Radio : Jarrige, Amiech, Izoard, Contre le totalitarisme numérique, 2021

Une critique du numérique et de la société qu’il fait advenir d’un point de vue écologiste et libertaire. Un critique du capitalisme et de son accélération, du colonialisme et de l’extraction des métaux comme des données. L’industrie électronique analysée comme un programme extra-terrestre qui sacrifie la planète, la vie sociale et la liberté. Lire la suite »

Célia Izoard, Le totalitarisme numérique de la Chine menace toute la planète, 2021

Si la Chine est un régime totalitaire, ce n’est pas seulement parce que le numérique donne des moyens de contrôle supplémentaires au Parti dictatorial. Ces dispositifs électroniques sont aussi porteurs de leur propre logique de régulation sociale, qui s’étend à l’ensemble de la planète.

 

Il y a dix ans, la presse internationale a fait connaître au monde entier l’existence d’une vague de suicides d’ouvriers chez Foxconn, géant mondial de l’électronique implanté en Chine, dont les usines produisent la plupart du matériel informatique que nous utilisons (voir cet ouvrage). Le désespoir de ces jeunes surexploités dans des bagnes high-tech a jeté une lumière crue sur le coût humain de l’économie immatérielle célébrée par tous les dirigeants. Une telle information pourrait-elle, aujourd’hui, parvenir jusqu’à nous ? Difficilement.

C’est la conclusion à laquelle on arrive après avoir lu Dictature 2.0, quand la Chine surveille son peuple (et demain le monde), l’essai de Kai Strittmatter (aux éditions Tallandier), ancien correspondant du Süddeutsche Zeitung à Pékin. Lire la suite »

Célia Izoard, Lettre aux ingénieurs du véhicule autonome, 2020

A l’occasion de la publication de Merci de changer de métier, Lettres aux humains qui robotisent le monde (éditions de la dernière lettre, 2020), de la chercheuse et journaliste Célia Izoard, nous publions la lettre qui ouvre ce recueil. Une adresse qui interroge la responsabilité du développement et du déploiement technique sur la société et qui va bien au-delà des enjeux du seul véhicule autonome.

 

Salut à vous,

Voilà plusieurs années que vous êtes lancés sur l’un des plus gros projets industriels de la décennie, celui de faire rouler des voitures, des bus et des camions sans conducteur. Plus besoin d’humain derrière le volant, ces véhicules issus de la fusion entre la voiture, l’ordinateur et le robot arrivent d’un coup d’appli et se conduisent tout seuls, équipés de centaines de capteurs – caméras pour reproduire la vision en 3D de la route ou suivre le marquage au sol, lidars [1] et radars longue portée pour détecter les objets environnants – reliés à un ordinateur central traitant des dizaines de gigaoctets par minute. Aujourd’hui, vous mettez tout ce qui fait de vous des gens vivants et en mouvement au service de ce projet là. Votre énergie, votre talent, votre temps, tout ceci vous sert à perfectionner des capteurs, à éduquer des algorithmes pour que le système ne confonde pas la feuille morte avec l’enfant qui joue. Lire la suite »

Célia Izoard, La voiture autonome? Une catastrophe écologique, 2019

L’industrie automobile prépare activement la généralisation des véhicules autonomes. Problème : leur mise en œuvre à grande échelle aurait des conséquences écologiques très néfastes.

Dans le principe, la prouesse technologique consistant à remplacer par des machines les innombrables opérations complexes qu’effectue une personne au volant paraît difficilement compatible avec l’idée de sobriété. Lire la suite »

Célia Izoard, La transition écologique brasse du vent, 2017

Nombre d’écolos s’émerveillent devant les promesses des énergies renouvelables. Pour eux, la « transition énergétique » consiste notamment à déployer un peu partout de gigantesques éoliennes. Livrées aux puissances du marché et à des besoins en électricité démesurés, ces machines géantes font disparaître milieux naturels et territoires habitables comme n’importe quel site industriel. Selon le Grenelle de l’environnement, il est prévu d’en implanter 9 500 sur le sol français d’ici trois ans, dont plus de 500 dans la campagne aveyronnaise qui, avec ses collines venteuses et dépeuplées, constitue un formidable « gisement ». Les autochtones ne l’entendent pas de cette oreille.Lire la suite »

Célia Izoard, Des robots dans la ville, 2016

Fin septembre, les organisateurs de la Toulouse robot race (en français courant, course de robots de Toulouse), annonçaient une déferlante de machines menaçantes dans les rues de la ville. Les ingénieurs et passionnés d’informatique allaient faire rouler leurs engins autonomes à tombeau ouvert. Fascinés par les robots boiteux, les médias étaient là pour relayer l’événement.

