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Posts Tagged ‘Céline Lafontaine’

Céline Lafontaine, La vieillesse, une maladie mortelle, 2010

25 novembre 2017 Laisser un commentaire

Résumé

Sans doute l’une des plus profondes et des plus durables révolutions ayant marqué l’histoire humaine, la transition démographique caractérisant notre époque entraîne une redéfinition complète de notre rapport au temps et à la mort. Associée à la mort et à la dégénérescence, la vieillesse apparaît désormais comme une tare, comme un fléau contre lequel il faut absolument lutter. Traçant un parallèle entre les statuts des personnes âgées et les avancées biomédicales liées à la lutte anti-âge, cet article analyse les conséquences sociales et éthiques de la volonté de vaincre scientifiquement la mort, de vivre sans vieillir et d’étendre indéfiniment la durée de vie. Lire la suite…

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Céline Lafontaine, Le corps cybernétique de la bioéconomie, 2014

23 novembre 2017 Laisser un commentaire

Résumé

La molécularisation du corps à travers la déconstruction de ses composantes biologiques constitue le socle épistémologique sur lequel s’est instituée la bioéconomie. Cette dernière repose sur un modèle cybernétique du vivant et de l’économie. De manière tangible, le corps ne disparaît évidemment pas, mais la vision moléculaire participe de sa dématérialisation et de sa décomposition technoscientifique camouflant ainsi les nouvelles logiques d’appropriation économique dont il est l’objet. Lire la suite…

Céline Lafontaine, La condition postmortelle, 2008

13 novembre 2017 Laisser un commentaire

Du déni de la mort
à la quête d’une vie sans fin

Résumé

Qu’en est-il d’une société engagée dans une lutte pour en finir avec la mort, à tel point que chaque décès prend les allures d’une défaite scientifique ? Où le vieillissement est considéré comme une maladie ? Où la volonté de prolonger la vie ici-bas se substitue au désir d’immortalité dans l’au-delà ?

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Limite infranchissable fondant l’ordre symbolique, la mort est un « phénomène social total » 1. Premier principe universel, elle pose l’identité de l’humanité à travers toutes les croyances, tous les mythes et toutes les pratiques. Ainsi, en définissant l’homme comme mortel, les Anciens instituaient l’universalité emblématique de la condition humaine : tous les hommes sont mortels 2. La conscience de la mort et les réponses socialement élaborées pour contenir l’inévitable angoisse qu’elle soulève ponctuent le rapport de l’individu à la société. L’anthropologie de la mort nous enseigne, en ce sens, que le statut de la subjectivité est étroitement lié à celui de la mortalité 3. Face à l’inéluctabilité de la fin, l’individu trouve refuge dans la forteresse idéelle de l’immortalité que chaque société dresse afin d’assurer sa continuité. L’histoire des sociétés humaines peut ainsi se lire comme l’ensemble des récits visant à donner vie au rêve d’immortalité. Des mythologies primitives aux grandes religions historiques, de l’immortalité de l’âme à la postérité immémoriale des héros, de la résurrection au Nirvana, le désir d’éternité marque la frontière entre l’ici-bas et l’au-delà. Il trace l’horizon du sens que l’on donne collectivement à l’existence humaine. Il assure la pérennité de l’ordre social à travers le passage des générations. Bref, il est au fondement même de la civilisation. Lire la suite…

Recension: Le corps, matière première de la croissance, 2015

13 septembre 2015 Laisser un commentaire

Après La Société postmortelle, paru en 2008, qui abordait les transformations de notre rapport à la mort, la sociologue québécoise Céline Lafontaine vient de publier Le Corps-marché (éd. du Seuil). Fruit de ses réflexions sur l’industrie biomédicale et d’un travail de terrain auprès de chercheurs en médecine régénératrice, elle y montre comment le corps (le sang, les tissus, les cellules, les ovules…) est devenu une source de profit, une nouvelle matière première au cœur d’un modèle économique dans lequel la vie en elle-même se réduit à sa seule productivité.

 

Cédric Biagini : Vous parlez tout au long de votre livre de la bioéconomie comme étant une nouvelle phase de la globalisation capitaliste. Que signifie ce terme ?

Céline Lafontaine : La bioéconomie est l’idée que dans un monde où la croissance risque d’être ralentie par l’épuisement des énergies fossiles, le vivant est une nouvelle source de profit. La possibilité de le transformer et de le manipuler permettra de poursuivre la croissance. Dans ce cadre, les processus biologiques dans leur ensemble doivent être exploités. Les organismes vivants sont considérés comme une ressource renouvelable et non polluante grâce à laquelle la croissance infinie peut continuer.

C. B. : La bioéconomie a fait l’objet d’un rapport de l’OCDE (la bioéconomie à l’horizon 2030) qui pose les bases d’un plan d’action visant à favoriser la mise en place d’un modèle de développement dans lequel la manipulation du vivant devient une source de productivité. Pourquoi ?

C. L. : L’OCDE prévoit toujours sur le long terme. S’intéresser au vivant est la poursuite de cette idée que les processus biologiques, grâce au développement des biotechnologies, nous permettront de trouver une nouvelle forme de productivité. C’est très paradoxal car la bioéconomie, à l’heure de la crise écologique, vient encourager l’exploitation des énergies fossiles en entretenant l’idée d’un vivant infini que l’on peut manipuler. Continuons donc à polluer, l’horizon c’est la croissance. C’est tout l’enjeu de la bioéconomie : poursuivre la croissance et penser le vivant comme la nouvelle énergie à exploiter. Lire la suite…