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Posts Tagged ‘antinucléaire’

Contribution à une Solution originale au Problème des déchets radioactifs, 1990

14 avril 2012 Laisser un commentaire

Contribution de quelques habitants de la Vienne et de la Charente à une Solution originale au Problème des déchets radioactifs

 

A Monsieur le Préfet,

Sincèrement émus par les difficultés que semble rencontrer l’Etat et ses services spécialisés pour imposer ses déchets radioactifs à des populations hostiles, nous nous sommes réunis en un petit groupe d’amis, afin de leur trouver une solution et se débarrasser du même coup du problème et de ses inventeurs.

Nous avons remarqué que le principal argument que l’on oppose aux adversaires de l’enfouissement des déchets est que, puisque ces déchets existent, il faut bien en faire quelque chose et qu’il vous semble donc naturel que nous acceptions de les voir enfouis sous nos pieds, alors qu’il nous semblerait beaucoup plus naturel de commencer par en supprimer la cause.

Nous n’insisterons pas non plus sur l’ironie qu’il y a à demander maintenant de la responsabilité et du civisme à des populations dont on ne s’est jamais soucié de demander l’avis lorsque cette funeste aventure nucléaire a commencé.

Mais, foin des rancunes. Vous voyant dans l’embarras, avec vos déchets sur les bras, et bien décidés à ne pas les accepter, nous n’avons pas d’autre choix que de vous enlever cette excuse embarrassée. Lire la suite…

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Plateforme du comité «Irradiés de tous les pays, unissons-nous!», 1987

14 avril 2012 Laisser un commentaire

« Sous prétexte d’ « intérêts économiques » et autres balivernes comme le « progrès », nos gouvernants nous imposent, sous le direction avisée de leurs spécialistes, de produire un monde qui nous détruit. Sur l’autel des « impératifs économiques », nous devons sacrifier notre vie, accepter de mettre en péril notre existence par l’ensemble des nuisances qu’il nous faut produire et consommer à leur service. »

Un cobaye récalcitrant, le 26 mars 1987

Tract diffusé dans la région de Neuvy-Bouin, Deux-Sèvres.

Le temps des hypothèses sur le nucléaire est fini. De Hiroshima à Tchernobyl, de Three Mile Island à Goiania, les faits ont suffisamment parlé. Par ces preuves catastrophiques, mais aussi dans son existence moins déflagrante, le nucléaire s’affirme aujourd’hui comme l’un des instruments privilégiés de l’édification de nouvelles conditions de survie auxquelles les hommes sont contraints de s’adapter alors même qu’elles les tuent à petit feu.

L’industrie nucléaire civile et militaire est l’exemple le plus extrême et le plus significatif des conséquences désastreuses qu’inflige à l’humanité un développement de la production émancipée de toute raison humaine, soumis aux seuls impératifs de l’économie autonome. La mise en route du programme nucléaire a été, dès le début, le type même d’activité productrice excluant le vivant et cela à double titre : biologique et historique. Lire la suite…

Roger Belbéoch, Pourquoi être antinucléaire?, 2003

23 mars 2012 Laisser un commentaire

Roger Belbéoch, est décédé le 27 décembre 2011 à l’âge de 83 ans. In memoriam…

Cette question peut paraître étrange car il existe un mouvement antinucléaire. Cependant elle n’est pas inutile. Il y a bien des activités de notre société industrielle que l’on aimerait rejeter, et qu’il faudrait rejeter : le plomb, le mercure, les pesticides, les bagnoles etc. Le nucléaire, par son impact, entre-t-il dans ce cadre ? Si la réponse est oui il n’y a aucune raison spécifique d’être antinucléaire. On est globalement contre le mode de production et les productions de notre société. De nouvelles technologies, OGM, biotechnologies etc. sont aussi des menaces particulièrement dangereuses. Elles ont leur propre spécificité même si elles proviennent de la même source scientiste que le nucléaire. Chacune exige une dénonciation particulière en identifiant les dangers respectifs.