Reportage de notre envoyée spéciale Célia Izoard – journaliste et traductrice.Lire la suite »

Radio: Célia Izoard, Avez-vous déjà entendu parler du CLODO ?, 2011

Le Comité pour la Liquidation ou le Détournement des Ordinateurs

Avez-vous déjà entendu parler du CLODO ? À Toulouse, entre 1980 et 1983, ce mystérieux Comité pour la Liquidation ou le Détournement des Ordinateurs faisait la une des journaux en incendiant des usines d’informatique. C’est avant, bien sûr. Avant que nous ayons (presque) tous un iPod dans la poche et un portable à la main. À une époque où les gens étaient tellement sceptiques sur l’utilité d’un ordinateur à la maison que le gouvernement s’était mis à distribuer des Minitel à tour de bras…

La nuit du 5 avril 1980, à Toulouse, les locaux de la société Phillips Informatique sont en feu. Trois jours plus tard, on signale un incendie à la compagnie d’informatique CII-Honeywell-Bull. Le procédé est rudimentaire : ordinateurs, fichiers et documents ont été entassés dans le hall et brûlés. Le 10 avril, c’est-à-dire le lendemain de l’incendie de la CII, une fausse alerte à la bombe nécessite l’évacuation des locaux d’IBM, à Toulouse. On fait des rapprochements avec un attentat qui avait visé l’ancien siège de DATA Systems le 24 novembre 1977… Lire la suite »

Célia Izoard, Les technologies bouleversent le quotidien pour mieux conserver le statu quo, 2017

« Il faut tout changer pour que rien ne change. »

Cette formule célèbre de l’écrivain sicilien Tommasi dans Le Guépard résume la frénésie d’innovation des dirigeants politiques. François Fillon voudrait faire de la France « une start-up nation », Jean-Luc Mélenchon, nouvelle icône de la réalité virtuelle, une « République numérique », et Marine Le Pen, un « pays d’innovation ». Véritable Shiva de l’innovation, Emmanuel Macron n’aurait pas assez de mains pour actionner tous les leviers par lesquels il promet de la stimuler. Même Benoît Hamon, dont les réserves à ce sujet constituent une anomalie au PS, ne remet pas en cause le développement de la numérisation et l’automatisation, mais propose de compenser les suppressions d’emplois par une taxe sur les robots et le revenu universel. Le caractère inéluctable du développement technoscientifique est le seul consensus qui traverse l’ensemble de la classe politique.Lire la suite »

F. Bérard, M. Brier et C. Izoard, Le robot à visage humain, une opération de com?, 2015

Le robot compagnon et ses avatars ne constituent-ils pas une menace aussi redoutable que les « robots tueurs autonomes », s’interrogent des membres de la rédaction de la revue itinérante de critique sociale Z.

A ce jour, plus de 3 000 chercheurs en robotique et en intelligence artificielle du monde entier ont signé une lettre ouverte demandant l’interdiction des « robots tueurs autonomes », capables à brève échéance de sélectionner et d’exécuter des cibles sans intervention humaine. Il faut éviter, conclut cette lettre, publiée en juillet lors d’un congrès scientifique à Buenos Aires, que ces nouvelles armes ne « discréditent les recherches en intelligence artificielle aux yeux du public, privant la société de ses bienfaits ». Nous pensons au contraire que la société, chercheurs compris, devrait s’interroger au plus vite sur la nature de ces bienfaits.Lire la suite »

Radio: Célia Izoard, Robots et Travail, 2016

Dans la série Racine de Moins Un, émission de critique des sciences, de la technologie et de la société industrielle, Célia Izoard, journaliste pour la Revue de critique sociale itinérante Z, auteure et traductrice aux éditions Agone (David Noble, Le Progrès sans le Peuple; La machine est ton seigneur et maître) et membre du groupe Oblomoff de critique de la recherche scientifique, expose les conséquences politiques et sociales de l’automatisation et de la robotisation générale qui affectent actuellement nos sociétés industrielles. Elle montre que, comme l’avait déjà constaté le père de la cybernétique, Norbert Wiener: «Toute main-d’œuvre mise en concurrence avec un esclave, humain ou mécanique, doit accepter les conditions de travail de l’esclave.»Lire la suite »