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Posts Tagged ‘anti-capitalisme’

Murray Bookchin, Économie de marché ou économie morale?, 1983

21 septembre 2019 Laisser un commentaire

Ce texte est la transposition sous forme d’article d’une conférence donnée par Bookchin en juillet 1983 lors du rassemblement annuel de l’Association des agriculteurs biologiques de Nouvelle-Angleterre, publié dans The Modern Crisis (New Society Publishers/Black Rose Books, Philadelphia/Montréal, 1986). C’est l’un des rares textes consacrés par Bookchin à l’économie. Pour l’essentiel, il constitue une critique radicale de l’ « économie de marché », mais – et c’est là son originalité et, peut-on penser, son intérêt – ce n’est en rien une critique d’économiste, qui mettrait en évidence les dysfonctionnements, les absurdités ou l’inéluctabilité de la crise de cette économie. Comme il l’a fait si souvent, c’est à partir du projet d’une autre société, écologique et libertaire, qu’il critique la société présente. Et cette critique est essentiellement « morale » en ce sens qu’elle vise la nature des relations sociales, psychologiques, affectives…, que l’économie de marché impose aux êtres humains. De même, aux mécanismes de l’économie de marché il n’oppose pas le schéma d’une autre organisation de la sphère économique mais une autre conception – « morale » – des rapports que les individus entretiennent pour satisfaire aux exigences de la vie matérielle. Cette critique de l’économie capitaliste porte ici exclusivement sur la sphère de la distribution et sur les rapports entre vendeurs et acheteurs. On peut supposer que s’il insiste sur cet aspect, c’est qu’il est peu présent dans la critique marxiste courante. Ce n’est pas pour autant que Bookchin ignore la sphère de la production et l’exploitation du travail en régime capitaliste, ainsi que l’attestent nombre de ses écrits.

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Tôt ou tard, tout mouvement en faveur d’un changement social radical doit se confronter à la manière dont les gens produisent les biens matériels indispensables à leur vie – leur nourriture, leur logement et leurs habits – et à la façon dont ces moyens de subsistance sont distribués. Afficher une réticence polie au sujet de la sphère matérielle de l’existence humaine, négliger avec dédain cette sphère comme « matérialiste », c’est se montrer largement insensible aux conditions premières de la vie elle-même. Ce que nous mangeons pour sustenter notre métabolisme animal, tout vêtement ou demeure que nous utilisons pour nous abriter des rudesses de la nature, cela est normalement fourni par des individus comme nous qui doivent travailler pour nous approvisionner, autant, du moins peut-on l’espérer, que nous-mêmes le devons pour les approvisionner. Lire la suite…

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Murray Bookchin, Market Economy or Moral Economy?, 1983

21 septembre 2019 Laisser un commentaire

Sooner or later, every movement for basic social change must come to grips with the way people produce the material means of life — their food, shelter, and clothing — and the way these means of life are distributed. To be discreetly reticent about the material sphere of human existence, to loftily dismiss this sphere as « materialistic, » is to be grossly insensitive to the preconditions for life itself. Everything we eat to sustain our animal metabolism, every dwelling or garment we use to shelter us from the inclemencies of nature, are normally provided by individuals like ourselves who must work to provision us, as we, one hopes, are obliged to provision them.

Although economists have blanketed this vast activity with amoral, often pretentiously « scientific » categories, preindustrial humanity always saw production and distribution in profoundly moral terms. The cry for « economic justice » is as old as the existence of economic exploitation. Only in recent times has this cry lost its high standing in our notion of ethics, or, more precisely, been subordinated to a trivial place by a supraeconomic emphasis on « spirituality » as distinguished from « materiality. »

Accordingly, it is easy to forgive the great German thinker Theodor Adorno for acidly observing a generation ago: « There is tenderness only in the coarsest demand: that no one shall go hungry anymore » (Minima Moralia). Lire la suite…

