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Posts Tagged ‘Darwin’

Adolf Portmann, La biologie et la conduite de notre vie, 1964

28 janvier 2015 Laisser un commentaire

Parmi les multiples questions que pose la vie de demain à la biologie, j’ai choisi deux aspects très différents, complémentaires l’un de l’autre : l’un est doué d’un dynamisme révolutionnaire, l’autre se veut conservateur. Le premier concerne la manipulation de l’homme en vue de sa transformation ; le second, par contraste, posera le problème de la protection du type humain, tel que l’évolution naturelle l’a formé. Les deux questions sont liées au développement des sciences modernes, et l’urgence de nos réflexions augmente avec le dynamisme d’une biotechnique chaque jour plus puissante. Lire la suite…

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François Jarrige, Se prémunir contre les préjugés ouvriers, 2010

18 décembre 2014 Laisser un commentaire

L’économie politique des machines entre l’Angleterre et la France (1800-1850)

Résumé

Au cours de la première moitié du XIXe siècle, l’économie politique devient la science justificatrice du nouveau monde industriel et de son cortège d’innovations techniques. Face aux oppositions qui s’expriment dans la société, la science économique en voie d’institutionnalisation est chargée de dire les avantages de l’emploi des machines pour la main-d’œuvre comme pour les consommateurs. La volonté de lutter contre « les préjugés ouvriers » à l’égard des machines s’affirme comme un topos du discours économique, il justifie le développement d’une vulgarisation de la science des machines auprès des masses. Si ce mouvement s’amorce précocement en Grande-Bretagne, il est largement international. Des préoccupations similaires se font jour en France, les expériences et les textes circulent entre les deux pays. En France, les phases d’agitations révolutionnaires sont l’occasion d’accélérer les transferts et d’importer les livres et les expériences britanniques. Lire la suite…

Jacques Roger, Transformisme, 1973

8 août 2014 Laisser un commentaire

Le transformisme est une théorie selon laquelle les espèces végétales et animales, loin d’être fixes, se sont transformées graduellement au cours du temps et de leur dissémination à la surface du globe, et se sont engendrées les unes les autres. Le fait même de la transformation et de la filiation des espèces n’est plus discuté par personne : il n’y a plus de biologiste fixiste. En revanche, l’ampleur, les causes et les modalités des transformations font encore l’objet de discussions, malgré l’existence d’une théorie dominante, largement admise, surtout par les biologistes. Lire la suite…

Lamarck, fondateur de la biologie et du transformisme

1 août 2014 Laisser un commentaire

Nombreuses ont été, en cette année 2009, les commémorations du 150ème anniversaire de la parution de L’origine des espèces, voire du 200ème anniversaire de la naissance de Charles Darwin. Plus rares ont été les commémorations du 200ème anniversaire de la parution de la Philosophie zoologique de Jean Baptiste Pierre Antoine de Monet de Lamarck (1er août 1744 – 18 décembre 1829), le premier théoricien scientifique du transformisme. Relevons toutefois que l’École normale supérieure de Paris lui a consacré un séminaire international le 29 juin 2009 qu’elle annonçait comme “lié au bicentenaire de la naissance de Darwin”. Lire la suite…

Gaëlle Le Dref, L’homme face à l’évolutionnisme, 2009

8 janvier 2014 Laisser un commentaire

L’homme face à l’évolutionnisme : un animal paradoxal

Cet article fait partie du dossier Critique du transhumanisme

En 1858, Alfred Russel Wallace (1823-1913) et Charles Darwin (1809-1882) font état conjointement de leur théorie de l’évolution naturelle [1]. L’idée d’un système de rapports nécessaires et permanents entre les êtres qui composent le monde animal et végétal disparaît [2]. Wallace et Darwin admettent tous deux, outre l’idée transformiste déjà largement admise et ayant été en particulier développée par Lamarck au début du siècle, « la lutte pour l’existence » comme loi naturelle générale du monde vivant.

En 1859 paraît L’Origine des espèces, qui fait état de cette théorie de l’évolution ou de la « descendance avec modification ». Elle est résumée par Darwin sous le concept de « Sélection Naturelle », qui n’est rien d’autre, une fois donnée la variabilité et l’hérédité, que l’effet nécessaire de la concurrence vitale unifiée sous le concept de sélection naturelle. À l’encontre des théories fixistes, catastrophistes et créationnistes, Darwin, en affirmant que tous les vivants descendent de formes inférieures, plus simples, selon la loi de la Sélection Naturelle, affirme du même coup que l’homme descend, lui aussi, de formes inférieures. Loin d’être une créature de Dieu achevée de tout temps ou plus simplement apparu immédiatement comme tel, l’homme est le produit d’un processus naturel, de lois physiques, au même titre que tout le règne du vivant. En 1871, La Filiation de l’homme opère explicitement l’extension à l’homme de la théorie de la « descendance avec modification ». L’espèce humaine est étudiée comme n’importe quelle autre espèce et soulève les même interrogations : Y a-t-il plusieurs races humaines, comment l’espèce humaine se situe-t-elle dans l’arbre de l’évolution, est-elle encore susceptible d’évoluer, est-elle toujours soumise au principe de la Sélection Naturelle, etc. ? En 1872, L’Expression des sentiments poursuit dans cette voie en établissant un parallélisme systématique entre les animaux et l’homme. Darwin y présente une éthologie évolutionniste comparative qui suggère largement une continuité entre le règne animal et humain, les différences apparaissant comme de degré et non de nature. Lire la suite…

Lettre ouverte au Musée de la préhistoire des gorges du Verdon de Quinson, 2009

3 décembre 2013 Laisser un commentaire

Cette lettre ouverte a été envoyée aux responsables et aux personnels du Musée de la préhistoire des gorges du Verdon de Quinson le 27 juin 2009, lors de l’année Darwin. L’auteur s’est également rendu à une des conférences organisées par ce musée avec Patrick Tort. Il fut impossible de discuter du contenu de cette lettre avec aucun des conférenciers ou des organisateurs. Personne n’a répondu aux questions qui étaient posées dans cette lettre.

