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Posts Tagged ‘Baudelaire’

François Jarrige, Bure, des hiboux face aux autruches, 2018

12 janvier 2019 Laisser un commentaire

Le futur centre de stockage géologique des déchets les plus radioactifs du parc français de Bure (Meuse) est le théâtre de résistances que le gouvernement français tente d’étouffer par tous les moyens. Ces militants responsables ne font pourtant que répondre à l’injonction présidentielle de juin 2017 consistant à « make our planet great again ».

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La répression se déploie avec une force inédite autour du projet d’enfouissement des déchets nucléaire à Bure, témoignant des enjeux politiques considérables qui se jouent là-bas. Une cinquantaine de procès, 28 interdictions de territoire, deux ans de prison ferme et plusieurs centaines de mois avec sursis cumulés, voici le résultat d’une situation absurde qui se déroule sans que personne ou presque ne s’en offusque.

Depuis l’ouverture en juin 2017 d’une instruction judiciaire pour « association de malfaiteurs » et l’évacuation, en février 2018, du bois Lejuc, la police et la justice surveillent et tentent d’asphyxier la lutte locale dans un contexte où le projet doit entrer dans sa phase de réalisation concrète. Les premiers travaux pour construire une voie ferrée censée acheminer les déchets démarrent cet automne alors que la demande d’autorisation de construction n’a pas officiellement été déposée, prévue initialement mi-2018 elle le sera en 2019. Les autorités inquiètent vont tout faire pour que le calendrier soit respecté et que l’opposition reste confinée, il ne faut surtout pas que Bure devienne une grande cause comparable à Notre-Dame-des-Landes. Lire la suite…

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Charles Baudelaire, Où est, je vous prie, la garantie du progrès?, 1855

28 novembre 2013 Laisser un commentaire

Charles BaudelaireIl est encore une erreur fort à la mode, de laquelle je veux me garder comme de l’enfer – je veux parler de l’idée du progrès. Ce fanal obscur, invention du philosophisme actuel, breveté sans garantie de la Nature ou de la Divinité, cette lanterne moderne jette des ténèbres sur tous les objets de la connaissance ; la liberté s’évanouit, le châtiment disparaît. Qui veut y voir clair dans l’histoire doit avant tout éteindre ce fanal perfide. Cette Idée grotesque qui a fleuri sur le terrain pourri de la fatuité moderne, a déchargé chacun de son devoir, délivré toute âme de sa responsabilité, dégagé la volonté de tous les liens qui lui imposait l’amour du beau : et les races amoindries, si cette navrante folie dure longtemps, s’endormiront sur l’oreiller de la fatalité dans le sommeil radoteur de la décrépitude. Cette infatuation est le diagnostic d’une décadence déjà trop visible. Lire la suite…