Maria Mies, Une nouvelle vision : la perspective de subsistance, 1993

18 août 2019 Laisser un commentaire

Le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, en juin 1992, a une fois de plus démontré clairement, que la solution des problèmes écologiques, économiques et sociaux mondiaux ne devait pas être attendue des élites dirigeantes du Nord ou du Sud. Comme Vandana Shiva le souligne dans ce livre, une nouvelle vision – une forme de vie nouvelle pour les générations présentes et futures et les autres créatures avec qui nous partageons la Terre – dans laquelle l’articulation entre pratique et théorie soit réalisée, ne peut émerger que dans les luttes de défense des mouvements de base. Les hommes et les femmes qui participent activement à ces mouvements rejettent radicalement le modèle dominant patriarco-capitaliste de développement des « pays industrialisés ». Ils ne veulent pas être développés selon ce modèle, et préfèrent préserver intacte leur base de subsistance et en conserver la maîtrise.

Cependant, cette quête d’une nouvelle vision n’est pas seulement le fait des populations du Sud qui on renoncé à attendre les fruits du « développement » ; on trouve aussi, dans certains groupes du Nord, cette aspiration à une société écologique, non exploiteuse, juste, non patriarcale et autosuffisante. Ici aussi, cette recherche d’une nouvelle perspective concerne non seulement des gens des classes moyennes, désenchantés et ayant perdu espoir dans les promesses de la modernisation, mais également certaines personnes au bas de la pyramide sociale.

Nous appelons cette nouvelle vision la perspective de subsistance. Lire la suite…

Maria Mies, The Need for a New Vision: the Subsistence Perspective, 1993

18 août 2019 Laisser un commentaire

The Earth Summit in Rio de Janeiro (UNCED, June 1992) again made clear that solutions to the present worldwide ecological, economic and social problems cannot be expected from the ruling elites of the North or the South. As Vandana Shiva points out in this book, a new vision – a new life for present and future generations, and for our fellow creatures on earth – in which praxis and theory are respected and preserved can be found only in the survival struggles of grassroots movements. The men and women who actively participate in such movements radically reject the industrialized countries’ prevailing model of capitalist-patriarchal development. They do not want to be developed according to this blueprint, but rather want to preserve their subsistence base intact, under their own control.

This quest for a new vision, however, is to be found not only among people in the South, who cannot ever expect to reap the fruits of ‘development’; the search for an ecologically sound, non-exploitative, just, non-patriarchal, self-sustaining society can also be found among some groups in the North. Here, too, this search for a new perspective involves not only middle-class people, disenchanted and despairing about the end-result of the modernization process, but even by some at the bottom of the social pyramid.

We have called this new vision the subsistence perspective. Lire la suite…

Radio: Aude Vidal, Égologie, 2017

6 août 2019 Laisser un commentaire

Aude Vidal présente son livre Égologie, écologie, individualisme et course au bonheur (éd. Le Monde à l’envers, 2017) lors d’une soirée à librairie libertaire La Gryffe à Lyon en janvier 2018.

Développement personnel, habitats groupés, jardins partagés, etc., face au désastre capitaliste, l’écologie se présente comme une réponse globale et positive, un changement de rapport au monde appuyé par des gestes au quotidien.

Comme dans la fable du colibri, «chacun fait sa part». Mais en considérant la société comme un agrégat d’individus, et le changement social comme une somme de gestes individuels, cette vision de l’écologie ne succombe-t-elle pas à la logique libérale dominante, signant le triomphe de l’individualisme ?

Elle anime Mon Blog sur l’écologie politique.

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Racine de moins un
Une émission
de critique des sciences, des technologies
et de la société industrielle.
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Émission Racine de Moins Un n°54, diffusée sur Radio Zinzine en août 2019.

Jacques Luzi, Au rendez-vous des mortels, 2019

25 avril 2019 Laisser un commentaire

Les éditions La Lenteur viennent de publier un ouvrage critique sur le transhumanisme. Ci-dessous la préface de l’auteur.