Mesdames, Messieurs,

J’ai découvert récemment le Programme départemental 2009, publié par le Conseil Général des Alpes de Haute Provence, intitulé Du temps du monde au temps de l’homme où se trouve la présentation de votre exposition « Les sciences de l’évolution : de Darwin aux biotechnologies du XXIe siècle ». Je salue votre initiative et surtout votre volonté de « donner des clés objectives de réflexion au public », comme vous l’écrivez p. 30. Mais, en matière de « clés objectives », je constate que le texte de votre « Panneau introductif de l’exposition » comporte de graves lacunes et inexactitudes: Lire la suite…

Recension: A. Pichot, Aux origines des théories raciales, 2008

20 novembre 2013 Laisser un commentaire

André Pichot,

Aux origines des théories raciales. De la Bible à Darwin

éd. Flammarion, 2008, 520 p.

 

« Le darwinisme n’est pas une théorie scientifique qui a connu maintes dérives idéologiques, c’est une idéologie à qui la génétique a fini par donner un aspect à peu près scientifique » (p. 299).

Telle est la thèse qui conduit André Pichot, dans son dernier livre, à opérer un bouleversement des catégories habituelles de pensée : Darwin n’est plus le champion de la vision scientifique du monde en lutte contre la conception obscurantiste du créationnisme et du finalisme religieux, mais l’une des figures du grand mouvement idéologique emportant aussi bien la biologie que les religions au XIXe siècle, et qui conduit finalement aux diverses théories du racisme « scientifique » : la biologisation de l’ordre social. Darwin ne l’aurait donc pas emporté contre son temps mais, tout au contraire, serait le produit des idées dominantes de son époque, auxquelles il aurait fourni en retour une arme puissante en la notion de sélection naturelle, susceptible de donner au capitalisme comme au colonialisme alors en expansion le fondement naturel qui leur manquait. Lire la suite…

Une autre biologie est-elle possible ?

7 juillet 2013 Laisser un commentaire

Dans sa façon de rendre compte de l’évolution des espèces, le darwinisme n’a pas réellement su rendre compte de ce qu’est le vivant, en le présentant comme un simple jouet soumis au jeu de la sélection naturelle. Mais une autre conception matérialiste du vivant est envisageable, en s’inspirant par exemple des théories de Jean-Baptiste Lamarck, qui permet de reconnaître l’autonomie de son développement.

L’année 2009 est décidément l’année Darwin (1809-1882) : c’est le bicentenaire de sa naissance (12 février 1809) et les cent cinquante ans de la publication de L’Origine des espèces (24 novembre 1859). Lorsque, dans les revues et les magazines, on fait de Darwin le « fondateur de la biologie moderne », ce titre n’est certes pas usurpé. Mais ses thuriféraires ne devraient pas y voir un motif de s’en vanter et d’en être fiers : on peut dire sans trop exagérer que, depuis Darwin, la biologie s’est enfoncée dans la confusion des idées et la pauvreté de la réflexion sur le vivant. En effet, nous avons affaire à d’étranges « sciences de la vie » qui n’ont toujours pas de définition précise et unanime de la notion de vie, à une curieuse « biologie » qui ne sait toujours pas ce qu’est un être vivant ! Lire la suite…

Clémence Royer, Avant propos et préface à la traduction française de L’Origine des espèces, 1866

Présentation

Clémence Augustine Royer (1830-1902) fut à la fin du XIXe siècle une figure du féminisme et de la libre pensée. On lui doit notamment la première traduction en français de L’Origine des espèces de Charles Darwin en 1862.

Première édition (1862)

Darwin était impatient de voir son livre traduit en français, mais on ne connaît pas exactement quelles négociations ont aboutit à ce que la première traduction française de L’Origine des espèces soit finalement confiée à Clémence Royer. Darwin avait d’abord sollicité Louise Belloc, mais elle avait décliné son offre, considérant le livre comme trop technique. Darwin a été également démarché par Pierre Talandier, mais ce dernier fut incapable de trouver un éditeur.

Clémence Royer connaissait bien les ouvrages de Lamarck et de Malthus et s’est vite rendue compte de l’importance de l’ouvrage de Darwin. Elle fut probablement encouragée par ses étroites relations avec l’éditeur Guillaumin, qui publia les trois premières éditions françaises de L’Origine des espèces. Lire la suite…

Laurent Loison, le darwinisme sans la biologie

21 janvier 2013 Laisser un commentaire

Laurent Loison est historien des sciences et plus particulièrement de la biologie. Il s’est attaché à faire l’histoire du néo-lamarckisme en France – c’est le sujet de sa thèse de doctorat, Les notions de plasticité et d’hérédité chez les néolamarckiens français (1879-1946), Eléments pour une histoire du transformisme en France, Université de Nantes, 2008 [1], dont il a tiré l’ouvrage Qu’est-ce que le néolamackisme ? Les biologistes français et la question de l’évolution des espèces, 1870-1940, éd. Vuibert, 2010.

Pour autant, il reste résolument darwinien, et le texte que nous reproduisons ci-après a le mérite de nous en donner explicitement les raisons, et cela d’autant plus clairement qu’il procède par comparaison avec les idées de Lamarck. Ce faisant, probablement sans le vouloir ni s’en rendre compte, l’auteur vend la mèche du darwinisme : il expose en pleine lumière son incohérence et son manque de fondement scientifiques. Lire la suite…