Quand on y regarde de près, on s’aperçoit que le nucléaire est une activité tout à fait originale (pour le moment bien sûr !) L’accident nucléaire, un désastre, une catastrophe, amène par son importance un changement d’échelle dans le spectre des accidents classiques de l’industrie. La plupart des accidents classiques du XIXe siècle, quelles qu’aient été leurs conséquences, restaient des accidents locaux et n’impliquaient pas des conséquences inéluctables pour un très long terme.

Le nucléaire, avec ses accidents possibles introduit une nouveauté dans notre société industrielle. En fonctionnement « normal » par ses déchets assez redoutables il implique une stratégie de surveillance sur des temps quasi infinis, donc une certaine structure sociale. Quant aux accidents nucléaires possibles (dont plus personne ne nie la possibilité) ils impliquent pour leur gestion sociale une structure autoritaire qui ne peut que bloquer toute évolution sociale. Lire la suite…

Günther Anders, Brecht ne pouvait pas me sentir, 1985

13 février 2012 Laisser un commentaire

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Le texte de cet entretien de Günther Anders avec Fritz J. Raddatz

est d’abord paru en allemand dans Die Zeit, n°13 du 22 mars 1985.

 La présente traduction française de Catherine Weinzorn,

a été publiée dans la revue Austriaca, Presses Universitaires de Rouen, 1992.

 F. J. Raddatz : Je vois dans l’ensemble de votre travail une contradiction très complexe ; cette contradiction se présente à moi en trois éléments, à vrai dire difficilement conciliables. D’une part vous dites : « quoi que nous fassions, c’est toujours plus ou moins en vain ». D’autre part l’ensemble de vos travaux ne fait que présenter le contraire, qui est de lutter contre ce « en vain », changer tout de même quelque chose, créer une conscience, au moins combattre l’analphabétisme mental, moral aussi. Mais, j’en viens au troisième point, vous dites quelque part que l’être humain est, c’est votre expression, « contingent ». Comment prétendez-vous relier ces trois éléments très contradictoires ?

G. Anders : Non, je ne dirais pas qu’il y a là des contradictions ; ce sont tout au plus des contradictions apparentes. S’il m’arrive très souvent d’affirmer, de façon exagérée, que rien ne sert à rien, c’est en fait pour des raisons tactiques, à savoir pour m’opposer à ces hommes politiques et à ces journalistes du happy-end, qui ne craignent pas de faire dans l’optimisme. Le mot “espérance”, à travers Ernst Bloch, a malheureusement pris un caractère de solennité – pour tout le monde, même pour le plus réactionnaire des hommes politiques. Naturellement, de cet épais volume du Principe Espérance, ils n’ont lu que le titre. Au demeurant, l’espérance n’est absolument pas un principe, mais une émotion justifiée. Si je suis – pour utiliser cette expression triviale – très “pessimiste”, c’est pour lutter contre cet optimisme rayonnant, que l’on rencontre même chez ceux qui sont au courant de la situation nucléaire. Au fond, ce que je prêche – mais je sais que par là j’en demande beaucoup à la moyenne des gens, peut-être beaucoup trop – c’est, dans la pratique, de faire des efforts comme s’ils ne savaient pas combien nos chances sont minimes. C’est-à-dire de mettre en pratique une schizophrénie morale. Dans notre rôle d’actifs en matière de morale, nous avons à nous faire plus bêtes que nous ne sommes. Lire la suite…

Jean-Pierre Dupuy, un catastrophiste bien mal éclairé, 2011

16 novembre 2011 Laisser un commentaire

Jean-Pierre Dupuy est aujourd’hui connu comme le penseur de la catastrophe. Cela n’empêche pas celui qui prétendit être dans les années 1970 un « critique radical de la société industrielle » avec Ivan Illich, dont il contribua à faire connaître les idées en France, d’être maintenant… pronucléaire !

