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Posts Tagged ‘Annie Gouilleux’

Annie Gouilleux, Lewis Mumford et Le Mythe de la machine, 2019

17 février 2020 Laisser un commentaire

Présentation d’une nouvelle traduction

Entretien avec Annie Gouilleux, qui nous procure, avec Gregory Cingal, une nouvelle traduction de l’ouvrage Le Mythe de la machine de Lewis Mumford (1895-1990), aux Editions de l’Encyclopédie des Nuisances (420 p., 28€).

 

PMO : Pourrais-tu nous retracer ton chemin politico-intellectuel ? D’où pars-tu ? Que faisais-tu ? Comment en es-tu arrivée finalement au courant anti-industriel ? puis à Lewis Mumford ?

Annie Gouilleux : Je suis née dans les Vosges il y a 71 ans, mais mes parents ont dû rapidement chercher du travail ailleurs et j’ai été élevée dans la banlieue grenobloise où sont nés mes frères et sœurs. J’ai eu une enfance des plus ordinaires. Je ne sais plus comment j’ai appris que mon père avait été déporté en camp de concentration pendant la guerre (Neuengamme), car c’était un sujet tabou à la maison, à tel point qu’en classe de troisième, seule fille de déporté, j’ai été la seule à ne pas être autorisée à assister à une projection de Nuits et brouillards. Je suis convaincue que mon père voulait nous protéger. Mais ma mère lisait L’École émancipée (publication destinée aux instituteurs) et elle avait laissé traîner un numéro que je me suis empressée de lire en cachette, et ainsi de suite avec toute la « littérature concentrationnaire » sur laquelle j’ai pu mettre la main à l’époque (pas grand-chose, en vérité). Je signale cela parce que ce genre de découverte ne donne pas vraiment confiance dans l’humanité, dans les institutions, et peut être source d’une certaine anxiété, surtout lorsqu’on ne peut pas en parler. Mon père est mort d’une leucémie en 1970. Lire la suite…

John von Neumann, Pourrons-nous survivre à la technologie ?, 1955

23 octobre 2019 Laisser un commentaire

En 1955, deux ans avant de crever d’un cancer des os, l’abominable scientifique John von Neumann (1903-1957), écrivit un article pour la revue Fortune, intitulé “Pourrons-nous survivre à la technologie ?”. C’était poser la question à l’un des pires ennemis de l’humanité que le Livre Noir de la Science ait connu, et l’un des mieux à même d’y répondre.

Son collègue Richard Feynman, précurseur des nanotechnologies, l’évoquait ainsi, à propos des beaux jours passés ensemble à Los Alamos alors qu’ils participaient au projet Manhattan, à la réalisation de la bombe atomique :

« Et puis, j’ai connu von Neumann, le célèbre mathématicien. […] Je dois à von Neumann d’avoir compris que nous n’avons pas à nous sentir responsables du monde dans lequel nous vivons. Depuis lors, je n’ai cessé de me sentir “socialement irresponsable”, et je me suis toujours bien porté. Cette irresponsabilité active qui est la mienne est née de ces conseils que von Neumann me donnait lors de nos promenades. »

Que John von Neumann, juif hongrois né Janos Lajos Neumann en 1903, naturalisé américain en 1937, ait combattu l’Allemagne nazie et l’Union soviétique sur le front militaro-scientifique, cela va de soi. Il fit ce que faisaient ses collègues, dans tous les camps ; quitte à en changer quand on ne leur donnait plus les moyens de leurs passionnantes recherches. Von Neumann y apporta cependant un génie démoniaque et une insouciance allègre, de l’ordre de l’instinct de mort tel que décrit par Freud dans Malaise dans la civilisation. Ce n’est pas rien que d’être considéré à la fois comme « le père » de la bombe H, de la « théorie des jeux », de l’architecture des ordinateurs et même, de la « singularité technologique ». C’est-à-dire de cette théorie du développement exponentiel des technologies et du dépassement de l’homme par les « machines intelligentes ». Lire la suite…

