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Suzanne Bray, Chesterton contre l’eugénisme, 2009

19 novembre 2016 Laisser un commentaire

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Une victoire inconnue

Dans sa préface à une édition d’Eugenics and Other Evils : An Argument Against the Scientifically Organized State (1922) de Gilbert Keith Chesterton (1874-1936), Michael W. Perry écrit :

« Aujourd’hui l’eugénisme a peu d’amis déclarés, […] mais à l’époque de Chesterton ses adeptes se trouvaient parmi les gens les plus puissants et les plus respectés du pays. Chesterton à part, presque personne parmi l’élite ne s’y opposait publiquement. »

G. K. Chesterton, Eugenics and Other Evils, Inkling Books, 2000, p. 5.

Plusieurs commentateurs disent la même chose. Pour Russell Sparkes : « la bataille contre l’eugénisme est la grande victoire inconnue de Chesterton » 1. Il prétend également que Chesterton était le seul personnage bien connu à lutter contre le Mental Deficiency Bill en 1912. De même, Lord Alton perçoit Chesterton comme « le prophète de la vie du XXe siècle et l’opposant le plus efficace de l’eugénisme naissant » 2 et l’admire surtout pour « sa capacité d’utiliser les méthodes de communication de masse afin d’attirer l’attention du public vers des questions primordiales » 3.

Dans cette étude, après un survol du mouvement eugéniste en Grande-Bretagne jusqu’en 1914, nous examinerons l’opposition à l’eugénisme en général et, en particulier, l’opposition au Mental Deficiency Bill de 1912. Nous analyserons les arguments présentés afin de contrer les prétentions eugénistes et nous tenterons de situer l’importance de l’apport de Chesterton dans une lutte qui réussit à épargner au Royaume-Uni une législation ouvertement inspirée des principes eugénistes en dépit du lobbying d’éminentes personnalités. Lire la suite…

Richard C. Lewontin, Les causes et leurs effets, 1991

17 février 2016 Laisser un commentaire

« Il faudra que certains aient le courage d’intervenir sur la lignée germinale [humaine] sans être sûrs du résultat. De plus, et personne n’ose le dire, si nous pouvions créer des êtres humains meilleurs grâce à l’addition de gènes (provenant de plantes ou d’animaux), pourquoi s’en priver ? Où est le problème ? »

Déclaration de James Watson,
– codécouvreur de la structure en double hélice de l’ADN en 1953 –
lors d’une conférence à l’université de Californie en 1998.

Ce qui suit est un ensemble d’extraits adaptés et commentés du chapitre III (Causes and their effects) du livre de Richard C. Lewontin, Biology as Ideology, the doctrine of DNA (1991). Les passages que nous avons réécrits, parce que Lewontin considère que son lecteur possède déjà des connaissances en biologie, sont entre points (•…•) et les commentaires que nous avons ajoutés, parce qu’il ne va pas toujours au bout de ses raisonnements, sont entre crochets et en italiques ([…]) ; toutes les notes de bas de page ont été ajoutées par nous. Lewontin, en tant que scientifique, emploie le “nous” pour parler des travaux et des activités des chercheurs. Dans nos commentaires et nos corrections, notre point de vue étant différent, nous avons employé d’autres tournures. Lire la suite…