Dans les années 1970, Dupuy a fait connaître, traduire et publier les ouvrages d’Ivan Illich. A l’époque, il dirige la collection Techno-critique aux éditions du Seuil, collection qui a pour ambition « d’esquisser des alternatives à la société industrielle », car

« les maux et frustrations dont souffre l’humanité ne sont pas dus simplement à des « bavures » ou à une planification défectueuse de la société, mais découlent inévitablement de caractéristiques intrinsèques du projet technique, qui amènent à prendre pour fin ce qui n’est que moyen. » Lire la suite…

AREVA en Inde

18 avril 2011 Laisser un commentaire

L’industrie nucléaire française irradie à travers le monde. Voici un rapide aperçu de ses projets et des méthodes employées pour les imposer en Inde, une des démocraties les plus populeuses du globe.

Il y a actuellement deux projets nucléaires en cours. A Haripur (sur la pointe ouest du Bengale, à la frontière avec l’Orissa), le gouvernement local a mis le projet de centrale, en partenariat avec les Russes, en veilleuse, suite à de nombreux conflits causés les quatre dernières années par des expulsions forcées de populations au profit d’usines chimiques géantes (Dow Chemical) et de l’industrie automobile (Tata). Malgré une terreur organisée (viols, pogroms, police tirant sur la foule), les populations ne sont pas parties. Comme des élections ont lieu dans deux mois le gouvernement ne parle plus de Haripur. Mais le prochain gouvernement, quel que soit le parti qui gagnera, va sûrement remettre en selle le projet. Lire la suite…

Indécent

1 avril 2011 Laisser un commentaire

A droite comme à gauche, certains hommes et femmes politiques ont trouvé «indécentes» les manifestations antinucléaires organisées pendant la catastrophe nucléaire de Fukushima.

Malheur à celui par qui le scandale arrive: en France, le scandale n’est pas l’existence du nucléaire, mais celle… des antinucléaires! Franchement, comment peut-on être antinucléaire dans le pays le plus nucléarisé au monde? Car c’est bien en France qu’il y a le plus d’installations nucléaires par habitant, même si le «parc» de réacteurs est moins considérable qu’aux États-Unis ou en Russie. Pour une fois que la France se trouve en pointe dans un secteur industriel…

Ceux qui critiquent – sans rien proposer à la place, comme d’habitude – devraient écouter par exemple notre ministre de l’Industrie et de l’Energie, Eric Besson, qui quelques jours après le début de la catastrophe au Japon rappelait cet argument de poids: «la facture énergétique française est 40% moins élevée que celle de nos voisins européens grâce au nucléaire». Faire des économies, c’est important en temps de crise. EdF, je t’aime!

Et puis le nucléaire, ça crée des emplois. Quel malheur ce séisme au Japon, juste au moment où AREVA négociait avec l’Inde la construction de six EPR à côté de la ville portuaire de Jaïtapur, dans une zone hautement sismique, avec comme argument de vente que le Japon n’avait jamais connu de problèmes nucléaires graves alors que ce pays est truffé de failles géologiques. Heureusement, le conseiller du Président, Henri Guaino, est optimiste: il pense que le drame que vit le Japon pourrait finalement avoir des conséquences bénéfiques pour l’industrie nucléaire française, car «la France s’est surtout manifestée par son souci de sécurité». A nous les parts de marché! AREVA, mon amour!

La sécurité! La sécurité, vous dis-je! Nos nucléocrates sont tout de même plus intelligents que ceux des Japonais: il ne leur viendrait pas à l’esprit de mettre un réacteur nucléaire sur une faille sismique. Sauf à Fessenheim et à Cadarache. Ah, que voulez-vous? Le risque zéro n’existe pas! Et puis, en France, ont ne peut pas avoir en même temps un séisme ET un tsunami, surtout en Alsace ou en Provence. C’est encore Eric Besson qui nous le dit: voyez comme nous sommes malins! CEA, embrasse-moi!