En France, l’ouvrage de référence sur (et contre) le transhumanisme est le Manifeste des chimpanzés du futur de Pièces et main d’œuvre (2017). Le présent livre n’en est pas une alternative, mais un complément. Il n’est pas une nouvelle enquête sur les acteurs du transhumanisme, leur influence financière et politique grandissante, mais plutôt une analyse des tenants et aboutissants philosophiques de leur projet. En premier lieu, il s’agit de mettre en évidence le caractère nécrophobe de la civilisation moderne: sa hantise et son déni de la mort. Lire la suite…

Atecopol, Lettre de chercheur.es aux jeunes et moins-jeunes, 2019

4 avril 2019 Laisser un commentaire

S’il fallait reconnaître un mérite à la catastrophe annoncée que constitue le réchauffement climatique, c’est celui de rendre inévitablement politique la question de notre environnement et de nos modes de vie. Alors que la tradition universitaire française et probablement mondiale voudrait que seules les sciences sociales se mêlent aux débats de société, de plus en plus de chercheurs en sciences dites « dures » rentrent dans la mêlée.

Nous publions ici une tribune émanant de plusieurs chercheurs participant à un Atelier d’écologique politique (Atecopol), communauté pluridisciplinaire de scientifiques travaillant ou réfléchissant aux multiples aspects liés aux bouleversements écologiques. Dans l’objectif de tisser des liens entre des connaissances dispersées et de réfléchir à la façon de les partager avec l’ensemble de la société, afin d’oeuvrer avec elle aux moyens de réorienter notre trajectoire en changeant en profondeur les modes de fonctionnement socio-économiques actuels. Lire la suite…

François Bott, Les situationnistes et l’économie cannibale, 1971

22 décembre 2018 Laisser un commentaire

Au début de l’année 1968, un critique, traitant de la théorie situationniste, évoquait, en se moquant, une « petite lueur qui se promène vaguement de Copenhague à New York ». Hélas, la petite lueur est devenue, la même année, un incendie, qui a surgi dans toutes les citadelles du vieux monde. A Paris, à Prague, à Rome, à Mexico et ailleurs, la flambée a ressuscité la poésie, la passion de la vie dans un monde de fantômes. Et beaucoup de ceux qui, alors, ont refusé le sort qui leur était fait, la mort sournoise qui leur était infligée tous les matins de la vie, beaucoup de ceux-là – jeunes ouvriers, jeunes délinquants, étudiants, intellectuels – étaient situationnistes sans le savoir ou le sachant à peine.

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Jérôme Baschet, Lettres ouvertes du Chiapas, 2018

14 décembre 2018 Laisser un commentaire

Lettre à celles et ceux « qui ne sont rien »

depuis le Chiapas rebelle

On l’entend partout ces jours-ci : c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Et là où beaucoup s’affligeaient de ne voir que le marécage stagnant d’une majorité dite silencieuse et passive ont surgi mille torrents impétueux et imprévisibles, qui sortent de leur cours, ouvrent des voies inimaginables il y a un mois encore, renversent tout sur leur passage et, malgré quelques dévoiements initiaux, démontrent une maturité et une intelligence collective impressionnantes. C’est la force du peuple lorsqu’il se soulève, lorsqu’il reprend sa liberté. C’est une force extraordinaire et ce n’est pas pour rien que l’on invoque tant 1789, mais aussi 1793 et les sans-culottes. Ami.e.s gilets jaunes, vous avez déjà écrit une page glorieuse de l’histoire de notre pays. Et vous avez déjà démenti tous les pronostics d’une sociologie compassée sur le conformisme et l’aliénation du grand nombre. Lire la suite…

Maria Mies, La perspective de subsistance, 2005

30 septembre 2018 Laisser un commentaire

Je m’appelle Maria Mies, je suis professeur de sociologie à la retraite. J’ai commencé à travailler ici à la Fachhochschule [Université de sciences appliquées] de Cologne (Allemagne), au département de pédagogie sociale en 1972. J’ai aussi beaucoup milité dans plusieurs mouvements sociaux : d’abord dans les mouvements de femmes, puis dans le mouvement écologiste, le mouvement pour la paix et récemment en 1997, j’ai participé au mouvement anti-mondialisation. Lire la suite…