Diane B. Paul, Darwin, darwinisme social et eugénisme, 2003

7 février 2017 Laisser un commentaire

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I – Ambivalences et influences

Quel est le rapport entre le darwinisme de Darwin, le darwinisme social et l’eugénisme ? À l’instar des nombreux détracteurs du darwinisme, le populiste et créationniste américain William Jennings Bryan (1860-1925) pensait que la théorie de Darwin (« un dogme d’obscurité et de mort ») amenait directement à croire qu’il est juste que les forts éliminent les faibles et que le seul espoir d’améliorer l’humanité réside dans la reproduction sélective 1. D’autre part, les partisans de Darwin voient habituellement dans le darwinisme social et dans l’eugénisme des perversions de sa théorie. Daniel Dennett s’exprime au nom de maints biologistes et philosophes de la science lorsqu’il décrit le darwinisme social comme « un détournement détestable de la pensée darwinienne » 2. Peu d’historiens professionnels croient que la théorie de Darwin mène directement à ces doctrines ou leur est directement reliée. Mais le débat porte à la fois sur la nature et sur la portée de ce lien.

Dans cet article, j’examine les propres opinions de Darwin et celles de ses successeurs, ce qu’implique sa théorie pour la vie de la société, et j’évalue les conséquences sociales de ces idées. En particulier : la section II étudie les débats autour de l’évolution humaine qui ont suivi la publication de L’Origine des espèces de Darwin (1859) 3. Les sections III et IV analysent les contributions ambiguës de Darwin à ces débats. S’il exaltait parfois la lutte concurrentielle, il souhaitait aussi en atténuer les effets, mais pensait que réguler la reproduction était irréaliste et immoral. Les sections V et VI examine comment d’autres ont interprété à la fois la théorie scientifique et la portée sociale de Darwin. Les successeurs de Darwin ont trouvé dans ses ambivalences de quoi légitimer leurs propres préférences : capitalisme et laissez-faire, certes, mais également réformisme libéral, anarchisme et socialisme, conquête coloniale, guerre et patriarcat, mais aussi anti-impérialisme, pacifisme et féminisme. La section VII examine le lien entre le darwinisme et l’eugénisme. Darwin et nombre de ses successeurs pensaient que la sélection ne jouait plus son rôle dans la société moderne, car les faibles d’esprit et de corps n’en sont plus éliminés. Cela laissait entrevoir une dégénérescence qui inquiétait des gens de tous les horizons politiques ; mais il n’existait pas de consensus sur la manière de déjouer cette menace. Dans l’Allemagne nazie, l’eugénisme s’inspirait d’un darwinisme particulièrement brutal. La section VIII examine le « Darwinismus » tel que l’ont d’abord adopté les progressistes, puis ultérieurement les nationalistes racistes et réactionnaires. La section IX est une conclusion qui évalue l’influence de Darwin sur les problèmes de la société tente de comprendre quelle est notre position actuelle. Lire la suite…

Erwin Chargaff, Amphisbène, 1963

3 décembre 2015 Laisser un commentaire

Erwin Chargaff est un biochimiste, né en Autriche le 11 août 1905, décédé le 20 juin 2002. En 1938, fuyant le nazisme, il émigra de Vienne à New York. À l’aide de méthodes expérimentales, Chargaff a découvert les deux règles qui portent son nom et qui ont joué un rôle essentiel dans la découverte de la structure en double hélice de la molécule d’ADN : le rapport entre les paires de bases A-T et C-G constituant l’ADN est égal à 1.