Il n’y a pas de problème. Donc pas besoin de «référendum», de «débat» ou de «Grenelle du nucléaire». Comme le dit encore Besson: «J’ai moi-même participé, il y a quelques années à l’Assemblée nationale, à un grand débat sur l’avenir du nucléaire lorsque j’étais député; et c’est quelque chose qui revient régulièrement.» Et puisqu’à droite comme à gauche tout le monde soutient l’industrie nucléaire, c’est bien la preuve que ce débat était démocratique. D’ailleurs la directrice d’AREVA, Anne Lauvergeon, est une ancienne membre du cabinet de François Mitterrand. Et le PS, qui était plutôt hostile au nucléaire dans les années 1970, s’est converti au nucléaire en arrivant au pouvoir dans les années 1980.

Areva dégage !

Authentique publicité pour AREVA détournée pour lui rende sa signification véritable…

Car en politique, il faut être réaliste: «Il faut que ceux qui prônent la sortie du nucléaire disent exactement comment ils entrevoient cela et surtout, quelles seraient les conséquences économiques, financières, sociales pour les Français.» Nous dit encore Besson. Même le porte-parole du PS, qui est quand même un parti politique sérieux, a admis que «l’on ne peut pas sortir du nucléaire du jour au lendemain». L’élu UMP Claude Birraux juge «qu’on peut avoir un débat, bien entendu, mais le problème est que ceux qui le réclament ont déjà préempté la discussion». Avouons qu’il est non seulement indécent, mais surtout vraiment malhonnête de la part des antinucléaires de profiter du fait que les événements leur donnent raison pour essayer seulement de se faire entendre!

Car tous les dirigeants, décideurs et responsables qui défendent courageusement le nucléaire contre les critiques injustifiées, les doutes inutiles et les peurs irrationnelles agitées dans l’opinion publique par des irresponsables (probablement stipendiés par le lobby pétrolier, comme le dit Marine Le Pen) qui non seulement n’ont même pas les compétences scientifiques pour parler de l’atome, mais en plus n’ont aucun pouvoir de décision et n’ont même pas assez d’argent pour se payer des campagnes de publicité dans les médias (ils se contentent d’agiter des banderoles qu’ils ont souvent fabriquées eux-mêmes, preuve qu’ils veulent retourner à l’âge des cavernes); tous nos nucléocrates, donc, sont bien désarmés et pas du tout organisés face à ces obscurantistes. Le ministre de l’Industrie, Eric Besson, a prononcé cette phrase désabusée et désespérée, mardi 15 mars au micro de RTL en réponse à un lâche journaliste qui lui demandait sournoisement «on a l’impression quand même, parfois, d’être confronté à une forme d’arrogance de la part de ceux qui défendent le nucléaire»: «L’histoire du lobby nucléaire est un mythe absolu… S’il existe je ne l’ai jamais rencontré. Il faut me dire où il loge.»

Le lobby nucléaire n’existe pas en France, c’est pourtant une évidence! Car la radioactivité est un phénomène naturel, donc l’industrie nucléaire est également un phénomène naturel: elle est apparue spontanément et par hasard en France et personne n’y peut rien. Toute résistance est inutile: une catastrophe, même nucléaire, est naturelle; c’est de la géologie, de la physique, de la chimie, etc., n’importe quel scientifique vous le dira.

Il va donc falloir apprendre à vivre avec le nucléaire, un point c’est tout. Les antinucléaires sont trop sentimentaux et moralistes, ils agitent des peurs irrationnelles: peurs de la souffrance, de la maladie, de la mort; morale de la responsabilité vis-à-vis de l’autre et des générations futures; attachement à l’individu comme sujet, comme origine et fondement de la société. Alors qu’un phénomène naturel, une machine, une industrie, un État, n’ont pas peur, n’ont ni sentiment ni moralité: ils existent, ils fonctionnent, ils gèrent; des choses et des êtres humains en tant que choses. Un point c’est tout. Vive la mort, à bas la sensibilité et l’intelligence!

Tranbert

Article paru dans L’Ire des chênaies n°386, hebdomadaire de Radio Zinzine.