David Watson, Nous vivons tous à Bhopal, 1984

Le texte suivant a initialement été publié, en anglais, dans la revue d’écologie radicale états-unienne Fifth Estate, peu de temps après l’explosion chimique dévastatrice de Bhopal, en décembre 1984, qui continue encore à tuer aujourd’hui. Des enfants naissent déformés ou morts, la terre est contaminée. Ceux qui ont survécu au massacre – les familles de réfugiés de l’industrie ayant fui le nuage chimique – se voient mourir lentement de cancer et d’autres maladies liées à la pollution ou au stress.

Nous en publions une traduction, à la suite de la catastrophe industrielle de Lubrizol à Rouen (France) puis du port de Beyrouth (Liban), parce que ce texte est, manifestement, toujours d’actualité.

 

Les cendres des bûchers funéraires de Bhopal étaient encore chaudes et les fosses communes encore fraîches lorsque les laquais médiatiques du monde de l’Entreprise entonnèrent leurs homélies en défense de l’industrialisme et de ses innombrables horreurs. Quelque 3 000 personnes avaient été massacrées par le nuage de gaz mortel et 20 000 resteraient handicapées à vie. Le gaz toxique avait infecté une bande de 40 km2 où humains et autres animaux mouraient tandis qu’il s’éloignait de l’usine d’Union Carbide vers le sud-est. « Nous pensions que c’était la peste », déclara une victime. Il s’agissait, en effet, d’une peste chimique, d’un fléau industriel. Lire la suite »

David Watson, We All Live in Bhopal, 1984

This essay was first published in the American radical ecological journal Fifth Estate, shortly after the Bhopal chemical explosion, a day of death that is still killing to this day. Children are born deformed or dead, land destroyed. Those who survived the initial massacre — industrial refugee families who fled the chemical cloud are watching each other slowly die of cancer and other pollution/stress related ‘diseases’.

 

The cinders of the funeral pyres at Bhopal are still warm and the mass graves still fresh, but the media prostitutes of the corporations have already begun their homilies in defense of industrialism and its uncounted horrors. Some 3,000 people were slaughtered in the wake of the deadly gas cloud, and 20,000 will remain permanently disabled. The poison gas left a 25 square mile swathe of dead and dying people and animals as it drifted southeast away from the Union Carbide factory .“We thought it was the plague,” said one victim. Indeed it was: a chemical plague, an industrial plague. Ashes, ashes, all fall down! Lire la suite »