Les textes qui suivent sont des extraits tirés de son ouvrage de biochimie Essays on Nucleic Acids [Essais sur les acides nucléiques, ouvrage non traduit en français], 1963. Ce livre s’ouvre sur cette dédicace :

« À la mémoire de mon professeur, Karl Kraus. »

Le chapitre 11 est un pot pourri d’une multitude de conversations auxquelles j’ai pris part au cours de ces dernières années ; il s’agit, bien entendu, d’un assemblage de plusieurs de ces conversations, une sorte de collage : personne ne pourrait être individuellement aussi obtus.

Je ne doute pas qu’il y aura des gens pour penser qu’il est par trop déplacé et frivole de faire usage, à propos de problèmes scientifiques, de l’humour, de la satire et même des jeux de mots, ces hoquets métaphysiques du langage. Mais la critique devrait s’exercer à plusieurs niveaux ; et la critique de certains concepts de la science moderne, et en particulier de ses aberrations, a pratiquement disparu à une époque où elle est plus nécessaire que jamais ; où la polarisation de la science est si avancée que l’on « fait » désormais « campagne » pour des récompenses scientifiques comme pour des élections politiques ; où les conférences scientifiques commencent à ressembler aux discours à thème des congrès politiques ; où le reportage scientifique a remplacé les potins intimes d’Hollywood ; où la force de conviction des applaudissements s’est substituée à celle de la vérité ; à une époque où les cliques s’appuient sur la claque. L’émergence d’un Establishment scientifique, d’une élite de pouvoir, a donné naissance à un phénomène remarquable : l’apparition de ce que l’on peut appeler des dogmes 1 dans la pensée biologique. La raison et le jugement tendent à capituler face à un dogme ; mais c’est une erreur. Tout comme dans la vie politique, une attitude flegmatique cache souvent un point faible. Il est impératif de critiquer, de la manière la plus rigoureuse, les spéculations scientifiques qui se font passer pour des dogmes. Cette critique doit venir de l’intérieur ; mais elle ne peut être que celle d’un dissident.

Si le titre de ce dernier chapitre exige une explication, je peux citer le Nouveau Dictionnaire Universitaire Webster : « Amphisbène : légendaire serpent possédant une tête à chacune de ses extrémités et capable de se déplacer dans deux directions. » Si l’on a observé la séparation des brins d’ADN au Moyen-Âge, cela n’apparaît dans aucun témoignage. Lire la suite…

Les pamphlets de Joseph Townsend, 1786-1788

23 avril 2015 Laisser un commentaire

Joseph Townsend,

A Dissertation on the Poor Laws,
by a Well-Wisher to Mankind
, 1786.

Observations on Various Plans
offered to the Public
for the Relief of the Poor
, 1788.

 

Dans sa Dissertation sur les lois d’assistance publique, par un ami de l’humanité, ce qui gêne le plus le Révérend Joseph Townsend (1739-1816) n’est pas tant qu’il y ait des pauvres – il y en a toujours eu et il estime que c’est dans l’ordre divin des choses – mais qu’ils soient devenus aussi visibles depuis la Réforme et la dissolution des monastères qui les nourrissaient.

Les plus bruyants et les plus revendicatifs sont « les paresseux et les indigents » qui sont devenus « une nuisance ». Pour « les faire taire et les occuper », la monarchie a édicté des loi sur les pauvres (Poor Laws). Or, il y a un problème avec les lois (surtout celle-ci) : si les lois pouvaient faire le bonheur d’un pays « nous serions comme une ruche prospère ». Celle-ci produit l’effet inverse : elle ne fait guère qu’encourager l’oisiveté et le vice. De plus, elle s’applique aussi à ceux qui « par fierté refuseraient d’être secourus et que l’on soulagerait mieux en laissant libre cours aux grandes lois de la nature humaine, l’attachement filial et la bienveillance générale de l’humanité ». C’est, du reste, dans les régions où il y a le moins de secours que les gens se plaignent le moins et sont le plus travailleurs.

