverte à toutes les autres régions de la CIASP – les 3 autres régions états-uniennes et le Canada – ainsi qu’au public.

Ce document était le texte dactylographié du discours prononcé par Monseigneur Illich. Un enregistrement audio montre que le conférencier est resté fidèle au texte écrit lors de son allocution. Ivan Illich avait préparé un discours à Cuernavaca, avant de partir pour Chicago, il ajouta quelques remarques introductives après avoir passé un après-midi à suivre des sessions et à rencontrer des membres de la CIASP. Lire la suite…

Ivan Illich, To hell with good intentions, 1968

18 juillet 2014 Laisser un commentaire

CIASP CanadaThis talk was delivered on the evening of Saturday April 20 at St. Mary’s Lake of the Woods Seminary in Niles (Chicago) Illinois. Monsignor Illich was invited to make a presentation to the American Midwest Regional Meeting of CIASP (The Conference on Interamerican Student Projects). The Conference had an especially strong line-up of speakers and it was opened to all other regions of CIASP (all US regions and Canada) as well as the public.

This text version of the speech was scanned from an original mimeograph distributed to Conference participants on the following day. The document was typed version of Monsignor Illich’s speech. This original document was not edited and this document reflects the exact wording and punctuation used by Illich. The audio tape of this talk also shows it did not stray from the remarks represented in this scanned version.

Monsignor Illich had prepared a speech in Cuernavaca before travelling to Chicago; he added introductory remarks after an afternoon attending sessions and meeting with CIASP members. He drafted a quick introduction to the original presentation and modified the written presentation. The entire speech is usually cited as being given in Cuernavaca Mexico… but it was delivered in Chicago on April 20.
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Jean-Jacques Salomon, L’impérialisme du progrès, 2004

2 décembre 2013 Laisser un commentaire

Est-ce être irrévérencieux ? Il y a de l’ironie et même de la dérision – et pourquoi pas, autant le dire, de l’hypocrisie – dans la notion de développement durable. C’est bien pourquoi elle semble si allègrement convenir aujourd’hui à tous les esprits, de droite comme de gauche, même à ceux qui s’en réclament comme d’un vœu pieux pour en faire leur commerce et leurs profits. Il suffit, en effet, de voir ce que la formule dénonce – l’idée d’un développement non durable – pour en percevoir toutes les contradictions.

Durable, traduction (ou interprétation) européenne de la notion première, anglo-saxonne, de soutenable, comporte au moins deux sens : qui se maintient (ce qui dure ne change pas) et qui continue ou perdure (pas d’arrêt, c’est voué à se prolonger indéfiniment). Or, qu’est-ce qui n’est pas durable (ou soutenable) ? C’est bien le développement tel que nous l’avons pratiqué jusqu’à maintenant et continuons de le pratiquer en croyant (ou en faisant comme si nous « y » croyions) que les choses peuvent continuer en l’état malgré tous les signaux qui s’accumulent tendant à confirmer que, précisément, cela ne peut pas se maintenir et/ou que le processus peut s’interrompre et même s’achever. Lire la suite…

Wolfgang Sachs, La technologie, un cheval de Troie, 2003

17 septembre 2012 Laisser un commentaire

Deux principes tout à fait différents peuvent forger l’idée qu’une société se fait d’elle-même. Ou bien ce sont les relations de personne à personne qui dominent ou bien les relations de personne à objet. Dans le premier cas, les événements sont évalués d’après les relations entretenues avec les voisins ou les parents, les ancêtres ou les dieux ; dans le deuxième cas, au contraire, toutes les situations dans la vie sociale sont estimées d’après la façon dont elles contribuent à l’acquisition ou à la propriété de biens. Les temps modernes, dont la pensée et les aspirations gravitent principalement autour de la propriété, de la production et de la distribution, se sont voués au culte de l’objet ; c’est pourquoi l’usage de la technologie est devenu un véritable rituel magique. Lire la suite…

La fureur énergétique, 2011

5 septembre 2012 Laisser un commentaire

(ou comment s’en défaire)

Depuis longtemps, la mémoire des hommes avait enregistré que la côte Nord-Est du Japon était exposée à des tsunami violents du fait de la proximité d’une zone sismique. Au XIXe siècle, une vague de 30 mètres avait été observée. Malgré ce que le Japon avait déjà subi de la science de l’atome en 1945 (Hiroshima, Nagasaki), le forcing industriel avait réussi quelques années plus tard à implanter là une centrale nucléaire à l’abri d’une digue de 5 mètres seulement. Le 11 mars dernier, la violence des flots a anéanti tous les dispositifs de sécurité. Pompiers, techniciens, liquidateurs volontaires ou forcés (certains sont réquisitionnés parmi les clochards), tentent depuis des mois au péril de leurs vies de freiner  le processus inimaginable qui s’est déclenché à Fukushima. Tellement inimaginable que personne n’en souffle plus mot, que les médias préfèrent ne rien nous en dire, et laisser ce démenti brûlant de l’arrogance moderne s’épancher dans un assourdissant silence – de honte. Lire la suite…