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Posts Tagged ‘barrage’

Sivens, Après les pyromanes, les pompiers ?, 2017

8 décembre 2017 Laisser un commentaire

Les dessous du « projet de territoire » de Sivens

Inutile de revenir sur le projet de barrage initial et sur la manière dont les autorités tarnaises ont cherché, au mépris de tout, à passer en force pour l’imposer, jusqu’à assassiner un homme. Après la mort de Rémi Fraisse lors du grand rassemblement du 25 octobre 2014, l’État se sent obligé de prendre les choses en main et de secourir les autorités locales, trop heureuses de se débarrasser d’une patate devenue si chaude. Il en résulte un changement de tactique: alors que le Conseil Général et la Préfecture avaient jusque-là refusé le dialogue avec les opposants et tout misé sur la force brute, Ségolène Royal abat la carte de la concertation.

C’est ainsi qu’est annoncé un « projet de territoire » dans lequel les composantes citoyennes du mouvement d’opposition (Collectif Testet, Confédération Paysannne, FNE) se sont immédiatement engouffrées, en se réjouissant à l’idée d’être enfin entendues par ceux qui, auparavant, n’avaient cessé de faire la sourde oreille et de les mépriser. Lire la suite…

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Sivens, Contester ou cogérer ?, 2017

8 décembre 2017 Laisser un commentaire

Sur la lutte contre le barrage du Testet à Sivens,
et les leçons que l’on peut en tirer
pour l’avenir des luttes territoriales

Aujourd’hui, l’État est l’incarnation officielle du pouvoir politique, il garantit l’ordre public et constitue le « monopole de la violence » considérée comme « légitime ». Face à lui, l’attitude des militants engagés dans les luttes territoriales (et non « écologistes », comme le disent les journalistes pour en réduire radicalement le contenu et la portée) liées aux projets d’aménagements du territoire et aux « zad » (zones à défendre) qu’ils suscitent, tend à prendre deux formes : la contestation et la cogestion.

Contester signifie mettre en doute, dénier à une institution et à ses agents le droit de gestion dont ils prétendent disposer au point, éventuellement, de les traiter en ennemis. Quand on conteste un projet d’aménagement du territoire, on se méfie de l’État, acteur du conflit qu’il s’agit de destituer symboliquement et matériellement, au lieu de lui reconnaître la légitimité dont il se pare. Il s’agit de faire sans lui et, éventuellement, contre lui. Car le dialogue ne suffit pas, il faut d’abord établir un rapport de forces. Logiquement, l’attitude contestatrice tend à élargir l’objet précis de la lutte à l’ensemble de l’ordre établi : ce n’est pas seulement contre un aéroport que l’on se bat, mais contre « l’aéroport et son monde », c’est-à-dire contre l’ensemble des institutions et des logiques qui génèrent ce genre de projet, contre le « système » et l’État qui le protège. En ce sens, la contestation tend à être radicale : elle prend les problèmes à la racine et n’hésite pas à entrer « en résistance ». Au sens fort, la contestation est tendanciellement antiétatique et subversive, voire insurrectionaliste. Lire la suite…

François Jarrige, Contre les ravages des barrages, 2015

9 septembre 2015 Laisser un commentaire

Depuis plusieurs mois, la question des barrages a surgi au grand jour à la faveur de l’affaire de Sivens qui a vu la mort tragique d’un manifestant, Rémi Fraisse, tué par la police.

Cette affaire a depuis pris une ampleur considérable, au grand désespoir des notables locaux et des élites productivistes sidérés de voir leur projet d’aménagement ainsi contesté. Tout ou presque a déjà été dit sur les circonstances de cette lutte, sur les lacunes du projet, sur ses aberrations environnementales, sur les impasses de l’irrigation du maïs dans le Sud-Ouest, sur l’absence de démocratie qui accompagne un peu partout les grands chantiers inutiles et imposés. Mais peut-être est-il temps de s’éloigner un instant de la désormais célèbre zone humide du Testet, dans le Tarn, pour interroger de façon plus globale la question des barrages, ce que recouvre ce terme, pour examiner aussi les luttes qui n’ont cessé d’accompagner ces grands édifices de la modernité et du pouvoir.

Un barrage désigne une structure construite en travers d’un cours d’eau afin d’en retenir l’eau, pour la stocker ou pour créer une chute. Les plus anciens barrages connus remontent à plusieurs milliers d’année en Égypte, en Chine ou en Mésopotamie. Jusqu’à la fin du XIXe siècle toutefois, leur taille demeurait limitée par les contraintes de construction en terre et en pierre. Par la suite, l’évolution du génie civil, des techniques, et de la science de l’hydraulique ont levé toute limite pour imposer des constructions toujours plus gigantesques. Au début du XXe siècle, les anciens barrages utilisés principalement pour l’irrigation ont été dépassés par les nouveaux barrages hydroélectriques qui doivent fournir l’énergie. Depuis les années 1930 et la construction des premiers grands barrages géants aux États-Unis et en Russie – notamment sur le Colorado et la Volga – leur nombre et leur démesure n’a cessé de s’étendre. Ils ont accompagné l’industrialisation du monde et son explosion démographique.

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