Alors qu’il disqualifie, comme causes de la pauvreté, le prix du blé, du savon, du cuir, des chandelles et autres produits nécessaires à la vie quotidienne, il n’évoque pas – ou à peine, en passant – les législations successives qui ont permis les enclosures et ont dépossédé le menu peuple rural de son arrière base vivrière et ne lui ont laissé que la possibilité de vendre sa force de travail. Il pense même, au contraire, que les propriétaires terriens devraient être libres de réaliser ces enclosures sans que la loi s’en mêle. Lire la suite…

Lewis Mumford, Sticks and Stones, 1924

20 avril 2015 Laisser un commentaire

La première édition de cet ouvrage date de 1924 et il s’agit du premier d’une série de quatre livres consacrés à l’architecture et à la civilisation américaines (Sticks and Stones, 1924 ; The Golden Day, 1926 ; Herman Melville, 1929 ; The Brown Decades : A Study of the Arts in America 1865-1895, 1931).

Aux États-Unis, la Première Guerre Mondiale fut suivie d’une période de désenchantement et de répression du socialisme. Déjà présente dans Histoire des Utopies, l’idée que les écrivains, les intellectuels, ont le devoir d’offrir à leurs contemporains une représentation élevée de la vie et de la beauté parce qu’une génération d’hommes ne peut progresser que dans un espace mental tridimensionnel – le passé, le présent et l’avenir – cette idée est illustrée de façon plus élaborée dans ces quatre livres : Lewis Mumford cherche à transmettre à sa génération un héritage typiquement américain susceptible de leur permettre de reprendre confiance en eux-mêmes et de participer à l’élaboration de la bonne vie. Dans son autobiographie [1], il cite une note prise en 1919 :

« Actuellement, ce qui m’intéresse dans la vie est l’exploration des villes en tant que documents de la civilisation. Je m’intéresse autant au mécanisme de l’ascension culturelle de l’homme que Darwin s’est intéressé au mécanisme de ses origines biologiques. »

C’est un thème que l’on retrouve dans toute son œuvre et qu’il a particulièrement travaillé dans Le Mythe de la Machine. Lire la suite…

Julian Huxley, Le Transhumanisme, 1957

21 janvier 2015 Laisser un commentaire

Cet article fait partie du dossier Critique du transhumanisme

Sir Julian Sorell Huxley, (1887-1975) est un biologiste britannique, socialiste et progressiste, connu pour ses ouvrages de vulgarisation sur la biologie et l’évolution. Son grand-père, Thomas Henry Huxley (1825-1895) était un biologiste connu pour être un collègue et partisan de Charles Darwin (1809-1882).

L’écrivain Aldous Leonard Huxley (1894-1963) est son frère, et si ce dernier est l’auteur de l’ouvrage de science-fiction Le Meilleur des mondes (Brave New World, 1932), ce n’est certainement pas un hasard, puisque Julian Huxley était un partisan de l’eugénisme comme moyen d’amélioration de la population humaine :

« Une fois pleinement saisies les conséquences qu’impliquent la biologie évolutionnelle, l’eugénique deviendra inévitablement une partie intégrante de la religion de l’avenir, ou du complexe de sentiments, quel qu’il soit, qui pourra, dans l’avenir, prendre la place de la religion organisée. »

J. Huxley, L’homme, cet être unique, 1941 ; trad. fr. éd. Oreste Zeluck, 1948, p. 47.

En 1939, il sera un des biologistes à l’origine du Manifeste des généticiens qui prône un eugénisme « de gauche », où l’amélioration des conditions sociales est présentée comme la condition de la réussite et de l’efficacité d’une politique eugéniste. Lire la suite…

Lewis Mumford, Art et technique, 1951

27 novembre 2014 Laisser un commentaire
coédition Éditions La Lenteur / La Roue, 2015.

Coédition La Lenteur / La Roue, 2015.

