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Posts Tagged ‘créationnisme’

Olivier Rey, L’homme originaire ne descend pas du singe, 2013

20 mars 2014 Laisser un commentaire

Nous reproduisons ce texte qui, à notre sens, resitue l’opposition entre darwinistes et créationnistes avec une rare finesse et intelligence. Pour autant, nous ne partageons pas, loin de là, les très chrétiennes perspectives que l’auteur indique dans les deux dernières phrases de son texte. Nous pensons au contraire que c’est par l’élaboration d’une véritable philosophie de la nature, qui prend en compte de manière critique l’apport de la science, la reliant non plus seulement à l’efficacité technique et à la recherche de la puissance, mais surtout à la liberté et à l’autonomie humaine, qui permette de préciser, de manière moins abstraite et dépréciatrice que ne le fait l’actuelle théorie darwinienne de l’évolution, la place de l’homme dans la nature. (voir Le vivant, la machine et l’homme)

 

Que les êtres humains ne soient pas les produits de trois milliards et demi d’années de mutations et de sélection naturelle s’exerçant sur le vivant, voilà qui n’est pas aisé à avancer un siècle et demi après la publication de L’Origine des espèces, soixante-dix ans après la confluence du darwinisme et de la génétique dans la théorie synthétique de l’évolution.

Et cependant, il est possible d’affirmer pareille chose sans pour autant endosser le costume du créationniste de service, ni s’enrôler dans l’une de ces controverses absurdes dont notre époque raffole. D’un côté, l’intégrisme darwinien, à la Dawkins :

« La vie intelligente sur une planète arrive à maturité quand pour la première fois elle parvient à saisir la raison de sa propre existence. […] Les organismes vivants ont existé sur terre, sans jamais savoir pourquoi, pendant plus de trois milliards d’années, avant que l’un d’entre eux ne commence à entrevoir la vérité. Son nom était Charles Darwin. […] Nous n’avons plus à nous en remettre à la superstition pour affronter les grandes questions : la vie a-t-elle un sens ? À quoi servons-nous ? Qu’est-ce que l’homme ? Après avoir posé la dernière de ces questions, l’éminent zoologiste G. G. Simpson s’est exprimé en ces termes : “Ce que je veux maintenant faire remarquer est que toutes les réponses qu’on a tenté de donner à cette question avant 1859 sont sans valeur, et que le mieux à faire est de les ignorer complètement.” »

Richard Dawkins, The Selfish Gene, Oxford University Press, 2006
(30th anniversary edition), p. 1.

De l’autre côté, un tenant d’une lecture absolument littérale de la Genèse (ce qu’on a coutume d’appeler, aujourd’hui, un « créationniste »), soutenant que le monde que nous connaissons a été créé par Dieu en six jours il y a à peu près six mille ans.

Ainsi obtient-on un débat d’intensité maximale pour un niveau de pensée minimal. Lire la suite…

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Recension: A. Pichot, Aux origines des théories raciales, 2008

20 novembre 2013 Laisser un commentaire

André Pichot,

Aux origines des théories raciales. De la Bible à Darwin

éd. Flammarion, 2008, 520 p.

 

« Le darwinisme n’est pas une théorie scientifique qui a connu maintes dérives idéologiques, c’est une idéologie à qui la génétique a fini par donner un aspect à peu près scientifique » (p. 299).

Telle est la thèse qui conduit André Pichot, dans son dernier livre, à opérer un bouleversement des catégories habituelles de pensée : Darwin n’est plus le champion de la vision scientifique du monde en lutte contre la conception obscurantiste du créationnisme et du finalisme religieux, mais l’une des figures du grand mouvement idéologique emportant aussi bien la biologie que les religions au XIXe siècle, et qui conduit finalement aux diverses théories du racisme « scientifique » : la biologisation de l’ordre social. Darwin ne l’aurait donc pas emporté contre son temps mais, tout au contraire, serait le produit des idées dominantes de son époque, auxquelles il aurait fourni en retour une arme puissante en la notion de sélection naturelle, susceptible de donner au capitalisme comme au colonialisme alors en expansion le fondement naturel qui leur manquait. Lire la suite…

Guillaume Lecointre, guide critique, 2005

17 novembre 2012 Laisser un commentaire

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Le 29 octobre 2005, sur la chaîne de télévision Arte, était diffusé un documentaire de Thomas Johnson intitulé Homo sapiens, une nouvelle histoire de l’homme, qui exposait la théorie de la paléoanthropologue Anne Dambricourt-Malassé. A la suite de pressions occultes impulsées par Guillaume Lecointre du Muséum d’Histoire Naturelle, la chaîne Arte organisa à la dernière minute un “débat” à la suite de ce documentaire entre divers scientifiques tous radicalement opposés aux thèses exposés dans ce film.

Sans avoir besoin d’approuver la théorie de cette scientifique sur l’origine de l’homme, et moins encore les accointances bien réelles qu’elle a entretenue avec les partisans de l’Intelligent Design [ID] ou d’autres confusionnistes (comme ce très œcuménique Jean Staune de l’Université Interdisciplinaire de Paris [UIP]), l’attitude de Lecointre dans cette affaire dénote non seulement d’un certain scientisme, mais de plus d’une vision pour le moins autoritariste de la manière de mener un “débat public”. Lire la suite…

Frères ennemis

Un spectre hante l’Europe… le spectre du créationnisme.

C’est du moins ce que l’on peut lire dans le dernier numéro de Science & Vie. En effet, on se souvient qu’en janvier 2007, des écoles et des universités françaises ont reçu gratuitement un luxueux Atlas de la Création rédigé par un certain Harun Yahya – pseudonyme du prédicateur turc musulman Adnam Oktar – dont le contenu s’employait laborieusement à réfuter l’idée d’évolution des espèces avancée par Darwin et à faire de Dieu le créateur unique de tous les êtres vivants. Lire la suite…