Au printemps 1951, Lewis Mumford donna six conférences [1] à l’Université de Columbia. Elles s’insèrent dans une période difficile tant sur le plan de sa vie que sur celui de son œuvre. Le dernier ouvrage de la série du « Renouveau de la vie » qu’il venait de publier [2], ainsi que Green Memories (publié en 1947 et consacré à son fils Geddes mort au combat en 1944) avaient été assez mal reçus et s’étaient mal vendus. En même temps, Mumford réunissait tous les éléments qui allaient lui permettre d’écrire Les Transformations de l’Homme (1956), La Cité à travers l’histoire (1961). On retrouve donc dans Art et Technique nombre d’idées et de thèmes qu’il développera par la suite.

On peut résumer le message de ces conférences par une citation tirée d’une lettre de Lewis Mumford à William Gropper [3], publiée dans le New Yorker en février 1936 :

« Les gens ne peuvent pas reconstruire un monde pourri à moins d’en posséder en leur for intérieur un autre plus sain et plus riche. »

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Lewis Mumford, Ce que je crois, 1930

10 juillet 2014 Laisser un commentaire

Il me semble intéressant de proposer une traduction de « Ce que je crois »; ce n’est certes pas le texte le plus abouti de Mumford, c’est une sorte d’introspection intellectuelle, une tentative d’exprimer un élan intérieur qui cherche à se réaliser. Mais on peut presque le considérer comme une feuille de route tant il évoque déjà les grands thèmes de son œuvre à venir.

Présentation

La publication de The Golden Day en 1926 avait attiré l’attention de lecteurs et d’éditeurs jusque-là indifférents au travail de Lewis Mumford (The Story of Utopias et Sticks and Stones). Certains éditeurs voyaient en lui un critique littéraire et un biographe potentiellement intéressant et lui suggérèrent d’écrire la biographie d’Herman Melville. C’était très important pour Lewis Mumford qui avait besoin d’argent et n’avait pas renoncé à ses ambitions littéraires. Les éditions Harcourt lui proposaient un contrat. De Melville, Mumford ne connaissait bien que Moby Dick, mais une biographie exigeait une plongée dans l’œuvre intégrale, ce qui n’était pas une mince affaire, d’autant plus qu’il était fort occupé par le lancement de The American Caravan, revue littéraire à laquelle il participa avec Paul Rosenberg et Alfred Kreymborg, ainsi que par l’écriture d’une pièce de théâtre retraçant l’épopée de la construction du pont de Brooklyn [1] par John A. Roebling et son fils Washington. Lire la suite…

Recension: La Lampe hors de l’horloge, 2014

23 juin 2014 Laisser un commentaire

Si vous n’aimez pas ce monde,
vous devriez en voir quelques autres…

Couverture du livre

Couverture du livre

…Et lire La Lampe hors de l’horloge, Éléments de critique anti-industrielle, paru en 2014 aux Éditions de la Roue.

Mieux vaut le dire d’emblée, il s’agit d’un exercice de lecture exigeant dont la condition première est de souscrire à un constat qui, s’il n’est pas nouveau, n’en est pas moins déprimant puisqu’il s’agit d’un « désastre accompli » qui ne se limite pas à la destruction physique du monde (catastrophe de Fukushima, par exemple) car il gangrène l’esprit humain dont la conscience même, le désir de liberté et la volonté de résister s’amenuisent quand ils n’ont pas totalement disparu. Pour le lecteur déjà convaincu de la justesse de ce constat, ceci ne présente pas de difficulté intellectuelle, et si de surcroît on aime la langue la langue française, on ne boude pas son plaisir.

La première difficulté provient peut-être de la composition de l’ouvrage : trois textes denses qui, à première (et courte) vue, ne semblent pas avoir de lien, ce qui est tout à fait faux ; et si j’ai choisi d’intituler ma recension « si vous n’aimez pas ce monde, vous devriez en voir quelques autres », phrase reproduite dans le corps du premier texte et attribuée à Philip K. Dick, c’est parce qu’elle traduit bien ce qui nous occupe ici. Lire la suite…